France : la baisse du nombre de pharmaciens se poursuit

Paris, le lundi 24 juillet 2023 https://www.jim.fr/pharmacien/actualites/pro_societe/e-docs/france_la_baisse_du_nombre_de_pharmaciens_se_poursuit_198224/document_actu_pro.phtml?autologin=Y5NQy38AAQEAABZ3tx8AAAAK
– L’Ordre national des pharmaciens vient de le confirmer : le nombre de pharmaciens est en diminution en France. Il vient de passer sous la barre symbolique des 74 000 inscrits.
L’Ordre réalise, chaque année, une étude démographique des pharmaciens en exercice en France — Hexagone et outre-mer inclus. Cette enquête répond à deux objectifs : analyser les évolutions démographiques des « différents métiers de la pharmacie » et nourrir les travaux en rapport avec le renouvellement de la profession, en particulier ceux menés par l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS).
Une baisse légère mais qui confirme la tendance
L’étude de l’année 2022, arrêtée au 1er janvier 2023, a mis une évidence une très légère baisse du nombre d’inscrits à l’ordre : -0,3 % par rapport à 2021. Cette petite diminution du nombre de praticiens fait passer le nombre de pharmaciens sous la barre des 74 000, puisqu’ils étaient officiellement 73 795 au 31 décembre 2022.
La baisse est évidemment de faible ampleur, mais elle s’inscrit en continuité avec la tendance constatée depuis 2016, à savoir une diminution progressive du nombre de pharmaciens inscrits (-1 % au total sur la période 2016 – 2022).
Une tendance similaire est observée concernant les primo-inscrits : 2337 pharmaciens se sont inscrits pour la première fois à l’Ordre en 2022, soit 205 de moins que l’année précédente.
Pour l’organisme professionnel, ces tensions de recrutement, constatées dans toutes les filières de la pharmacie, « risquent de s’accentuer dans le futur au regard des pénuries d’étudiants et de l’augmentation des besoins pharmaceutiques de la population ».
L’âge moyen des praticiens, quant à lui, se stabilise autour de 46 ans. En revanche, l’Ordre fait remarquer que les pharmaciens de 60 ans et plus représentent 19 % des inscrits en 2022 — ils n’étaient que 12 % en 2012, ce qui confirme un allongement des carrières.
Stabiliser la démographie pharmaceutique
Peu de changement, néanmoins, concernant la répartition homme/femme : la proportion de femmes dans la profession était de 67 % en 2012, et elle est de 68 % en 2022.
Concernant le nombre d’officines en France, on en dénombre 20 142 dans l’Hexagone en 2022 (-0,9 % par rapport à 2021) et 615 en outre-mer (+0,3 %). Des variations faibles, donc, même si la diminution du nombre d’officines dans l’Hexagone suit la même tendance que celle du nombre de pharmaciens inscrits.
L’organisme fera remarquer, plus largement, qu’il sera «crucial» d’assurer le renouvellement du nombre de pharmaciens formés pour «garantir la solidité et la pérennité» de ce maillage en France. L’Ordre souhaite donc augmenter l’attractivité de la profession pour pérenniser la démographie pharmaceutique.
Il s’est fixé, à cet effet, un certain nombre d’objectifs, comme l’adaptation de la réforme d’accès aux études de santé et du cursus universitaire aux « besoins d’aujourd’hui et de demain » ou encore la promotion des différents métiers de la pharmacie.
Raphaël Lichten