Sainte-Soline : un reportage de « Complément d’enquête » contredit la chronologie officielle sur les violences
Ce reportage montre que des premiers tirs de gaz lacrymogène ont été effectués pour disperser le cortège jugé le plus radical à 12 h 17 alors que le rapport de la gendarmerie nationale évoque des premiers affrontements à 13 h 05.
Le Monde avec AFPPublié le 07 avril 2023, modifié le 07 avril 2023 à 19h37 https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/04/07/sainte-soline-un-reportage-de-complement-d-enquete-contredit-la-chronologie-officielle-sur-les-violences_6168673_3244.html
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« Les policiers et gendarmes ne font que répliquer à des gens qui sont violents. Ce ne sont jamais eux qui, en premier, iraient dans les rues à Sainte-Soline, trouveraient des personnes dans un champ et les attaqueraient ». Voici ce qu’a affirmé le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, lors de son audition mercredi par la commission des lois sur la gestion du maintien de l’ordre.
Un reportage diffusé jeudi soir sur France 2* contredit néanmoins la version des autorités sur les affrontements survenus le 25 mars dans les Deux-Sèvres, où les forces de l’ordre n’auraient fait que répliquer aux violences de certains manifestants.
*https://www.france.tv/france-2/complement-d-enquete/4802788-manifs-la-guerre-est-declaree.html
Réalisé pour l’émission « Complément d’enquête », le reportage montre que des premiers tirs de gaz lacrymogène ont été effectués pour disperser le cortège jugé le plus radical dès 12 h 17. Or, selon la chronologie officielle du rapport remis au ministère de l’intérieur par le patron de la gendarmerie nationale, les affrontements entre manifestants radicaux et forces de l’ordre n’ont commencé qu’à 13 h 05, avec « jets de cocktails Molotov et tirs de mortier d’artifice sur la gendarmerie ».Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Sainte-Soline : retour sur un affrontement et ses zones d’ombre
« Et putain, mais ils tirent ! Ils sont cons ou quoi ? »
Dans le reportage de « Complément d’enquête », le colonel dirigeant les opérations autour de la retenue d’eau de Sainte-Soline, contestée par les manifestants, distingue clairement un cortège composé d’« ultras » et un autre « plutôt familial ».
A 12 h 17, l’officier ordonne à des gendarmes montés sur des quads de procéder à des « tirs de dispersion » sur le premier cortège, qui se trouve encore à un kilomètre de la bassine. « Ce sont les premières grenades lacrymogènes de la journée », affirment les journalistes de France 2, dont les images ne montrent alors aucune violence venue des manifestants.
Une demi-heure plus tard, le cortège jugé pacifique arrive aux abords de la réserve d’eau. Le colonel ordonne à nouveau d’effectuer des « tirs de dispersion » sur l’autre cortège jugé plus violent. Mais les gendarmes se trompent de cible : les quads s’arrêtent à hauteur du cortège identifié comme pacifique et les grenades lacrymogènes fusent. « Et putain, mais ils tirent ! Ils sont cons ou quoi ? », lance l’officier devant la caméra. « C’était pas le bon cortège ? », lui demande un journaliste. « Non », répond le colonel.
“- Mais ils tirent ! Ils sont c*** ou quoi ? – C’était pas le bon cortège ? – Non” #SainteSoline : les forces de l… https://t.co/6UP40gzEQi— Cdenquete (@Complément d’enquête)
Il est alors 12 h 48. Selon des journalistes de l’Agence France-Presse présents sur les lieux, ces tirs sur le cortège pacifique ont déclenché les affrontements. Ils ont fait 47 blessés côté gendarmes, selon le parquet, et 200, dont 40 graves, côté manifestants – dont un reste entre la vie et la mort –, selon les organisateurs.
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