A69 entre Castres et Toulouse : l’avis favorable qui permet aux pro-autoroute de souffler
Cette enquête publique était la dernière étape avant le début des travaux. DDM archives
Autoroute Castres-Toulouse, Castres, Tarn
Publié le 09/02/2023 à 19:23 , mis à jour à 20:01
l’essentiel
La commission chargée de l’enquête publique environnementale du projet d’autoroute entre Castres et Toulouse a émis, à l’unanimité de ses membres, un avis favorable à la délivrance des autorisations environnementales, assorti de deux réserves. Une très bonne nouvelle pour les sud-Tarnais qui attendent ce désenclavement depuis 30 ans.
« On est tous très soulagés du dénouement de cette enquête publique », lâche Guy Bousquet, le président de l’association Via 81,qui réunit des acteurs socio-économiques tarnais et milite depuis des décennies pour obtenir une autoroute entre Castres et Toulouse. Et ils n’ont jamais été aussi près du but.
En effet, la commission chargée de l’enquête publique environnementale du projet d’autoroute entre Castres et Toulouse a rendu son rapport et ses conclusions ce jeudi après-midi. Et la commission a émis, à l’unanimité de ses sept membres, un avis favorable à la délivrance des autorisations environnementales, assorti de deux réserves et quelques recommandations. La principale portant sur le prix du péage de l’A69 qui serait jugé trop élevé et qui pourrait être compensé par une participation plus élevée des collectivités. Il y a aussi quelques possibles problèmes de circulation durant les travaux et autour des futurs échangeurs qui sont pointés du doigt par les commissaires enquêteurs. Mais aucune réserve ne concerne l’impact sur l’environnement. « Cela ne nous surprend pas quand on voit tout le travail réalisé par le concessionnaire Atosca dans ce domaine », réagit Guy Bousquet.
« On va trouver des solutions »
« Au sujet des recommandations techniques, on va trouver des solutions pour rassurer et sécuriser, confie Martial Gerlinger, le directeur d’Atosca qui va réaliser et gérer l’A69, qui se félicite de cet avis positif. Nous sommes contents que les commissaires-enquêteurs reconnaissent la qualité de notre dossier. Ce que l’on veut maintenant c’est réussir le projet avec tout le monde. »
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Un satisfecit aussi du monde politique local qui a porté et soutenu ce projet. À l’image du député sud tarnais Jean Terlier. « Cela confirme ce que je pensais puisque le concessionnaire choisi était le mieux-disant sur les réparations environnementales, affirme le parlementaire de la majorité présidentielle « content » que le calendrier prévu, à la fois pour le début des travaux d’ici quelques semaines et la mise en service prévue à l’automne 2025, va se poursuivre. Cela anéantit le positionnement des opposants qui estimaient que ce projet était une hérésie environnementale. Les commissaires-enquêteurs viennent de dire que ce n’était pas le cas. Et que le concessionnaire était respectueux des contraintes environnementales de ce projet dont le Tarn a besoin ».
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« Préparons-nous à accueillir le développement de notre territoire »
Quant à la réserve sur les tarifs du péage, l’élu estime que les commissaires-enquêteurs sont allés « au-delà de leurs prérogatives » qui devaient rester dans un cadre environnemental ». « Ce n’est pas ce qu’on leur demande, affirme Jean Terlier qui rappelle que ce sujet dépend de la déclaration d’utilité publique et des discussions entre l’Etat et le concessionnaire. On peut toujours en débattre mais ce n’est pas préjudiciable pour le reste ».
Cette enquête publique, qui s’est déroulée du 28 novembre au 11 janvier recueillant plus de 6000 contributions, était la dernière étape avant que les préfets du Tarn et de la Haute-Garonne donnent leur feu vert au concessionnaire Atosca pour lancer les travaux.
« S’ouvre maintenant une phase de décision administrative : en fonction des réponses apportées par les deux concessionnaires aux réserves et recommandations formulées par la commission d’enquête, l’État vérifiera si les conditions d’autorisation du chantier sont réunies. À l’issue de cet examen, des projets d’arrêtés préfectoraux seront soumis à l’avis des Conseils départementaux de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST), dans le Tarn et dans la Haute-Garonne », indique la préfecture du Tarn dans un communiqué.
« On va maintenant continuer à travailler dans les comités de développement qui sont bien avancés pour nous préparer à accueillir le développement de notre territoire », s’enthousiasme Guy Bousquet.
Lien pour prendre connaissance du rapport d’enquête publique unique :
https://www.tarn.gouv.fr/projet-lact-a680-a69-demandes-d-autorisations-a11588.html
Brian Mendibure
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Avis défavorable du conseil national de protection de la nature sur l’autoroute Castres-Toulouse
Vendredi 23 septembre 2022 à 14:22
Le conseil national de protection de la nature émet un avis défavorable sur l’autoroute Castres-Toulouse. Le directeur général d’Atosca, concessionnaire de la future A69, assure que cet avis sera pris en compte.

Le conseil national de protection de la nature (CNPN) vient d’émettre un avis défavorable sur l’autoroute Castres-Toulouse. Selon Martial Gerlinger, le directeur général d’Atosca, concessionnaire de la future A69, « il est en effet assez rare d’obtenir un avis favorable pour un projet de cette nature, le rôle du CNPN étant de relever toutes les marges de progression possible en faveur de la biodiversité. »
Une prise en charge insuffisante des enjeux de transition énergétique
Mais qu’est-ce qui pêche, selon le CNPN, dans le dossier d’Atosca ? Martial Gerlinger a eu des retours : « Le rapport du Conseil national de la protection de la nature s’interrogesur la bonne prise en compte des enjeux de transition énergétique. Ces éléments-là n’étaient peut-être pas suffisamment clairs dans le dossier que nous avons soumis. Je peux vous assurer que dans l’étude d’impact tous ces éléments étaient déjà détaillés, mais nous allons être encore plus précis pour bien les expliquer. »
Pas de modification de fond en vue
Cet avis défavorable ne devrait toutefois pas engendrer de changement fondamental dans le projet d’autoroute Castres-Toulouse. Martial Gerlinger n’affiche pas d’inquiétude démesurée : « À titre d’illustration, le conseil citent une espèce protégée en considérant qu’elle n’a pas été quantifiée correctement dans le dossier : nous allons améliorer l’élément concernant cette espèce protégée. Le tracé, en tant que tel, est aujourd’hui défini : je ne crois pas que le Conseil national de la protection de la nature évoque le tracé. Il évoque certains points d’amélioration dans la présentation des études et c’est ce que nous allons travailler et présenter. »
Martial Gerlinger assure que l’avis du CNPN sera pris en compte avant l’ouverture de l’enquête publique dans les semaines à venir. Les travaux devraient démarrer début 2023 pour une livraison de l’autoroute fin 2025.
Pour rappel, le coût du trajet a été fixé à 6,77 euros pour la totalité du trajet entre Castres et Verfeuil. Coût auquel il faut ajouter 1,60 euros pour la portion de l’A68 pour rejoindre Toulouse.
Future autoroute A69 Toulouse Castres : le prix du péage fait déjà frémir les automobilistes
Publié le 20/04/2022 à 16h49 • Mis à jour le 20/04/2022 à 18h12
Écrit par Claire Sardain

Dans les cartons depuis 40 ans, la future autoroute A69 vient de franchir une étape majeure. Le contrat définitif de concession a été signé ce 19 avril avec l’entreprise NGE. Les tarifs annoncés provoquent la colère des collectifs des usagers de la route.
C’est un serpent de mer depuis quatre décennies. L’autoroute A69 devant relier Toulouse à Castres vient de franchir une nouvelle étape ce 9 avril 2022.
Mise en service en 2025
Le groupe français de bâtiment de travaux publics NGE est devenu ce mardi le concessionnaire unique de l’autoroute après la signature définitive du contrat de concession et sa publication au journal officiel.
Cette autoroute 2×2 voies longue de 54 kms, devrait être mise en service à l’horizon 2025, avec un objectif clairement affiché : désenclaver le sud du département du Tarn. Elle devrait permettre aux automobilistes de gagner 35 mn sur ce tronçon.
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Mais pour l’emprunter, il faudra mettre la main au porte-monnaie. Le tarif aller simple entre Castres et Verfeil est annoncé à plus de 8 euros. Coût auquel il faudra ajouter les 1,60€ de la portion de l’A68 pour rejoindre Toulouse.
L’addition grimperait à près de 20 euros pour un aller retour. Des tarifs que le collectif « la voie est libre » juge excessifs.
Trop cher pour les usagers de la route
Avec l’inflation, on va dépasser les 20 euros. Et puis il y a déjà la RN126 en ligne droite. La logique voudrait que l’on dépense de l’argent plutôt pour l’améliorer.Geoffrey Tarroux
Collectif « La voie est libre »
Le collectif reproche aux collectivités locales de ne pas avoir amélioré la sécurité de la RN 126 depuis près de 30 ans à cause, justement, du projet d’autoroute A69. Il dénonce aussi la perte de 400 hectares de terres agricoles a l’heure de la crise céréalière due à la guerre en Ukraine.
Pour l’État et les collectivités locales, qui s’engagent à hauteur de 20 millions d’euros, l’enjeu est ailleurs : désenclaver les territoires.
Le précédent de l’A66
C’est ce même souci de désenclavement qui a prévalu pour l’ouverture de l’A66 en 2002 entre Montesquieu-Lauraguais en Haute-Garonne et Pamiers en Ariège. Elle devait aussi délester la nationale 20 d’une partie de son trafic en provenance d’Ariège et d’Andorre.
Vingt ans après, l’autoroute enregistre un trafic plutôt faible. La faute peut-être à ses tarifs. Près de 6 euros pour un aller simple de 39 kms sur l’Ariégeoise.
Entre Castres et Toulouse l’opposition à la future A69 est d’ores et déjà mobilisée.
Le collectif « La voie est libre » fait valoir ses arguments dans un livret d’information. 5000 exemplaires ont été distribués dans les boites aux lettres des riverains du trajet.
Une journée d’action est prévue le 8 mai à Teulat, dans le département du Tarn.
‘A65 Pau-Langon devient rentable, malgré une faible fréquentation
Publié le 09/05/2017 à 10h14 • Mis à jour le 12/06/2020 à 20h50
Écrit par JT

Six ans après sa mise en service, l’A65 devient rentable malgré une faible fréquentation. La recette miracle : un contexte économique propice, des poids lourds contraints d’emprunter l’A65, et un emprunt de 900 millions d’euros.
L’avenir était incertain pour l’A65 Pau-Langon. Mis en service il y a déjà 6 ans, l’axe routier reliant le Béarn à la Gironde commence à devenir rentable pour son concessionnaire, la société A’liénor, dont le groupe Eiffage est actionnaire majoritaire.
Et ce, malgré un faible trafic. En effet, en raison d’un péage au prix très élevé (22,6 euros pour une voiture de particulier sur le trajet Langon-Pau), les automobilistes évitent l’A65. Tout comme les poids lourds, qui roulaient de préférence sur la N524 et les routes départementales afin d’éviter les péages.
Mais comment allier rentabilité avec faible rentrée d’argent due au peu d’usager, doublée d’un emprunt colossal à rembourser ?
Pour commencer, des arrêtés préfectoraux ont été pris afin de contraindre les poids lourds à emprunter l’A65. Résultat : un petit coup de pouce permettant d’afficher des résultats positifs, « +4,9% par rapport à 2015 », selon Olivier de Guinaumont, PDG d’A’liénor.
Accompagnant cette hausse du trafic, un contexte économique favorable pour l’entreprise. Grâce à une faible croissance économique, A’liénor a pu renégocier à la baisse les taux d’intérêts auxquels elle avait souscrit un emprunt de près de 900 millions d’euros, selon le journal Sud ouest.
Sans cela, impossible de négocier un déficit qui pourrait coûter cher aux contribuables. En effet, selon le magazine Capital, le contrat qui lie le constructeur aux pouvoirs publics stipule que si l’autoroute n’est pas rentable, ce serait l’Etat qui le dédommagerait.
► Revoir les explications de Candice Olivari :
Six ans après sa mise en service, l’autoroute A65 qui relie Langon en Gironde à Pau a peut-être trouvé son rythme de croisière. Mais pas au niveau du trafic, car il est toujours aussi faible à cause de son coût. C’est l’une des autoroutes les plus chères de France. L’autoroute rapporte pourtant enfin de l’argent à son concessionnaire. Explications de Candice Olivari.
La désastreuse autoroute A 65 entre Pau et Langon continue à voir son trafic baisser
https://reporterre.net/La-desastreuse-autoroute-A-65
Par SEPANSO Aquitaine / ARLP / LEA
27 mai 2014 à 08h01Mis à jour le 16 mars 2015 à 14h25

L’autoroute la plus chère de Fance, qui a ravagé des zones humides entre Pau et Langon, en Aquitaine, montre chaque jour un peu plus son inutilité et son absurdité. Alors que la fréquentation est largement inférieure aux prévisions, le trafic continue de baisser.
Pour la quatrième année consécutive, les associations SEPANSO Aquitaine, ARLP et LEA ont effectué pendant vingt-quatre heures leur comptage annuel sur l’A65 (1).
Le trafic total journalier moyen de 5 242 véhicules/jour mesuré, en baisse par rapport à 2013, est inférieur de près de 48 % à l’objectif affiché par le concessionnaire pour 2014.
Ainsi plus de trois ans après la mise en service de cette infrastructure, et malgré l’obligation faite aux camions de transit circulant sur l’axe Langon-Pau de délaisser la route au profit de l’autoroute (2), le trafic total de l’autoroute la plus chère de France stagne en Gironde et baisse au sud de Mont-de-Marsan.
Dans un même temps, le trafic de la RN 524 avec 8 701 véhicules/jour dont encore 415 poids lourds, affiche une insolente vigueur et démontre, si besoin était, la nécessité qu’il y aurait à aménager et sécuriser cet axe important.
Après avoir obligé une majorité des poids lourds à emprunter l’A65, on se demande ce qu’il va falloir encore inventer pour sauver l’autoroute la plus chère de France. Peut-être interdire la route gratuite aux voitures ?
Notes :
1- Ce comptage a été effectué du 20 mai à 20 h au 21 mai 2014 à 20h simultanément sur 3 points de l’A65 dans les départements de la Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques ainsi que sur la RN 524 à l’entrée nord de Bazas en Gironde.
2- C’est à compter du lundi 18 novembre 2013, qu’est entrée en vigueur l’interdiction de circuler pour les poids lourds en transit de plus de 7,5 tonnes sur le réseau parallèle à l’autoroute A65. La desserte locale reste quant à elle autorisée.