Bercy veut faire baisser le nombre d’arrêts maladie: les dépenses d’IJ hors Covid ont augmenté de 7,4% entre 2021 et 2022, soit 6,6% par an entre 2019 et 2022, à comparer à 4,4% par an entre 2015 et 2019»,

« Comment Bercy veut stopper l’explosion des arrêts maladie »

Date de publication : 28 juin 2023

Le Figaro

Le Figaro indique en effet sur une double page qu’« alors qu’ils ont augmenté de plus de 30% en dix ans, l’exécutif veut renforcer les contrôles sur les médecins et réfléchit à augmenter le délai de carence ».


Marie-Cécile Renault explique que « versées par la Sécu en cas d’arrêt maladie, les IJ (indemnités journalières) ont coûté 15,7 milliards d’euros en 2022, en hausse de 13% par rapport à 2021, et de 10,7% en moyenne par an entre 2019 et 2022, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) ».


La journaliste relève qu’« il y a eu la crise sanitaire durant laquelle l’Assurance-maladie a pris en charge les arrêts des malades du Covid et des cas contacts. Mais, même en excluant l’impact de la crise, «les dépenses d’IJ hors Covid ont augmenté de 7,4% entre 2021 et 2022, soit 6,6% par an entre 2019 et 2022, à comparer à 4,4% par an entre 2015 et 2019», note la CCSS ».
Marie-Cécile Renault note que « le Covid et l’inflation n’expliquent pas tout ». Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance-maladie, indique qu’« au-delà des facteurs conjoncturels et structurels, le sous-jacent reste dynamique. Malheureusement, il y a une minorité d’assurés et de professionnels qui ne respectent pas les règles ».
La journaliste relève que « les comportements sont en cause, affirment les employeurs alors que le nombre d’arrêts est passé de 6,4 millions en 2010 à 8,9 millions en 2022 ». Aurore Cribier, directrice générale d’un Intermarché dans le Maine-et-Loire, remarque ainsi : « C’est devenu une mode, surtout chez les jeunes. Ils prennent un arrêt maladie pour un rien, un rhume, une grosse fatigue, parce qu’ils n’ont pas eu assez de vacances… La semaine dernière encore, j’en ai un qui s’est arrêté parce qu’il avait trop de tension. Franchement dans 70% des cas, cela ne paraît pas justifié ».
Marie-Cécile Renault observe que « l’exécutif mise aussi sur la responsabilisation des médecins. (…) L’Assurance-maladie vient ainsi de lancer une campagne de contrôles : un millier de généralistes surprescripteurs ont été placés sous objectifs, plus de 5000 médecins ont été contactés pour des «entretiens confraternels» afin de modifier leurs pratiques, et 15.000 vont recevoir la visite d’un délégué de l’Assurance-maladie ».
Thomas Fatôme précise : « Nous ne sommes pas que dans le contrôle et la sanction, mais dans l’accompagnement et la pédagogie. Nous avons par exemple mis en place un Mooc en ligne, qui redonne les durées de référence des arrêts maladie, auquel 7000 médecins se sont inscrits ».
« Les praticiens pointent aussi la responsabilité des plateformes de téléconsultation qui délivrent des arrêts maladie sans même connaître les patients »,
continue Marie-Cécile Renault.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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