Au Royaume-Uni, les hôpitaux privés profitent des difficultés du NHS
(Courrier international – 7 février 2023)
Face à l’allongement des délais de prise en charge au Royaume-Uni, un nombre croissant de patients choisit de passer par le privé et de payer (cher) pour se soigner, rapporte Courrier International. Un véritable tabou dans un pays où 90% de la population a recours exclusivement au NHS, service gratuit financé principalement par l’impôt. Mais qui tombe progressivement. Alors que plus de 7 millions de personnes attendent un rendez-vous, au dernier décompte, certains préfèrent en effet payer 12.000 livres (13.400 ®) une opération du dos, plutôt que souffrir et rester inactif pendant un an, privé de travail. Quitte à prendre un prêt. D’après un récent sondage, une personne sur cinq compte ainsi se soigner dans le privé cette année. Une manne pour les assureurs: un demi-million de nouveaux clients ont été enregistrés en 2022. Les cliniques en profitent aussi: le nombre d’opérations et donc les bénéfices y ont augmenté sensiblement l’an dernier. Mais ces établissements interviennent essentiellement pour des procédures peu complexes, alors que le NHS reste indispensable pour les chirurgies les plus lourdes. Du côté soignants, le privé devient aussi plus attractif, et un certain nombre de médecins ont déjà un pied dans chaque camp, grâce aux accords entre le NHS et le privé
Bref, une méthode qui a fait ses preuves depuis 1980.
“Je me sens coupable” : les Britanniques se tournent en nombre vers la santé privée
La mobilisation historique des soignants et des ambulanciers du public, les 6 et 7 février, traduit les déboires du National Health Service, pilier de l’identité britannique. Face à l’allongement des délais de prise en charge, un nombre croissant de patients choisit de payer (cher) pour se soigner, constate la presse.
Réservé aux abonnés Publié le 07 février 2023 à 15h32 Lecture 3 min. https://www.courrierinternational.com/article/crise-je-me-sens-coupable-les-britanniques-se-tournent-en-nombre-vers-la-sante-privee
Amer anniversaire pour le National Health Service (NHS). Élevé au rang de quasi-religion, adulé, vénéré par les Britanniques, le système de santé public vacille au moment de souffler cette année sa 75e bougie. Lundi 6 et mardi 7 février, des dizaines de milliers de soignants et d’ambulanciers ont participé à la plus grande grève de l’histoire du NHS. Signe de son état fragile, presque désespéré.
“Cette intensification du mouvement social commencé en décembre pour de meilleurs salaires et conditions de travail fait suite à des années de baisse des rémunérations, de restrictions budgétaires et de pénuries de personnel qui ont laissé le NHS exsangue, alors même que la population vieillissante a plus que jamais besoin de ses services”, observe CNN depuis les États-Unis.
Dans les journaux britanniques, chaque jour apporte son lot d’articles alarmistes sur l’état d’épuisement des soignants ou sur le temps d’attente aux urgences. “Douze heures de sang, de sueur et de larmes”, constate mardi 7 février la dernière immersion en date du grand quotidien The Times dans un hôpital londonien. “Trente-trois heures dans un NHS en crise”, s’inquiétait The Guardian avant Noël.
Un tabou se brise
Au fil des pages fleurissent, dans le même temps, des chroniques au ton un brin gêné, mais révélatrices…(suite abonnés)