Publié le 14/06/2023
Les PH appelés à la grève le 3 juillet prochain

Paris, le mercredi 14 juin 2023
– Les principaux syndicats de PH ont appelé leurs adhérents à se mettre en grève le 3 juillet prochain pour exiger des mesures urgentes sur l’attractivité de leur métier de PH.
C’est l’histoire d’un espoir déçu. Le 6 janvier dernier, le Président de la République Emmanuel Macron tenait un grand discours sur l’état de l’hôpital public et présentait son plan pour le sortir de l’ornière. Embauche d’infirmières, meilleure rémunération du travail de nuit, prise en compte de la pénibilité, retour des médecins dans la gouvernance hospitalière, suppression de la T2A… : les propositions avancées par le chef de l’Etat épousaient la plupart des revendications des syndicats de médecins hospitaliers, qui avaient, logiquement, plutôt bien accueilli ce discours. Emmanuel Macron avait fixé le 1er juin comme date du début du redressement de l’hôpital public, tandis que le ministre de la Santé François Braun assurait aux soignants que « dans six mois, ça va aller mieux ».
Presque six mois ont passé depuis ce grand discours et les PH ont le sentiment que rien n’a été fait et qu’aucune des promesses présidentielles n’a été tenues. L’encadrement de la rémunération des intérimaires depuis le début du mois d’avril, appelé de leurs vœux par les syndicats, a certes permis de remettre de la cohésion dans les équipes, mais elle a également renforcé la pénurie de soignants dans certains secteurs. Les PH ont fait partie des oubliés de la très décriée réforme des retraites et si des négociations se sont ouvertes fin avril entre les syndicats et le ministère pour discuter de l’attractivité du métier de PH, elles ont été interrompues le 12 mai dernier et reportées sine die.
Des revendications de longue date
Désormais, les syndicats ont le sentiment qu’ils n’ont pas d’autre choix que de passer à l’action. L’intersyndicat Action Praticiens Hôpital (APH), qui regroupe entre autres Avenir Hospitalier (AH), Samu-Urgences de France (SUdF) et le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARE), a donc déposé jeudi dernier un préavis de grève des PH, pour le 3 juillet prochain.
Dans son communiqué de presse paru ce mardi, APH fait part de ses revendications, dont la plupart sont de longue date : revalorisation de la permanence des soins (garde et astreinte comprises), prise en compte de la pénibilité (du travail de nuit notamment), décompte fidèle et objectif du temps de travail (comme l’exige le Conseil d’Etat) et rétablissement des quatre ans d’ancienneté qui ont été perdus pour les PH nommés avant la réforme du 1er octobre 2020.
« APH exige de passer des paroles aux actes et déplore les conséquences délétères des promesses non tenues, responsables de la déliquescence de notre système de santé et plus particulièrement de l’hôpital public. La date butoir du 1er juin 2023 évoquée par le Président de la République est maintenant dépassée ! L’absence d’écoute comme la négation du dialogue social n’ont que trop duré » explique le communiqué. APH demande ainsi aux PH de cesser toute activité le 3 juillet prochain « tout en assurant, sur assignation, un service minimum au titre de la continuité du service public hospitalier et à assurer les urgences vitales ».
Trois autres syndicats appellent à la grève… mais pas le même jour
Cet appel à la grève a été immédiatement rejoint par le syndicat Jeunes Médecins, qui exige une refonte d’ensemble du système de santé, qui doit comprendre, outre des mesures pour l’hôpital, « une revalorisation des médecins libéraux, une refonte du troisième cycle des études de médecine, une refonte des liens entre la recherche, l’enseignement et le soin et une clarification du statut des PADHUE ».
Trois autres syndicats moins représentatifs et plus CHU (SNAM-HP, CMH, INPH) ont également appelé à la grève mais ont eux choisi la date du 4 juillet. Leurs revendications sont pourtant proches de celle d’APH : « augmentation générale de l’ensemble des rémunérations, revalorisation immédiate de la permanence des soins, gardes et astreintes incluses, raccourcissement significatif de la durée de carrière des PH et finalisation des négociations sur la retraite et l’attractivité des PH ». « La situation de l’hôpital public n’a jamais été aussi grave, la profession de PH est devenue un véritable repoussoir, les jeunes médecins ne veulent plus s’engager dans une profession devenue aussi peu attractive » alertent les trois syndicats.
Alors que l’exécutif semble déjà définitivement brouillé avec les syndicats de médecins libéraux à la suite de l’échec des négociations conventionnelles et de l’adoption de la loi Rist, la rupture est également semble-t-il définitive avec les PH (si tant est que le terme de définitif ait un sens en matière de négociations syndicales…).
Quentin Haroche
Modalité du reclassement des praticiens hospitaliers : deux heures moins le quart avant la grande fâcherie ?
(Communiqué des praticiens hospitaliers regroupés dans l’APH)
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31/05/2023
Émis par Action Praticien Hôpital: APH
A la veille de ce long week-end, le Conseil d’Administration d’Action Praticiens Hôpital tenait sa réunion mensuelle. Alors que le sujet d’un préavis de grève était sur la table, un mail émanant de la DGOS parvenait, indiquant la suppression (attendue) de la réunion du 1er juin qui devait porter sur la permanence des soins mais confirmant la tenue de la réunion du 31 mai. Cette réunion a pour sujet : « échanges techniques avec la direction des affaires juridiques [du ministère] sur la modalité du reclassement des praticiens hospitaliers ». Nos conseils juridiques sont également conviés.
APH prend acte de la reprise du dialogue social avec la DGOS, qui répond ainsi à la demande du syndicat Jeunes Médecins, et qu’APH a immédiatement soutenue. Cette réunion étant indispensable pour résoudre l’injustice du reclassement des praticiens hospitaliers, APH a décidé :
- De suspendre la décision d’un appel à la mobilisation des praticiens, qui romprait toute discussion avec les tutelles
- De participer à cette réunion avec son avocat.
APH n’est pas dupe. Les négociations, jusqu’à ce jour, sont bloquées, faute de financements alloués par Bercy… et les retours des praticiens du terrain sont unanimes : la situation n’est même plus dégradée tellement elle devient dégradante et humiliante pour les soignants et les praticiens, et ils attendent désormais des syndicats un appel à la mobilisation à laquelle ils répondront massivement.
APH demande que cette réunion soit le départ d’une reprise des négociations.
APH demande que les ministères et la Première Ministre accordent leurs violons pour répondre au nécessaire choc d’attractivité nécessaire pour les carrières hospitalières médicales, engagement du Président de la République lors de ses vœux du 6 janvier 2023 aux professionnels de santé, et qu’ils ont la charge de mettre en œuvre avant le 1er juin 2023.
APH prévient qu’en cas de persistance de la situation de blocage, les praticiens sauront se faire entendre. Pour APH ne pas respecter ses engagements est le terreau d’une potentielle rupture définitive d’un pacte de confiance.
APH exige de passer des paroles aux actes. APH préconise d’analyser les conséquences délétères sur des promesses non tenues comme celles de la déliquescence de notre système de santé et plus particulièrement de l’hôpital public et d’agir immédiatement en conséquence. Car le 1er juin c‘est demain !!!
Contact : anwernet.snphar@gmail.com
Commentaire du Dr Jean SCHEFFER: des syndicats plutôt favorables au gouvernement, implantés surtout en CHU, INPH, CMH et SNAM-HP font bande à part en appelant à la grève un autre jour.
NB:(La Présidente de l’INPH a été décorée par Macron)