Praticiens hospitaliers: une grève bien suivie, pour rien ?

Plus de la moitié des praticiens hospitaliers en grève : « du jamais vu »  

Par M.G. le 04-07-2023  https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/81309-plus-de-la-moitie-des-praticiens-hospitaliers-en-greve-du-jamais#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20230705-%5B_1%5D

Ce lundi 3 et ce mardi 4 juillet, les praticiens hospitaliers (PH) étaient appelés à faire grève pour demander une revalorisation des gardes et dénoncer un manque d’attractivité. Ce premier jour, plus de 50% des PH se sont déclarés grévistes, selon les syndicats. 

Alors que les syndicats avaient incité les praticiens hospitaliers (PH) à se mettre en grève, ce lundi 3 et ce mardi 4 juillet, ces derniers ont été nombreux à répondre à leur appel. « On est entre 50 et 100% de participation à la grève », a assuré Jean-François Cibien, président de l’intersyndicale Action Praticiens Hôpital (APH) à l’AFP. Il a même indiqué que 80% des PH s’étaient mis en grève à la Rochelle et 65% à Annecy. Des estimations record pour Anne Wernet, présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E). « De mémoire de syndicaliste, on n’a jamais vu autant de gens qui se mobilisent et pas uniquement dans les spécialités postées », estime-t-elle. 

Le nombre de candidatures au concours de praticien hospitalier en chute 

Si les syndicats ont appelé à la grève, c’est notamment pour demander une augmentation de la rémunération des gardes. Même si François Braun les a revalorisées de 50%, dépassant les 400 euros brut pour 12 heures de service, cette mesure n’a été prolongée que jusqu’à fin août. « Nous voulons 500 à 600 euros pour ces gardes et qu’elles soient prises en compte pour la retraite », a martelé Jean-François Cibien. 

Autre inquiétude pour Yves Rébufat, délégué général d’APH : le « contexte de démographie médicale en berne ». 30% des postes sont non pourvus et occupés en grande partie par des intérimaires, des internes ou des médecins étrangers, a-t-il rappelé, en déplorant « une perte de pouvoir d’achat de plus de 20% en vingt ans ». « Moins on est nombreux, moins on nous paye pour rester à l’hôpital », déplore-t-il.

Les syndicats ont demandé à être reçus par le Président de la République. 

[Avec AFP] 

Publié le 05/07/2023

Acte II de la grève des PH

Paris, le mercredi 5 juillet 2023

https://hubtr.newsletter.jim.fr/clic132/10882/1244477/12?k=8bab0b2f8ddfefe33f1995b118148433

Après la grève organisée par l’intersyndicale APH ce lundi, trois autres syndicats de PH appelaient également à cesser le travail ce mardi pour demander une amélioration des conditions de travail.

Une grève en ordre dispersé. Ces lundi et mardi, les praticiens hospitaliers (PH) de France et de Navarre se sont mis en grève pour protester contre la baisse d’attractivité de leur carrière et la détérioration de leurs conditions de travail. Après une première grève organisée ce lundi par l’intersyndicale Action Praticiens Hôpital (APH), qui comprend notamment Avenir Hospitalier (AH), le SNPHARE et Samu-Urgences de France (SUdF), ce sont les syndicats INPH, Snam-HP et CMH qui ont appelés ce mardi leurs adhérents à cesser le travail, au moins symboliquement.

L’origine de la brouille entre ces deux groupes de syndicats remonte à 2020, lorsque l’INPH, le Snam-HP et le CMH ont accepté de signer les accords de Ségur au sortir du premier confinement, là où APH avait jugé ces accords insuffisants face à la situation de l’hôpital public. « Notre mobilisation ne se limite pas à la valorisation des gardes et astreintes et à l’aspect incomplet du Ségur » expliquent les trois syndicats dans un communiqué commun, comme pour se démarquer de l’action plus contestataire menée par APH. 

Les syndicats demandent un geste sur les retraites

Si, comme leurs collègues d’APH, les trois syndicats demandent une augmentation des rémunérations et une revalorisation de la permanence des soins, ils sont également très impliqués sur le sujet des retraites, demandant une meilleure prise en compte de la pénibilité et un raccourcissement de la durée des carrières « pour pouvoir atteindre les derniers échelons de la grille salariale ». Ils pointent notamment du doigt la situation complexe des PU-PH, dont les émoluments hospitaliers ne sont pas pris en compte dans le calcul de la retraite, ce qui créé un taux de remplacement particulièrement faible (33 % contre 75 % en principe pour les fonctionnaires). Le Syndicat des hospitalo-universitaires (SHU), qui a rejoint l’appel des trois syndicats, alerte sur la désaffection actuelle pour la carrière hospitalo-universitaire avec, pour la première fois depuis les ordonnances Debré de 1958, des postes qui restent vacants.

Tout comme les syndicats membres d’APH la veille, les trois syndicats à l’origine de cette journée de mobilisation revendiquent une forte participation des PH. Selon eux, le taux de gréviste atteint plus de 60 % dans la plupart des établissement, le mouvement ayant généralement pris la forme d’une déclaration d’une heure de grève aux directions hospitalières. Les secteurs les plus touchés ont été la psychiatrie, la réanimation et la pédiatrie.

Les négociations achoppent sur le budget

Signe que les syndicats INPH, Snam-HP et CMH sont sans doute plus institutionalisés et moins dans une logique d’affrontement avec l’exécutif qu’APH, leurs représentants ont été reçus ce mardi par le ministre de la Santé François Braun, après une manifestation devant le ministère à Paris. « Les collègues ont pu exposer la totalité des problèmes de tout l’hôpital public et des assurances ont été données quant à la volonté du ministre de faire aboutir les négociations entamées depuis le début de l’année » se sont réjoui les trois syndicats à la sortie de la réunion. 

Mais comme les rumeurs le laissent entendre depuis plusieurs semaines, c’est sur le plan budgétaire que les choses achopperaient. « Il manquerait toujours, malgré tout, un feu vert interministériel pour le mandat de négociation et le montant de l’enveloppe financière » expliquent les trois syndicats, alors que les négociations entre l’exécutif et les PH sont au point mort depuis la mi-mai.

Malgré leurs relations cordiales avec le ministre de la Santé, les syndicats n’excluent pas d’appeler de nouveau à la grève si leur revendications ne sont pas entendues. « La rentrée sera chaude » ont prévenus les syndicalistes.

Quentin Haroche

Grève des médecins hospitaliers : les syndicats repartent sans « enveloppe », ni « calendrier » du ministère de la Santé  

Par M. G. le 05-07-2023  https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/81338-greve-des-medecins-hospitaliers-les-syndicats-repartent-sans#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20230705-%5B_1%5D

En grève ce mardi 4 juillet pour demander une revalorisation salariale, les praticiens hospitaliers ont été reçus par le ministère de la Santé. Ils en sont sortis sans “calendrier”, sans “enveloppe” et sans “mandat financier”. 

En grève ces lundi 3 et mardi 4 juillet, les praticiens hospitaliers ont été reçus hier après-midi au ministère de la Santé. Les syndicats demandaient notamment une revalorisation de la rémunération des gardes, mais sont sortis “déçus” de cette rencontre. En effet, aucun “calendrier”, aucune “enveloppe”, ni “mandat financier” n’a été convenu. “Par contre, on se revoit en septembre”, a promis le Dr Frank Boudghene, vice-président du Syndicat national des médecins des hôpitaux publics (Snam-HP). 

Les nouvelles grilles de salaire des médecins hospitaliers au 1er juillet 2023 

Même si la mobilisation des praticiens hospitalier (PH) était record, les négociations n’ont pas été au rendez-vous. “Le seul point où il semble que l’on puisse avancer, c’est celui des gardes. Mais je crains qu’il ne s’agisse que de prolonger” des mesures déjà existantes, reconnaît la Dr Béatrice Aubriot, psychiatre et syndiquée auprès de la Coordination médicale hospitalière (CMH). Le ministère de la Santé a tout de même indiqué que François Braun est “convaincu qu’il faut porter de nouvelles mesures en matière de revalorisation des gardes de nuit et le week-end. (…) Le ministre est pleinement mobilisé pour apporter des réponses rapides et concrètes”

Le ministre de la Santé a déjà revalorisé la rémunération des gardes de 50%. Plusieurs fois reconduite, cette mesure doit prendre fin à la fin du mois d’août. 

[Avec AFP]

Revalorisation de la permanence des soins : l’équivalent de « deux cafés »

(Communiqué des anesthésistes réanimateurs du SNPHARE)

05/07/2023 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/211140/revalorisation-de-la-pds-deux-cafes-communique/

Émis par : SNPHARE

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Le lundi 3 juillet 2023, jour de grève des praticiens hospitaliers pour la reprise des 4 ans d’ancienneté et la revalorisation substantielle de la permanence des soins, la DGOS rappelle aux organisations syndicales, par voie de mail, que les gardes et les astreintes sont majorées de… 1,5 %[1] conformément à l’augmentation du point d’indice (et sans commune mesure avec le taux d’inflation).

Il n’est pas précisé si cet arrêté annule l’arrêté précédent, qui revalorisait de manière temporaire les gardes (et uniquement les gardes) de 50 %. Nous avons eu confirmation dans la journée de la conservation de la mesure de majoration jusqu’au 31 août 2023.

Ainsi, le tarif de base de la permanence des soins est majoré de moins de 5 euros bruts pour les gardes (et encore moins pour les astreintes), soit 4 euros nets, soit le prix de 2 cafés (et même 3 cafés jusqu’au 31 août, donc !).

Le café, c’est bien nécessaire pour tenir 24 heures de garde.

Malheureusement, là n’est pas la solution. Le chantier de la permanence des soins n’est toujours pas ouvert ; il doit l’être de toute urgence, à la lumière d’un rapport IGAS qui n’est toujours pas rendu public, et devra aborder les leviers compensant la pénibilité liée au travail de nuit et de week-end :

  • La question de la durée de la garde – et de la durée des obligations de service des praticiens
  • La compensation pour la retraite
  • La revalorisation substantielle et pérenne de la permanence des soins, gardes et astreintes.

La permanence des soins est assurée essentiellement par l’hôpital public. L’hôpital public devient un désert médical. Les praticiens hospitaliers viennent de démontrer qu’ils savaient se mobiliser massivement pour revendiquer de meilleures conditions de travail : la solution est sous nos yeux, et il ne s’agit pas de nous servir le café.

Contact : anwernet.snphar@gmail.com

Les nouvelles grilles de salaire des médecins hospitaliers au 1er juillet 2023   

Par Aveline Marques le 04-07-2023

 https://www.egora.fr/actus-pro/remuneration/81308-les-nouvelles-grilles-de-salaire-des-medecins-hospitaliers-au-1er

Suite à la hausse du point d’indice des fonctionnaires, de nouvelles grilles de rémunération des praticiens hospitaliers, PU-PH, chefs de clinique et assistants sont entrées en vigueur ce mois-ci. La permanence des soins est également revalorisée. 

Un arrêté paru au Journal officiel du 2 juillet instaure de nouvelles grilles pour les émoluments hospitaliers des PH, PU-PH, MCU, chefs de clinique et assistants. Pour les praticiens hospitaliers, cela représente une revalorisation de 1.5%, équivalente à celle du point d’indice des agents publics. 

Au 1er juillet 2023, la rémunération annuelle d’un PH au 1er échelon augmente de 821.79 euros pour s’établir à 55 607.79 euros, tandis que celle d’un PH en toute fin de carrière (13e échelon) passe de 110 755.24 à 112 416.56 euros brut annuels, soit 1 661.32 euros de hausse. 

Un autre arrêté applique la même revalorisation pour la permanence des soins. Une garde de nuit en semaine, sur un dimanche ou jour férié au titre du service normal est rémunérée 281.35 euros pour un PH ; les gardes supplémentaires sont valorisées 503.87 euros ; une astreinte à domicile, 44.52 euros par nuit ou pour deux demi-journées. 

A noter que la majoration exceptionnelle de 50% des gardes instaurée l’été dernier à la suite de la mission flash sur les urgences a été prolongée jusqu’au 31 août 2023. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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