Plus de salariat, moins de généralistes… Ce que révèlent les derniers chiffres de la démographie médicale
Par Louise Claereboudt le 03-05-2023

sensiblement identiques à ceux de 2022 : 41,54% des médecins en activité régulière exerçaient uniquement en libéral, 10,26% avaient une activité mixte, et 48,10% étaient salariés.
Il y a 13 ans, l’activité libérale figurait en première position avec 46,5% des médecins ayant choisi ce mode d’exercice. Venait ensuite le salariat (41,9%), puis l’activité mixte; avec 11,5% des médecins ayant opté pour cet exercice.
Le mode d’exercice varie toutefois particulièrement selon la spécialité, précise le Cnom, dans son bulletin paru vendredi. Chez les libéraux en activité régulière, 56,3% sont généralistes, 43,4% sont médecins spécialistes chirurgicaux et 27,3% sont médecins spécialistes médicaux. Chez les salariés, 61,9% sont médecins spécialistes médicaux, 37,3% sont des généralistes et 35,3%, des spécialistes chirurgicaux.

Source : bulletin mars-avril 2023 du conseil national de l’Ordre des médecins
51,1 ans
En moyenne, les médecins en activité sont âgés de 48,6 ans, relève le Dr Mourgues. En 2013, cette moyenne s’établissait à 51,6 ans. Le praticien de Pujols observe ainsi que « le rajeunissement est à l’œuvre ». La proportion de médecins de moins de 40 ans est ainsi de 29,8% au 1er janvier 2023, contre 19,1% en 2020 et 13,8% en 2010. La proportion de médecins de 60 ans et plus s’élève, elle, à 24%. En 2020, ils représentaient 47,3% de l’ensemble des inscrits.
L’âge moyen des généralistes de premier recours baisse également. Au 1er janvier, il atteint 51,1 ans, contre 51,9 ans en 2010.
59%
Près de six médecins sur 10 qui sortent d’une activité régulière sortent pour retraite sans activité médicale ou pour un cumul emploi-retraite.
-1146
20 spécialités présentent des « balances négatives », entre entrants et sortants. La médecine générale fait partie des spécialités les plus touchées par cette balance négative avec -1146 médecins. La chirurgie générale a, elle, perdu 328 médecins et l’ophtalmologie, 119. Toutes spécialités confondues, la balance des actifs réguliers apparaît négative (-374 médecins) entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023.
+214
A contrario, 33 autres spécialités s’en sortent mieux, et présentent des « balances positives ». Ainsi, en 2022, la gériatrie était excédentaire de 214 médecins, la chirurgie orthopédique et traumatologique de 93 médecins, et la neurologie de 88 médecins.
577,3
Visibles dans la presse locale, les inégalités territoriales en matière d’accès aux soins sont a fortiori toujours une réalité en 2023. Les départements présentant les densités médicales les plus faibles en termes de nombre de médecins activité régulière pour 100 000 habitants de 65 ans et plus sont : la Nièvre (577,3 médecins), la Creuse (552,5) et l’Indre (531,4). En 2013, l’Ordre alertait déjà sur la forte baisse des effectifs de médecins dans la Nièvre (-11,8%) et dans l’Indre (-10,9%).
Que fait votre département pour favoriser l’installation des médecins ?

Source : Atlas de la démographie 2013
4071,8
À l’inverse, d’autres territoires apparaissent plus dotés. « Les départements les plus densément peuplés présentent les densités les plus fortes », constate l’Ordre. Ainsi, on retrouve à la première place Paris, avec 4071,8 médecins pour 100 000 habitants, puis le Rhône (2434,9) et le Val-de-Marne (2263,3).