La France doit « définir et rendre publique une stratégie de réduction du cheptel bovin cohérente avec les objectifs climatiques », estime la Cour des comptes

La Cour des comptes préconise de réduire le nombre de bovins pour tenir les engagements climatiques nationaux

Le ministère de l’agriculture conteste que la France soit engagée à décliner au niveau national l’objectif de réduction mondiale des émissions de méthane pris dans le cadre d’une coalition internationale. 

Par Mathilde Gérard Publié hier à 23h24, modifié à 10h17 https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/05/23/la-cour-des-comptes-preconise-de-reduire-le-nombre-de-bovins-pour-tenir-les-engagements-climatiques-nationaux_6174548_3244.html

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Dans une ferme de la Sarthe, le 18 mars 2022.
Dans une ferme de la Sarthe, le 18 mars 2022.  FRANCOIS MORI / AP

La France doit « définir et rendre publique une stratégie de réduction du cheptel bovin cohérente avec les objectifs climatiques », estime la Cour des comptes dans un rapport sur les aides publiques aux éleveurs de bovins, publié lundi 22 mai. La juridiction financière y observe que le « bilan de l’élevage bovin pour le climat est défavorable », et rappelle que la filière est responsable en France de 11,8 % des émissions d’équivalents de dioxyde de carbone (CO2), un niveau comparable aux émissions des bâtiments résidentiels du pays.

Cliquer pour accéder à 20230522-S2023-0466-Soutiens-publics-eleveurs-bovins.pdf

Même en tenant compte du stockage de carbone dans le sol des prairies permanentes, le bilan est négatif en raison du méthane, deuxième gaz à effet de serre en matière d’abondance derrière le CO2, émis notamment lors du processus de digestion des animaux. Or, la France s’est engagée avec ses partenaires européens à réduire ses émissions globales de 50 % d’ici à 2030 par rapport à leurs niveaux de 1990, et a par ailleurs signé en 2021 le « pacte mondial pour le méthane » (Global Methane Pledge), qui vise à réduire de 30 % les émissions mondiales de ce gaz à effet de serre entre 2020 et 2030.

Pour la Cour des comptes, ces engagements ne seront pas tenables sans une diminution du nombre de bovins, alors que la France est le premier producteur européen de viande bovine et le deuxième producteur de lait, derrière l’Allemagne. « L’élevage bovin est producteur de services environnementaux et sociétaux considérables, souligne le rapport. Il valorise des terres non arables. Son rôle dans la gestion du cycle des matières, permettant de limiter les engrais synthétiques, amène à considérer qu’une agriculture sans élevage n’est pas soutenable. » En revanche, « le caractère fortement émetteur de gaz à effet de serre de l’élevage bovin reste malgré tout indéniable », insiste la Cour. Et les améliorations techniques qui peuvent être obtenues par la génétique ou la nutrition animale ne suffiront pas à faire véritablement reculer les émissions de ce secteur.

Baisse tendancielle du nombre de cheptels

Le ministère de l’agriculture « n’a pour le moment pas suffisamment pris en compte les liens entre la taille du cheptel et les engagements climatiques, que ce soit dans son plan climat (…), ou dans son plan stratégique national pour la future politique agricole commune », souligne la Cour des comptes.

Ses préconisations ont aussitôt fait réagir les représentants agricoles. « Lire que votre activité doit cesser ou largement diminuer, c’est très compliqué pour [les] éleveurs », a déclaré Arnaud Rousseau, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), à l’Agence France-Presse. La diminution des cheptels est un sujet sensible : si l’évolution du nombre de bovins et de porcs affiche une baisse avérée depuis plusieurs années (− 17 % de vaches laitières entre 2000 et 2020, par exemple), la Cour des comptes note que « cette diminution reste subie et ne fait pas l’objet d’un véritable pilotage par l’Etat, au détriment des exploitants ». La réduction des cheptels est ainsi davantage due aux difficultés structurelles du secteur qu’à une transition organisée et accompagnée financièrement. Et si la stratégie nationale bas carbone pour l’agriculture publiée en juin 2021 prévoit bien une réduction des cheptels de l’ordre de 13 % d’ici à 2030, elle ne fait que suivre la baisse tendancielle déjà enclenchée.

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Le gouvernement ira-t-il plus loin ? Le jour même de la publication du rapport de la Cour des comptes, la première ministre a présenté ses objectifs de décarbonation pour 2030, déclinés par secteur. Pour l’agriculture, deuxième secteur émetteur après les transports, les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 16 % par rapport à 2022. Un effort moindre que celui attendu pour les bâtiments (− 53 %) ou pour l’énergie (− 42,5 %). Ces objectifs chiffrés n’ont pas été assortis à ce stade de mesures concrètes pour les atteindre, le plan d’action devant être précisé ultérieurement.

Le ministère réfute tout engagement

Le ministère de l’agriculture semble en tout cas écarter toute volonté de fixer une trajectoire de baisse des cheptels. Dans sa réponse écrite au rapport de la Cour des comptes, datée du 12 mai, et mise en ligne le 22 mai, le ministère de l’agriculture conteste « l’hypothèse » prise par la juridiction selon laquelle « la France est engagée à réduire de 30 % ses émissions de méthane entérique entre 2020 et 2030 par son adhésion au Global Methane Pledge ». Celui-ci représente en effet un engagement collectif, mais ne fixe pas d’objectif au niveau de chaque Etat signataire, « encore moins secteur par secteur », est-il précisé.

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Pour le gouvernement, « le gisement principal à court terme concerne le secteur de l’énergie, et donc implicitement les Etats producteurs de produits pétroliers ». Cette réponse laisse ainsi entendre que la France, dont la majorité du méthane est émise par l’élevage de ruminants, compte sur d’autres pays pour mener les efforts de cette coalition internationale.

« C’est hypocrite de la part de la France de se comporter en passager clandestin et de compter sur les actions des autres pays, réagit Philippe Ciais, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et l’environnement. C’est le meilleur moyen pour que rien ne bouge. » Dans un avis de décembre 2021, le Haut Conseil pour le climat, chargé d’évaluer la politique climatique de la France, avait pour sa part estimé que l’engagement sur le méthane devait être traduit au niveau national par « des mesures structurelles contraignantes ».

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Le ministère de l’agriculture souligne par ailleurs dans sa réponse qu’une « réduction de l’élevage sans évolution des régimes alimentaires n’apporterait aucun bénéfice net pour le climat, car les émissions seraient déplacées [vers des importations] ». De fait, après plusieurs années de baisse, la consommation de viande n’évolue guère en France, et les importations de produits carnés sont en hausse. Sur ce point, le ministère rejoint la Cour des comptes, ainsi que plusieurs associations de protection de l’environnement, comme le Réseau Action Climat ou Greenpeace, qui estiment qu’une politique de transition de l’élevage doit aller de pair avec des mesures de réduction de la consommation de viande. Une telle approche aurait également des bénéfices sanitaires, un tiers de la population française dépassant les recommandations nutritionnelles en matière de viande rouge.

Mathilde Gérard

*Pourquoi notre système alimentaire est intenable pour la planète

Par Mathilde Gérard Publié le 01 juin 2022 à 05h01, modifié le 10 juin 2022 à 12h13 https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/06/01/trop-de-viande-d-emballages-de-pesticides-pourquoi-notre-systeme-alimentaire-est-intenable-pour-la-planete_6128433_3234.html

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Décryptages

« Surconsommation : l’impasse » (3/5). Pour réduire l’impact de l’alimentation et de l’élevage sur le réchauffement climatique, il faudra transformer le contenu de nos assiettes et nos modes de production. Mais aussi accompagner les agriculteurs vers cette transition difficile et revoir nos politiques publiques.

Sur sa ferme d’Hillion (Côtes-d’Armor), Dominique Madec élève 55 vaches laitières sur 44 hectares, une taille plutôt modeste pour une exploitation dont le lait, bio, est collecté par une centrale et vendu en circuit long. « Plutôt que de faire du volume, notre revenu est tiré par les marges, explique l’agriculteur de 44 ans. On élève nos vaches en grande partie à l’herbe, on cultive un peu de maïs et de céréales qu’on autoconsomme. Cette autonomie, cette sobriété, c’est la base de notre système. » « Sobriété ». En plein cœur de la Bretagne, terre d’élevage intensif, ce terme reste encore marginal. Dominique Madec est pourtant convaincu que le nombre d’animaux élevés en France n’est pas soutenable. Installé au fond de la baie de Saint-Brieuc, il est aux premières loges du phénomène des algues vertes. « La pression de l’élevage sur les écosystèmes est très visible à Hillion », souligne-t-il.

La sobriété appliquée à l’alimentation comporte deux facettes : produire et se nourrir. Pourtant, le terme est rarement accolé à celui d’alimentation, et peut même lui paraître antinomique. « En France, les valeurs au cœur de nos comportements alimentaires, ce sont le goût et la convivialité, qui sont deux concepts qui ne vont pas de pair de façon très évidente avec la sobriété », relève Mathias Ginet, haut fonctionnaire et auteur d’un rapport sur la souveraineté alimentaire pour Terra Nova. Certains pourraient même croire que celle-ci renvoie à une notion de calories ou de régime.

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Or, selon Christian Couturier, directeur général de l’association Solagro, qui fait de la prospective et de l’accompagnement à la transition agricole, « la sobriété, ce n’est pas la restriction, c’est une façon de vivre économe. Se restreindre, c’est se priver de biens et services nécessaires, alors que là, il s’agit de choisir des biens et services utiles et plaisants ». En outre, poursuit M. Couturier, la sobriété n’est pas qu’un simple enjeu de comportements individuels. « Ce sont des choix collectifs de politiques publiques qui doivent se traduire par des changements de comportement des consommateurs », insiste-t-il.

Objectifs partagés

Néanmoins, au terme d’« alimentation sobre », les travaux de recherche préfèrent celui d’« alimentation durable ». « La durabilité est un concept qui englobe différentes dimensions – environnementales, climatiques, sociales, sanitaires –, mais qui est très compliqué à définir, note Lucile Rogissart, cheffe de projet agriculture et alimentation à l’Institute for Climate Economics (I4CE). On est focalisés sur le climat, mais quand on parle agriculture et alimentation, les objectifs ne peuvent pas être juste de limiter les gaz à effet de serre. » Avec un prisme uniquement climatique, le risque serait de favoriser des modes de production très intensifs et efficaces sur le plan des émissions carbone, comme les élevages de poulets à grande échelle en bâtiments fermés, alors que ces systèmes peuvent être polluants, nuire à la biodiversité et au bien-être animal.

Les scientifiques conviennent que réduire la part consacrée à la viande dans les pays développés est indispensable

Pour Mathieu Saujot, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), tout l’enjeu de la transition consiste à définir collectivement des objectifs partagés : « Un scientifique va dire que l’alimentation durable, c’est manger moins de protéines animales. Des individus dire que manger local est important. D’autres encore qu’ils veulent des produits sans emballage plastique, détaille-t-il. On a des orientations à prendre, c’est une opportunité politique. »

Dans son acception très large, l’alimentation durable est celle qui préserve la santé, respecte les paysans et la terre. Pesant un quart des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, la chaîne alimentaire est appelée à une profonde remise en question de son modèle. L’agriculture, notamment les grandes monocultures nourries aux intrants, est par ailleurs un des facteurs reconnus de perte de biodiversité et de dégradation des terres, tout en subissant les conséquences de l’appauvrissement des sols.

En raison de son empreinte environnementale majeure, l’élevage est au centre des débats. A lui seul, il pèse la moitié des émissions du secteur agricole et 14,5 % des émissions totales d’origine humaine. S’il n’existe pas de régime uniforme pour toute la planète, les scientifiques conviennent que réduire la part consacrée à la viande dans les pays développés est indispensable. Un Européen ou Nord-Américain consomme en moyenne six à dix fois plus de viande qu’un Africain, et deux fois plus qu’un Asiatique. Une commission collégiale formée par la revue médicale The Lancetavait estimé en 2019 que les Européens devraient réduire leur consommation de viande rouge de 77 % pour respecter les limites planétaires et leur santé, tout en doublant celle de fruits, légumes, noix et légumineuses.

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Manger moins de viande, donc, à condition que celle consommée soit produite dans des systèmes plus durables. « La réduction du cheptel, c’est un objectif qui coche toutes les cases, constate Lucile Rogissart. Celles du climat, de l’environnement, de la santé. »

« C’est tabou »

Malgré ce consensus scientifique, les responsables politiques ne s’aventurent guère à dire publiquement qu’il faut diminuer le nombre d’animaux élevés. Le sujet est trop clivant. « C’est tabou, observe Christian Couturier. Dès qu’on aborde ce débat, on est étiquetés pour ou contre l’élevage. Mais on sait que c’est la direction à prendre. » La baisse des cheptels figure bien dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC) pour l’agriculture, publiée en juin 2021, avec un objectif de réduction de l’ordre de 13 % d’ici à 2030, moins ambitieux que ce que préconisent les analyses scientifiques. Mais le ministère de l’agriculture se garde, dans sa communication, de mettre en avant ce cap.

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La tendance est cependant déjà amorcée en France. Entre 2000 et 2019, le nombre total de vaches laitières et allaitantes a baissé de 8 %, selon l’Institut de l’élevage (Idele). Même trajectoire pour les effectifs d’ovins, qui ont diminué de 8,3 % de 2011 à 2020, ou dans la filière porcine, où le nombre de truies a chuté de 19 % en dix ans. Pour Christian Couturier, il y a urgence à poser le débat de façon raisonnée, car la casse sociale est déjà là : « Le nombre d’agriculteurs dégringole, le revenu ne s’est pas arrangé, il y a des régions où on ne trouve plus de vétérinaires et la France est de plus en plus importatrice de viande. Aujourd’hui, la situation n’est pas du tout florissante. »

« La condition indispensable pour accepter des changements de mode de vie, c’est l’équité et la confiance. » Elise Huber, chercheuse

Difficile, dans ce contexte, d’envisager l’avenir, quand il faudrait au contraire poser les jalons d’un futur durable.  » Tout le monde dit qu’il faut faire la transition écologique dans l’agriculture, mais personne ne dit politiquement ce que ça veut dire, regrette Mathias Ginet. La transition se planifie et s’organise si on veut qu’elle se fasse sur le long terme. Il faut être honnête et transparent sur ce que ça veut dire, y compris sur les aspects négatifs à court terme. « 

Les éleveurs eux-mêmes prennent les devants, se diversifient, réduisent leurs chargements, diminuent les achats de tourteaux (agglomérés de matières sèches issues des graines de colza, tournesol ou soja), et les remplacent par des prairies temporaires. « Ils sont aux premières loges du réchauffement et ils agissent, note Christian Couturier. Mais plus on monte dans les étages des instances politiques et syndicales, moins le discours est ouvert à ces questions. »

Du côté de la demande, la transition de l’alimentation n’est pas moins périlleuse que celle des modes de production. Comment encourager un régime plus sain, quand les contraintes pesant sur les ménages – du prix des denrées au temps consacré à la préparation des repas – incitent à aller vers des aliments transformés moins chers ? « La condition indispensable pour accepter des changements de mode de vie, c’est l’équité et la confiance, avance Elise Huber, chercheuse à l’Iddri sur les politiques agricoles et alimentaires. Réguler la publicité, encadrer les cantines scolaires, ce sont des mesures qui permettent d’y aller. La taxe carbone, à l’inverse, ce n’était pas un bon outil. Ce sont des sujets périlleux, il ne faut pas les attaquer frontalement. »

L’alimentation, source de convivialité, peut aussi être un sujet particulièrement conflictuel. De plus en plus de choix alimentaires sont critiqués, la mise en avant de régimes « sans » (gluten, lactose, viande…) pouvant même servir de repoussoir. Début 2020, le mouvement « lundi vert », appelant à une journée sans viande ni poisson dans la semaine, avait été contré par des appels à organiser des « samedis rouges », des élus allant jusqu’à poster fièrement sur les réseaux sociaux des photos d’assiettes carnées. Pour Mathieu Saujot, de l’Iddri, cette revendication de libre choix alimentaire « est une fiction » : « On a une part de libre arbitre, mais on est contraints par l’offre de supermarché et de la cantine, par l’information qu’on me donne, par le fait qu’on subventionne certains produits et pas d’autres. »

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Reconnaître que nos choix sont en partie contraints, et qu’ils ont un impact collectif, est une étape indispensable pour mettre en place une politique de transition. Il faut ensuite comprendre ce qui motive ces décisions (information, prix…). « Sur les régimes alimentaires, la première motivation de changement, c’est d’abord la santé, a constaté Pascale Hébel, ancienne directrice du pôle consommation et entreprise du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), aujourd’hui directrice associée du cabinet de conseils C-Ways. Si on a globalement réduit la consommation de viande, au départ, c’était pour manger moins gras. Ensuite sont venus les enjeux de condition animale et l’impact climatique. Pour le bio, c’est pareil : on veut manger bio d’abord pour sa santé. »

Quartiers prioritaires

Aujourd’hui, un quart de la population française se déclare flexitarienne (pour une part stable de végétariens à 2,2 %). Mais le changement se heurte à plusieurs freins, en tête desquels figure le pouvoir d’achat. « La moitié des Français ne mangent pas ce qu’ils veulent pour des raisons économiques, relate Pascale Hébel, et la proportion de ceux qui vont chercher de l’aide alimentaire [7 à 8 millions de Français] croît. » L’équation est complexe : manger moins de viande coûte moins cher, mais manger plus de fruits et légumes coûte davantage. Outre l’argent, se pose la question de l’accès géographique à l’offre et du temps disponible. « Or on a une contrainte de temps plus forte, rappelle Pascale Hébel. Par exemple, plus on a d’enfants, moins on consomme de fruits et légumes, car il faut faire des courses plus souvent. »

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Autant d’enjeux sur lesquels travaille l’association VRAC (Vers un réseau d’achat en commun), qui organise des épiceries « à prix coûtant » dans des quartiers prioritaires d’une douzaine de grandes villes. En février, l’association a ouvert un nouveau lieu de distribution à Floirac, près de Bordeaux. « Il y avait un Lidl dans le quartier Dravemont qui a fermé un an pour travaux. Les habitants se retrouvaient sans solutions, explique Boris Tavernier, délégué général de VRAC. On a récupéré un local auprès d’un bailleur social. Mais même nos produits à prix coûtant restaient plus chers que ceux de Lidl. Il a fallu créer une caisse d’ajustement pour s’aligner sur les prix de l’enseigne. »

En réponse aux contraintes économiques, le gouvernement entend déployer un « chèque alimentaire ». Mais les contours de ce dispositif, inclus dans la future loi sur le pouvoir d’achat, restent flous. Quel en sera le montant ? Sera-t-il fléché sur certains produits, au risque d’être difficilement accepté par les publics visés ? N’ayant toujours pas rendu public le rapport d’étude sur la question, le gouvernement laisse planer le doute sur ses intentions.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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