Santé : le syndicat de médecins MG France dénonce « une véritable campagne d’intimidation pour qu’on n’arrête plus les gens qui en ont besoin »
Bruno Le Maire a évoqué plusieurs mesures pour redresser les comptes publics, dont la lutte contre les arrêts maladie dits « de confort ». Pour Agnès Giannotti, la présidente du syndicat de médecins MG France, c’est « absolument scandaleux ».Article rédigé par

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Publié le 19/06/2023 23:12
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« On a une véritable campagne d’intimidation pour qu’on n’arrête plus les gens qui ont besoin d’être arrêtés« , a déclaré ce lundi 19 juin sur franceinfo Agnès Giannotti, présidente du syndicat de médecins MG France, premier syndicat chez les généralistes. Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé ce lundi qu’au moins 10 milliards d’euros d’économies avaient été identifiés pour permettre le redressement des comptes publics de la France d’ici 2027, notamment dans la santé et le travail.
franceinfo : Est-ce que certains médecins donnent trop d’arrêts maladie ?
Agnès Giannotti : Si la population vieillit et a des maladies chroniques c’est à cause des généralistes, s’il y a des problèmes de management dans les entreprises c’est à cause des médecins généralistes, si les caissières et les femmes de ménage n’arrivent plus à travailler parce qu’elles ont mal aux genoux et aux épaules, c’est la faute des médecins généralistes. C’est ça des arrêts de confort ? Ce sont ces patients là que l’on arrête. Là, on a une véritable campagne d’intimidation pour qu’on n’arrête plus les gens qui ont besoin d’être arrêtés. C’est absolument scandaleux.
Pourquoi dit-on qu’il y a trop d’arrêts ?
Des dérives sur les indemnités journalières, il y en a, mais très peu chez les médecins traitants, 1 à 2%, il y en a beaucoup sur les plateformes de téléconsultation. Qui a dérégulé ? C’est l’Etat. Qui a mis les plateformes en accès direct sur ‘mon espace santé’ ? C’est l’Etat. Pointer les médecins généralistes traitants c’est absolument scandaleux. Les besoins de soins augmentent, la population vieillit, l’âge de la retraite est repoussé, donc un politique responsable anticipe ces dépenses qui augmentent.
Le ministre de l’Economie a également évoqué les frais de santé et a parlé de confort. Qu’en pensez-vous ?
Le prix des médicaments est fixé entre l’Etat et les industries du médicament. On n’est pas dans l’histoire. Les médicaments de confort ont été déremboursés. Quand on fait une ordonnance, il y a zéro médicament de confort. Un antidouleur est un médicament de confort, mais encore faut-il souffrir ! Ce qui fait flamber les dépenses ce n’est pas ça, ce sont les maladies chroniques et le vieillissement de la population. Mais on a des politiques qui ont été incapables d’anticiper aussi bien les besoins de soins de la population, que les besoins de personnels soignants. Là, on est dans le mur parce qu’ils ont voté un financement de la Sécurité sociale qui n’est pas à hauteur de l’inflation et qui ne prend pas en compte l’augmentation des besoins. Donc, les besoins ne sont pas couverts. Donc, on diminue le remboursement des soins dentaires. On a une assurance maladie qui veut faire des économies sur le dos des personnes qui ont peu de moyens, sur le dos des pauvres. C’est inadmissible. Le bouc-émissaire ce sont les médecins traitants.
Allez-vous accepter des contrôles supplémentaires ?
Nous ne voulons pas de mise sur objectif. Nous allons demander à ce que les médecins conseil de la Sécurité sociale viennent contrôler chacun de nos arrêts maladie et on verra bien s’ils les trouvent de complaisance. Mais on veut aussi qu’ils le fassent pour les plateformes de téléconsultation. Ces médecins ne connaissent pas les patients et c’est un système non organisé de consommation de soins.
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Commentaire du Dr SCHEFFER
Ce sera bref: pour le coup je suis en total accord avec la Présidente de MG France
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Après le « quoi qu’il en coûte », le « tant pis pour vous » : MG France dénonce les « coups » portés par l’Etat à la santé des Français
Par Pauline Machard le 21-06-2023

Pour le premier syndicat de médecins généralistes, les pouvoirs publics, après avoir un temps valorisé le « quoi qu’il en coûte », s’orientent vers la mise en place d’un « tant pis pour vous ». Or cette politique, estime-t-il, est non seulement délétère pour les médecins, mais aussi pour les patients.
« Le pouvoir politique décide de réduire la prise en charge collective et solidaire des soins, dans le seul but de renflouer les caisses », déplore MG France, dans un communiqué du 21 juin. Le premier syndicat de médecins généralistes évoque ici les récentes annonces des pouvoirs publics sur le financement de la santé, qui « se succèdent avec un élément commun : la recherche d’économies à tout prix ».
« Qui peut croire que réduire le nombre d’indemnités journalières en intimidant les prescripteurs ne va pas pénaliser les salariés les plus fragiles ? Qui peut penser que réduire la prise en charge de soins dentaires va améliorer la santé des patients ? Qui peut prétendre qu’augmenter le ticket modérateur sur les médicaments aura un autre effet qu’augmenter la participation, et donc le coût, des régimes complémentaires ?”, s’insurge-t-il, interpellant le ministère de la Santé.
Le syndicat fait référence aux velléités du Gouvernement de transférer 10% du remboursement des frais dentaires de l’Assurance maladie vers les complémentaires ; à la convocation de 5000 généralistes pour surprescription d’arrêts de travail ; ou encore au projet d’augmenter la franchise médicale sur certains médicaments. Pour MG France, avec ces mesures, « au-delà du corps médical, ce sont bien les patients, en particulier les plus malades, qui vont payer ». Le syndicat dénonce »“les coups portés à la santé des Français ».
MG France dénonce les coups portés à la santé des Français
Depuis quelques jours, les annonces sur le financement de la santé se succèdent avec un élément commun : la recherche d’économies à tout prix. Après le « quoi qu’il en coûte », le gouvernement projette la mise en place d’un « tant pis pour vous ». Qui peut croire que réduire le nombre d’indemnités journalières en intimidant les prescripteurs ne va pas pénaliser les salariés les plus fragiles ? Qui peut penser que réduire la prise en charge des soins dentaires va améliorer la santé des patients ? Qui peut prétendre qu’augmenter le ticket modérateur sur les médicaments aura un autre effet qu’augmenter la participation, et donc le coût, des régimes complémentaires ? Après avoir mis en place successivement, avec l’efficacité que chacun peut mesurer, le ticket modérateur, le numerus clausus, puis les franchises, le pouvoir politique décide de réduire la prise en charge collective et solidaire des soins, dans le seul but de renflouer les caisses. MG France demande au ministre de la Santé s’il estime que ces mesures vont aider les Français à se soi