Le gouvernement dévoile un plan de soutien à l’agriculture bio, une filière qui subit une crise sans précédent
Le montant de l’aide d’urgence est porté à 60 millions d’euros, avec une enveloppe globale évoquée de 200 millions d’euros. Pour les représentants de la filière, c’est insuffisant au regard de la situation.
Par Laurence GirardPublié hier à 13h00, modifié à 00h33 https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/05/17/le-gouvernement-devoile-un-plan-de-soutien-a-l-agriculture-bio-une-filiere-qui-subit-une-crise-sans-precedent_6173732_3234.html
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Habitué à sortir le carnet de chèques pour aider les filières agricoles en difficulté, le gouvernement semblait sourd aux appels à l’aide de l’agriculture bio. Et pourtant, elle traverse une crise sans précédent depuis deux ans, suscitée par une baisse soudaine des ventes. Le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, a finalement décidé de dévoiler, mercredi 17 mai, lors d’un déplacement dans une exploitation laitière de l’Oise, un plan de soutien, avec un montant d’aides d’urgence porté à 60 millions d’euros, et une enveloppe globale évoquée de 200 millions d’euros.
Ce montant comprend les 10 millions d’euros d’aide octroyés par la première ministre, Elisabeth Borne, lors de sa visite au Salon de l’agriculture à Paris, fin février. Une somme à mettre en regard avec les précédents chèques du gouvernement établis à l’ordre de la Ferme France, comme le 1,2 milliard d’euros versé à la filière volaille, confrontée à une crise aiguë de grippe aviaire, ou les 270 millions d’euros lâchés pour la filière porcine.
Même si elle indiquait un changement de doctrine et une reconnaissance de la situation d’urgence, l’annonce de la cheffe du gouvernement était jugée notoirement insuffisante. « Cela représente une moyenne de 160 euros par ferme bio », estime Philippe Camburet, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB).
La FNAB chiffrait, en 2022, à 151 millions d’euros le montant de l’aide nécessaire pour soulager les trésoreries des fermes bio, plus particulièrement dans les filières les plus touchées, comme le lait, les œufs, le porc et les fruits et légumes. « Pour la filière laitière bio, nous estimons le besoin à 70 millions d’euros », souligne Nathalie Delagnes, éleveuse dans l’Aveyron et présidente de Biolait. Cette coopérative laitière est confrontée à la baisse de la consommation.
Retournement de situation
« Entre 2019 et 2021, le marché des produits laitiers bio a reculé de 5 %. Le repli s’est accentué en 2022 à – 12 % », précise Nathalie Delagnes. Un véritable retournement de situation alors que le marché bénéficiait jusqu’en 2020 d’une croissance à deux chiffres. La production tentait de suivre la demande, doublant en cinq ans. Le marché a donc été déstabilisé soudainement, et la filière a dû gérer les surplus déclassant le lait bio pour le vendre en conventionnel. A la clé, une moindre valorisation du lait, au moment où les charges dans les fermes augmentent avec l’inflation.
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Le risque est d’assister au découragement des éleveurs prêts à jeter l’éponge ou à se déconvertir, c’est-à-dire quitter le monde de l’agriculture bio pour revenir au conventionnel. Le phénomène est d’ores et déjà perceptible. « Le nombre de nos adhérents a baissé de 5 %. Les deux tiers sont partis à la retraite parfois de façon anticipée et un tiers s’est déconverti », témoigne Nathalie Delagnes. Ce qui est vrai pour le secteur laitier l’est aussi pour d’autres filières de l’agriculture bio.
La situation de crise de l’agriculture pourrait donc s’accentuer encore en 2023. Un constat désormais partagé par le gouvernement. Il a donc décidé de porter le montant d’aide d’urgence de 10 millions à 60 millions d’euros. Au-delà de la nécessité de conforter les agriculteurs bio, fragilisés par la crise, l’autre enjeu est de relancer la consommation. D’où la nécessité de communiquer pour réexpliquer la spécificité de l’agriculture bio.
En 2022, l’Etat avait alloué un budget de 500 000 euros pour la campagne publicitaire BioRéflexe, portée par l’Agence Bio. Cette année, le ministère avait prévu d’y consacrer 750 000 euros. Finalement, il a décidé d’un nouvel abondement de 500 000 euros et d’un déblocage d’une enveloppe de 3 millions d’euros, piochés dans le plan France 2030, pour une nouvelle campagne de communication.
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L’autre mesure présentée par M. Fesneau consiste à faire respecter, au sein des établissements publics, d’ici à la fin de l’année, la loi EGalim, qui fixe une obligation de 50 % de produits sous signe de qualité dont 20 % de bio dans la restauration collective. Le surcoût, estimé à 120 millions d’euros, entre dans le calcul des 200 millions d’euros tels qu’annoncés dans le plan de soutien. Dans ce contexte tendu, le gouvernement maintient son objectif de développement de l’agriculture bio en France, fixé à 18 % de la surface agricole utile en 2027, contre 10,3 % aujourd’hui.
L’agriculture biologique, grand oublié du « quoi qu’il en coûte » du gouvernement
En perte de vitesse, le bio est peu soutenu, alors que l’agriculture conventionnelle touche des centaines de millions d’euros d’aides.
Par Laurence Girard
Publié le 25 février 2023 à 08h00, modifié le 25 février 2023 à 08h00 https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/02/25/l-agriculture-biologique-grand-oublie-du-quoi-qu-il-en-coute-du-gouvernement_6163265_3234.html
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Rarement l’Etat aura été aussi attentif aux appels à l’aide des agriculteurs. Le « quoi qu’il en coûte », mot d’ordre du gouvernement français aux premières heures de la crise due au Covid-19, il y a trois ans, reste d’actualité pour le secteur agricole. L’année 2022 en a fourni une parfaite illustration, et 2023 semble démarrer sous les mêmes auspices. A une exception près, toutefois, celle de l’agriculture biologique. En crise depuis près de deux ans, elle se heurte au mur de l’indifférence du gouvernement d’Elisabeth Borne.
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Avant le Salon de l’agriculture, qui ouvre ses portes du 25 février au 5 mars, à la porte de Versailles, à Paris, le moment est souvent propice pour faire pression sur la Rue de Varenne. La filière viticole a ainsi obtenu des gages sonnants et trébuchants, le 6 février. Les vignobles de Bordeaux et du Languedoc, victimes d’une surproduction, souhaitaient alléger leurs stocks. Ils ont décroché une enveloppe de 160 millions d’euros pour distiller leurs surplus de rouge, voire de rosé. Une mesure qui bénéficiera aussi aux caves ou aux viticulteurs d’autres régions qui en feront la demande.
En outre, Bordeaux, confronté à la baisse structurelle des ventes de ses bouteilles en grande distribution et au retournement du marché chinois, souhaite arracher 10 % de ses ceps. Même si le montant de l’opération n’a pas encore été chiffré par le ministère, les outils nécessaires à l’obtention des subsides sont sur la table. Il est à noter qu’en 2020, en pleine crise liée au Covid-19, la filière viticole avait déjà obtenu 160 millions d’euros pour distiller des surplus.
Fin des néonicotinoïdes, grippe aviaire, crise porcine
Le 7 février, une armada de tracteurs envahissait l’esplanade des Invalides, à Paris. A deux pas de l’Assemblée nationale et à un pas du ministère de l’agriculture. A la tête de cette manifestation organisée par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, les betteraviers. A la suite de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne d’interdire toute dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes, un insecticide dit « tueur d’abeilles », sur la betterave, ils demandaient un plan d’aide en cas d’attaque de la jaunisse, transmise par les pucerons, dans les champs cette année.
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Le lendemain, le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, assurait que l’Etat pallierait toute baisse de production dans la filière en cas d’aléas. Les pouvoirs publics avaient indemnisé les betteraviers à hauteur de 60 millions d’euros en 2020, lors d’une précédente crise de la jaunisse.
En 2022, le gouvernement a dû gérer d’autres dossiers brûlants. Comme celui de la crise sanitaire sans précédent qui a secoué la filière volaille. La grippe aviaire a une nouvelle fois sévi en France. D’abord, à partir de l’automne 2021 et jusqu’au printemps 2022, le Sud-Ouest, épicentre de la production de foie gras, a vu ses élevages de canards, mais aussi de poulets, touchés par le fléau. Puis le virus s’est propagé de manière virulente à partir du printemps dans les Pays de la Loire.
Hausse des coûts de production
Après une accalmie durant l’été, il a refait son apparition en France, touchant de nouveau tout particulièrement les Pays de la Loire. Résultat : le ministère de l’agriculture a chiffré à près de 1,2 milliard d’euros le montant du soutien à la filière volaille. Les éleveurs se mobilisent actuellement pour demander des aides supplémentaires.
Enfin, il y a quasiment un an, la filière porcine tirait la sonnette d’alarme. Alors que le marché européen était déstabilisé par le freinage des exportations vers la Chine et par les difficultés liées à la peste porcine africaine, les cours du porc plongeaient. Au moment même où les coûts de production s’envolaient, avec la flambée des cours des céréales et du soja. Résultat : une situation financière très délicate pour de nombreux éleveurs.
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Là encore, le ministère a sorti le carnet de chèques, d’abord à hauteur de 270 millions d’euros, puis pour une rallonge de 80 millions. Ce complément provenait d’un fonds de 400 millions d’euros à répartir entre toutes les filières d’élevage, débloqué pour faire face à l’enchérissement des céréales après le déclenchement de la guerre en Ukraine. « Nous ne pouvons que remercier le gouvernement. Normalement, la filière porcine n’est pas aidée, c’était le premier plan de soutien depuis des décennies », réagit François Valy, éleveur breton, vice-président de l’interprofession Inaporc.
Aide dérisoire
Face à ces centaines de millions d’euros déboursées pour soutenir les agriculteurs secoués par des crises, l’aide de l’Etat versée à l’agriculture biologique, prise à contre-pied par une baisse soudaine de ses ventes, est dérisoire. En 2022, un budget de 500 000 euros a été alloué à une campagne publicitaire. Pour 2023, le ministère de l’agriculture a attribué 750 000 euros pour financer des actions de communication et 150 000 euros pour mener des études.
Enfin, le fonds Avenir bio, dont le budget devait baisser de 13 millions à 8 millions d’euros, a été maintenu, et un reliquat du plan de relance de 2 millions d’euros a été fléché vers la production porcine bio.
Aucune mesure de gestion de crise n’a été financée. Alors même que le gouvernement a décidé, en 2017, de supprimer l’aide au maintien, considérée comme une rémunération des services environnementaux rendus – ce soutien prenait le relais de l’aide à la conversion versée pendant cinq ans à l’agriculteur désireux de se passer des produits phytosanitaires de synthèse – et que l’Etat s’est fixé l’objectif d’atteindre 18 % de surface agricole utile cultivée en bio en 2027, contre plus de 10 % aujourd’hui, et une part de 20 % de bio dans la restauration collective. Le syndicat Confédération paysanne demande une aide d’urgence de 15 000 euros par agriculteur bio, afin de passer ce cap difficile. Sera-t-il enfin entendu ?
« Face au changement climatique, l’agriculture biologique doit être soutenue »
Tribune
Un collectif rassemblant des chercheurs, des élus et des agriculteurs déplore, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement ait mis fin aux aides au maintien de l’agriculture biologique. Dans un contexte d’urgence climatique, le mode de production le plus performant sur le plan environnemental doit être soutenu.
Publié le 20 janvier 2023 à 16h00, modifié le 20 janvier 2023 à 16h53 Temps de Lecture 4 min.
Fin août, le gouvernement a fait le choix, par le biais de son plan stratégique national, qui décline la politique agricole commune européenne, de mettre un terme aux aides au maintien à l’agriculture biologique. Cette aide a été remplacée par un « écorégime » hétéroclite dans lequel le montant alloué à la bio est beaucoup plus faible qu’auparavant et à peine plus élevé que celui apporté à l’agriculture autodéclarée « haute valeur environnementale », dont le cahier des charges n’apporte pas de garanties. Des aides publiques proches malgré des attentes radicalement différentes : le signal est mauvais.
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Le travail des agriculteurs en bio est plus complexe qu’en conventionnel, car pour ne pas utiliser de produits chimiques il s’agit de travailler avec la nature. L’aide au maintien permettait de reconnaître l’exigence technique de l’agriculture biologique et ses services environnementaux, démontrés par de nombreux travaux scientifiques : elle contribue à préserver la biodiversité, à protéger la qualité de l’eau, des sols et de l’air, et réagit mieux face au changement climatique. La bio est un modèle d’agroécologie, que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) préconise de massifier rapidement.
Cette agriculture n’emploie ni nitrates de synthèse (dont la production est gourmande en gaz, et dont l’épandage dégage du protoxyde d’azote, gaz à effet de serre puissant et rémanent) ni pesticides chimiques (dont la production est également énergivore). Les récentes expertises collectives de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur les impacts des pesticides sur la santé, et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) sur leurs impacts sur la biodiversité, renforcent l’intérêt vital pour la société d’une agriculture se passant de pesticides chimiques. De nombreux captages d’eau pollués par les nitrates et pesticides nécessitent de coûteux traitements payés par les consommateurs ou ne distribuent une eau ne respectant les normes que moyennant dérogation. Chaque année, d’autres sont fermés du fait de pollutions diffuses agricoles.
Modes de production sobres en énergie
Dès 2010, la Cour des comptes notait que « les résultats décevants constatés sur les nitrates et les produits phytosanitaires trouvent en grande partie leur origine dans une insuffisante volonté de l’Etat de remettre en cause des pratiques agricoles durablement marquées par l’encouragement au productivisme et le choix d’une agriculture intensive ». Alors que des sécheresses comme celle de 2022 vont se reproduire, il est urgent de protéger les ressources destinées à l’eau potable. Le vivant s’effondre, et la COP15 biodiversité a également ciblé les pesticides comme cause. Il est crucial d’opter à long terme pour des modes de production sobres en énergie – et préférable d’augmenter les surfaces en bio plutôt que les procès entre riverains et agriculteurs épandeurs de pesticides.
Enfin, des prospectives nationales et européennes montrent que généraliser l’agriculture biologique est possible et souhaitable du point de vue de la souveraineté alimentaire, contrairement à ce que certains prétendent.
Pourtant, les filières bio connaissent, pour la première fois depuis quinze ans, une baisse des ventes qui s’explique par les fins de mois difficiles des consommateurs, mais aussi par la concurrence déloyale de plusieurs labels prétendument environnementaux et souvent moins chers comme HVE, Zéro résidu de pesticides, Agriculture raisonnée… Des producteurs et coopératives bio se trouvent en difficulté, après de lourds investissements réalisés pour accompagner la croissance.
Cette situation, actuellement gérée sans soutien public, entraîne un ralentissement de la dynamique de développement qui risque de se renforcer, alors que la France s’est fixé une trajectoire d’augmentation de sa surface en bio (25 % de la surface en 2030, pour 10 % aujourd’hui) et d’augmentation des produits bio dans la restauration collective (20 % en 2022, pour 6 % probables actuellement). Bizarrement, les projets alimentaires territoriaux (PAT)issus de la loi d’avenir pour l’agriculture, supposés « relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires en soutenant l’installation d’agriculteurs, les circuits courts ou les produits locaux dans les cantines », négligent la protection de leur ressource en eau et oublient souvent d’associer les producteurs bio locaux.
Application du principe pollueur-payeur
La Cour des comptes a clairement expliqué, dans son rapport de juin 2022, pourquoi soutenir l’agriculture biologique, et comment : en éclairant les citoyens sur l’impact environnemental et sanitaire de l’agriculture biologique (donc cesser de colporter des informations fausses, par exemple que cette forme d’agriculture ne serait pas contrôlée ou qu’elle n’aurait pas d’impact positif sur la santé) et en réorientant les soutiens publics agricoles au profit de la filière bio. Il s’agit donc de rétablir l’aide au maintien, d’inclure systématiquement l’agriculture biologique dans les projets alimentaires territoriaux et d’augmenter massivement la part de bio dans la restauration collective, afin d’atteindre les objectifs fixés par les politiques publiques.
Et, quand près de 500 millions d’euros publics ont promptement été consentis en 2022 sans contrepartie aux élevages les plus consommateurs d’aliments importés pour les aider à surmonter la crise, l’argument de la contrainte budgétaire ne convainc pas…
L’application du principe pollueur-payeur permettrait de réorienter les subsides publics vers le soutien des pratiques vertueuses de l’agriculture biologique. Il est paradoxal que le mode de production le plus performant sur le plan environnemental ne soit pas en croissance forte dans le contexte actuel des multiples urgences écologiques ; cette situation témoigne de politiques publiques inadaptées qui en arrivent à pénaliser et à entraver les systèmes les plus souhaitables.
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Le problème est grave, les enjeux sont vitaux pour les territoires, les citoyens, les générations futures et l’ensemble du vivant ; il est urgent de réagir !
Premiers signataires : Wolfgang Cramer, directeur de recherche CNRS, Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale ; Sara Fernandez, géographe à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement ; Josette Garnier, directrice de recherche CNRS ; Harold Levrel, professeur d’économie AgroParisTech ; Xavier Poux, agronome, chercheur associé à l’Institut du développement durable et des relations internationales ; Marc-André Sélosse, professeur du Muséum national d’histoire naturelle.
Liste complète des signataires de la tribune « Face au changement climatique, l’agriculture biologique doit… by Le Monde
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