Une concentration de 2 µm/m3 de particules fines PM2,5 est associée à un risque accru de démence.

Pollution et démence : les particules fines PM2.5 suspectées

Pollution et démence : les particules fines PM2.5 suspectées

Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 28 avril 2023

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ba2a25761474ad6e14dd5d47ade24466&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=18200&from=newsletter

Plusieurs études ont établi en lien entre pollution atmosphérique et risque de démence. Une méta-analyse publiée dans le BMJ a permis d’évaluer l’association avec plusieurs polluants. Les résultats font suspecter le rôle des particules fines PM2.5 dans cette association.

Une méta-analyse parue dans le BMJ explore le lien entre pollution atmosphérique et démence. Les particules PM2.5 essentiellement produites par le chauffage (bois, fuel et gaz) et le transport routier, semblent incriminées dans cette association. Le dioxyde d’azote et le monoxyde d’azote pourraient l’être également, mais les données sont plus limitées.
Les auteurs soulignent la nécessité d’accueillir avec prudence ces résultats en raison de la variabilité des mesures selon les études et des difficultés à préciser les expositions. Ce travail a toutefois le mérite d’avoir étudié le rôle de différents polluants atmosphériques dans le risque de démence, en tenant compte des facteurs qui pourraient influencer les résultats selon les études.
Les auteurs ont analysé 51 études dont la plupart présentait toutefois un risque élevé de biais. Parmi elles, 14 ont pu entrer dans la méta-analyse pour les particules <2.5 µm de diamètre (PM2.5).
Selon l’analyse, une concentration de 2 µm/m3 de ces particules fines est associée à un risque accru de démence. L’hypothèse d’un lien de causalité repose sur l’inflammation systémique causée par une exposition régulière à ces particules.

Référence :
Elissa H Wilker et al.
Ambient air pollution and clinical dementia: systematic review and meta-analysis
BMJ 2023;381:e071620
Retrouvez l’abstract en ligne

Publié le 27/04/2023

Angoissante pollution 

https://www.jim.fr/pharmacien/actualites/medicale/e-docs/_angoissante_pollution__197147/document_actu_med.phtml

En matière de santé mentale, la pollution atmosphérique est de plus en plus considérée comme un important facteur de risque environnemental, rappelle JAMA Psychiatry, mais les preuves épidémiologiques de l’association entre pollution de l’air et troubles anxio-dépressifs demeurent encore « très limitées. »

 Exploitant des informations de la banque de données UK Biobank[1] portant sur près de 400 000 participants, une étude de cohorte a évalué l’influence de l’exposition estimée à plusieurs polluants aériens sur un risque accru de dépression et d’anxiété. L’appréciation de l’incidence de la dépression et de l’anxiété (respectivement les codes F32-F33 et F40-F48) s’est appuyée sur la dixième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-10).

Lors d’un suivi médian de 10,9 ans chez 389185 participants (âge moyen = 56,7 ans), dont 205 855 femmes (soit 52,9 %), 13 131 patients ont reçu un diagnostic de dépression et 15 835 patients un diagnostic d’anxiété. En parallèle, cette étude apprécie les concentrations moyennes annuelles de pollution atmosphérique par des particules d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 μm (PM2,5) ou compris entre 2,5 μm et 10 μm (PM10). 

Les taux de deux polluants de l’air (monoxyde d’azote NO et dioxyde d’azote, NO2) sont notamment évalués à l’adresse résidentielle de chaque participant à l’aide d’un modèle de régression, et l’exposition conjointe à la pollution de l’air est reflétée par un score de pollution de l’air.

Association entre exposition aux polluants atmosphériques, dépression et anxiété

Observant une association entre l’exposition conjointe à plusieurs polluants atmosphériques et un risque accru de dépression et d’anxiété, les auteurs remarquent aussi le caractère « non-linéaire » de la relation entre l’exposition (aux polluants aériens) et la réponse (clinique). Dans le quartile le plus haut du score de pollution de l’air (relativement au quartile le plus bas), les rapports de risque (intervalle de confiance à 95 % IC à 95%, p<0,001) sont de 1,16 [1,09–1,23] pour la dépression et de 1,11 [1,05–1,17] pour l’anxiété, avec des « tendances similaires » observées pour NO et NO2. Une analyse par sous-groupes montre que l’association entre les niveaux de PM2,5 et l’anxiété tend à être plus élevée chez les hommes (rapports de risque = 1,18 [1,08–1,29]) que chez les femmes (rapports de risque = 1,07 [1–1,14]).

Dans la mesure où les résultats de cette étude suggèrent ainsi « une association entre l’exposition prolongée à de faibles niveaux de multiples polluants atmosphériques et des troubles anxio-dépressifs », les auteurs estiment qu’une contribution à l’allègement du fardeau des troubles dépressifs et anxieux serait de renforcer les politiques de lutte contre la pollution atmosphérique.

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/UK_Biobank

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE

Teng Yang & coll.: Long-term exposure to multiple ambient air pollutants and association with incident depression and anxiety. JAMA Psychiatry; 2023 vol 80(04): 305–313.

Copyright © http://www.jim.fr

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire