« Les réanimateurs favorables à une évolution de la loi sur la fin de vie »
Date de publication : 14 mars 2023
C’est ce qu’indique Eric Favereau dans Libération. Le journaliste relève qu’« alors que s’approche l’issue de la Convention citoyenne sur la fin de vie, avec son avis final rendu le 2 avril, les partisans de l’immobilisme et ceux de l’évolution de la loi vers une aide active à mourir s’activent en sous-main. Quoi de plus normal ? Si ce n’est qu’une partie du monde des soins palliatifs est particulièrement entreprenante, multipliant actions, publicités payantes dans les médias, mais aussi sondages un rien orientés ».
Le journaliste relève que « la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) ne lésine pas. Elle a lancé une grande campagne. […] La Sfap est aussi à l’origine d’un appel et d’une tribune, signés par 13 organisations, représentant, dit-elle, 800.000 professionnels, pour rejeter toute pratique d’aide à mourir, un acte «incompatible» avec le métier du soin ».
Eric Favereau continue : « Voulant montrer à tous crins que le monde médical est opposé à une ouverture de la loi, la Sfap va, parfois, un peu loin. Ainsi va bientôt paraître une étude inédite, réalisée dans les équipes de réanimation à travers la France. Et le résultat est à l’inverse de ses dires ».
Le journaliste explique que « cette étude, à paraître dans la revue Annals of Intensive Care […], a été réalisée auprès des équipes de réanimation françaises de 290 services ». Les auteurs précisent que « les 1149 participants étaient composés de 36% de médecins et 64% de paramédicaux comprenant des infirmièr(e)s, aides soignant(e)s, kinésithérapeutes et psychologues ».
Ils indiquent que « 77% des répondants ont exprimé un avis favorable à une loi qui légaliserait l’aide médicale à mourir (suicide assisté et/ou euthanasie), 13% y étaient opposés et 10% ne se sont pas prononcés ».
Eric Favereau note que « cet avis favorable est encore plus marqué chez les soignants paramédicaux (87%) que chez les médecins (58%) ».
Il ajoute que « la seconde partie de l’étude se veut, elle, plus concrète. Il a ainsi été demandé l’avis des soignants dans trois situations cliniques où la question de la fin de vie se pose à très brève échéance : patients atteints de maladies neurodégénératives telles que la sclérose latérale amyotrophique, patients en état végétatif sévère et enfin patients souffrant de troubles cognitifs majeurs ».
Les auteurs font savoir que « les soignants de réanimation sont favorables à une évolution de la loi dans 79%, 85% et 73% des cas, respectivement. Interrogés sur les modalités d’application d’une telle loi, basées sur les modèles existant en Suisse (suicide assisté, où l’acte de se donner la mort est réalisé par le patient lui-même) ou en Belgique (euthanasie, où le médecin est celui qui réalise l’injection qui entraînera le décès du patient), les soignants sont favorables aux deux modalités ».
Eric Favereau relève que « pour les réanimateurs, la question centrale réside autour des modalités du recueil de la demande reflétant la volonté du patient. Ils sont régulièrement confrontés à des situations floues, incertaines, face à des patients inconscients ou avec un état de conscience limité, en tout cas «non aptes à s’exprimer au moment de la prise de décision». Les directives anticipées sont la solution privilégiée par la majorité des répondants (55,4%) ».
Le journaliste constate enfin qu’« après lecture des trois situations cliniques, le pourcentage de soignants en faveur d’une loi en faveur d’une aide médicale à mourir a progressé pour atteindre 83% ».
Chronique «Aux petits soins»
Les réanimateurs favorables à une évolution de la loi sur la fin de vie
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Alors que partisans et opposants autour d’une modification éventuelle de la législation sur la fin de vie s’affrontent, une étude inédite dont «Libération» a pu prendre connaissance, montre que les réanimateurs sont largement favorables à l’idée d’une aide active à mourir.
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par Eric Favereau
publié le 14 Mars 2023
https://www.liberation.fr/societe/sante/les-reanimateurs-favorables-a-une-evolution-de-la-loi-sur-la-fin-de-vie-20230314_Y2YZG36IRRBZDJJTSXA5GLYLBM/
La lutte est réelle mais elle est discrète. Alors que s’approche l’issue de la Convention citoyenne sur la fin de vie, avec son avis final rendu le 2 avril, les partisans de l’immobilisme et ceux de l’évolution de la loi vers une aide active à mourir s’activent en sous-main. Quoi de plus normal ? Si ce n’est qu’une partie du monde des soins palliatifs est particulièrement entreprenante, multipliant actions, publicités payantes dans les médias, mais aussi sondages un rien orientés. Ainsi la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) ne lésine pas. Elle a lancé une grande campagne avec un dessin enfantin – un grand-père et ses petits-enfants – et ce slogan : «Les soins palliatifs ajoutent de la vie aux jours.» Comment résister devant tant de candeur ? La Sfap est aussi à l’origine d’un appel et d’une tribune, signés par 13 organisations, représentant, dit-elle, 800 000 professionnels, pour rejeter toute pratique d’aide à mourir, un acte «incompatible» avec le métier du soin. Avec une formule sans nuance : donner la mort n’est pas un soin.
Avis clairs
De fait, voulant montrer à tous crins que le monde médical est opposé à une ouverture de la loi, la Sfap va, parfois, un peu loin. Ainsi va bientôt paraître une étude inédite, réalisée dans les équipes de réanimation à travers la France. Et
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Voir aussi:
Le débat sur les deux formes d’aides actives à mourir, euthanasie et aide au suicide. https://environnementsantepolitique.fr/2023/03/10/42024/
Nous sommes en plein débat sur la fin de vie (Dossier) https://environnementsantepolitique.fr/2022/12/09/38679/