« Moins de 10 % des nouveaux retraités sont potentiellement concernés » par le relèvement maximal de 100 euros (l’Institut des politiques publiques – IPP)

Réforme des retraites : le montant minimum de 1 200 euros concernera « un très petit nombre de personnes »

L’Institut des politiques publiques a analysé le mécanisme de revalorisation des petites pensions, dans une note diffusée jeudi 9 février. 

Par Bertrand Bissuel

Publié le 10 février 2023 à 10h22, mis à jour le 10 février 2023 à 11h01 https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/02/10/reforme-des-retraites-le-montant-minimum-de-1-200-euros-concernera-un-tres-petit-nombre-de-personnes_6161265_823448.html

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Voilà une étude qui permet de lever les multiples malentendus autour d’une mesure-phare de la réforme des retraites. Dans une note diffusée jeudi 9 février, l’Institut des politiques publiques (IPP) décortique le mécanisme mis en place pour revaloriser les petites pensions – l’objectif étant de porter le montant minimum à environ 1 200 euros brut par mois, sous certaines conditions. En définitive, « un très petit nombre de personnes » parviendra à cette somme, indiquent les auteurs de l’étude, mais les changements apportés par l’exécutif seront synonymes d’améliorations, plus ou moins significatives, pour des centaines de milliers de femmes et d’hommes, déjà à la retraite ou qui vont la prendre.

Engagement de campagne d’Emmanuel Macron, la disposition incriminée alimente, depuis plusieurs semaines, la controverse. Certains membres du gouvernement – dont Marlène Schiappa (économie sociale et solidaire et vie associative) ont présenté les 1 200 euros brut comme un « plancher ». Au sein de l’opposition, des voix se sont élevées pour dénoncer un effet d’annonce qui ne concernerait qu’une poignée d’individus « 48 », a même lancé François Ruffin, député La France insoumise de la Somme.

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La confusion ambiante tient, en partie, à la très grande complexité du sujet. Le pouvoir en place transforme un dispositif appelé « minimum contributif » (MICO), applicable aux salariés du privé. Le projet prévoit une augmentation pouvant aller jusqu’à 100 euros par mois « pour les nouveaux retraités ayant une carrière complète » rémunérée au voisinage du smic. Le « bonus » est décomposé en deux blocs : jusqu’à 25 euros pour le « MICO-socle » et jusqu’à 75 euros pour « la majoration » du MICO, ces montants étant proratisés en fonction des durées « d’assurance » et « cotisées ». Le but est que la retraite atteigne « la cible de 85 % du smic net », soit environ 1 200 euros par mois. Précision importante : cette somme correspond à l’addition « du minimum contributif et du montant de pensions des régimes complémentaires », souligne l’IPP.

54 000 nouveaux retraités concernés en 2023

Les auteurs de l’étude se sont intéressés à plusieurs « cas types », qui montrent que la réforme aura des effets très différents selon les situations. Ainsi, un travailleur, employé au smic à temps plein durant la totalité de sa carrière et qui dispose de tous ses trimestres pour avoir droit à une retraite au taux plein, se voit gratifier d’une hausse de sa pension « inférieure à 100 euros » par mois, mais sa retraite sera très « près des 1 200 euros brut » promis par le gouvernement. Autre exemple : celui d’un salarié ayant « travaillé toute sa vie au smic à mi-temps » : le coup de pouce se monte à 100 euros par mois, « mais ses moindres cotisations au régime complémentaire du privé [liées à sa petite rémunération] ne lui permettent d’atteindre que 1 015 euros brut après réforme ».

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Au terme de son analyse, l’IPP conclut qu’« il est difficile de déterminer [l’]impact redistributif » du projet. Mais des « ordres de grandeur » peuvent être avancés. Ainsi, « moins de 10 % des nouveaux retraités sont potentiellement concernés » par le relèvement maximal de 100 euros. D’autre part, une majorité de retraités, déjà bénéficiaires du MICO, « ne seraient pas concernés par la revalorisation ». Enfin, d’autres retraités, touchant de petites pensions et non éligibles au minimum contributif lorsqu’ils avaient mis fin à leur parcours professionnel, « le deviendraient », grâce à la réforme.

D’après les données officielles, la mesure profitera dès 2023 à quelque 54 000 individus qui vont partir à la retraite – le chiffre progressant ensuite pour aller jusqu’à 200 000 en 2030. Quant à ceux qui perçoivent déjà une pension, ils seront 1,8 million à bénéficier du dispositif. Coût total du mécanisme : 1,7 milliard d’euros à l’horizon 2030.

Bertrand Bissuel

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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