Publié le 17/05/2023
La France, lanterne rouge de la lutte contre l’HTA !

Paris, le mercredi 17 mai 2023 – Connaissez-vous la pression artérielle moyenne des Français ? C’est 126/77 mm Hg. Un des plus grands facteurs de risque de pathologie cardio-vasculaire mais également cause d’insuffisance rénale et de démence, l’hypertension artérielle (HTA) toucherait près d’un français sur 3, soit 17 millions d’adultes. Alors que dans d’autres pays les choses s’améliorent, cette maladie doit chez nous être mieux connue, mieux traitée et mieux contrôlée, selon Santé publique France (SpF).
L’étude présentée par l’agence dans un numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)* dédié à la journée mondiale de l’HTA, ce 17 mai, s’appuie sur plusieurs sources de données : des enquêtes en population générale (Esteban et le Baromètre de SpF), une enquête auprès d’un panel de médecins généralistes, le système national des données de santé et quelques « enquêtes flash ».
Vue… mais pas connue !
Première étape de la démarche, le dépistage précoce semble largement effectué : 84% des personnes interrogées ont eu une mesure de la PA dans l’année. Et pourtant, la moitié des personnes hypertendues ne savent pas qu’elles le sont, ce qui inquiète et interroge SpF : pourquoi n’a-t-on constaté aucune amélioration de la connaissance de l’HTA depuis la dernière étude, en 2006 ? 50% de niveau de connaissance, c’est en dessous de la moyenne des pays développés (67%). Le Portugal et l’Angleterre dépassent les 70% tandis que l’Allemagne, le Canada, le Québec et les Etats-Unis sont à plus de 80% !
Côté traitement, le tableau n’est guère plus reluisant : la thérapie médicamenteuse est plutôt mal acceptée (93% des patients émettent des réserves lorsqu’on leur prescrit un traitement) et seulement 40% des hypertendus traités sont observants !
Inertie thérapeutique
Ainsi, 25 % seulement des hypertendus sont contrôlés. Selon SpF, la chose est aussi imputable aux médecins généralistes. Moins d’un sur deux se sent impliqué dans la prévention nutritionnelle, et l’agence repère une inertie thérapeutique dommageable : alors que la bithérapie est recommandée en cas de non-contrôle, 60% des hypertendus sont en monothérapie …dont 1/5è avec un béta-bloquant, moins efficace en monothérapie initiale que les quatre autres classes d’antiHTA …
La marge de manœuvre est grande pour améliorer la situation. Les Français gagneraient à mieux connaître l’HTA, sa prévention, ses chiffres et ses retentissements. Les médecins peuvent y contribuer, mais doivent aussi améliorer la prise en charge des patients diagnostiqués : les auteurs de l’article plaident pour la généralisation d’une consultation d’annonce dédiée, point de départ d’un suivi organisé grâce notamment à l’utilisation des appareils d’automesure.
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire N°8, 16 mai 2023.
Dr Blandine Esquerre