Recul de la France dans le classement des 500 plus grandes entreprises mondiales
Avec 24 entreprises au classement contre 42 à la fin des années 1990, l’Hexagone a atteint son plus bas niveau jamais enregistré selon le classement publié par la revue américaine « Fortune ».
Par Julien Bouissou
Aujourd’hui à 07h11, modifié à 08h28.Lecture 2 min https://redaction.lemonde.fr/optiext/optiextension.dll?ID=YqrYx2_peg0pm4CHfwShJrcJUnHsnQcigdTi87Vp%2BEtIPhpIA8YL%2B44kuEzoVET60KB5sP%2BaMiVioz5%2BZsMJhfkXpDi%2BSzTHu%2BFescYH
Les 500 plus grandes entreprises au monde produisent plus du tiers des richesses de la planète. Selon le dernier classement Fortune Global 500 publié mercredi 2 août par la revue américaine Fortune, leurs chiffres d’affaires ont augmenté en 2022 de 8 %, à 41 000 milliards de dollars (37 335 milliards d’euros), mais leurs profits ont reculé de 7 %, à 2 900 milliards de dollars. Elles font travailler seulement 70,1 millions de salariés, une goutte d’eau dans la population active mondiale qui en compte 3,43 milliards. Elles sont surtout dirigées par des hommes : seules 29 d’entre elles ont à leur tête des femmes, contre 24 l’année dernière.
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La revue américaine note que la France, avec 24 entreprises au classement contre 42 à la fin des années 1990, a atteint son plus bas niveau jamais enregistré. TotalEnergies est en tête du peloton tricolore, à la 20e place. L’Allemagne, qui a ajouté deux entreprises au classement cette année, dépasse la France. Elle en compte désormais 30, avec comme chef de file, le constructeur automobile BMW, qui se situe au 57e rang mondial. Rapportée au PIB de chaque pays, la France reste toutefois le pays européen qui compte la proportion la plus élevée d’entreprises multinationales.
Le secteur qui a connu la plus forte embellie est celui des hydrocarbures, avec une hausse des cours du pétrole et du gaz déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine. La première à en bénéficier est la major Saudi Aramco, qui assure presque un quart des approvisionnements en hydrocarbures de la planète, et se hisse à la deuxième place. Jamais une entreprise n’avait enregistré des profits aussi élevés : ils ont atteint 159 milliards de dollars en 2022. Deux autres producteurs de pétrole se hissent parmi les dix plus grandes entreprises mondiales : ExxonMobil (7e rang) et Shell (9e rang). L’année 2023 devrait être moins faste étant donné que les cours internationaux ont baissé sur un an, au premier semestre 2023, de 26 % en moyenne pour le pétrole (baril de brent de la mer du Nord) et de 58 % pour le gaz.
Faible croissance chinoise
Le secteur des technologies confirme son rôle central dans l’économie américaine avec trois entreprises, Apple, Alphabet (maison mère de Google) et Microsoft, qui ont dégagé à elles seules 233 milliards de dollars de revenus nets en 2022. Apple a remporté le record du profit le plus élevé pour une entreprise américaine (100 milliards de dollars). Le géant américain de la distribution Walmart figure en tête du classement pour la dixième année consécutive.
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Si la Chine compte davantage d’entreprises au classement que les Etats-Unis (142 contre 136), leur chiffre d’affaires cumulé est inférieur à celui des entreprises américaines (13 000 milliards de dollars contre 11 700 milliards de dollars). Avec ses confinements, ses bateaux restés à quai, l’effondrement de l’immobilier et l’atonie de sa consommation intérieure, la croissance chinoise n’a atteint que 3 % en 2022, le pire chiffre depuis 1976, à l’exception de 2020.
Les économistes s’inquiètent d’une fragmentation de l’économie mondiale divisée en blocs géopolitiques, du découplage entre la Chine et les Etats-Unis et d’un retour du protectionnisme. Les 500 plus grandes entreprises de la planète continuent d’enregistrer une croissance rapide.
Julien Bouissou