Le bruit: perte de l’audition, Troubles du sommeil, augmentation de la tension artérielle, accidents coronariens et vasculaires cérébraux.

Comment l’exposition au bruit affecte notre santé

Par Pascale Santi 

Publié le 24 avril 2023 à 18h15, modifié le 25 avril 2023 à 08h11

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2023/04/24/alerte-sur-les-effets-du-bruit-sur-la-sante_6170832_1650684.html

Enquête

Les nuisances sonores sont de plus en plus fortes et de plus en plus nombreuses. Outre la perte d’audition, le bruit a des conséquences sur la qualité du sommeil, le système cardio-vasculaire et notamment la tension artérielle… Un problème de santé publique pas assez pris en compte.

Nous vivons dans un monde de plus en plus bruyant, sans même en être forcément conscients. La mise à l’arrêt des activités, imposée par les différentes périodes de confinement pendant la crise sanitaire, a fait prendre conscience aux citadins du bruit qui nous envahit. Les grandes villes si bruyantes avaient basculé, pendant un temps, dans un univers plus silencieux.

Le bruit est défini comme un son affecté d’une valeur négative, vécu comme une agression sensorielle et même physique. Sa perception est très subjective, avec une dimension culturelle, symbolique… Nous ne sommes donc pas égaux devant cette nuisance.

Or, « le cerveau a besoin de silence pour se régénérer. C’est un besoin physiologique fondamental. Le bruit est une nuisance qui n’est pas suffisamment prise en compte, alors qu’il est un problème de santé publique », alertait le neuroscientifique Michel Le Van Quyen, chercheur à l’Inserm, dans nos colonnes en avril 2020, dans un entretien croisé avec David Le Breton, anthropologue et sociologue.

Lire l’entretien :    Confinement : « L’exposition au bruit et au silence est très inégalitaire »

« Le système auditif a été conçu, depuis Neandertal, comme un détecteur de danger et une voie de communication privilégiée pour le langage, mais pas pour le vacarme, le périphérique, les concerts en musique compressée », explique Jean-Luc Puel, directeur de l’équipe Inserm audition et professeur à l’université de Montpellier. Par contraste, l’absence de bruit serait « un nouveau luxe, la capacité à trouver l’émerveillement dans le quotidien », dit aussi l’explorateur norvégien Erling Kagge (Quelques grammes de silence, Flammarion, 2016). La philosophe Cynthia Fleury parle « du manque de silence qui empêche de penser, du silence comme facteur de bien-être ». Les inégalités sociales existent aussi dans ce domaine, elle évoque la notion du « bruit pour les pauvres et du silence pour les riches ».

La perception du bruit évolue ; 78 % des Franciliens en sont préoccupés. Ils le placent comme quatrième inconvénient majeur d’habiter en Ile-de-France, après le coût de la vie, l’insécurité et la pollution. A un niveau qui approche d’ailleurs celui de la pollution de l’air, selon un sondage réalisé en ligne par le Crédoc pour Bruitparif, en novembre 2021, auprès de 3 000 Franciliens. « La gêne vécue varie beaucoup selon les contextes et l’origine des bruits. Les transports (en premier lieu la circulation routière) et le voisinage restant les deux premières sources de gêne liée au bruit à domicile, avec de fortes inégalités sociales d’exposition », observe Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif, organisme chargé de mesurer les nuisances sonores en Ile-de-France. De fait, l’enquête Crédoc rapporte que les habitants sont de plus en plus à la recherche d’espaces de calme.

En Ile-de-France, 15 % de la population est exposée à des effets sur la santé extra-auditive en raison de niveaux de bruit des transports qui excèdent les valeurs limites réglementaires. Mais si l’on considère les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), neuf Franciliens sur dix subissent des niveaux sonores supérieurs. A titre d’exemple, le bruit aux abords du périphérique parisien dépasse très souvent le niveau de 68 décibels (dB), qui correspond à la valeur limite réglementaire pour le bruit routier (selon l’indicateur européen Lden de niveau de bruit moyen pondéré sur la journée).

Tous les 3 dB, l’intensité sonore double

Quant aux effets sur l’audition, on parle de seuil de risque à 85 dB durant huit heures, et pour une exposition brève, même d’une minute, à des niveaux très élevés, au-delà de 110 dB. Pour comparaison, un bruit de missile atteint 130 dB, un concert dépasse souvent les 100 dB (la limite réglementaire a été réduite à 102 dB pour les boîtes de nuit ou salles de concert). Rappelons-le, l’échelle des décibels n’est pas linéaire, mais logarithmique : tous les 3 dB, l’intensité sonore double.  « Ce qui est très important en matière d’exposition sonore, c’est la durée et l’intensité », avertit Aziz El Amraoui, directeur de recherche à l’Institut de l’audition (Institut Pasteur).

Le périphérique lors d’une journée de grève, à Paris, le 20 décembre 2019.
Le périphérique lors d’une journée de grève, à Paris, le 20 décembre 2019.  BERTRAND GUAY/AFP

« Un Francilien perdrait en moyenne au cours de sa vie entière une année de vie en bonne santé du fait de son exposition au bruit et jusqu’à trois ans chez les personnes qui vivent dans les endroits les plus bruyants, d’après les estimations réalisées en 2019 », précise Fanny Mietlicki.

Dans son rapport paru fin 2018, « Lignes directrices relatives au bruit dans l’environnement pour la région européenne », qui se fonde sur une revue de la littérature scientifique, l’OMS place ainsi le bruit comme deuxième facteur environnemental provoquant le plus de dommages sanitaires en Europe, derrière la pollution de l’air. Au moins un million d’années de vie en bonne santé seraient perdues chaque année à cause du bruit lié au trafic en Europe occidentale.

Perte auditive liée au bruit

« En France, 9,8 millions de personnes seraient affectées par une forte gêne dont 3,3 millions par de fortes perturbations de leur sommeil liées au bruit des transports », soulignent Fanny Mietlicki, Olivier Blond, président de Bruitparif, et Anne-Sophie Evrard, chargée de recherche en épidémiologie à l’université Gustave-Eiffel (Bron, Rhône), dans un article paru en mars dans la revue ADSP du Haut Conseil de la santé publique.

L’exposition au bruit a plusieurs conséquences sur la santé, d’abord sur l’audition : 460 millions de personnes subissent aujourd’hui une perte auditive dans le monde, selon l’OMS qui en prévoit 700 millions d’ici à 2050, dont une grande part liée au bruit. Pire, de 670 millions à 1,35 milliard d’adolescents et de jeunes adultes risquent potentiellement une perte auditive en raison de l’utilisation d’écouteurs et de la fréquentation de lieux musicaux bruyants, indique une méta-analyse publiée le 15 novembre 2022 dans la revue BMJ Global Health.

Lire aussi :  Santé auditive : les dégâts du son trop fort et compressé

« On constate aujourd’hui une croissance exponentielle de l’apparition de la surdité liée à l’âge, au bruit ou à des facteurs génétiques, avec une interaction de ces facteurs », rappelait la professeure Christine Petit, fondatrice de l’Institut de l’audition lors de la Semaine du son, en janvier. En milieu professionnel, l’impact du bruit est également élevé, notamment dans les secteurs comme la métallurgie, l’industrie du papier ou le bâtiment. Il est même responsable d’un risque plus élevé d’accidents du travail, en contribuant à relâcher la vigilance ou en empêchant la perception d’un danger. Selon un sondage réalisé en 2017 pour l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 67 % des actifs français se disent dérangés par le bruit sur leur lieu de travail. Le bruit vient également des open spaces (bureaux ouverts), souvent cités comme sources de stress et de problèmes de concentration.

Des conséquences extra-auditives

Sur le plan physiologique, le système auditif repose sur un ensemble de structures hautement spécialisées et éminemment complexes. Une onde acoustique est transformée en stimulus biologique qui va déclencher une cascade d’événements jusqu’aux cellules ciliées auditives qui convertissent le son en signal électrique, message envoyé au cerveau. Cette complexité le rend extrêmement fragile, sensible aux agressions et à un usage intempestif. Son vieillissement naturel est inévitable, en général autour de 65 ans.

Les effets du bruit sur l’audition sont de la fatigue auditive, de la perte de discrimination des sons, voire de la surdité, des acouphènes (des sons perçus qui ne proviennent pas d’une source extérieure), de l’hyperacousie (une exacerbation des sons, les rendant dérangeants, ce qui provoque de l’isolement). Le bruit a aussi de nombreuses conséquences extra-auditives. Certaines sont liées aux réactions physiologiques de l’organisme, notamment les troubles du sommeil : retards à l’endormissement, davantage de réveils nocturnes, moins de sommeil lent profond, le plus réparateur. Les graves conséquences d’un mauvais sommeil sur la santé ne sont plus à démontrer.

Lire aussi :  Acouphènes : une prise en charge thérapeutique est possible

Les effets directs du bruit sur le système cardio-vasculaire, les troubles cardiaques ischémiques, notamment, l’infarctus du myocarde et un risque d’hypertension artérielle, ont été montrés par de nombreux travaux. Publiée en mars 2023 dans JAAC, le journal du Collège américain de cardiologie, une étude a mis en évidence un lien entre le fait de vivre à proximité de zones de circulation routière et une hypertension artérielle.

Plusieurs études sur les effets de l’exposition au bruit des avions sur la santé des riverains d’aéroports, menées dans le cadre du programme de recherche Debats (université Gustave-Eiffel), ont montré qu’une augmentation du niveau de bruit de 10 dB est associée à une augmentation du risque de dégradation de l’état de santé perçu, du risque d’hypertension chez les hommes uniquement, et à une modification de la sécrétion de cortisol, une des hormones du stress, décrit Anne-Sophie Evrard. « Les mécanismes biologiques expliquant les résultats différents chez les hommes et chez les femmes ne sont pas encore élucidés », précise-t-elle.

Un travail spécifique sur le sommeil de 100 sujets vivant à proximité d’un aéroport a montré un accroissement du risque de dormir moins de six heures par nuit et du sentiment de fatigue au réveil. La chercheuse lyonnaise s’intéresse également aux effets sur l’obésité et le diabète à partir des données de Debats.

« Dans les études, on ne prend pas en compte la multi-exposition à différentes sources de bruit de même qu’on ne prend pas en compte d’autres nuisances environnementales, comme la pollution lumineuse ou la pollution de l’air, c’est le rôle de cette dernière que nous allons explorer », indique Anne-Sophie Evrard. Elle mène aussi un travail sur les effets du bruit des éoliennes sur la santé dans le cadre du projet de recherche RIBEolH (Recherche des impacts du bruit éolien sur l’humain, son, perception, santé), auprès de 1 200 personnes.

Plus directement, les pertes auditives, jusqu’à la surdité, altèrent la qualité de vie et de l’état de santé perçu et les interactions sociales. Ce qui favorise l’isolement et peut entraîner des troubles psychologiques. Des travaux ont également montré que le bruit des avions et du trafic routier affectait les capacités cognitives des enfants, provoquant des retards dans l’apprentissage de la lecture, la mémorisation, l’attention… Une étude anglaise publiée dans The Lancet montrait déjà ce lien en 2005.

Un coût social de 147,1 milliards d’euros

« La perte auditive des 40-50 ans contribue largement à la baisse des fonctions cognitives », explique Christine Petit, en ajoutant que cette perte d’audition peut s’accompagner d’un facteur de démence. Déjà, en 2012, les travaux de l’équipe de Frank Lin de l’hôpital Johns-Hopkins, à Baltimore (Maryland), avaient mis en évidence qu’une perte auditive de 25 dB (les sons en deçà de ce seuil ne peuvent être entendus), liée à l’âge, correspondait à un déclin cognitif. Le port d’appareils auditifs permettrait de limiter le risque d’en souffrir, selon une étude parue dans TheLancet le 13 avril. Mais les appareils auditifs demeurent largement sous-utilisés, notamment chez les seniors, selon une étude conduite à partir des données de la cohorte Constances. Pourtant, depuis 2021, les aides auditives sont remboursées par l’Assurance-maladie.

Les effets des autres sources de bruit que les transports sont encore un vaste champ à défricher pour les chercheurs. Il en est ainsi de la vie récréative nocturne. Bruitparif a conduit une étude pilote avec la Mairie de Paris sur le quartier Les Halles-Beaubourg-Montorgueil, au cœur de la capitale, pour faire des premières cartes de bruit de ces zones. « Nous avons le projet de lancer une grande enquête auprès de 1 200 personnes qui habitent ce type de quartiers pour disposer de données scientifiques sur leur exposition au bruit, leur gêne ressentie et la qualité de leur sommeil », détaille Fanny Mietlicki.

Le coût social du bruit a été évalué en 2021 à 147,1 milliards d’euros par l’Agence de la transition écologique et le Conseil national du bruit en chiffrant les externalités négatives du bruit (sur la santé, les dépréciations immobilières, les pertes de productivité au travail, etc.). Malgré cette évidence, « les politiques publiques n’accordent pas la même attention à la lutte contre le bruit par rapport à ce qui est fait sur la pollution de l’air », avertit Fanny Mietlicki.

Dans un tout autre domaine que le seul volume sonore, une autre nuisance est apparue dans les années 1960, le son compressé. Il consiste à tasser les sons de façon électronique, à réduire les écarts entre les sons forts et les sons faibles.Il n’y a plus de microsilences, l’oreille ne se repose plus. « Cette nuisance nouvelle, qui se retrouve partout, cinéma, musique, radio, réunions en visio, plates-formes de musique… s’est démultipliée depuis quelques décennies », note Paul Avan, directeur du Centre de recherche et d’innovation en audiologie humaine (Ceriah, Institut Pasteur) et professeur de biophysique à l’université Clermont-Auvergne. Or, l’oreille, un organe qui fonctionne en continu, a besoin de plages de repos pour pouvoir se régénérer.

102 dB, le niveau sonore d’une boîte de nuit

Des chercheurs de l’Inserm et de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand ont fait écouter I Miss You, d’Adèle, à 90 cochons d’Inde, la moitié en son compressé, l’autre en format original, et cela en boucle durant quatre heures sans pause, autour de 102 dB, le niveau habituel d’une boîte de nuit. « Aucune perte auditive n’a été constatée, mais le groupe qui a écouté le son compressé n’avait pas complètement récupéré en une semaine le réflexe stapédien, qui diminue les vibrations du tympan pour protéger l’oreille interne. Leurs circuits nerveux de contrôle des sons étaient altérés », explique Paul Avan, qui a coordonné cette étude, publiée en partie dans Acoustique & Techniques, la revue du Centre d’information sur le bruit, fin 2022.

Un travail est en cours auprès de professionnels exposés toute la journée à des plates-formes de visioconférence, au son hypercompressé, qui ont explosé durant les périodes de confinement. Des associations internationales d’interprètes et plusieurs services de médecine du travail de centre d’appels ont rapporté des problèmes de pertes auditives et d’acouphènes. « On cherche à savoir à quel niveau sonore va se déclencher le réflexe stapédien. Ce n’est pas tellement la valeur en décibels qui nous intéresse, car elle varie d’un individu à l’autre, mais la différence avant et après une exposition, qui illustre une fatigue auditive », explique Grégory Gérenton, ingénieur de recherche au Ceriah.

« Comme on parle de gestes qui sauvent, il faudrait populariser les comportements qui préservent l’audition : éviter ou diminuer l’écoute des sons compressés, mais aussi les intensités trop fortes et les temps d’écoute prolongés », préconise Aziz El Amraoui. Comme régler ses écouteurs ou son casque dans une pièce sans bruit, pas dans une rue bruyante. L’idée n’est évidemment pas de bannir l’écoute de la musique, bien au contraire, mais d’éviter de l’écouter fort. La loi impose que les écouteurs soient limités à 100 dB. Il vaut mieux privilégier ceux qui tiennent compte de l’effet du bruit ambiant.

Beaucoup d’artistes dénoncent la compression, notamment Thomas Dutronc, parrain de la 20e Semaine du son. Christian Hugonnet, fondateur de l’association La Semaine du son, parrainée par l’Unesco, travaille sur un label avec Universal, l’Ircam et l’Institut de l’audition, afin de limiter la compression excessive et de définir des critères objectifs de qualité sonore. Il devrait être présenté en 2024.

« Il importe aussi de sensibiliser au “bon son”, dès l’école, en apprenant à écouter la musique bien sûr, mais aussi les bruits d’oiseaux », suggère Paul Avan. « Le son est un guide de notre bien-être et de notre survie. Cette prise de conscience est essentielle : nous devons entendre pour mieux voir », abonde Christian Hugonnet.

Les enfants très exposés

Il n’y a pas de traitement possible de la perte d’audition, et surtout en direction des enfants, trop exposés. D’où l’enjeu du dépistage, de repérer très tôt des pertes d’audition. Au-delà des recommandations des pouvoirs publics (faire des pauses au concert, en écoute de musique, ne pas s’endormir avec ses écouteurs…), des solutions techniques existent pour réduire le bruit de la circulation routière : utiliser les véhicules électriques, baisser les vitesses de circulation et mettre des revêtements de chaussée qui ont des propriétés d’absorption du bruit.

Le public lors du premier week-end du festival de Coachella à Indio (Californie), le 16 avril 2023.
Le public lors du premier week-end du festival de Coachella à Indio (Californie), le 16 avril 2023. VALERIE MACON/AFP

Lutter contre les bruits, c’est aussi éviter d’en faire. Fanny Mietlicki, voit dans l’aménagement des villes « un levier important, en évitant les matériaux qui sont très réfléchissants, notamment tout ce qui est minéral, d’où l’intérêt de la végétalisation des façades, des espaces verts, qui permettent de plus de créer des zones de pause sonore », précise-t-elle. Des labels « espaces calmes » dans les collectivités ou les entreprises sont d’ailleurs en cours de développement par les pouvoirs publics. La prévention passe bien sûr par la prise en compte du bruit dès la conception dun nouveau bâtiment ou d’une nouvelle activité, « ce qui est loin d’être toujours le cas », constate la directrice de Bruitparif.

Côté recherche, des pistes sont explorées, notamment sur la régénérescence des cellules ciliées et des neurones auditifs. « Le rêve de tout chercheur travaillant dans ce domaine est de pouvoir guérir les pertes auditives, affirme Christine Petit. L’une des solutions serait de refaire pousser les cellules ciliées et leurs prolongements. » Pas simple puisque certains neurones sont détruits en cas de perte auditive. Il importe de reproduire le système à l’identique pour remplacer les cellules mortes par des cellules aux propriétés équivalentes. « Ça va être complexe car on ne dispose pas actuellement de l’identité au niveau moléculaire de tous les facteurs impliqués, ni de la capacité à les reproduire aux stades tardifs », tempère Aziz El Amraoui.

Des recherches et essais cliniques sont également en cours afin de tester des cellules souches visant à restaurer des cellules endommagées ou l’effet des antioxydants pour protéger l’organe auditif. Des essais de thérapie génique pour un cas de surdité héréditaire sont aussi lancés.

L’Institut de l’audition, qui coiffe le Ceriah, travaille à mieux comprendre les différents types de surdité, la perte auditive liée à l’âge, à développer de nouveaux outils diagnostiques et à tester l’efficacité de nouvelles solutions thérapeutiques. « Les avancées sur les mécanismes moléculaires de l’audition et les facteurs responsables des troubles auditifs laissent espérer de futures thérapies curatives et préventives », anticipe Aziz El Amraoui. Pour l’heure, le plus sûr moyen de protéger nos oreilles reste la prévention.

Pascale Santi

Voir aussi des données d’études plus anciennes

Bruit et conséquences sur la santé

*Troubles cardio-vasculaires : ils apparaissent au dessus de 65 dB et sont indépendants des effets induits par les troubles du sommeil – stress sympathique: augmentation de fréquence et de tension artérielle, vasoconstriction, sécrétion d’adrénaline, de cortisol.. – augmentation viscosité sanguine

Une exposition à un bruit > à 65 dB est associée à Hambourg à un risque cardio-vasculaire accru de 16%

*Troubles mentaux et du sommeil: anxiété , stress, maux de tête, instabilité émotionnelle,impuissance, conflits, hystérie, psychoses, utilisation de psychotropes et somnifères

*Fatigue et diminution des performances: Atténuation des réactions (accidentés, blessés et mêmesDécès)

*Prématurité et hypotrophie foetale

Sont plus sensibles les travailleurs 3X8, les personnes âgées, les personnes avec fragilité mentale

-En 2002, une synthèse de 43 études de 1970 à 1999, démontrait une relation significative entre l’accroissement du bruit et le risque d’infarctus ou de maladie coronaire Par augmentation de 5 dB, le risque relatif d’hypertension artérielle est accru de 14 à 26% (Environ health Perspect 2002;110:307-317)

-Au danemark, une augmentation de 5 dB occasionne un risque de Maladie coronaire accru de 9%; sur 700 000 hab, 2200 nécessitent un traitement du au bruit

Berlin 1998-2001 étude cas témoin: 1881 infarctus / 2234 témoins

-Le risque relatif de faire un infarctus, pour les hommes exposés à un bruit > à 70 dB le jour par rapport à ceux < à 60 dB était de 30% Dans le sous-groupe des hommes vivant depuis au moins 10 ans à l’exposition du bruit > à 70 dB, le risque relatif de faire un infarctus est de 80%

Pas d’accroissement des infarctus chez les femmes

Il n’y a pas de niveau seuil, mais un accroissement régulier du risque avec le niveau de bruit (Epidemiology 2005.16:33-40)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire