Un questionnaire en ligne pour aboutir, selon la ministre, à des propositions « opérationnelles » pour améliorer la santé des soignants d’ici la fin de l’année.

Publié le 05/04/2023

Agnès Firmin Le Bodo au chevet des soignants

Paris, le mardi 5 avril 2023

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/agnes_firmin_le_bodo_au_chevet_des_soignants_196862/document_actu_pro.phtml

– La ministre des Professionnels de santé a lancé jeudi dernier la mission « santé des soignants », visant à faire le point sur l’état de santé des médecins et infirmiers et à trouver des solutions pour l’améliorer.

« Prendre soin de ceux qui nous soignent est un devoir, un devoir auquel nous devons répondre ensemble ». C’est par ces mots simples qu’Agnès Firmin Le Bodo, ministre des Professionnels de santé, a ouvert ce jeudi au ministère de la Santé une conférence sur la santé des soignants, auxquels participaient plusieurs associations (Croix-Rouge, Unicancer, SOS Santé…) ainsi que la Fédération Hospitalière de France (FHF). Une conférence qui marque le point de départ d’une vaste mission « santé des soignants » confiée à la ministre, qui sera essentiellement consacrée à la santé mentale des professionnels de santé.

Leur santé, un tabou paradoxal chez les soignants

Comme l’a rappelé la pharmacienne de formation, « un quart des professionnels de santé se disent en mauvaise santé ». Les difficultés systémiques de l’hôpital public, décuplées par la crise sanitaire, ont aggravé la prévalence de l’anxiété et de la dépression chez les soignants. Au-delà, il semble régner chez certains professionnels de santé, notamment les plus âgés, une sorte de culture du tabou et du déni autour de leur propre état de santé, comme si un médecin ne pouvait être malade. « On mesure la force du déni des soignants lorsqu’ils perdent pied » commente Agnès Firmin Le Bodo. « Il est important de déterminer les ressorts profonds qui font que les professionnels négligent leur santé » ajoute le Dr Philippe Denormandie, chirurgien orthopédique à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. Il fait partie des trois professionnels de santé désignés par la ministre pour mener à bien cette mission et établir une feuille de route, avec le Dr Marine Crest-Guilluy, généraliste à Marseille et Alexis Bataille-Hembert, infirmier.

La première étape de cette mission consistera en une enquête nationale à destination de l’ensemble des professionnels de santé. Ces derniers ont jusqu’au 23 avril prochain pour répondre à un questionnaire en ligne sur le site du Ministère de la santé comprenant 40 questions sur le temps de travail des soignants, leur état de fatigue et de stress, leurs pratiques d’automédication, leur alimentation ou encore leur consommation d’alcool et de drogue. Les résultats de cette consultation seront diffusés fin mai et serviront de base de travail pour la suite de la mission. « Seule une diffusion massive pourra permettre la réussite de cette démarche » souligne la ministre.

L’objectif de cette consultation est également de recenser « les bonnes pratiques » à l’œuvre dans certains établissements de santé et « d’analyser les conditions d’un accès amélioré et élargi à la santé au travail » explique la ministre. Une adresse mail spécifique va être créée pour servir de boite à idées et centraliser ces initiatives.

Quatre projets d’études autour de la santé des soignants

En parallèle, après un appel à manifestations d’intérêt auprès des unités de recherche lancé en novembre, quatre projets d’études sur la santé des soignants ont été retenus et vont être menés dans les prochains mois : une sur la grossesse et la maternité des soignantes par le CHU de Toulouse, une autre sur l’incidence, le taux de mortalité et les éventuels retard de dépistage du cancer chez les professionnels de santé menée par les hospices civils de Lyon (HCL), une troisième sur les risques psychosociaux et addictifs chez les infirmières salariées et libérales organisée par l’EHESP et enfin une quatrième étude consacrée à l’impact des risques biologiques et environnementaux sur la santé des soignants, qui sera menée à bien par l’université d’Angers et l’Inserm.

L’objectif de ce questionnaire en ligne et de ces différents travaux est d’aboutir, selon la ministre, à des propositions « opérationnelles » pour améliorer la santé des soignants d’ici la fin de l’année. La ministre l’assure : il ne s’agit pas de « produire un énième rapport mais bien de documenter » les problématiques de santé propres aux professionnels de santé et de proposer des « solutions durables ».

Espérons que cela ne soit pas qu’un vœu pieux.

Nicolas Barbet

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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