
Macron, Borne et Kohler ont-ils favorisé les autoroutiers ? Anticor a déposé une plainte
ExclusifPar Emmanuel Lévy et Vanessa Ratignier
Publié le 28/06/2023 à 6:00

« Marianne », en collaboration avec l’émission « Complément d’enquête » (diffusée ce jeudi, le 29 juin, à 23h sur France 2), révèle qu’une plainte pour favoritisme vient d’être déposée par l’association de lutte contre la corruption Anticor. Dans son viseur : le Plan de relance autoroutier, signé en 2015 pour 3,2 milliards d’euros par ceux qui occupent aujourd’hui le sommet de l’État.Le Plan de relance autoroutier (PRA) signé en avril 2015 par Emmanuel Macron et Ségolène Royal, alors ministres de l’Économie et de l’Environnement, et négocié par leurs directeurs de cabinet respectifs, le désormais secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et l’actuelle Première ministre, Élisabeth Borne, a-t-il favorisé les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) ? A-t-il été signé en toute connaissance de cause ? C’est tout l’enjeu de la plainte déposée auprès du Parquet national financier (PNF) le 20 juin par Anticor, que révèle Marianne en collaboration avec « Complément d’enquête » (France 2).
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« L’opacité est caractéristique de ce dossier, or cela constitue le terreau nécessaire pour permettre à toute forme de corruption de prospérer » décrypte la présidente d’Anticor, Élise Van Beneden. L’avocat Alexandre Luc-Walton, qui porte le fer avec son confrère MeJoseph Breham, abonde : « Cette plainte vise à mettre en avant des faits troublants, susceptibles de caractériser une situation de favoritisme, c’est-à-dire le fait, pour une personne dépositaire de l’autorité publique, de procurer ou de tenter de procurer à autrui un avantage injustifié par un acte contraire aux règles fixées pour l’attribution des contrats deconcessions. »LE RAPPORT EN CAUSEDébat des lecteurs5 en ligneEmmanuel Macron a-t-il raison de vouloir faire une « pause » dans les règles environnementales européennes ?OuiNon1 842 votes – Voir le résultatCi VikOuiAllons bon, la formulation de la question m’oblige à dire que je suis d’accord avec Macron… Vous parlez d’une tuile ! 🤣 En réalité ce n’est pas si…Lire plus
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Péages, superprofits : nos (trop) chères autoroutes
Diffusé le 29/06/23 à 22h49 Disponible jusqu’au 06/07/24
L’an dernier, Vinci a engrangé 2,2 milliards d’euros grâce à ses péages autoroutiers. C’est la moitié des bénéfices du géant français du BTP. Ces « superprofits » choquent de nombreux automobilistes, car dans le même temps le prix des péages a augmenté de 4,75 % cette année. Autrefois service public, le réseau est désormais partagé entre trois multinationales : Eiffage, Vinci et Abertis. L’Etat a-t-il bradé son patrimoine ? A-t-il si mal négocié les contrats qui le lient aux entreprises concessionnaires ? Privatisation controversée, rapports étouffés, soupçons de conflits d’intérêts. Complément d’Enquête sur un dossier explosif qui empoisonne tous les gouvernements ou presque depuis près de 20 ans.
Présenté par : Tristan Waleckx
Maison de production : France 2 / France 2 (FR2)
Privatisation des autoroutes : quand Dominique de Villepin esquisse un mea culpa
Publié le 29/06/2023 16:06
Durée de la vidéo : 3 min.

Article rédigé par

France Télévisions
Depuis bientôt vingt ans, les rapports s’accumulent pour pointer la mauvaise affaire réalisée par l’Etat avec la privatisation des sociétés d’autoroutes. Qu’en pense Dominique de Villepin, qui a pris cette décision en 2005 ? Dans cet extrait de « Complément d’enquête », l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac reconnaît certaines erreurs dans la rédaction des contrats signés avec les géants du BTP.
Qu’ils émanent de la Cour des comptes ou de l’Inspection générale des finances, de nombreux rapports officiels expliquent que l’Etat a signé des contrats qui lui sont défavorables au moment de la privatisation des sociétés d’autoroutes. « Les Français ont été lésés deux fois : d’abord comme contribuables, il y a une vingtaine d’années, puis comme automobilistes, chaque jour », écrivait la commission d’enquête du Sénat en 2020. Les sénateurs préconisaient même de « ne plus prolonger la durée [des] concessions » et d’en ajuster « le cadre contractuel », autrement dit de renégocier avec les sociétés d’autoroutes.
Mais les accords signés en 2006 ne le permettent pas, selon l’ancien rapporteur général du Budget Gilles Carrez. Il fait partie de ceux qui estiment que ces contrats « ont été rédigés de façon déséquilibrée ». Dans un entretien accordé aux équipes de « Complément d’enquête », l’ancien député UMP explique que l’Etat n’a pas prévu de clause « de retour à meilleure fortune » pendant la durée, très longue, des concessions. En cas de baisse des taux d’intérêt, par exemple, « il aurait été normal que l’Etat, le concédant, récupère une partie de cette bonne nouvelle », ce qui « n’a pas été prévu », regrette Gilles Carrez.
« Des contrats trop longs » et sans clause de revoyure
Qu’en pense celui qui a signé ces contrats au nom du gouvernement, il y a presque vingt ans ? Dans « Complément d’enquête », Dominique de Villepin esquisse un début de mea culpa. L’ancien Premier ministre reconnaît « des contrats trop longs », et regrette l’absence d’une « clause de revoyure » qui, par exemple, aurait permis de limiter le versement excessif de dividendes au profit des actionnaires des sociétés d’autoroutes. Dans ces conditions, Dominique de Villepin le sait : il ne sera pas facile d’effacer la ligne « autoroutes » de son CV d’ancien Premier ministre.
Mais il assume et défend sa décision. « Non, les sociétés d’autoroutes n’ont pas été bradées », assure-t-il. En les cédant pour un peu plus de 14 milliards d’euros, l’Etat a réalisé une bonne affaire qui a permis à la France de se désendetter, selon lui.
Extrait de « Péages, superprofits : nos (trop) chères autoroutes« , un document à voir dans « Complément d’enquête » le 29 juin 2023.
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