« On n’a pas d’autre choix que de transgresser la légalité, car cette dernière est écocidaire » Ecoguerriers ou écologistes radicaux ?

Les écoguerriers dans « Le Monde », un regard hésitant sur des militants écologistes radicaux

Chronique

Benoît Hopquin

Combattants pour l’environnement ou criminels dont les organisations doivent être dissoutes, comme les Soulèvements de la Terre par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin le 21 juin dernier ? Dans les colonnes du quotidien, le terme « écoguerrier » fait son apparition le 6 janvier 1995.

Publié le 01 juillet 2023 à 15h00  Temps de Lecture 4 min. 

Un arbre peut cacher la forêt. Ou dissimuler dans ses branches un « écoguerrier ». C’est des ramures de Fontainebleau qu’est tombé ce mot jusque dans les colonnes du Monde, le 6 janvier 1995. Pascale Sauvage ­rendait compte de l’arrestation de trois militants qui menaient « une véritable guérilla » contre l’Office national des forêts (ONF), dont ils dénonçaient la gestion mercantile. Accusés de déprédations, les trois hommes se retrouvaient incarcérés à la prison de Fleury-Mérogis.

D’emblée était posé un débat que deux mots vont résumer. Etait-ce là des « écoguerriers », la version chevaleresque, ou des « écoterroristes », son pendant maléfique ? Combattant, voire résistant, de l’environnement, comme se conçoivent ces femmes et ces hommes déterminés à s’affranchir de certaines règles pour faire avancer une cause jugée supérieure ? Ou délinquants, voire criminels, dont les modes opératoires et les appels à l’insurrection sont incompatibles avec les lois de la République et même avec la démocratie, comme l’a décidé Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, en obtenant en conseil des ministres la dissolution, ce 21 juin, de l’organisation Les Soulèvements de la erre, adepte d’actions collectives autour de la mégabassine de Sainte-Soline ou sur d’autres points chauds des luttes environnementales ?

Lors du procès des trois de Fontainebleau, les deux thèses s’opposent dans le prétoire. Cécile Prieur en rend compte le 29 octobre 1996 : « Le procureur de la République (…) estime que les prévenus “ne sont pas des ­défenseurs de la nature mus par un idéal, mais des délinquants au comportement dangereux, manipulateurs et malhonnêtes”. » A l’inverse, Mᵉ Henri Leclerc défend que « “l’opacité de ­certaines administrations, doublée d’une conception marchande du service public, a interdit le dialogue et poussé à l’utilisation de la violence.” (…) “Ces actions sous-tendent une responsabilité : la responsabilité d’une société qui n’écoute pas ses citoyens. Car leurs actions, certes inadaptées et inutiles, sont quelque part citoyennes.” » Les trois hommes sont condamnés à de la prison avec sursis.

« Ils ont de curieuses manies »

Les « écoguerriers » ou « éco-guerriers », selon l’humeur de la correction du Monde, plus rarement baptisés « éco-combattants », sont la version française des eco-warriors anglo-saxons qui ont déjà acquis une solide réputation aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Dans sa chronique du 16 juin 1997, Pierre Georges s’intéresse sur un ton amusé à ces Idéfix qui se perchent dans les arbres pour empêcher qu’on les abatte. « Il faut bien, dans ce monde raide et drôle comme un essorage de personnel Electrolux, que les doux dingues s’expriment et égaient le paysage et la galerie. (…)Ils ont de curieuses manies. Dès qu’ils voient un grand chantier, une autoroute en construction, un aéroport en expansion, une forêt menacée, ils déterrent la hache de guerre. C’est-à-dire qu’ils grimpent aux arbres ou s’enterrent. »

Catherine Simon va à leur rencontre, dans le Kent, où une soixantaine d’éco-guerriers s’opposent à la construction d’un gigantesque complexe touristique dans la forêt de Westwood. « La saga des squatters de Westwood est exemplaire de ce nouveau mouvement social, qui proclame son opposition à “l’idéologie de la compétition et du chacun pour soi”, selon l’expression de l’historien Theodore Zeldin », explique la journaliste le 27 décembre 1997. « Ces “Pieds Nickelés” de l’écologie, surgissant en hordes hétéroclites dès qu’apparaît un bulldozer, sont devenus la coqueluche de la presse londonienne et la bête noire des sociétés de travaux publics et du ministère des transports », plaisante-t-elle.

Mais, quelque temps plus tôt, le 7 août 1995, Sylvie Kauffmann a publié un article autrement grave sur « Unabomber », de son vrai nom Theodore Kaczynski, un mathématicien américain devenu poseur de bombes« Depuis 1978, il a envoyé seize colis piégés à travers le pays, tué trois personnes et blessé vingt-trois autres, dont plusieurs grièvement. Ses cibles privilégiées appartiennent au monde scientifique ou industriel, suppôt de la “révolution industrielle” qui a “déstabilisé la société” », écrit la correspondante à Washington. L’homme se revendique comme « écologiste radical »,explique alors Sylvie Kauffmann, mais il sera ensuite défini par le FBI et la presse comme « écoterroriste » (Il s’est suicidé en prison, le 10 juin 2023).

Ils amusent ou ils effraient

Les éco-guerriers ne vont ainsi cesser de susciter des sentiments paradoxaux. Ils amusent quand ils kidnappent en région parisienne un Ronald, l’effigie de McDonald’s, « l’une des enseignes les plus représentatives de l’American way of life mondialisée », comme le rapporte Robert Belleret le 15 avril 1998. Ils effraient quand des animalistes britanniques, adeptes des attentats, marquent au fer rouge un journaliste dont ils n’ont pas apprécié l’enquête, comme le raconte Patrice Claude, le ­correspondant à Londres, le 9 novembre 1999.

Le regard du Monde est ainsi hésitant. Mais c’est avec l’occupation de la ZAD, comme « zone à défendre », de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, où les pouvoirs publics envisageaient d’installer un aéroport, que le mouvement commence à être pris au sérieux en France. « Les “écoguerriers” sont prêts, écrit Rémi Barroux le 17 novembre 2012. On les surnomme les “Camille”, car, qu’ils vivent dans une cabane perchée dans les arbres ou dans une maison abandonnée, qu’ils aient 20 ans à peine ou plus, garçon ou fille, tous se font appeler “Camille”. Ils dissimulent souvent leur visage derrière une cagoule ou un foulard par méfiance vis-à-vis des médias, de la police. Mais derrière ces masques se cache aussi la volonté de se fondre dans un collectif soudé contre le “système”. » La mort, en octobre 2014, de Rémi Fraisse, un jeune militant écologiste opposé au projet de barrage de Sivens et tué par l’explosion d’une grenade lancée par un gendarme, ne fait que dramatiser cette forme de contestation.

Lire aussi :    « On n’a pas d’autre choix que de transgresser la légalité, car cette dernière est écocidaire » : la tentation radicale des militants écologistes *

C’est à cette époque que se développe ­également le double disqualifiant des éco-guerriers : les éco-terroristes, expression que Gérald Darmanin va reprendre. A Nicolas Truong qui interroge cette notion, le 19 mai 2023, Philippe Subra, géographe et spécialiste des conflits d’aménagement du territoire, répond que « l’expression marque un renversement idéologique et relève d’une manipulation sémantique ».

Il ajoute : « Si les violences de certains manifestants de Sainte-Soline sont de l’écoterrorisme, alors les menaces de mort proférées par des militants de la Coordination rurale contre les opposants au barrage de Caussade ou les dégradations de biens appartenant à des écologistes en Bretagne devraient être qualifiées par le ministre de l’intérieur d’“agroterrorisme”. Ce qu’il se garde bien de faire. »

Benoît Hopquin

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*« On n’a pas d’autre choix que de transgresser la légalité, car cette dernière est écocidaire » : la tentation radicale des militants écologistes

Par Sevin Rey-Sahin Publié le 21 avril 2022 à 00h38, modifié le 02 mai 2022 à 12h00

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Reportage

Depuis les résultats du premier tour à la présidentielle, les associations écologistes ont vu leurs rangs grossir de façon spectaculaire. La plupart d’entre elles estiment que le temps des simples marches, trop peu suivies d’effets, est révolu. Seule la désobéissance civile pourrait, pensent-elles, faire bouger les lignes.

Etendu sur le bitume, lunettes noires sur le nez, un bras enfoncé dans un tuyau en métal, Jérémy (la plupart des militants n’ont pas souhaité donner leur nom), 20 ans, interpelle une femme debout près de lui. « Pardon, médiatrice, que fait-on si la police nous charge ? », lui demande-t-il. Elle ne sait pas. C’est sa toute première action de désobéissance civile à elle aussi. Elle part se renseigner auprès d’anciens « rebelles ».

Au côté de Jérémy, d’autres corps allongés, d’autres bras reliés entre eux par ces tuyaux. Un peu plus loin, sur le boulevard de Bonne-Nouvelle, méditants assis sur des tapis de yoga face à un bloc de CRS, chaînes humaines, pianos auxquels s’attachent des activistes, structures en bambou et bottes de foin bloquent cet axe principal de Paris.

Le samedi 16 avril, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, plus de 1 500 militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) ont investi les abords de la porte Saint-Denis pendant trois jours pour dénoncer l’« inaction climatique » du pouvoir – ce « feu qui dévore notre avenir » – et « imaginer une autre démocratie que celle que l’on nous impose », résume Malal, membre du collectif.

Des électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Parmi la foule, de nouveaux visages, tous électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour son programme écologique et tous déçus par le résultat du premier tour, ont rejoint les activistes de la première heure. « Ni Le Pen ni Macron ne prennent au sérieux les questions environnementales, je suis venu ici pour agir et être cohérent avec moi-même », affirme Jérémy.

Pablo ne s’est pas attaché, il préfère distribuer des tracts. « J’ai fondu en larmes lorsque j’ai vu le résultat du premier tour. J’étais en colère contre moi-même de ne pas en avoir fait assez pour qu’un candidat de gauche soit présent au second tour », lance-t-il. L’étudiant parisien de 19 ans est convaincu que l’activisme s’impose désormais comme seule alternative lorsque les politiques n’agissent pas.

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Au soir du 10 avril, l’activiste Camille Etienne, suivie par près de 130 000 personnes sur Instagram, est contactée par des dizaines d’internautes « en colère ». « Tous demandaient comment ils pouvaient agir concrètement », résume-t-elleL’étudiante en sciences politiques crée alors un groupe de discussion sur la plate-forme Discord pour les mettre en contact avec des ONG écologistes. Près de 3 700 personnes s’inscrivent en à peine trois jours.

Chez XR, l’action du 16 avril, intitulée « L’Inévitable Rébellion » et prévue depuis ­plusieurs mois, connaît une explosion du nombre d’inscrits la semaine suivant le vote. Le mouvement de la militante Greta Thunberg, Youth for Climate, voit arriver des dizaines de demandes d’engagement dans ses réseaux locaux alors que, jusque-là, le collectif en recevait une ou deux par semaine.

Rhétorique de la résistance

Face à cette nouvelle vague, Extinction Rebellion et d’autres organisations, comme Les Amis de la Terre ou encore Alternatiba, se posent la question de la stratégie à adopter pour « absorber » ce public et, surtout, se ­montrer plus efficace après la désillusion du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Non-respect des engagements de limiter les émissions de CO2, promesse de sortie du glyphosate non tenue, loi climat peu ambitieuse… les écologistes accusent le coup d’un bilan mitigé alors que jamais l’engouement pour le sujet n’a été aussi fort avec, entre autres, des marches réunissant des centaines de milliers de personnes.

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« Le mouvement climat est épuisé, on a l’impression d’avoir atteint le plafond de verre. Cette présidentielle va clore le cycle des marches initié en 2018, après la démission de Nicolas Hulot. Aujourd’hui, on entend une forte rhétorique de la résistance », observe Théo Rougier, porte-parole au sein du réseau d’activisme Maintenant ou jamais.

« On l’a vu avec les “gilets jaunes”, pour être entendu, il faut être en capacité de bloquer économiquement ce pouvoir sourd à nos demandes. » Benoît, membre des Soulèvements de la Terre

Que faire, alors, lorsque marcher ne suffit pas ? Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, affirme réfléchir aux différentes stratégies. « En cas d’élection de Marine Le Pen, on se mettra en mode résistance pour défendre nos libertés fondamentales. Sous Emmanuel Macron, on devra probablement attendre moins des politiques et se tourner davantage vers d’autres communautés d’­acteurs, car on n’a pas réussi à convaincre sous le précédent quinquennat », confie-t-il, avant d’ajouter que « la désobéissance civile a plus que jamais sa place dans la situation actuelle ».

Pour que « le système se sente menacé »

Ce besoin d’action directe est partagé par toutes les associations. Extinction Rebellion souhaite aller plus loin dans le rapport de force pour que « le système se sente menacé », juge Malal, sous l’arche de la porte Saint-Denis. Après la victoire de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), où le projet d’aéroport a été abandonné à la suite de plusieurs années d’occupation et de confrontation avec les forces de l’ordre, la radicalité apparaît pour certains incontournable.

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« Aujourd’hui, on n’a pas d’autre choix que de nous opposer sur le terrain, de transgresser la légalité, car cette ­dernière est écocidaire. On l’a vu avec les “gilets jaunes”, pour être entendu, il faut être en capacité de bloquer économiquement ce pouvoir sourd à nos demandes », résume Benoît, zadiste et membre des Soulèvements de la Terre.

En janvier 2021, c’est sur ce même bocage de Notre-Dame-des-Landes qu’est né ce collectif réunissant et coordonnant divers organismes tels le syndicat agricole Confédération paysanne, XR et des mouvements de lutte locaux.

Depuis, les Soulèvements de la Terre ont coordonné plusieurs actions de désobéissance civile, comme l’occupation d’une usine Lafarge, celle du siège de Monsanto, à Lyon, ou le débâchage de bassines agricoles afin de dénoncer l’accaparement de l’eau par une minorité d’agriculteurs. Benoît refuse de parler de violence ou de non-violence mais préfère parler de légitimité face à « une violence d’Etat qui rend la planète encore plus inhabitable ».

Se radicaliser en restant attirant

A la différence d’Extinction Rebellion, qui bloque les grandes capitales, investit des aéroports, asperge de sang le siège du Medef, ou de Greenpeace, qui occupe, entre autres, des centrales nucléaires, le mouvement promeut un mode d’action plus locale avec un effet direct et brutal sur les projets jugés « écocides ». Chez Greenpeace, on admet que ce type de résistance « avec un objectif et des victoires plus atteignables peuvent concrétiser et ancrer
l’action climatique ».

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Plutôt que de marcher ou de signer une pétition pour le concept flou et lointain de dérèglement climatique, les Soulèvements de la Terre imaginent convaincre davantage d’acteurs en les invitant à défendre un lieu auquel ils sont attachés. « Mais, face à une urgence climatique globale, les seules luttes locales ne peuvent suffire », tempère Jean-François Julliard.

Le mouvement climat entre dans ce que Théo Rougier appelle « une zone d’expérimentation » dans laquelle les marches seront juste la porte d’entrée de l’engagement. « C’est dur d’aller s’enchaîner à des grilles pour la première fois en tant qu’activiste, la question pour les mouvements sociaux est : comment aller chercher les gens là où ils sont et les emmener le plus loin possible ? » Se radicaliser, oui, mais en restant accessible, attirant et efficace.

Lors de l’« Inévitable Rébellion », à Paris, le 16 avril 2022.
Lors de l’« Inévitable Rébellion », à Paris, le 16 avril 2022.  ZOE CHAUVET POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Ce soir du 16 avril, tandis que les CRS quittent les lieux, les tentes d’Extinction Rebellion s’installent pour la nuit. Des « gilets jaunes » et de jeunes antifascistes arrivent. « C’est naze comme occupation, c’est pas stratégique », critique Magalie, « gilet jaune » depuis les débuts. Les antifascistes, eux, lancent des fumigènes jaunes, un autre groupe part pour une manifestation sauvage dans les rues alentour. Un feu se déclenche, les sirènes se rapprochent. Un jeune membre de XR regarde la scène avec crainte. « Il ne faudrait pas que tout ceci fasse peur aux nouveaux à qui on a promis la non-violence»

Mise à jour le 2 mai 2022 à 12 h 00 : les propos de Théo Rougier ont été amendés, il a souhaité préciser sa pensée.Sevin Rey-Sahin

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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