Les édulcorants:ces produits de substitution au sucre ne permettent pas de perdre du poids et peuvent présenter des risques pour la santé

L’OMS met en garde contre les édulcorants artificiels

Présents au quotidien, sur le long terme avertit l’Organisation mondiale de la santé. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 13h51

https://www.lemonde.fr/sante/article/2023/05/16/l-oms-met-en-garde-contre-les-edulcorants-artificiels_6173576_1651302.html

Des pastilles d’aspartame.
Des pastilles d’aspartame.  MAXIMILIAN STOCK LTD / PHOTONONSTOP / MAXIMILIAN STOCK LTD / PHOTONONSTOP

Dans une directive rendue publique lundi 15 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté quant à « l’utilisation des édulcorants sans sucre, [qui] ne confère aucun avantage à long terme dans la réduction de la graisse corporelle chez les adultes ou les enfants ».

Les édulcorants les plus usités sont l’acesulfame potassium, l’aspartame, l’advantame, les cyclamates, le néotame, la saccharine, le sucralose, la stevia et ses dérivés, explique l’OMS, qui souligne que cette recommandation est valable pour leur utilisation dans des produits de consommation et ceux qui sont vendus séparément pour « sucrer » les aliments.

L’organisation ajoute que ces édulcorants artificiels peuvent même « avoir des effets indésirables potentiels » liés à leur utilisation à long terme « tels qu’un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardio-vasculaires et de mortalité chez les adultes ».

Déjà, en septembre 2022, les résultats de travaux issus d’une cohorte épidémiologique de quelque 100 000 volontaires avaient suggéré que les plus gros consommateurs d’édulcorants ont un risque augmenté d’environ 10 % de subir une pathologie cardio-vasculaire, par rapport à ceux qui s’en passent. D’autres études affirment que la consommation de ces « faux sucres » augmente le risque de développer des cancers et des troubles métaboliques.

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Remplacer les sucres par ces édulcorants « n’aide pas au contrôle du poids à long terme. Les gens doivent envisager d’autres moyens de réduire leur consommation de sucres libres, comme la consommation d’aliments contenant des sucres naturels, comme des fruits, ou des aliments et boissons non sucrés », a souligné Francesco Branca, directeur de l’OMS pour la nutrition et la sécurité alimentaire.

« Aucune valeur nutritionnelle »

Les édulcorants sans sucre « ne sont pas des éléments nutritionnels essentiels et n’ont aucune valeur nutritionnelle. Les gens devraient réduire complètement la douceur du régime alimentaire, en commençant tôt dans la vie, pour améliorer leur santé », a-t-il poursuivi.Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétencesDécouvrir

La recommandation est valable « pour tout le monde à l’exception des individus qui souffrent d’un diabète préexistant », a précisé l’OMS. L’organisation a souligné toutefois qu’il s’agit là de recommandations conditionnelles en raison de la diversité des participants aux études qui ont servi de base à ses conclusions ainsi qu’à la très grande complexité des habitudes de consommation des édulcorants sans sucre.

Certains experts en nutrition ont pointé des limites à ce travail, largement fondé sur des études observationnelles ne permettant pas d’établir un lien direct entre édulcorants et contrôle du poids.

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Pour Nita Forouhi, professeure à l’université de Cambridge, « l’utilisation d’édulcorants peut faire partie des moyens de maîtriser le poids à court terme », a-t-elle déclaré au Science Media Center« L’essentiel à retenir est que, pour gérer le poids à long terme et pour les maladies chroniques comme le diabète de type 2 et les maladies cardio-vasculaires, les édulcorants ne sont pas recommandés », a-t-elle complété.

L’OMS ne prend pas en compte l’impact du remplacement de boissons sucrées par des boissons contenant des édulcorants, a pointé Tom Sanders, professeur émérite au King’s College de Londres, s’inquiétant d’un risque de confusion dans l’esprit de la population. Le mode de calcul du Nutri-score, l’étiquetage nutritionnel imposé en France et dans d’autres pays européens, va ainsi changer à partir de fin 2023 par exemple pour moins volontiers recommander les boissons à base d’édulcorants.

Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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