Publié le 30/06/2023
La chaleur tue 33 000 personnes par an en France

Paris, le vendredi 30 juin 2023
— Santé publique France a publié, le 23 juin dernier, un rapport relatif à l’impact de la chaleur sur la mortalité en France métropolitaine, sur les périodes estivales allant de 2014 à 2022.
33 000 décès imputables à la chaleur chaque année
« Les canicules sont les évènements climatiques extrêmes associés au fardeau humain le plus élevé en France métropolitaine », fait remarquer, d’emblée, l’organisme public. Mais, outre les canicules, les températures chaudes en général peuvent aussi présenter des risques importants pour la santé.
Les principaux résultats de cette étude montrent que sur les périodes estivales 2014 – 2022, pour l’intégralité de la France métropolitaine, environ 33 000 décès sont attribuables à la chaleur entre le 1er juin et le 15 septembre de chaque année, dont 23 000 décès de personnes âgées de 75 ans ou plus.
Sur ce total, 28 % sont survenus pendant les canicules alors que ces périodes ne représentent que 6 % des jours analysés par l’enquête. Des chiffres qui justifient de renforcer la surveillance et la prévention, affirme Santé publique France.
Un autre enseignement particulièrement intéressant de cette étude est que l’impact de la chaleur est loin de se limiter aux températures les plus élevées. En effet, en dehors des périodes de canicule, le risque est certes plus faible, mais il est surtout plus fréquent, ce qui fait dire à l’organisme public que « l’exposition de la population à la chaleur [..] contribue davantage à l’impact total que les chaleurs extrêmes associées à un risque plus élevé, mais plus rare ».
Entre 1000 et 7000 décès sont ainsi imputables à la chaleur chaque année. Là encore, les deux tiers des décès concernent les plus de 75 ans.
De nouvelles mesures dès cet été
L’organisme public indique qu’à partir de cet été, et 15 jours après la fin de chaque épisode de canicule — un délai nécessaire permettant de consolider 90 % des remontées de l’INSEE —, un point épidémiologique dédié inclura une première estimation de l’excès de mortalité, toutes causes observées, pendant l’épisode de canicule. « Ces résultats donneront un premier ordre de grandeur de l’excès de mortalité toutes causes pendant l’épisode de canicule, qui sera consolidé par les estimations plus robustes du bilan de fin de période de surveillance estivale publié à l’automne », précise Santé publique France.
Par ailleurs, depuis le 15 mai dernier, l’établissement public a mis en place un nouveau dispositif de « promotion de la santé », visant à « ancrer dans la population des comportements favorables à la santé en lien avec la chaleur dans le quotidien, et non uniquement en période de canicule ». Un outil de communication qui sera complété, en cas de canicule, par des messages informatifs diffusés sur les réseaux sociaux.
Enfin, en cas de « canicule orange » ou « rouge » sur la majorité du territoire, selon la typologie établie par Météo-France, ou sur instruction du ministère de la Santé, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pourra également réquisitionner des chaînes et des stations de radio nationales pour faire diffuser des spots télévisés et radios conçus par Santé publique France.
Raphaël Lichten