Publié le 31/03/2023
Covid-19 : bientôt la fin de l’obligation vaccinale pour les soignants… et la réintégration

Paris, le vendredi 31 mars 2023
– Le gouvernement a annoncé qu’il allait suivre la recommandation de la HAS et mettre fin à l’obligation vaccinale pour les soignants.
C’est la fin d’une mesure sanitaire qui aura suscité des débats politiques houleux et même provoqué de violentes émeutes aux Antilles : l’obligation faite aux soignants, depuis le 15 septembre 2021, d’être vacciné contre la Covid-19 pour pouvoir exercer leur profession. Ce jeudi, la Haute Autorité de Santé (HAS) a en effet recommandé que cette obligation soit levée et que la vaccination contre la Covid-19 ne soit plus que « fortement recommandée ». Dans la foulée, le ministre de la Santé François Braun a annoncé qu’il allait « suivre l’avis de cette autorité scientifique » et qu’un décret serait pris rapidement pour « réintégrer les professionnels dans de bonnes conditions ».
L’avis rendu par la HAS est tout sauf une surprise. Déjà le 20 février dernier, l’institution avait rendu un avis non-définitif dans lequel elle préconisait de mettre fin à cette obligation. Elle avait ensuite lancé une consultation auprès de différentes institutions du domaine de la santé (sociétés savantes, syndicats, associations de patients…) pour recueillir leur avis sur la question. Plusieurs d’entre elles s’étaient exprimées en faveur du maintien de l’obligation vaccinale, pour des raisons tenant tout à la fois à la santé publique (une nouvelle vague peut survenir à tout moment) qu’à l’éthique : l’Académie de Médecine, la Fédération Hospitalière de France (FHF) et Société de pathologie infectieuse de langue française (SPLIF) notamment s’étaient prononcés pour le maintien de l’obligation vaccinale.
La France dernier pays européen à maintenir l’obligation vaccinale
Des avis éminents qui n’ont donc pas convaincu la HAS. Pour justifier la levée de l’obligation vaccinale, la HAS s’appuie essentiellement sur l’évolution de la situation épidémique ces 18 derniers mois. L’épidémie de Covid-19 a en effet très fortement baissé en intensité avec actuellement entre 20 et 30 décès imputables à la maladie quotidiennement. L’arrivée des variants Omicron fin 2021 a changé la donne en créant une forte immunité collective tout en diminuant l’efficacité des vaccins à ARNm contre la transmission, « qui diminue significativement au bout de quelques semaines ».
La HAS note également que, au-delà de la troisième dose, les doses de rappel suivantes n’ont pas été rendues obligatoires pour les soignants. Certains personnels considérés comme vaccinés n’ont donc en réalité reçu aucune dose depuis plus de 15 mois. Enfin, un autre argument (d’autorité) est avancé par la HAS : si presque tous les pays occidentaux ont, à un moment ou un autre, obligé leur personnel soignant à se vacciner contre la Covid-19, la France était devenue le dernier pays européen à maintenir cette obligation.
La HAS précise cependant que la fin de l’obligation vaccinale « ne constitue en rien une remise en question de ses précédents avis et recommandations » et « ne remet pas en question l’intérêt de cette vaccination que soit en milieu professionnel ou en population générale ».
Seulement 0,3 % de soignants suspendus
Si le gouvernement a donc acté que l’obligation vaccinale allait être levée et les soignants suspendus réintégrés, reste à savoir dans quelles conditions. François Braun a annoncé qu’il allait consulter les ordres professionnels et les fédérations hospitalières au cours de l’élaboration du futur décret et pourra également s’appuyer sur un avis du comité consultatif nationale d’éthique (CCNE) sur la question, attendu pour avril. Si certains, notamment à l’extrême-droite, souhaitent que ces soignants suspendus soient indemnisés pour leurs 18 mois de suspension, il est peu probable que le gouvernement prenne une telle décision, qui (outre son coût élevé) reviendrait à reconnaitre que l’obligation vaccinale était une erreur depuis le début et à raviver les tensions entre vaccinés et non vaccinés notamment aux Antilles*.
Dans son avis de ce jeudi, la HAS a également rendu des recommandations bien moins médiatisés sur d’autres mesures d’obligation vaccinale pour les soignants. Elle recommande ainsi de rendre la vaccination DTP facultative pour ces derniers, mais de maintenir l’obligation de se vacciner contre l’hépatite B.
*Rappelons que le nombre de soignants suspendus est particulièrement faible (en métropole) : selon les chiffres de la FHF, ils seraient environ 4 000 agents, dont 500 infirmières, soit environ 0,3 % de la fonction publique hospitalière.
Quentin Haroche
« ON EST ÉCŒURÉS »: LA COLÈRE DE MÉDECINS FACE À LA RÉINTÉGRATION DES SOIGNANTS NON-VACCINÉS CONTRE LE COVID-19
Jules Fresard
Le 31/03/2023 à 14:44 https://www.bfmtv.com/sante/on-est-ecoeures-la-colere-de-medecins-face-a-la-perspective-de-reintegration-des-soignants-non-vaccines_AN-202303310484.html
Jeudi, la Haute Autorité de santé a rendu un avis recommandant de « lever l’obligation de vaccination » des soignants contre le Covid-19. Le ministre de la Santé François Braun a indiqué qu’il suivrait cet avis.
« On est profondément écœurés, et c’est un sentiment collectif! ». Médecin généraliste, président de l’Union française pour une médecine libre, Jérôme Marty a multiplié les prises de parole pour encourager à la vaccination, et justifier son obligation dans le système hospitalier, depuis le début de la crise sanitaire ouverte par le Covid-19 début 2020.
Alors autant dire que l’annonce faite jeudi par le ministre de la Santé François Braun le met en colère. Ce dernier a indiqué qu’il allait se ranger derrière un avis de la Haute autorité de santé (HAS) publié le même jour, faisant passer la vaccination pour les soignants d’obligatoire à « fortement recommandée ». Ouvrant la voie à la réintégration des soignants non-vaccinés.
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« On a porté la campagne de vaccination (…). Il ne faut pas que le gouvernement compte sur nous pour porter les prochaines campagnes, ils n’auront qu’à les faire avec les antivax! », lâche-t-il auprès de BFMTV.com.
« S’ôter une épine du pied »
Depuis 18 mois, l’ensemble des soignants exerçant en France a l’obligation d’être vacciné contre le Covid-19, sous peine d’être suspendu. Dans leur immense majorité, conscients des bénéfices apportés par une telle démarche, médecins, infirmiers ou encore aides-soignants se sont pliés à la décision. Selon certaines estimations, de 2000 à 4000 soignants auraient été suspendus pour refus de recevoir une injection, avec cependant une dynamique plus marquée dans les Antilles.
Mais depuis quelques mois, certains partis d’opposition, comme La France Insoumise ou le Rassemblement national, militaient pour la réintégration des soignants suspendus. Une décision sur laquelle le gouvernement refusait encore de revenir, en décembre dernier.Play Video
Pour Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, en prenant cette décision, le gouvernement a voulu « s’ôter une épine du pied ». Le spécialiste rappelle que nombre de soignants n’ont pas reçu de rappel contre le Covid-19 depuis mars 2022, et sont donc faiblement protégés face à la maladie.
Plus facile donc de lever l’obligation vaccinale plutôt que de « mettre en place une nouvelle campagne de rappel obligatoire ».
« On donne le bâton pour se faire battre. J’ai souvent des patients qui me demandent si je suis vacciné. En leur répondant ‘oui’, je peux leur dire que le vaccin n’est pas dangereux, qu’il permet de réduire de 50% le risque d’infection. Avec cette levée, il y a un risque de crédibilité du médecin, qui n’est plus sur son piédestal d’exemplarité », nous détaille Benjamin Davido.
Des indicateurs en hausse
L’annonce dérange d’autant plus les médecins interrogés qu’elle est faite au moment où les indicateurs de l’épidémie repartent à la hausse. Durant la semaine du 13 au 19 mars, Santé Publique France écrivait dans son bulletin que bien qu’à des « niveaux faibles », les taux d’incidence et de positivité « continuaient d’augmenter », et ceci pour la « deuxième semaine consécutive ».
Toujours selon Benjamin Davido, la réintégration des soignants non-vaccinés, « c’est un message casse-gueule, car le virus risque de circuler plus vite, plus fort. On risque de lui donner du sang frais avec de jeunes soignants. Et cela s’accompagne également d’un relâchement des gestes barrières à l’hôpital ».
« On a un virus qui continue de circuler. Et qui nous dit qu’un nouveau variant dangereux ne va faire son apparition? C’est un raisonnement politique », balaie Jérôme Marty.
Une remise en question plus large de la vaccination?
En-dehors du vaccin contre le Covid-19, la HAS s’est également exprimée dans le même avis sur le vaccin DTP, qui vise la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, recommandant également la fin de son obligation. « Si on continue dans cette dynamique, tout va s’effondrer, tout le système de vaccination », craint Benjamin Davido.
« Ce message m’alerte encore plus que celui sur le Covid », poursuit-il.
Un constat qu’a partagé sur RMC ce vendredi Mathias Wargon, chef des urgences au centre hospitalier Delafontaine en Seine-Saint-Denis: « C’est un message envoyé aux antivax. On est un pays très antivax, en leur disant que la vaccination contre le Covid, ce n’est plus obligatoire, mais également celle contre le DTP… C’est un mauvais message envoyé ».
@wargonm, chef des urgences du centre hospitalier Delafontaine #ApollineMatin
Et ce alors que le gouvernement entend renforcer la vaccination contre le papillomavirus dans les collèges, comme l’a annoncé Emmanuel Macron en février dernier.
Les soignants non vaccinés bientôt de retour ? « Ce n’est pas du tout une bonne nouvelle ! La prochaine campagne de vaccination ils se démerderont tout seuls ! »
@wargonm, chef des urgences du centre hospitalier Delafontaine #ApollineMatin
« C’est un très mauvais message, la prochaine campagne de vaccination, ils se démerderont tous seuls », a mis en garde Mathias Wargon.
La crainte des tensions dans les services
Enfin, les médecins s’inquiètent de voir émerger des tensions dans les services que réintégreront des soignants non-vaccinés.
« Cela va créer des tensions dans les services, et surtout, ceux qui ont perdu leur poste, ce sont les plus extrêmes! Ils vont faire du prosélytisme antivax! », fulmine Jérôme Marty, qui se demande si « vous avez envie vous que ce soient des gens qui pensent que le vaccin sert à contrôler les gens grâce à la 5G qui soignent vos grands-parents ».
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Pour Benjamin Davido, qui dénombre 1% du personnel médico-social de son établissement suspendu, « cela ne va pas ressouder les liens dans les équipes ».
« Ils n’ont pas manqué aux équipes. Ils ont fait le choix du retrait au plus fort de la pandémie, et clairement, si demain ils reviennent, cela n’est pas sûr que ça soit vu d’un bon œil », croit-il.
Réintégration des soignants non vaccinés : « une évidence » selon les syndicats de la Nièvre
Publié le 10/03/2023 à 06h05 https://www.lejdc.fr/nevers-58000/actualites/reintegration-des-soignants-non-vaccines-une-evidence-selon-les-syndicats-de-la-nievre_14270744/

La réintégration de soignants non vaccinés pourrait aider à combler un peu la pénurie en France et dans la Nièvre, selon la CGT et FO.? © Pierre DESTRADE
Les soignants non vaccinés contre le Covid pourraient revenir dans les établissements de santé. Les syndicats nivernais l’attendent comme une suite logique.
Les soignants non vaccinés contre le Covid pourraient être réintégrés. La Haute autorité de santé (HAS) vient de donner un avis temporaire en ce sens. Elle réserve un avis définitif pour fin mars. Sans surprise, les syndicats nivernais du personnel de la santé se disent tous favorables à une telle mesure. Une évidence pour eux.
« Il y a encore des salariés exclus faute de vaccination. Ça fait bien longtemps qu’on demande la réintégration de ces personnes. D’autant que les barrières imposées sont levées partout (le port du masque, la distanciation, etc.) », réagit Laurent Laboureau, secrétaire général de l’Union santé CGT de la Nièvre.
Sur certains établissements, des personnes non vaccinées ont été autorisées à revenir travailler après avoir eu le Covid, puis à nouveau exclues.
« Et on a autorisé des soignants vaccinés, touchés par le Covid, mais asymptomatiques, à revenir travailler dans leur service. Donc, on ne peut pas avoir deux poids deux mesures ».
Pallier les besoins en soignants
Pour la CGT, c’est un juste retour des choses. Si la HAS confirme sa décision. « Je pense qu’à peu près tous les syndicats sont pour », souligne Catherine Rozier, secrétaire départementale adjointe FO santé, qui évoque aussi cette différence de traitement entre soignants non vaccinés exclus, et soignants vaccinés et malades autorisés à venir travailler.
Son syndicat met aussi en avant les besoins en soignants. À Decize, par exemple, une soignante attend cette décision pour revenir travailler.
On est tellement en manque de personnel que d’avoir des personnes aptes à travailler, c’est nécessaire.
« Car c’est la catastrophe », souligne Sandra Dos Santos, secrétaire départementale FO Santé.
Pour la CGT aussi, la pénurie de soignants est un argument de plus pour réintégrer les personnels non vaccinés. Pas pour la CFDT, en revanche. Même si elle défend la réintégration comme une évolution logique. « Les personnes suspendues, cela représente 0,4 % des personnels au niveau national. Et tous les gens suspendus ne sont pas des soignants. Donc pour être totalement réaliste, malheureusement, il y a davantage de pénurie de personnel que de personnes suspendues », réagit David Boucher, représentant la CFDT santé à l’hôpital de Nevers.
Tous nos articles du dossier « la Santé, notre urgence »
Quant à la réintégration, son syndicat soutient cette idée. « On ne peut que s’en réjouir. Ce que les gens craignaient, c’est que certains avaient fait des efforts et pas d’autres. Mais, même si on a toujours défendu la vaccination à la CFDT, on ne voulait pas qu’elle soit imposée. » Il cite ainsi le cas d’agents non soignants, des électriciens par exemple, ou éloignés de plusieurs kilomètres du site de soins, ayant été obligés de se faire vacciner. « Si une situation identique se représentait dans les prochaines, on aimerait que la discussion et le respect soient mis à l’œuvre ».
Jenny Pierre
VACCINS CONTRE LE COVID-19
Jules Fresard
« La santé publique est morte » : la réintégration des soignants non-vaccinés contre le Covid suscite incompréhension et colère
Par F. Na le 31-03-2023 https://www.egora.fr/actus-pro/deontologie/79765-reintegration-des-soignants-non-vaccines-contre-le-covid-entre#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20230331-%5B_1%5D

L’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) en faveur de la levée de l’obligation vaccinale contre le Covid pour les professionnels de santé a fait bondir de nombreux soignants. Entre incompréhension et colère, florilège de leurs réactions.
« Bon courage à tous les collègues professionnels de santé qui vont voir revenir dans leurs services ceux qui ont privilégié la croyance souvent complotiste aux données scientifiques, grâce au soutien de@HAS_sante. Et bonne chance aux patients
En réponse à@mimiryudo
La vie continue , il faut passer à autre chose . Tout n’a pas été parfait loin de là . Oui à la vaccination mais nul n’a le droit de forcer ce que la loi n’oblige pas . Il faut l’accepter et les pouvoirs publics font enfin respecter le droit à la liberté individuelle.
En réponse à
Ah mais je l’accepte. Moi je bosse seul en cabinet donc je m’en tape… si je bossais dans une équipe qui voit revenir un non vax, je pense que j’utiliserai ma liberté individuelle pour me barrer ailleurs. Donc bon courage à ceux qui seront dans cette situation !
Travaillant en milieu hospitalier et ayant échangē avec de nombreux collègues ,une majorité d’indifférents se dégage , Bcp ne souhaitant pas être obligés de refaire un rappel .
Moi je préfère être opérée par un titulaire non vacciné que par un FFI non seniorisé.
En réponse à
et
Bah oui et moi aussi je préfère que ça soit le garagiste qui répare ma voiture plutôt que son stagiaire pas encore diplômé. Maintenant si le garagiste est persuadé que les ceintures de sécurité c’est mal et qu’il faut les virer, j’ai envie d’en voir un autre surtout.
En réponse à
Je ne parle pas de stagiaires pas encore diplômé. Je parle de la part des PADHUE dans la PDS. Pour les garages, je pense que c’est à la fois bien plus contrôlé et bien moins urgent.
En réponse à@mimiryudo
C’est scientifique de laisser travailler des soignants vaccinés symptomatiques au Covid ??? Et interdire aux soignants non vacc négatifs ?? Les soignants ne se vaccinent plus car non obligatoire. Ne l’ont pas fait pour les patients mais pour travailler
En réponse à@BEmmanuell
Les soignants symptomatiques devraient être isolés, c’est une erreur de les faire bosser.
En réponse à
Les croyants se sont ceux qui ont ou fermé les yeux sur les contrats pfyzer
Le vaccin Covid de Pfizer a sauvé bien plus de vies que n’en sauveront sur toute leur carrière l’ensemble des non vaccinés réintégrés.
En réponse à@roshispower et@HAS_sante
Le vaccin Covid de Pfizer a sauvé bien plus de vies que n’en sauveront sur toute leur carrière l’ensemble des non vaccinés réintégrés.
En réponse à
Puissent les non vaccinés vous entendre et ne pas réclamer leur réintégration, si elle devient possible
En réponse à@mimiryudo
C’est un énorme mensonge, les vaccins n’ont rien fait. La plupart des gens se sont rétablis tous seuls. Il y eu des cas graves mais la vérité est qu’ils n’ont pas été soignés. On a dit aux gens de rester à la maison et d’aller aux urgences qu’en cas de problèmes.
En réponse à@mimiryudo
Faut pas en vouloir à ceux qui ont sû dire non et résister, ne pas se soumettre à une injection expérimentale de de laboratoire. Chacun ses choix, chacun son chemin ! Il ne faut pas en vouloir encore moins à ceux qui sont honnêtes et ne sont pas des hypocrites, des faux Q !
En réponse à@mimiryudo
La phase 3 vient à peine de se terminer.. les autorités ne veulent pas donner les chiffres de la mortalité selon le statut vaccinal .. vous êtes donc toujours et encore dans la croyance, dans l’idéologie, le déni, l’orgueil ….
Covid : pourquoi la réintégration des soignants non-vaccinés divise les médecins
Yahoo Actualités
ven. 31 mars 2023 à 1:13 PM UTC+2
La Haute Autorité de Santé recommande de « lever l’obligation de vaccination » des soignants, un avis que le ministre de la Santé devrait suivre.
Ils sont près de 4000 professionnels dont 500 infirmiers, selon la Fédération hospitalière de France. Suspendus de leurs fonctions pour avoir refusé la vaccination, obligatoire depuis 2021, contre le Covid-19, ils vont théoriquement pouvoir reprendre leurs fonctions prochainement.
Car la Haute Autorité de santé (HAS) a préconisé, jeudi 30 mars, la fin de l’obligation vaccinale contre le Covid-19 pour les professionnels de santé. Pour justifier leur recommandation, qui sera suivie par le ministre de la Santé François Braun, les experts de la Haute Autorité de Santé estiment que l’épidémie de Covid est à un niveau suffisamment faible aujourd’hui.
Une « mesure de bon sens » pour certains
Ils ont également analysé les taux de vaccination : plus de 86% des personnels soignants ont fait leur première dose de rappel dans les Ehpad et ils sont près de 89% chez les médecins libéraux. Une décision qui divise fortement la communauté médicale.
D’un côté, les médecins qui réclament depuis plusieurs mois la réintégration des professionnels suspendus, médecins, infirmiers, personnels des établissements sanitaires et médico-sociaux, comme le docteur Gérald Kierzek qui défendait une « mesure de bon sens » dans Le Figaro en novembre dernier.
« Exclure les soignants en disant qu’ils font prendre des risques à leurs patients ne tient plus »
« Pour maintenir une mesure d’obligation vaccinale contre le Sars-Cov2, indépendamment des aspects éthiques ou politiques, il faut qu’il y ait une démonstration, une réduction durable de la transmission du virus. Ce n’est plus le cas. (…) Exclure les soignants en disant qu’ils font prendre des risques à leurs patients ne tient plus médicalement. Voilà pourquoi je pense qu’il faut les réintégrer », explique-t-il notamment.
Autre argument mis en avant par le médecin urgentiste, « apaiser la situation », alors que la question de la réintégration des soignants, notamment abordée à l’Assemblée nationale à l’automne dernier, a suscité de nombreuses crispations. « Il ne faut pas assimiler les soignants non-vaccinés à des antivax ; il y en a probablement mais ce n’est pas la majorité. Ils sont d’ailleurs vaccinés contre l’hépatite B et les autres vaccins. Ils ont juste considéré que la balance bénéfices-risques ne leur était pas favorable à titre individuel », ajoute Gérald Kierzek.
« C’est la vaccination dans son ensemble qui est remise en cause »
Mais une autre partie de la sphère médicale s’oppose à la fin de l’obligation vaccinale pour les soignants. Parmi eux, Mathias Wargon chef des urgences à l’hôpital Delafontaine en Seine-Saint-Denis, qui s’inquiète du message envoyé par les autorités de santé. »L’important ce n’est pas quelques soignants, l’important c’est le message sur la vaccination », s’inquiète-t-il
« Il sera désormais compliqué de faire des campagnes de vaccination dans un pays déjà gangrené par les antivaccins depuis longtemps et bien avant le Covid. Les campagnes contre la grippe déjà difficiles en milieu hospitalier sont désormais vouées a l’échec. Et les vaccins préventifs d’autres pathologies comme le cancer (et on l’a vu avec le papillomavirus) seront très difficiles a faire admettre. Le Covid n’est pas le centre de la polémique, c’est la vaccination dans son ensemble qui est remise en cause », s’alarme-t-il. Une inquiétude largement partagée par la communauté médicale.
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Une autre vaccination obligatoire suspendue
Car au-delà de la fin de vaccination obligatoire contre le Covid pour les professionnels de santé, soutenue par la HAS, l’autorité prône également la fin de la vaccination obligatoire contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) pour les soignants. Si le vaccin est obligatoire (deux doses puis un rappel) pour toute la population, les rappels ne sont que recommandés à partir de 6 ans pour la population générale, et obligatoires pour les professionnels de santé.
Un sujet brûlant déjà abordé dans la période pré-Covid par le Haut Conseil de la Santé Publique, qui en 2016 proposait la fin de la vaccination obligatoire des soignants contre le DTP. « La poliomyélite a été éliminée des pays industrialisés et les cas de diphtérie sont très rares. De ce fait, le risque d’exposition des soignants est nul pour la polio, très faible pour la diphtérie et le risque de transmission soignant-soigné de ces deux maladies inexistant », expliquait le HCSP, précisant ensuite que « le tétanos est une maladie grave, souvent mortelle. En raison du mode de transmission du bacille tétanique, le risque de transmission soignant-soigné du tétanos est nul ».
Le vaccin contre la DTP est obligatoire chez les nourrissons, avec deux injections et un rappel, puis des rappels sont seulement recommandés tout au long de la vie, à partir de l’âge de 6 ans, rappelle le site du ministère de la Santé.
VIDÉO – Dr Jérôme Marty – Covid-19 : « Les gens qui font ça ont du sang sur les mains »
Voir aussi:
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