La Première Ministre Elisabeth Borne a non seulement annoncé le maintien de ces mesures provisoires jusqu’à la fin de l’année, afin d’augmenter de manière pérenne le salaire des soignants travaillant de nuit à l’hôpital.

Publié le 01/09/2023

Hôpital : 1,1 milliard d’euros de revalorisations salariales

Rouen, le vendredi 1er septembre 2023

https://www.jim.fr/medecin/pratique/recherche/e-docs/hopital_1_1_milliard_deuros_de_revalorisations_salariales_198664/document_actu_pro.phtml

– La Première Ministre Elisabeth Borne a annoncé la pérennisation de diverses mesures de revalorisation salariales pour les soignants, notamment ceux travaillant la nuit.

Ce vendredi 31 août devait marquer la fin de l’application des revalorisations de la « mission flash », des mesures salariales mises en place l’été dernier par l’ancien ministre de la Santé François Braun, en principe temporaires, mais régulièrement renouvelées depuis. En déplacement ce vendredi au CHU de Rouen, la Première Ministre Elisabeth Borne a non seulement annoncé le maintien de ces mesures provisoires jusqu’à la fin de l’année mais surtout leur pérennisation. La cheffe du gouvernement a ainsi annoncé que 1,1 milliard d’euros allait être débloqués dans le prochain budget de la Sécurité Sociale afin d’augmenter de manière pérenne le salaire des soignants travaillant de nuit à l’hôpital et ce dès le 1erjanvier 2024.

Dans le détail, Elisabeth Borne a annoncé que les personnels non-médicaux, essentiellement les infirmières et les aides-soignants, verront la rémunération de leur travail de nuit réhaussée de 25 % par rapport à leurs heures de jour, tandis que le forfait qui leur est versé pour le travail le dimanche et les jours fériés sera augmenté de 20 %. Une mesure plus avantageuse que celle en place depuis l’été 2022, consistant en une majoration d’un euro par heure travaillée, qui ne permettait pas de prendre en compte l’ancienneté du professionnel.

La revalorisation de 50 % des gardes de nuit pour les médecins est pérennisée

Selon Matignon, cette revalorisation correspond à une hausse de 300 euros brut par mois pour une infirmière en milieu de carrière travaillant douze nuits par mois et de 496 euros en fin de carrière. « Nous assumons une priorité sur les personnels non médicaux aux rémunérations plus faibles » défend le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, qui accompagnait Elisabeth Borne en Normandie ce vendredi.

Les médecins n’ont pourtant pas été oubliés dans les annonces d’Elisabeth Borne ce vendredi. Comme Aurélien Rousseau l’avait déjà annoncé le 19 août dernier, la Première Ministre a annoncé que la revalorisation de 50 % des gardes de nuit pour les médecins, en vigueur depuis l’été dernier, sera pérennisée dans le prochain budget de la Sécurité Sociale et appliquée « à tous les médecins quelques soit le statut, à l’hôpital, en clinique ou en hôpital privé non lucratif ». Cela représente une hausse de rémunération de 560 euros brut par mois en moyenne pour un praticien en milieu de carrière effectuant quatre gardes par mois estime Matignon. Par ailleurs, les médecins exerçant dans le public vont voir la rémunération de leurs astreintes alignée sur celle du public.

Avec ces mesures de revalorisation, le gouvernement espère améliorer l’attractivité de l’exercice hospitalier et ainsi enclencher un cercle vertueux pour sortir l’hôpital de l’ornière. « Si nous parvenons ainsi à multiplier les recrutements et à mieux fidéliser des infirmiers, nous pourrons rouvrir des lits » espère Aurélien Rousseau.

Pour les syndicats, il faut aussi améliorer les conditions de travail

Signe que la crise de l’hôpital public est profonde et qu’un grand nombre de soignants sont à bout de forces, les réactions des syndicats de soignants hospitaliers face à ces annonces ont été assez froides. En somme, les organisations représentatives disent toutes la même chose : ces revalorisations sont les bienvenus mais sont « insuffisantes au regard de la crise actuelle » estime le Dr Christophe Prudhomme, délégué CGT-Santé. Les syndicats insistent notamment sur le fait que la question n’est pas uniquement financière et qu’il est urgent d’améliorer les conditions de travail à l’hôpital si on veut lui rendre son attractivité. « Le vrai problème ce sont les conditions infernales dans lesquelles on travaille » explique ainsi Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) qui demande par ailleurs une hausse généralisée du salaire des infirmières et la mise en place d’un ratio de patients par infirmière.

« Cette augmentation est importante mais ce n’est pas suffisant, l’hôpital a aussi besoin d’évoluer sur ses méthodes managériales, sur ses méthodes de recrutement et sur la qualité de vie des professionnels de santé au travail » abonde dans le même sens le Dr Marc Noizet, président du syndicat Samu-Urgences de France. Des critiques entendues par Aurélien Rousseau, qui promet qu’il va « continuer à avancer sur les autres chantiers pour redonner du sens au métier de soignant ».

En espérant que, sur la question des conditions de travail, le gouvernement ne mettra pas plus d’un an à prendre des mesures pérennes.

Quentin Haroche

Hôpital : le gouvernement annonce 1,1 milliard d’euros de revalorisation salariale pour les soignants, en particulier pour le travail de nuit

Les infirmiers et aides-soignants verront la rémunération de leurs heures de nuit rehaussée de 25 % par rapport au tarif de jour, et le forfait versé pour le travail le dimanche et jours fériés augmenté de 20 %. 

Par Camille StromboniPublié le 31 août 2023 à 20h08, modifié le 01 septembre 2023 à 07h50

https://www.lemonde.fr/sante/article/2023/08/31/hopital-le-gouvernement-perennise-et-renforce-la-revalorisation-du-travail-de-nuit-des-soignants_6187288_1651302.html

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Praticiens en garde de nuit à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine) , en 2021.
Praticiens en garde de nuit à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine) , en 2021.  ALAIN JOCARD / AFP

Le « choc » d’attractivité sera-t-il enfin au rendez-vous ? Alors que la crise de l’hôpital se poursuit, la première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé, jeudi 31 août, lors d’un déplacement à Rouen, plusieurs mesures de revalorisation du travail de nuit des soignants, l’un des points noirs soulignés par les professionnels de santé hospitaliers. « Il faut reconnaître ces contraintes particulières », a affirmé la cheffe du gouvernement.

Les personnels dits « non médicaux » (infirmiers, aides-soignants…) verront la rémunération de leurs heures de nuit rehaussées de 25 % par rapport au tarif de jour, et le forfait versé pour le travail le dimanche et les jours fériés augmenté de 20 %. Le tarif de la garde de nuit des médecins sera, lui, augmenté de 50 % dans le public comme dans le privé, et les astreintes des praticiens seront revalorisées à l’hôpital public à hauteur de celles versées dans le privé.

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Attendues, ces revalorisations viennent ainsi « pérenniser » les dispositions provisoires décidées à l’été 2022, alors que l’hôpital se retrouvait sous haute tension avec la multiplication des fermetures dans les services d’urgences, et prolongés depuis. François Braun, tout juste nommé ministre de la santé, avait déployé une quarantaine de mesures, et parmi elles la revalorisation de 50 % des gardes des médecins à l’hôpital, et le doublement de l’indemnité versée aux soignants la nuit, passant de 1 à 2 euros par heure.

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Priorité « aux rémunérations plus faibles »

Le nouveau système présenté par la cheffe de gouvernement, qui sera inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2024, représente une enveloppe de 1,1 milliard d’euros en année pleine, selon Matignon. Il entrera en vigueur en janvier 2024, tandis que les mesures « Braun » seront prolongées jusque-là.

Les revalorisations seront « plus avantageuses » pour les soignants, assure-t-on à Matignon, où l’on met en avant la prise en compte de l’ancienneté : l’augmentation consiste ainsi en un pourcentage du salaire, et non plus à un doublement d’une indemnité fixe. Pour une infirmière en milieu de carrière, qui effectuerait douze nuits par mois, cela représentera 300 euros brut d’augmentation ; 496 euros en fin de carrière.

« Nous assumons une priorité sur les personnels non médicaux, aux rémunérations plus faibles », défend Aurélien Rousseau, ministre de la santé. Avec une boucle vertueuse recherchée pour tous les acteurs de l’hôpital : « Si nous parvenons ainsi à multiplier les recrutements et à mieux fidéliser des infirmiers, nous pourrons rouvrir des “lits” », rappelle le ministre, qui aspire dans le même temps à « avancer sur les autres chantiers pour redonner du sens au métier de soignant », comme la réorganisation au plus près du service hospitalier, ou encore la formation des personnels.

« Insuffisant »

Dans les rangs syndicaux, les premières réactions sont mitigées. « C’est un petit plus toujours bienvenu, mais c’est insuffisant au regard de la crise actuelle, ça ne réglera pas le problème, ça n’arrêtera pas la fuite des personnels », estime Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé (et élu apparenté La France insoumise), qui appelle à ouvrir les négociations sur le temps de travail, la rémunération et les conditions de travail.

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Chez son collègue du Syndicat national des professionnels infirmiers, Thierry Amouroux, on salue le mode de calcul retenu. « Cela permet de tenir compte de l’ancienneté et donc des compétences, c’est une bonne chose, dit-il. Mais cela reste des sommes très faibles, je rappelle qu’on touche 46 euros de plus pour un dimanche de travail… Ça ne va pas retenir les collègues qui en ont marre de travailler en sous-effectif, d’être sous-payés et de la maltraitance institutionnelle. » Le syndicaliste défend l’instauration d’un ratio de soignants par nombre de patients.

Dans les rangs des médecins, on reste aussi mesuré. « Il était nécessaire de maintenir la revalorisation des gardes, c’est une bonne chose, il n’y avait rien eu depuis quasiment vingt ans, souligne Anne Wernet, du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E). Mais nous sortons tous d’un été difficile, nous sommes épuisés, ce n’est pas ça qui va faire revenir les praticiens. »

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Pour la praticienne, les questions du temps de travail, du nombre d’heures de garde, de la valorisation de la pénibilité, doivent enfin revenir sur la table, avec la reprise des négociations sur la permanence des soins et l’attractivité du métier, interrompues par le gouvernement au printemps. « L’hémorragie de médecins continue vers le privé, assure-t-elle. Pas seulement parce que les rémunérations y sont meilleures, mais aussi à cause du rythme de travail et de l’absence de garde la nuit et le week-end. »

Camille Stromboni

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er SEPTEMBRE 2023

PERENNISATION DE LA REVALORISATION DE LA PERMANENCE MEDICALE DES SOINS – Communiqué des Anesthésistes réanimateurs du SNPHARE

UNE BONNE NOUVELLE POUR L’HOPITAL PUBLIC ET LES PRATICIENS HOSPITALIERS, NECESSAIRE A COURT TERME MAIS INSUFFISANTE A LONG TERME

Ce 31 août 2023, le SNPHARE a été informé… par plusieurs journalistes de la pérennisation de la revalorisation des gardes médicales à l’hôpital, et son extension aux astreintes.

La mesure, en place depuis l’été 2022, devait s’interrompre au 31 août pour les gardes sur place et excluait les astreintes à domicile. Le SNPHARE prend acte et salue cette décision annoncée par la Première Ministre qui accède à une revendication socle et ancienne des praticiens hospitaliers.

Notons qu’il aura fallu une mobilisation massive des praticiens hospitaliers les 3 et 4 juillet 2023 pour faire reconnaître que la permanence des soins – travail de nuit, du week-end et des jours fériés – méritait une revalorisation pérenne. C’est une victoire syndicale, fruit d’un long travail du SNPHARE et de son intersyndicale Avenir Hospitalier / Action Praticiens Hôpital.

Cependant, le SNPHARE s’interroge : l’expérience de 13 mois de revalorisation des gardes n’aura pas suffi à pallier la pénurie médicale à l’hôpital, notamment dans les services à forte contrainte de permanence des soins. A la fin de cet été, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, obstétriciens, mais aussi pédiatres, urgentistes, psychiatres… sont épuisés. Epuisés par l’énorme volume de travail réalisé pour permettre à chacun de prendre un peu de vacances tout en maintenant au mieux la prise en charge despatients, épuisés par l’incapacité à les soigner comme ils le voudraient, épuisés par la désaffection toujours croissante pour les spécialités « à forte contrainte de permanence des soins » à l’hôpital.

Si la revalorisation de la permanence des soins est indispensable, elle est loin d’être suffisante. C’est l’ensemble du chantier de la permanence des soins qu’il faut ouvrir, en mettant sur la table, outre les rémunérations, le temps de travail, son décompte, son volume, l’intégration du samedi matin, la reconnaissance de la pénibilité et sa valorisation pour la retraite, les conditions de dispense de la permanence des soins.

Tous ces sujets, soulevés dans le rapport IGAS sur la permanence des soins paru au début de l’été, doivent, rapidement, faire l’objet de discussions avec les organisations syndicales.

Par ailleurs, la revalorisation des carrières des praticiens hospitaliers et la résolution de l’injustice du reclassement de 2020, sont le deuxième volet indispensable pour restaurer l’attractivité des carrières médicales hospitalières. La DGOS avait pourtant bien avancé ce dossier avec les organisations syndicales au printemps dernier.

Ainsi, les annonces de la Première Ministre ne répondent-elles pas au choc d’attractivité des carrières médicales hospitalières, attendu depuis trop longtemps : par quel miracle les PH de plus de 40 ans vont avoir envie de continuer à travailler 50 à 80 heures/semaines, faire les 70 gardes annuelles en moyennes, les 19 jours de week-ends et jours fériés, tout cela en sous-effectif permanent, avec un pouvoir d’achat et une retraite qui s’altèrent continuellement, et dans une gouvernance trop peu réformée qui mine la qualité de vie au travail et interdit le travail de qualité ?

Le SNPHARE ne pourra pas concevoir que la revalorisation de la permanence des soins occulte totalement ces points, pour lesquels il fait des propositions qui sont depuis longtemps sur le bureau des ministres. 

Le SNPHARE attend :

–  La publication des arrêtés de pérennisation de la revalorisation des gardes à compter du 1er septembre 2023 (le dispositif actuel s’interrompt au 31 août) et la publication en miroir de l’arrêté concernant les astreintes

  • –  La reprise des concertations et négociations sur les modalités de la permanence des soins et la revalorisation des carrières
  • –  La réponse du Ministre de la Santé et de la Prévention à sa demande de rendez-vouS

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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