Les médecins ne sont pas responsables des choix du passé » : le plaidoyer de François Braun à la tribune de l’Assemblée
Par Aveline Marques le 13-06-2023 https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/80949-les-medecins-ne-sont-pas-responsables-des-choix-du-passe-le#xtor=EPR-3-2%5BNews_a_la_Une%5D-20230614-%5B_1%5D

L’examen de la proposition de loi Valletoux a débuté lundi à l’Assemblée nationale, et doit se poursuivre jusqu’à vendredi. Sans surprise, la question de la régulation de l’installation des médecins libéraux, qui va faire l’objet d’un amendement, a été abordée dès la discussion générale. Face au groupe des transpartisans, menés par Guillaume Garot, les ministres François Braun et Agnès Firmin Le Bodo ont mis en garde contre des « fausses solutions »aux déserts médicaux.
Cette semaine, les médecins libéraux vont avoir les oreilles qui sifflent. Alors que les députés examinent la proposition de loi visant à « améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels de santé », dite Valletoux, la question de la liberté d’installation promet d’être vivement débattue. Sans attendre l’examen de l’amendement transpartisan porté par Guillaume Garot (PS) visant à limiter l’installation des médecins et dentistes en dehors des zones sous-dotées, le Gouvernement et les députés ont abordé le sujet d’entrée de jeu, lundi, dès les discours introductifs.
« Zéro fois zéro faut toujours zéro »
Prenant la parole après le rapporteur de la proposition de loi, Frédéric Valletoux (Horizons), le ministre de la Santé François Braun a mis en garde les députés contre un« remède attractif à court terme – et politiquement porteur », mais qui, en créant des « rigidités et des contraintes serait totalement contreproductif et ne ferait que détourner plus encore de l’exercice de la médecine, et en particulier de la médecine générale ». « La régulation des médecins constitue typiquement une fausse bonne solution, qui peut paraître miraculeuse en théorie mais qui, dans la pratique, n’apportera pas de réponses pour nos concitoyens », a renchéri la ministre déléguée aux Professionnels de santé, Agnès Firmin Le Bodo. « Réguler le manque ne résoudra malheureusement pas nos problèmes. On m’a toujours appris que zéro fois zéro fait toujours zéro, et c’est bien la situation à laquelle nous sommes confrontés. Il n’existe pas de territoires où il y aurait trop de médecins : ce n’est pas vrai ! Et vous qui êtes sur le terrain, au plus proche de vos administrés, vous le savez. »
Pas plus de « 400 ou 500 » médecins et dentistes concernés…
Un argumentaire qui ne suffira pas à convaincre les 200 députés partisans de serrer la vis aux médecins libéraux. « Il ne s’agit nullement d’imposer une mesure de coercition absolue, mais simplement, dans les zones qui connaissent encore une certaine surdensité médicale de faire en sorte qu’un nouveau praticien ne puisse installer sa plaque que si un autre retire la sienne, a défendu Philippe Vigier (Modem). D’abord – et ceux qui défendent les professions libérales devraient être sensibles à cet argument –, le médecin ainsi remplacé aurait au moins l’assurance de revendre sa clientèle, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ensuite, la densité médicale n’en serait pas affectée, puisque, par définition, le nombre de professionnels resterait stable. » Et le député de reconnaître que la disposition « concernerait au maximum 400 ou 500 professionnels, qui devraient alors simplement s’installer 10 ou 20 kilomètres plus loin : ceux qui connaissent les réalités géographiques à l’œuvre savent très bien qu’une telle mesure ne jouerait qu’à la marge »…
« J’ai du respect pour les médecins généralistes et pour les médecins libéraux de France »
Pertinente ou non, la mesure créé des tensions, a mis en garde François Braun. « Ces débats heurtent nos médecins. La semaine dernière encore, à Mauguio, dans l’Hérault, j’ai pu échanger avec des médecins généralistes de terrain qui m’ont dit leur désarroi devant les débats nationaux, a alerté le ministre de la Santé. Ils s’impliquent pourtant sans compter au service de leurs patients. Ils sont les premiers meurtris quand ils doivent refuser un patient. Ils ne sont pas responsables des choix du passé, tout comme les jeunes étudiants, et n’ont pas vocation à résoudre toutes les carences causées par d’autres », a-t-il plaidé. « J’ai du respect pour les médecins généralistes et pour les médecins libéraux de France. Je connais les difficultés et les frustrations qu’ils vivent au quotidien, mais aussi le lien privilégié qu’ils ont avec leurs patients. Les médecins généralistes assurent plus de 230 millions de consultations prises en charge par la sécurité sociale. Ne privons pas les Français de l’accès à des soins remboursés dont ils ont besoin. »
* REGULER OU NE PAS REGULER L’EXERCICE MEDICAL ?»
POUR L’ACCDM C’EST REGULER !!!!
https://desertsmedicaux.org/communique-de-presse/
Association de Citoyens Contre les Déserts Médicaux
Les décideurs et porteurs du projet de proposition de loi VALLETOUX émanant du gouvernement, se sont félicités dans la présentation du PPL du travail accompli, mais les citoyens Français en ALD ou pas, en mal de médecins généralistes ou spécialistes, de dentistes, attendent des décisions politiques fortes à même d’améliorer immédiatement une situation qui de dégrade de jour en jour.
Les bonnes et consensuelles propositions concernant l’exercice des médecins, indicateur territorial de l’offre de santé, préavis imposé avant départ en retraite du médecin, la limitation de l’intérim, intégration des PADHUE seront très vraisemblablement votées, car peu contraignantes.
Le PPL propose aussi un cocktail bureaucratique de mesures visant à intégrer tous les médecins dans les CPTS , de donner tout pouvoir au Conseil Territorial de santé et ce sans souci d’égalité entre les territoires ,d’ imposer à tous les médecins la permanence des soins(alors même que certains travaillent 60 h par semaine !)
Puisque vous êtes prêt M. Valletoux, à contraindre l’exercice médical dans les territoires, pourquoi par la loi, ne viendrait-on pas réguler l’exercice médical sur tout le territoire Français ?
S’il manque de médecins généralistes partout, l’inégale répartition des médecins spécialistes est intolérable, elle bafoue les besoins élémentaires des populations et le volontariat ne suffit pas car trop peu de spécialistes s’astreignent à faire des consultations avancées en territoires sous-dotés.
Nous, ACCDM, soutenons la régulation de l’exercice des médecins sur le territoire telle que proposée par le groupe trans-partisan, car elle n’est ni brutale ni anti démocratique : Est-il indécent d’empêcher les médecins, surtout les spécialistes, de continuer à s’installer ailleurs que là où l’on a vraiment besoin d’eux ?
Messieurs et Mesdames les membres du Gouvernement, Messieurs et Mesdames les député(e)s,
Soyez courageux ! Montrez aux Français que le risque politique que vous prenez à défendre leur santé a plus de valeur à vos yeux que le risque de déplaire à certains médecins, ne vous laissez pas influencer par cette menace du dé- conventionnement qu’on agite comme un chiffon rouge !!
Votez avec le groupe transpartisan pour la régulation de l’exercice médical !!
Merci de diffuser ce courrier important
Cordialement
Maxime Lebigot – Président
Dr Laure Artru VP Sarthe (06 70 93 01 97)
Dr Dominique Demange (06 07 13 42 84)
Dr Claire Letillois VP (06 78 23 54 26)
DR Michel Landais (06 23 10 91 79)
Dr Pierre Levisse VP (06 08 11 38 54)