Conseil d’agglomération d’Albi : et 2,3 millions d’euros de plus pour la passerelle
La passerelle doit relier Pratgraussals à la place du Calvaire. Photo DDM, archive MPV
Publié le 11/02/2021 à 05:07 , mis à jour à 07:42
l’essentiel
Hier, les délégués du grand albigeois ont voté une rallonge de 2, 3 M€ pour reprendre les travaux de la passerelle. Un marché de substitution va être passé.
Il y a des chantiers qui virent au cauchemar. La passerelle semble sur la bonne voie. Mardi soir, les élus de l’agglo ont voté une rallonge de 2, 3 millions d’euros pour finir l’ouvrage. Sauf nouveau rajout d’ici là, la passerelle aura donc coûté la bagatelle de 11, 87 millions d’euros.
Autant dire que ce rajout a alimenté les discussions des conseillers communautaires. Frédéric Cabrolier (RN) prenait la parole dans un premier temps pour dire qu’il s’y opposait. Suivait Nathalie Ferrand-Lefranc qui demandait des précisions sur l’utilité de ces 2, 3 M€. Elle dénonçait « le tour de passe-passe de la passerelle » en remarquant que cette révision était inscrite au milieu de plusieurs autres.
Philippe Granier, le vice-président responsable des finances, nouvellement élu, s’expliquait sur cette somme. Le marché avec IOA Constructions a été résilié (perte de confiance, surenchère des coûts…) Mais il faut terminer le chantier : peinture, fourniture du garde-corps, ancrage, montage et assemblage, finition et dépose. La somme de 2, 3 M€ correspond à ces travaux et aux études nécessaires.
L’agglo va donc lancer une nouvelle consultation pour un marché de substitution. Dans le même temps, elle a saisi le tribunal administratif où elle compte bien récupérer 2, 5 M€ à la société IOA. « On ne peut pas reculer au point où on en est et vu les sommes engagées », a souligné Philippe Granier.
Une position, reprise par le maire du Séquestre, Gérard Poujade. Si pour lui cette passerelle « n’est pas l’invention du siècle », il faut terminer le chantier. « On n’a plus le choix ». Et ce dernier de prendre l’exemple de l’Italie durant la Première Guerre mondiale pour justifier sa position.
Des arguments qui ne satisfaisaient pas l’opposition de gauche. « Nous voulons des écrits, de la transparence », demandait Nathalie Ferrand- Lefranc.
La présidente, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, ne rajoutait pas à la polémique, se contentant de noter qu’on pourra profiter de la passerelle une fois qu’elle sera posée.
La majorité du conseil d’agglo votait pour, sept délégués s’y opposaient.
Un chantier arrêté depuis octobre
Le chantier de la passerelle est arrêté depuis le 15 octobre à la suite de la décision de l’agglo de ne pas accepter le mémoire de prix nouveaux présenté par IOA Constructions (2,2M€) au motif que les sommes sollicitées sont injustifiées. Une procédure de référé-expertise est en cours auprès du tribunal administratif de Toulouse pour déterminer les responsabilités et indemniser les parties lésées. La poursuite de l’opération avec le titulaire actuel n’était donc pas envisageable pour les élus. Une nouvelle consultation pour finir le chantier va donc être lancée. Mais vu la consommation du budget par IOA, les sommes allouées ne sont plus suffisantes. D’où cette rallonge.
E.D.
Commentaire Loïc STEFFAN
Au départ cela devait coûter 4,5 millions et être fini en 2016. A l’arrivée ça coûte 12 millions et ce n’est pas prêt d’être fini. 2022 avec un peu de chance. Entre temps il y a eu le signalement d’anticor pour le rachat près de 100 000 € au dessus du prix des domaines d’une maison appartenant à un parent d’un élu, les entreprises lauréates des concours qui se plantent et font faillites et tout un tas de péripéties et d’impérities. Après ne vous étonnez pas que je critique la gestion. Ce n’est pas de la méchanceté. Juste de la lucidité sur ce qui se passe.
Je me marre mais une fois de plus c’est mes impôts.

« La présidente, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, ne rajoutait pas à la polémique, se contentant de noter qu’on pourra profiter de la passerelle une fois qu’elle sera posée. » Il ne manquerait plus qu’on ne puisse pas marcher dessus une fois qu’elle sera posée ! Multiplication du prix par 2,5. En moyenne dans ses grandes opérations d’infrastructures, l’Etat affiche des surcoûts de 15 à 20%. Ici on est à 250%. Est-ce qu’il y avait un assistant à maîtrise d’ouvrage ?