Et pourtant cela fait plus de 20 ans que l’on aurait pu éviter le désastre des déserts médicaux (8 millions sans médecin traitant), ce qu’a bien compris une très forte majorité de Français y compris les électeurs de Macron ! L’assemblée en première lecture a proposé des « broutilles  » pour les déserts médicaux

74% des Français veulent restreindre la liberté d’installation des médecins   

Par F.Na. le 15-06-2023 

Selon un récent sondage Ifop pour le JDD, près de trois quarts des Français sont pour restreindre la liberté d’installation des médecins. 

https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2023/06/120150-Rapport.pdf

Alors que les députés ont finalement rejeté l’amendement visant à réguler l’installation des médecins, les Français se disent très majoritairement favorables à cette mesure. 

En effet, 74% d’entre eux se déclarent favorable à restreinte la liberté d’installation des médecins, afin de lutter contre les déserts médicaux, révèle un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. Toutes les catégories de la population aspirent à cette régulation : les plus aisés (favorables à 75%), les plus pauvres (68%) et les modestes (75%). Cette demande est majoritaire quel que soit l’âge des personnes interrogées : 81% des plus de 65 ans sont favorables, mais aussi 66% des 18-24 ans. 

Enfin, la proposition dépasse les clivages politiques. Les partisans de Renaissance sont 82% à réclamer cette régulation, ils sont 85% chez les soutiens de la France insoumise, et 76% chez le Rassemblement national. 


EN PARTENARIAT AVEC

SONDAGE 15/06/2023 https://www.ifop.com/publication/le-regard-des-francais-sur-les-deserts-medicaux/

LE REGARD DES FRANÇAIS SUR LES DÉSERTS MÉDICAUX

15 ans après la loi « hôpital patient santé », les déserts médicaux demeurent un casse-tête… Depuis ce lundi 12 juin, les députés examinent une proposition de loi qui vise à trouver un remède au manque de soins, en encadrant l’installation des nouveaux médecins, pour ainsi les inciter à s’engager dans les territoires où la pénurie est forte.

Cette initiative pourrait être soutenue dans l’opinion : une large majorité de Français (74%, dont 27% « tout à fait ») se déclare en effet favorable à restreindre la liberté d’installation des médecins, afin de lutter contre les déserts médicaux.

Toutes les catégories de la population, sans doute conscientes de la pénurie de médecins dans certains territoires, désirent une meilleure régulation de leur installation. Ainsi, ce souhait est largement partagé aussi bien parmi les Français aisés (75% sont favorables à la restriction de la liberté d’installation des nouveaux médecins) qu’auprès des Français pauvres (68%) et modestes (75%). Bien que l’adhésion se trouve majoritaire parmi toutes les tranches d’âge, l’étude révèle que les séniors (81% de favorables chez les 65 ans et plus) – plus fragiles et demandeurs de soins – souhaitent davantage cette restriction de liberté d’installation que les jeunes (66% chez les 18-24 ans). Notons également que des écarts se trouvent constatés en fonction du lieu d’habitation, les Français de « villes isolées » (89%) se révèlent logiquement encore plus favorables à cette mesure que les habitants des « villes-centres » (71%).

En outre, la question de la lutte contre les déserts médicaux semble dépasser les clivages politiques. Les partisans de Renaissance (82%), au même titre que les proches de la France insoumise (85%) et du Rassemblement national (76%), souhaitent en effet restreindre la liberté d’installation des médecins pour pallier le manque de soins dans certains territoires.

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 14 juin 2023.

Le sondage:

https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2023/06/120150-Rapport.pdf

Accès aux soins : la proposition de loi votée en première lecture à l’Assemblée nationale

Après quatre jours de débats, les députés ont adopté le texte de Frédéric Valletoux. Socialistes, écologistes et « insoumis » se sont abstenus, déplorant l’absence de mesures obligeant les médecins à s’installer dans des déserts médicaux. 

Le Monde avec AFPPublié hier à 00h28, modifié hier à 07h40 https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/06/16/deserts-medicaux-les-deputes-renforcent-la-permanence-des-soins_6177847_823448.html

Temps de Lecture 2 min. 

Perrine Molinie, médecin exerçant habituellement dans le Vaucluse, intervient dans le centre de santé d’Ajain (Creuse), où 40 praticiens venus de toute la France se relaient pour des gardes d’une semaine. Ici, le 27 février 2023.
Perrine Molinie, médecin exerçant habituellement dans le Vaucluse, intervient dans le centre de santé d’Ajain (Creuse), où 40 praticiens venus de toute la France se relaient pour des gardes d’une semaine. Ici, le 27 février 2023.  PASCAL LACHENAUD / AFP

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, dans la nuit de jeudi 15 à vendredi 16 juin, une proposition de loi pour améliorer l’accès aux soins. Au bout de quatre jours de débats, les députés ont voté par 37 voix contre 4, et 25 abstentions, en faveur de ce texte de Frédéric Valletoux (groupe Horizons, majorité présidentielle), qui doit désormais être examiné par le Sénat.

Lire aussi :  Déserts médicaux : les députés rejettent la régulation de l’installation des médecins

Il a fait l’objet d’un bras de fer au sujet de la liberté d’installation des médecins, un groupe transpartisan de députés ayant poussé mercredi, mais en vain, pour davantage de coercition afin de mieux pourvoir les déserts médicaux. A l’initiative de ce groupe, le socialiste Guillaume Garot a encore déploré jeudi une « occasion manquée », qui a poussé son groupe à s’abstenir sur l’ensemble de la proposition de loi, malgré « quelques avancées ».

« Nous allons rentrer en circonscription » et devoir expliquer cette absence de régulation, alors que « l’attente était si grande », a aussi souligné l’écologiste Sébastien Peytavie, qui s’est également abstenu, comme les « insoumis ». Les communistes ont, eux, voté contre la proposition de loi, qui « ne permettra pas de répondre aux besoins criants » en matière de santé, selon Pierre Dharréville.

La droite s’est également prononcée contre, mais pour des raisons différentes. « Certains éléments sont des repoussoirs », a expliqué Yannick Neuder (Les Républicains), citant le rattachement automatique des soignants aux communautés professionnelles territoriales de santé.

Les élus Rassemblement national se sont abstenus.

Lire aussi :  Déserts médicaux : une occasion manquéeA

Des échanges « constructifs »

L’ensemble des groupes a cependant salué des échanges « constructifs », et le ministre de la santé, François Braun, des « compromis ». Dans la dernière ligne droite jeudi, les députés ont voté une série de mesures supplémentaires.

Les cliniques privées et leurs praticiens devront davantage participer à la « permanence des soins » le soir et le week-end. L’ensemble des soignants « participent » à cette permanence des soins, ont ajouté jeudi les députés, certains se félicitant d’un « changement de paradigme ». Mais le ministre de la santé, François Braun, a interprété ce vote comme une « incitation » à participer à la permanence des soins, à laquelle il est favorable, et non comme une « obligation ». Ces gardes sont actuellement assurées par une minorité de médecins libéraux.

L’Assemblée nationale a également validé un amendement du groupe de travail transpartisan sur les déserts médicaux lancé par Guillaume Garot (Parti socialiste) qui ouvre, dès la deuxième année d’études, la possibilité pour les médecins de signer des « contrats d’engagement de service public » prévoyant une allocation mensuelle contre un engagement dans un désert médical. De plus, pour favoriser les stages des étudiants en médecine générale dans les zones sous-dotées, ces stages devront être pourvus en premier.

Un « infirmier référent »

En outre, alors que les conditions de travail des internes ont souvent été critiquées, la rapporteuse du budget de la Sécurité sociale, Stéphanie Rist (Renaissance), a fait ajouter que l’entité (médecin ou établissement) où est effectué le stage de l’étudiant doit prendre « les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger sa santé physique et mentale ».

Des députés de différents bords ont par ailleurs créé la fonction d’« infirmier référent », choisi par le patient. Il aura une mission de prévention, de suivi, de renouvellement des prescriptions des soins infirmiers pour les malades chroniques, en lien avec le médecin traitant. L’ordre infirmier s’est félicité de ce vote, qui « constitue une réelle avancée ».

Lire aussi :    Face aux déserts médicaux, vingt ans d’hésitations politiques

Pour éviter une double peine à certains patients, l’Assemblée a par ailleurs voté à l’unanimité un amendement transpartisan qui supprime la majoration tarifaire susceptible d’être appliquée par l’Assurance-maladie durant l’année qui suit le départ à la retraite de leur médecin traitant ou quand celui-ci change de département.

L’interdiction de l’intérim en début de carrière pour certains soignants a été étendue au champ de la protection de l’enfance et de l’accompagnement socio-éducatif. En revanche, les étudiants en santé pourront continuer à exercer en tant qu’intérimaires. Enfin, dans les déserts médicaux pourra être expérimentée une option santé dans les lycées, afin d’encourager les vocations médicales et paramédicales.

Le Monde avec AFP

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2023/06/15/on-sy-attendait-majorite-et-gouvernement-rejettent-les-propositions-de-loi-et-amendements-pour-reguler-les-installations-des-medecins-liberaux/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/06/14/le-dr-braun-monte-au-creneau-pour-defendre-la-sacro-sainte-liberte-dinstallation/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/06/12/on-a-pourtant-180-000-medecins-il-ny-en-a-jamais-eu-autant-cest-bien-le-signe-quils-sont-mal-repartis-pr-vigneron-geographe/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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