Qu’est-ce que la géopolitique ?Entretien avec Hubert Védrine

Hubert Védrine : « Le cycle d’effacement de l’État-nation est en bout de course »

Marianne102 k abonnés

13 mars 2021

Qu’est-ce que la géopolitique ? Dans son « Dictionnaire amoureux de la géopolitique », l’ex-ministre des affaires étrangères Hubert Védrine décrit cette science peu connue comme « l’interaction entre l’histoire, la géographie et la diplomatie ». Entretien. Le magazine Marianne est en kiosques chaque vendredi, également disponible en ligne dès le jeudi. « Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti ». Albert Camus Marianne TV : https://tv.marianne.net/ Marianne.net : https://www.marianne.net/ Facebook : https://www.facebook.com/Marianne.mag… Twitter : https://twitter.com/MarianneleMag Instagram : https://www.instagram.com/mariannelemag/

Commentaires

F Pierru

Védrine est toujours très intéressant.

C’est un réaliste en politique qui fait penser à Raymond Aron dans la lignée de Machiavel. On le voit bien dans sa comparaison de Clinton et Obama. 

Comme tout réaliste il voit la pérennité de l’Etat nation mais s’interroge de façon obsédante sur l’universalisme face à la distinction ami-ennemi de Carl Schmitt.

L’universalisme, ce n’est pas que le message du christianisme selon St-Paul, mais aussi le droit romain à la recherche préchrétienne d’un droit qui protège autant le citoyen du bout de l’Empire que celui de Rome, c’est sans doute aussi bien plus, au delà d’un sous produit d’un occident coupable du nazisme et de la colonisation.

« Des bisounours dans le monde de Jurassic park » , voici qui définit bien les idéalistes en politique qui nous entourent, y compris en santé publique.

Je la replacerai! 

Mais le réalisme ne commande-t-il pas de voir dans les bisounours de faux naïfs stratégiques, aux fins de leurs propres intérêts, des rationalités limitées qui adoptent des rhétoriques en « prêt à porter »?

Mitterrand avait Badinter pour le droit, Dumas pour les coups tordus, et Védrine pour l’intelligence internationale.

Chirac avec qui il a cohabité sous Jospin, l’a apparemment beaucoup apprécié.

J P Devailly

Védrine est toujours très intéressant.

C’est un réaliste en politique qui fait penser à Raymond Aron dans la lignée de Machiavel. On le voit bien dans sa comparaison de Clinton et Obama. 

Comme tout réaliste il voit la pérennité de l’Etat nation mais s’interroge de façon obsédante sur l’universalisme face à la distinction ami-ennemi de Carl Schmitt.

L’universalisme, ce n’est pas que le message du christianisme selon St-Paul, mais aussi le droit romain à la recherche préchrétienne d’un droit qui protège autant le citoyen du bout de l’Empire que celui de Rome, c’est sans doute aussi bien plus, au delà d’un sous produit d’un occident coupable du nazisme et de la colonisation.

« Des bisounours dans le monde de Jurassic park » , voici qui définit bien les idéalistes en politique qui nous entourent, y compris en santé publique.

Je la replacerai! 

Mais le réalisme ne commande-t-il pas de voir dans les bisounours de faux naïfs stratégiques, aux fins de leurs propres intérêts, des rationalités limitées qui adoptent des rhétoriques en « prêt à porter »?

Mitterrand avait Badinter pour le droit, Dumas pour les coups tordus, et Védrine pour l’intelligence internationale.

Chirac avec qui il a cohabité sous Jospin, l’a apparemment beaucoup apprécié.

F PIERRU

Oui, JP, c’est l’un des meilleurs géopoliticiens que nous ayons, reconnu à droite comme à gauche (encore qu’à droite, je ne suis pas certain que Macron et sa politique extérieure affligeante et même ridicule l’écoutent). 

Il est réaliste au sens où il prend le monde tel qu’il est, et pas tel que les européistes et sans-frontiéristes (type Plenel) voudraient qu’il soit. En d’autres termes, il ne prend pas ses désirs pour la réalité. Par exemple, oui, pour le reste du monde l’Occident, à savoir les USA et ses vassaux européens, existe et il n’est absolument pas apprécié étant donné qu’il est d’une hypocrisie et d’une brutalité sans nom. Quand des crétins à Moustache célébrent « nos valeurs », ça irrite plus qu’autre chose la Chine, l’Inde, le Brésil ou les pays africains, sans même évoquer le Moyen-Orient, car ils l’ont vue à l’oeuvre la « diplomatie des valeurs » : des Etats faillis, les groupes terroristes et les mafias prenant leur place. 

Cela ne veut pas dire qu’il paide pour le statu quo : les choses peuvent évoluer dans le bon sens à condition d’arrêter des leçons de morale à la terre entière et de reconnaître les spécificités des autres peuples. Si on arrêtait les coups tordus et les déstabilisations de régime, comme l’OTAN et les USA l’ont fait en Ukraine, ça serait pas mal pour être considérés comme interlocuteurs dignes de confiance… On en est très loin ! 

Hélas, je crains que l’administration Biden ne rompe pas avec l’idée d’une mission évangélisatrice de l’Occident qui n’a récolé que des guerres, militaires et civiles, le terrorisme et le chaos. L’obsession chinoise des Etats-Unis est très préoccupante et n’augure rien de bon… On retourne à une forme de guerre « froide » (chaude en réalité) avec de multiples théâtres de guerres conventionnelles ou hybrides. Ce que sont en train de faire les USA dans la région pacifique n’est pas très malin. 

J’apprécie aussi chez Védrine l’honnêteté intellectuelle qui consiste à reconnaître que l’on puisse être critique sinon sceptique de l’UE sans être immédiatement qualifié de nazi… Là encore, le choix est entre la moraline et la connaissance du dossier. 

Plus généralement, le moralisme est la plaie de notre époque médiatique et de réseaux sociaux. Il permet d’éviter de s’informer, de réfléchir et d’analyser les situations froidement. En géopolitique, c’est la victoire de BHL, Bruckner, Goupil, Plenel, et autres suppôts des USA : le Bien contre le Mal, les Jedi contre les Sith, La Lumière contre l’Obscurité, les Cow-boys et les Indiens c’est sûr que c’est économe en temps de cerveau disponible. C’est une morale de jeux vidéos. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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