Mobilité électrique : décollage à bord du premier avion électrique homologué
Une société brestoise loue auprès des aéroclubs un avion biplace entièrement électrique. L’appareil a rejoint les pistes de celui d’Albi, dans le Tarn. Reportage en plein vol.
Reportage vidéo | Transport | 04.08.2023 | R. Pernot
Premier avion électrique à être homologué au monde, le Velis Electro, conçu par la société slovène Pipistrel, est capable d’effectuer des vols à 160 km/h et il est dix fois plus silencieux que son homologue thermique. Mais surtout, il n’émet pas de carbone, quand le DR400, l’avion le plus répandu dans les aéroclubs, consomme 25 litres de carburant par heure.
Trente appareils de Pipistrel volent aujourd’hui dans le ciel de plusieurs pays européens. Green Aerolease, la compagnie bretonne qui en loue en France, prévoit d’augmenter sa flotte jusqu’à 70 avions d’ici à 2024. Raison du succès : un impact environnemental réduit et des coûts maîtrisés.
« Cet avion est plus cher à l’acquisition [environ 200 000 euros, soit le double d’un équivalent thermique, ndlr], mais moins cher d’un point de vue opérationnel. Parce qu’aujourd’hui, un plein pour une heure de vol sur un avion thermique va coûter entre 50 et 60 euros, quand un plein électrique en coûte 5 », précise Guillaume Abéguilé, responsable de l’aviation décarbonée chez Green Aerolease. Il faut compter autour de 110 euros l’heure de vol, soit à peu près le même ordre de prix qu’avec un avion classique.
Point faible : l’autonomie de l’appareil, limitée à une heure, restreint son utilisation à des vols courts. Mais selon Guillaume Abéguilé, cette contrainte répond à la plupart des besoins des aéroclubs dans la mesure où « la majorité des usages en aéroclubs sont des vols de moins d’une heure. Ce sont des vols de formation, de maintien de compétences ou de loisirs ».
Si les espoirs sont permis concernant les progrès à venir sur les batteries, ouvrant la voie aux vols plus longs, peut-on imaginer demain de véritables lignes aériennes électriques pour le transport de passagers ? Green Aerolease attend des projets d’avions d’une capacité allant jusqu’à 19 places, qui devraient voir le jour d’ici à 2030.
Pour Charles Cabillic, fondateur de la jeune entreprise, ces appareils pourraient établir des connexions interrégionales.« Imaginez un Nantes-Montpellier ou un Paris-Aurillac. Il y a une vraie opportunité de désenclaver les territoires sans construire d’infrastructures complémentaires, puisqu’on a un maillage de 400 aérodromes en France. »
L’entreprise bretonne compte inaugurer la première liaison aérienne électrique d’Europe entre Brest et Ouessant avec un avion capable d’embarquer neuf passagers. Ouverture du guichet d’enregistrement : 2025
Romain Pernot, journaliste
Reporter d’images
Avions à hydrogène : « De nombreux challenges sont à relever dans les aéroports pour être au rendez-vous »
Les premiers vols commerciaux à hydrogène sont annoncés pour 2035. Si de nombreux défis technologiques restent à relever pour que cet objectif se concrétise, au sol, les aéroports se préparent déjà à ce changement majeur. Détails avec Vinci Airports.
Entretien | Energie | 15.02.2023 | S. Fabrégat
https://www.actu-environnement.com/ae/news/avions-hydrogene-aeroports-logistique-securite-41173.php4
L’avion à hydrogène, rêve ou réalité ? Le transport aérien est responsable de 5 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne. Alors que de nombreux acteurs, dont l’Agence internationale (AIE) ou l’Ademe, ont préconisé une réduction des vols, voire un plafonnement du trafic aérien pour limiter cet impact climatique, les avionneurs misent plutôt sur les progrès technologiquespour continuer à faire voler leurs aéronefs, avec un impact moindre sur le climat. Carburants du futur, électricité, hydrogène… font partie des solutions étudiées.
Airbus planche notamment sur l’hydrogène et s’est fixé pour objectif de lancer un premier vol commercial en 2035. Les premiers essais de son prototype de propulseur à pile à combustible devraient être menés dès cette année. D’autres démonstrateurs d’avions à pile à combustible, lancés par ZeroAvia et Universal Hydrogen, ont réalisé leurs premiers vols d’essai début 2023. Si de nombreux défis technologiques doivent encore être relevés pour que l’avion à hydrogène devienne une réalité, au sol, les acteurs aéroportuaires se préparent déjà à cette révolution.
Vinci Airports, qui gère 65 plateformes à travers le monde, travaille en étroite collaboration avec Airbus et Air Liquide pour préparer l’arrivée de l’hydrogène sur les pistes d’atterrissage. Là aussi, les défis à relever son nombreux : il s’agit d’assurer la sécurité et la sûreté, tout en anticipant la logistique à mettre en place, trouver le modèle économique adéquat… En attendant les avions verts, l’hydrogène a déjà débarqué dans certaines plateformes aéroportuaires pour alimenter les engins au sol et la mobilité légère. Éric Delobel, directeur technique de Vinci Airports et référent hydrogène chez Vinci Concessions, est revenu pour nous sur les nombreux défis à relever et sur les premières expérimentations en cours, en marge du salon Hyvolution, organisé à Paris les 1er et 2 février derniers.
Sophie Fabrégat, journaliste
Cheffe de rubrique énergie / agroécologie