Une conférence sur les frères musulmans annulée par la Doyenne de La Sorbonne

La conférence de Florence Bergeaud-Blackler à la Sorbonne suspendue pour des "raisons de sécurité"
L’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler.
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La conférence de Florence Bergeaud-Blackler à la Sorbonne suspendue pour des « raisons de sécurité »

Cancel culture

Par Marianne

Publié le 09/05/2023 à 19:46 https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/la-conference-de-florence-bergeaud-backler-a-la-sorbonne-suspendue-pour-des-raisons-de-securite?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20230510&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

La conférence de Florence Bergeaud-Blackler à la Sorbonne suspendue pour des « raisons de sécurité »

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Auteure du livre « Le Frérisme et ses réseaux », Florence Bergeaud-Blackler, chercheuse menacée de mort et sous protection policière, a vu sa prochaine conférence annulée par la doyenne de la faculté parisienne.

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Le rendez-vous était pourtant prévu de longue date. Ce mardi 9 mai, sur ses réseaux sociaux, la chercheuse Florence Bergeaud-Blackler a indiqué que la doyenne de la faculté de Lettres de la Sorbonne avait demandé la suspension d’une conférence qu’elle devait tenir sur les frères musulmans. Prévu le 12 mai, son intervention entre les murs de l’université parisienne devait lui permettre de présenter son dernier livre : « Le frérisme et ses réseaux, l’enquête » (Odile Jacob), paru en janvier dernier.

Depuis la sortie de l’ouvrage, l’anthropologue, fonctionnaire du CNRS, est la cible d’une cabale, notamment sur les réseaux sociaux, où des internautes l’accusent, entre autres d’« islamophobie ». Menacée de mort, Florence Bergeaud-Blackler a été placée sous protection policière. Ce sont d’ailleurs des « raisons de sécurité » qui auraient été invoquées par la Sorbonne pour justifier la suspension de son intervention, rapporte-t-elle.

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Une décision qu’elle juge totalement inadaptée car des dispositions avaient déjà été prises. « Les organisateurs avaient choisi de le faire en soirée à 18 heures, pour éviter que la conférence ne soit perturbée par des étudiants. Le public était plus âgé, plus large et plus averti qu’à l’accoutumée » explique-t-elle à Marianne.

APPEL À LA MINISTRE

Rappelant qu’elle est « quand même enseignante-chercheuse » et « payée par nos concitoyens pour donner des cours et des conférences dans les facultés », l’universitaire demandait sur ses réseaux sociaux à rencontrer Sylvie Retailleau, la ministre de l’Enseignement Supérieur Sylvie Retailleau pour échanger sur sa situation.

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« La réalité, c’est qu’il y a une très forte montée de la cancel culture dans l’ensemble des facultés. Parmi les menaces dont je suis victime, il y a une partie non négligeable qui provient de là. La Sorbonne a renié ses valeurs, son rayonnement, en refusant d’organiser la conférence. C’est une université multicentenaire qui cède face aux menaces et recule alors qu’elle a apporté tant de connaissances par le passé », s’est-elle indignée auprès de Marianne émue de ne pas avoir reçu d’appel de la doyenne pour la prévenir de cette décision.

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Toujours dans l’incompréhension, Florence Bergeaud-Blackler rappelle également qu’il y a « même parmi les universitaires, des personnes qui tiennent des propos diffamatoires », citant François Burgat, ancien directeur de recherche au CNRS, qui l’accuse de racisme dans un texte intitulé : « « L’islamisation de la France » : acteurs et ressorts d’une dangereuse rengaine ». « Est-ce que cela a influencé la Sorbonne ? », s’interroge-t-elle. Contacté par Marianne l’organisateur de la conférence, Pierre-Henri Tavoillot indique que « l’argument pour reporter la conférence était le risque d’incidents et de blocage des universités lors des périodes d’examen. Ce n’est pas confirmé mais j’ai suggéré à la doyenne, comme solution, d’intervertir cette conférence avec celle que doit donner Jean-Michel Blanquer le 2 juin. » Reste à savoir si cette solution sera retenue.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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