« 13% des 6-11 ans ont un trouble probable de santé mentale »
Date de publication : 20 juin 2023
Florence Méréo relaie dans Le Parisien les résultats de la « grande enquête sur le bien-être et la santé mentale des 6-11 ans, la première du genre dans l’Hexagone, menée par Santé publique France (SPF) ».
« Plus de 15.000 élèves scolarisés du CP au CM 2 dans 400 écoles ont été interrogés. Ainsi que leurs parents et leur enseignant. Le tout donne une « photographie » inédite de l’état psychique des plus jeunes d’entre nous », note la journaliste.
Elle explique qu’« Enabee – c’est le nom de l’étude – nous apprend ainsi que 13% de ces écoliers présentent un trouble «probable» de santé mentale. Les épidémiologistes à la manœuvre tiennent à l’adjectif, car le questionnaire n’a pas valeur de diagnostic médical ».
Nolwenn Regnault, responsable de l’unité petite enfance de Santé publique France, remarque qu’« il s’agit d’un chiffre qui interpelle et nous montre que la santé mentale, partie intégrante de la santé, est l’affaire de tous ».
Stéphanie Monnier-Besnard, cheffe du projet Enabee, ajoute que « plus on mesure tôt, plus on agit tôt. (…) On retrouve des phobies, des troubles de l’attention ou de l’opposition ».
Florence Méréo précise que « les troubles dits émotionnels sont plus élevés chez les filles, alors que ceux du comportement se retrouvent majoritairement chez les garçons ».
Le Pr Richard Delorme, chef de la pédopsychiatrie à l’hôpital parisien Robert-Debré, confirme : « Comme les ados et les adultes, les enfants ne sont pas épargnés par les difficultés émotionnelles. Il faut les prendre en considération. On a trop tendance à penser que tout commence à 15 ans. Non, un petit pense et ressent à tout âge ! ».
La journaliste poursuit : « Avoir des données sur la santé mentale des bambins, il était temps ». Stéphanie Monnier-Besnard indique que « la problématique n’est pas nouvelle, mais la crise du Covid a mis en exergue la nécessité d’avoir des indicateurs précis, qui ont vocation à perdurer dans le temps. Ça a remis le sujet sur le devant de la scène ».
Florence Méréo relève en outre que « selon une autre étude, publiée également ce mardi par la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), un jeune sur six âgé de 3 à 17 ans a eu besoin de consulter pour motif psychologique entre mars 2020 (le début du premier confinement Covid) et juillet 2021 ».
« Chez les adolescentes, une «importante» progression du recours aux soins a été observée », note la journaliste.
Nolwenn Regnault déclare que « nos travaux pourront contribuer à l’élaboration de politiques publiques ».
Libération titre pour sa part : « Santé mentale : plus d’un enfant sur dix souffre au moins d’un trouble »Le journal relève aussi que « grâce aux questionnaires complétés par différentes populations (parents, enseignants et enfants), l’étude «Enabee» fait le constat que 13% des 6-11 ans présentent «au moins un trouble probable de santé mentale». C’est un taux de prévalence du même ordre que ceux observés dans d’autres pays en Europe sur la même tranche d’âge ».
Le quotidien précise notamment que « 5,6% des enfants présentent un «trouble émotionnel probable», soit un trouble anxieux (anxiété de séparation, anxiété généralisée, phobies spécifiques) ou dépressif. Quelque 6,6% des enfants présentent un «trouble oppositionnel probable» (une humeur particulièrement colérique, un comportement querelleur ou provocateur). Enfin, 3,2% montrent un trouble persistant d’inattention et /ou d’hyperactivité (TDAH) probable ».
« Reconduite régulièrement, l’étude permettra en effet de suivre l’évolution des indicateurs, d’évaluer l’impact d’événements éventuels (infectieux, environnementaux…), d’engager des actions de prévention », ajoute Libération.
Pascale Santi relaie aussi dans Le Monde cette « première : 13% des enfants scolarisés de 6 ans à 11 ans présenteraient un trouble « probable » de santé mentale. (…) C’est la première fois qu’une étude épidémiologique d’ampleur nationale est réalisée sur la santé mentale auprès de cette population, pour laquelle il n’y avait jusqu’ici aucun indicateur ».
Le journal cite notamment Nolwenn Regnault, épidémiologiste, responsable de l’unité périnatalité, petite enfance et santé mentale de SPF, qui indique que « les analyses vont être poursuivies, et les données seront appariées à celles du Système national des données de santé (SNDS), notamment sur le recours au soin (les hospitalisations, les traitements médicamenteux, etc.) et des données indirectes comme le nombre de consultations chez le généraliste, par exemple ».
Diane Purper-Ouakil, responsable du service de pédopsychiatrie du CHU de Montpellier, remarque quant à elle qu’« avoir enfin une étude d’une grande ampleur sur la santé mentale de l’enfant est une bonne nouvelle. (…) Les besoins sont immenses. Or on est très loin des ressources allouées aux maladies cardiovasculaires ou au cancer ».