HTA et dénervation rénale

Publié le 06/04/2023

Dénervation rénale endovasculaire par ultrasons : un bénéfice tensionnel désormais clairement démontré

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La dénervation rénale est un traitement non médicamenteux de l’hypertension artérielle (HTA) qui consiste à délivrer des ultrasons via un cathéter introduit dans les artères rénales. Son principe repose sur l’interruption de l’activité électrique des nerfs du système nerveux sympathique à destinée rénale. En 2018 et 2021, cette technique avait déjà montré sa capacité à baisser la pression artérielle (PA) dans l’HTA modérée, l’HTA sévère et l’HTA résistante aux traitements.

Elle vient de confirmer son intérêt via une étude publiée dans le JAMA du 28 février 2023 (1). Il s’agit d’un essai international multicentrique, randomisé et contrôlé, comparant la dénervation rénale par ultrasons à une intervention factice (sham en anglais) pour le traitement de 224 patients ayant une HTA non contrôlée sans médicament ou malgré la prise de 1 à 2 médicaments antihypertenseurs.

Une baisse importante de la PAS

Après interruption de tout traitement antihypertenseur pendant 3 mois sous surveillance médicale (sauf impératif de sécurité), la dénervation rénale a permis une baisse importante de la PA. De fait, la PA systolique (PAS) ambulatoire diurne a été réduite de 7,9 mmHg dans le groupe dénervation rénale alors qu’elle n’a été réduite que de 1,8 mmHg dans le groupe factice à 2 mois (ce qui correspond à l’effet placebo). Au total, cette étude montre une différence de PAS de 6,3 mmHg en faveur de la dénervation rénale, ce qui est cliniquement pertinent. Ces résultats sont parfaitement concordants avec ceux d’une méta analyse publiée simultanément portant sur des données individuelles de plus de 500 patients (2).

En 2023, le praticien retiendra que la dénervation rénale est efficace et prépare son entrée dans la pratique courante. Elle peut être proposée aux patients hypertendus sévères ou résistants, en plus des médicaments antihypertenseurs et des règles hygiéno-diététiques, sans les exposer à un risque iatrogène inacceptable. Le praticien peut adresser les patients aux centres experts français ayant participé à ces recherches (dont le Centre d’Excellence en Hypertension Artérielle de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP qui a piloté l’étude) qui confirmeront l’indication – ou pas – de la dénervation.

Dr Nicolas Postel-Vinay

RÉFÉRENCES

1) Azizi M, Saxena M, Wang Y, et al ; RADIANCE II Investigators and Collaborators. Endovascular Ultrasound Renal Denervation to Treat Hypertension: The RADIANCE II Randomized Clinical Trial. JAMA. 2023 Feb 28;329(8):651-661.

2) Kirtane AJ, Sharp ASP, Mahfoud F, et al ; RADIANCE Investigators and Collaborators. Patient-Level Pooled Analysis of Ultrasound Renal Denervation in the Sham-Controlled RADIANCE II, RADIANCE-HTN SOLO, and RADIANCE-HTN TRIO Trials. JAMA Cardiol. 2023 Feb 28:e230338.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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