« Covid long : « Une cible thérapeutique intéressante » identifiée par une équipe française »
Date de publication : 28 août 2023
Olivier Monod indique en effet dans Libération que « l’équipe de David Smadja (…) a mis en lumière début août le lien entre certains cas de Covid long et un marqueur associé à la formation de vaisseaux sanguins anormaux. Une piste prometteuse pour le traitement de ces symptômes ».
Le journaliste explique que « David Smadja est professeur d’hématologie à l’université Paris-Cité et à l’hôpital Georges-Pompidou. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, il s’intéresse aux atteintes vasculaires de la maladie. (…) Il a identifié une cible thérapeutique intéressante pour certains cas de Covid long. Des résultats publiés dans la revue Angiogenesis ».
Dans un entretien, le médecin précise : « Nous nous sommes beaucoup intéressés aux complications vasculaires et au mécanisme de coagulation pendant la phase aiguë du Covid. Pour moi, le Covid est une maladie vasculaire. Nous avons identifié plusieurs atteintes des vaisseaux sanguins chez les cas le plus graves comme des caillots sanguins, mais aussi des activations anormales des cellules qui forment la paroi des vaisseaux ».
« Des autopsies nous ont aussi démontré que les patients décédés du Covid présentaient des bourgeonnements anormaux des vaisseaux sanguins dans les poumons. Ces anomalies sont associées à la présence de marqueurs spécifiques dans le sang et nous avons voulu vérifier si ces marqueurs étaient présents chez les patients atteints de Covid long », continue le Pr Smadja.
Il explique ainsi : « Nous avons suivi 137 patients souffrant de difficultés respiratoires et avec une suspicion de Covid long. Environ un quart d’entre eux ont des séquelles pulmonaires observables. Ces séquelles, on le sait, peuvent perdurer au-delà de 2 ans. Chez ces patients-là, on retrouve un marqueur caractéristique associé aux bourgeonnements vasculaires, appelé VEGF-A. C’est donc une cible thérapeutique intéressante. On voit aussi que les marqueurs de coagulation ne sont pas complètement revenus à la normale, ce qui pourrait signifier la présence de micro-caillots associée à ces vaisseaux anormaux ».
Le Pr Smadja indique que « des médicaments utilisés en cancérologie permettent de lutter contre la formation de ces bourgeonnements vasculaires. Nous allons mettre au point une étude clinique pilote sur une vingtaine de patients pour voir si, en 3 mois, on peut leur faire récupérer un peu de fonction pulmonaire. Si les résultats sont concluants, nous pourrons lancer un essai randomisé de grande envergure ».
Le professeur souligne toutefois que « tous les dosages biologiques ont été réalisés sur les fonds propres du laboratoire ! J’ai essuyé deux refus de financement de notre projet Covid long. C’est une galère sans nom. Quand on voit le nombre de patients qui nous appellent et le peu de moyen dont on dispose, c’est désespérant. J’espère pouvoir faire financer mon essai clinique, mais, sans fonds privés, je sais que le premier patient ne sera pas inclus avant 2025 ».
Un nouvel espoir
Covid long : «Une cible thérapeutique intéressante» identifiée par une équipe française
L’équipe de David Smadja, à l’hôpital Georges-Pompidou, a mis en lumière début août le lien entre certains cas de Covid long et un marqueur associé à la formation de vaisseaux sanguins anormaux. Une piste prometteuse pour le traitement de ces symptômes.
:quality(70):focal(2537x2729:2547x2739)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/LD2O72MWERHTPH5DNJALMZNDFY.jpg)
par Olivier Monod
publié le 25 août 2023 à 16h32
Le Covid long – ces symptômes perdurant plusieurs mois après une infection par le Sars-Cov-2 et qui touchent des millions de personnes – reste en grande partie un mystère que les chercheurs essaient tant bien que mal de comprendre et prendre en charge. David Smadja est professeur d’hématologie à l’université Paris-Cité et à l’hôpital Georges-Pompidou. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, il s’intéresse aux atteintes vasculaires de la maladie. Le 1er août, il a identifié une cible thérapeutique intéressante pour certains cas de Covid long. Des résultats publiés dans la revue Angiogenesis qu’il détaille pour Libération.
Selon vous, le Covid conduit à la formation de vaisseaux sanguins anormaux qui pourraient expliquer certains cas de Covid long. Comment en êtes-vous arrivés à cette conclusion ?
Nous nous sommes beaucoup intéressés aux complications vasculaires et au mécanisme de coagulation pendant la phase aiguë du Covid. Pour moi, le Covid est une maladie vasculaire. Nous avons identifié plusieurs atteintes des vaisseaux sanguins chez les cas le plus graves comme des caillots sanguins, mais aussi des activations anormales des cellules qui forment la paroi des vaisseaux… (Suite abonnés…)