Les internes en médecine générale ne veulent plus être « instrumentalisés » par l’hôpital
Par Aveline Marques le 21-07-2023

Dans un communiqué commun, les représentants des étudiants en médecine répondent aux présidents de CME qui s’inquiètent de la réduction du temps de stage en pédiatrie pour les futurs internes de médecine générale. Refusant de « combler les trous », les carabins défendent la possibilité d’un stage libre offerte par la nouvelle maquette du DES*.
La future maquette du DES de médecine générale, remodelée par l’ajout d’une 4e année d’internat, alimente les débats depuis quelques jours. D’un côté, les présidents de CME qui s’inquiètent des conséquences de la réduction de la durée – de 6 à 3 mois – du stage de pédiatrie hospitalière, de l’autre, les syndicats de médecins libéraux et le Collège national des généralistes enseignants qui insistent sur la nécessité de former avant tout les futurs MG aux « soins de premiers recours », et les étudiants eux-mêmes… qui veulent avoir le choix.
Dans un communiqué commun diffusé ce vendredi 21 juillet, l’Anemf, l’Isni et l’Isnar** défendent la nouvelle maquette qui, en couplant les stages de santé de la femme et de pédiatrie, permettra de dégager un stage libre. Rien n’empêchera alors les internes de MG de choisir de le réaliser en pédiatrie, « s’ils l’estiment cohérent avec leur projet ».
« Le DES de médecine générale ne doit pas avoir vocation à combler à bas coût un manque de professionnels de santé dans les services hospitaliers et en ambulatoire, mais bien à former les futurs médecins généralistes dont nous avons urgemment besoin », insistent les représentants étudiants. « La pression issue des difficultés rencontrées à l’hôpital ne peut plus justifier l’utilisation des internes en médecine générale comme monnaie d’échange. » Ils demandent au ministère de « rester ferme dans leur décision de créer un stage couplé ‘femme/enfant’ ainsi qu’un stage libre » et réaffirment la nécessité de report de cette réforme, dont l’entrée en vigueur est prévue à la rentrée prochaine.
*Diplôme d’études spécialisées.
**Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG), Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), Intersyndicale nationale des internes (Isni).
Manque d’internes en pédiatrie : les craintes des présidents de CME sur la 4e année de médecine générale
Par F. Na le 17-07-2023 https://www.egora.fr/etudiants/internat/81502-manque-d-internes-en-pediatrie-les-craintes-des-presidents-de-cme-sur-la-4e

Alors que le rapport sur la réforme de la maquette du diplôme de médecine générale a été rendu, les conférences des présidents de CME font part de leurs craintes.
Si l’institution se félicite de « l’importance accordée à la médecine générale de premier recours », elle tient à alerter « sur les conséquences de certaines annonces ». Et notamment sur les effets en pédiatrie.
Il est « indispensable de développer la formation des généralistes à la pédiatrie et d’augmenter le nombre d’internes formés en pédiatrie », étant donné la situation de crise que connaît la spécialité, assurent les présidents ni de CME. Et de déplorer la réduction du temps de formation de 6 à 3 mois des internes en médecine générale à la pédiatrie. « Le prolongement d’une année de l’internat de médecine générale était au contraire l’occasion de doter les futurs médecins généralistes d’une solide formation pédiatrique », note le communiqué.
Des propos qui ont fait réagir certains généralistes, qui y voient une manière de demander aux internes de médecine générale de combler les manques de la spécialité.
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Ah oui et accessoirement les internes de MG ne sont pas là pour boucher les trous des Urg ped, il serait de bon ton que les CME comprennent bien ça à un moment
Rien qui ne va dans ce thread. Commencer par dire que les hôpitaux sont en crise au niveau pédiatrie pour la tenue des roulements et finir par dire que les internes de MG doivent faire plus de stage en pédiatrie hospitalière pour leur formation.

Rémi Salomon
@RemiSalomon
Les pédiatres sont TRES INQUIETS, je vais vous expliquer pourquoi en quelques lignes dans ce fil. Comme souvent pour les spécialités à gardes, les équipes hospitalières en pédiatrie et en néonatalogie (indispensables pour les maternités) sont fragiles à certains endroits.
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D’autre part, les présidents de CME se disent préoccupés par les conditions d’exercice de ces « docteurs juniors ». « Ce paiement à l’acte des internes pourrait donc aller jusqu’à 30 consultations par jour (soit pas plus d’un quart d’heure par enfant !) Ce qui ne peut manquer d’interroger sur la qualité des soins curatifs, préventifs et éducatifs qui seront dispensés, mais aussi sur la qualité de la formation ainsi dispensée. » Ils regrettent aussi un exercice exclusivement libéral.
Enfin, les présidents de CME s’alarment du fait que « les internes de médecine générale pourraient ainsi gagner plus que les internes des autres spécialités, formés essentiellement dans les hôpitaux ». « C’est préparer le terrain à une fuite massive des internes de spécialité vers les cliniques… », prédit le communiqué.