« Manque de médecins, d’infirmiers, de psychologues… L’école, premier désert médical de France »
Date de publication : 10 mai 2023 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=d5e4302fa2772b8485502506357de34a&id_newsletter=18255&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=18255&from=newsletter

Florence Méréo et Thomas Poupeau annoncent dans Le Parisien que « le pilotage de la politique de santé scolaire est « défaillant », alerte un rapport d’information du député Robin Reda (Renaissance), présenté ce mercredi 10 mai à l’Assemblée nationale ».
Les journalistes notent ainsi : « Difficulté à recruter des médecins, infirmiers, psychologues scolaires, à les garder, à leur donner les moyens de repérer les difficultés de nos gamins… L’école est devenue le premier désert médical de France ».
Ils soulignent que « moins de 20% des élèves de 6 ans passent la visite médicale, censée être obligatoire ! À 12 ans, ils sont seulement 60% à avoir eu leur bilan infirmier ».
Robin Reda rappelle que « le non-diagnostic d’un enfant qui voit mal, s’exprime mal, entend mal, cela joue sur sa réussite scolaire, et cyniquement, sur le budget de l’assurance maladie », et entend « revitaliser la santé scolaire ».
Jocelyne Grousset, cosecrétaire nationale du syndicat de médecins scolaires SNMSU-Unsa, remarque pour sa part que « c’est le énième rapport en dix ans, mais aucune mesure n’a été prise depuis ».
Florence Méréo et Thomas Poupeau constatent en effet que ces praticiens « sont moins de 900 en France, pour 60.000 établissements. (…) Une marche blanche est organisée à Paris le 23 mai, pour dénoncer ce manque de moyens ».
Les journalistes relèvent que « le nombre de médecins en milieu scolaire a baissé de 20% en dix ans. (…) Même constat pour les infirmières. (…) Le nombre de tâches est devenu trop important. Maladies, chutes, malaises, suivi psychique des enfants, cas de maltraitance, lien avec les professeurs ».
Le rapport souligne que « les besoins des élèves sont grandissants ». Florence Méréo et Thomas Poupeau ajoutent que « la crise sanitaire, qui a entraîné trois mois de fermeture totale des établissements en mars 2020 puis des mois entiers de distanciel, a encore des effets ».
Valérie Wolff, infirmière dans un collège du Bas-Rhin, explique que « dans le premier degré, on constate des troubles de l’apprentissage directement liés à trop d’écrans et à une longue période de non-sociabilisation ».
Jocelyne Grousset indique que « renforcer l’attractivité est la première des choses ». Florence Méréo et Thomas Poupeau notent ainsi qu’« un médecin scolaire débutant gagne moins qu’un interne en médecine ». Robin Reda ajoute : « Il faut un choc de revalorisation, et une refondation du système ».
« Sans cela, les postes à pourvoir resteront lettre morte. En 2021, seuls 50% de ceux ouverts ont trouvé preneurs. Plus globalement, le réseau de santé scolaire doit être mieux considéré, car il est un maillon essentiel du système sanitaire », remarquent les journalistes.