« « L’Île-de-France est un désert médical » : à Vélizy, ce généraliste soigne près de 4800 patients »
Date de publication : 7 février 2023

Le Parisien constate en effet que « les zones rurales ne sont pas les seules touchées par le phénomène. À Vélizy-Villacoublay, commune yvelinoise de 22.000 habitants située à près de 10 km de Paris, Sébastien Suchel, médecin généraliste de 53 ans, réalise jusqu’à 50 consultations par jour ».
Stéphane Corby brosse ainsi le portrait de ce médecin qui, « après un passage au sein des urgences de l’hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt, s’installe finalement à Vélizy-Villacoublay, en reprenant le cabinet d’un confrère parti à la retraite. Cela dure depuis 20 ans ».
« Il suit les pas de son père Alain, médecin de ville dans le Val-d’Oise jusqu’à ses 73 ans. Mais le fils a vu le métier beaucoup évoluer. Lui affiche aujourd’hui un nombre abyssal de près de 4800 patients », note le journaliste.
Stéphane Corby relève en outre que « sa patientèle débarque de partout en Île-de-France, et parfois même d’au-delà : l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, Rambouillet, Houdan dans les Yvelines… mais aussi Évreux (Eure) et même Orléans (Loiret) ».
Le Dr Suchel observe ainsi : « Ce n’est pas normal mais l’Île-de-France est un désert médical. Rien qu’à Vélizy, 17 praticiens sont partis depuis que je me suis installé, pour 5 ou 6 arrivées. Ce qui me met en colère, c’est que tout cela était prévu. En 1990, lorsque j’étais étudiant, la courbe démographique de la population médicale montrait déjà que si rien n’était fait, on courait à la catastrophe à l’horizon 2020 ! »
Le médecin décrit « sa journée type » : « Je gère d’abord les urgences pédiatriques, je me rends chez mes patients les plus âgés aussi. Ensuite, je file au cabinet pour 9 heures ». Le journaliste ajoute que « jusqu’à 21h30, le Dr Suchel enchaîne les consultations, souvent 45 à 50 par jour. Le professionnel reconnaît que son passé d’urgentiste «l’aide à tenir», quand certains de ses confrères se disent «rincés au bout de 30 consultations» ».
Le médecin remarque : « C’est une question d’habitude, comme un pilote de Formule 1 s’habitue à la vitesse extrême… J’ai travaillé avec un coude cassé, sous morphine durant 6 mois avec une hernie discale, moi, les arrêts maladie, je ne connais pas, comme tous les confrères ! ».
Stéphane Corby note enfin que « la crise du Covid-19 a […] laissé des traces, profondes, à tous les niveaux. Le Dr Suchel a repris du service à l’hôpital, pour aider en réanimation. Mais c’est sa vie au cabinet qui a été le plus impactée ».
Le généraliste observe : « Je me suis senti abandonné. Pas de matériel, pas de masques, pas de produits, des consignes qui partaient dans tous les sens. J’ai pu travailler grâce à un patient qui m’a offert un carton de masques FFP2 ».
« L’Île-de-France est un désert médical » : à Vélizy, ce généraliste soigne près de 4 800 patients
Les zones rurales ne sont pas les seules touchées par le phénomène. À Vélizy-Villacoublay, commune yvelinoise de 22 000 habitants située à près de 10 km de Paris, Sébastien Suchel, médecin généraliste de 53 ans, réalise jusqu’à 50 consultations par jour et ses patients viennent parfois de province.

Par Stéphane Corby Le 6 février 2023 à 16h00
Son képi de sapeur-pompier de Paris trône avec ses insignes dans la bibliothèque de son cabinet. Sébastien Suchel, 53 ans, est l’un des derniers médecins appelés du contingent à avoir effectué son service militaire au sein de la brigade des soldats du feu de la capitale. Pendant deux ans, c’est là qu’il a découvert son métier, « la plus belle école du monde » selon lui….(suite abonnés)
Désert médical : Chartres enrôle Michel Cymes pour attirer des médecins
En cette période de forte tension médicale, Chartres métropole (Eure-et-Loir) souhaite apporter son soutien aux professionnels de santé, plus particulièrement aux médecins, pour faciliter leur installation et leur maintien durable sur le territoire. Pour cela, l’Agglo a fait appel au médecin le plus connu de France, Michel Cymes.

Par Paul Guibal Le 25 janvier 2023 à 11h14

C’est un phénomène auquel fait face Chartres métropole (Eure-et-Loir), comme beaucoup d’autres villes françaises, et qui est en constante augmentation depuis de nombreuses années : le manque de médecins traitants et, en règle générale, de professionnels de santé. Deux chiffres illustrent bien la situation en 2022 : dix-huit départs en retraite pour seulement deux installations.
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Afin de tenter de remédier en partie à cette situation, une vidéo pour promouvoir l’attractivité du territoire a été diffusée sur la toile. Introduite par Michel Cymes, le médecin le plus connu de France, qui a fait son internat à Chartres entre 1984 et 1989, la vidéo est punchy, courte, saupoudrée de l’humour bien connu des carabins, comprenez les étudiants en médecine.https://www.youtube.com/embed/nD_cffYAMXI?enablejsapi=1&=1&playsinline=1
On y voit Michel Cymes en présentateur télé lancer une journaliste en duplex de Chartres, qualifié de désert médical, qui interroge Cédric Bourdy, un véritable gynécologue de la ville. Ce professionnel vante les atouts de la capitale eurélienne, avant de devoir partir en intervention dans un véhicule de fonction peu commun… un avion.
« C’était naturel pour moi de les aider, explique simplement Michel Cymes. Il faut impérativement faire quelque chose pour lutter contre ces déserts médicaux. De plus, mon attachement à cette région est fort. J’ai appris beaucoup à Chartres. » Selon lui, « il faut tout essayer. En tout cas, l’idée est originale. Si ça accroche l’œil, tant mieux. »Classer l’ensemble du département en Zone d’intervention prioritaireL’animateur de l’émission télé « Les pouvoirs extraordinaires du corps humain » et, prochainement, de « Santé en France : l’état d’urgence », diffusée sur France 2 le 31 janvier, concède : « Je serais à Chartres si je ne m’étais pas installé à Paris. J’ai hésité à l’époque, j’avais, en Eure-et-Loir, des propositions en ORL. » Mais la vie a fait que le chirurgien spécialisé en otorhinolaryngologie s’est installé dans la capitale avec un ami. « Je voulais également être plus proche des médias. Les planètes s’alignent dans un sens ou dans l’autre. Chartres est pourtant un cadre idéal. Chartres, c’est la province à Paris. »
De gauche à droite : Dominique Soulet, conseiller délégué de Chartres métropole, en charge des relations avec les établissements de santé ; Jean-Pierre Gorges, président de Chartres métropole et Julien Cottet, président de l’ordre des médecins d’Eure-et-Loir.Un Eurélien sur trois n’a pas de médecin traitant et les médecins peuvent avoir jusqu’à 2 000 patients… « La situation est critique dans le département, comme partout en France. Elle n’est plus acceptable. On est dans un des pays les plus riches du monde, un pays dans lequel la santé est un modèle. On se retrouve dans une situation de pays en voie de développement. C’est tragique. » Lorsqu’il était dans la cité beauceronne, dans les années 1980, le jeune Cymes n’était pas confronté à ces problématiques. « Le problème, c’était quand j’étais au Smur. Il fallait, en hiver, du temps pour atteindre une ferme. Plusieurs dizaines de minutes pour y aller pour quelqu’un qui fait un infarctus, c’était quelque chose. »Responsabiliser les patientsLes conseillers communautaires souhaiteraient le classement en Zone d’intervention prioritaire (Zip) de tout le département, un meilleur maillage de l’offre de soin, que les territoires ne soient pas en concurrence, instaurer un parcours de formation pour les professionnels de santé et enfin être un territoire d’expérimentation. « La médecine générale n’existe plus, c’est une médecine administrative », constate, dépité, l’allergologue Julien Cottet, président de l’ordre des médecins d’Eure-et-Loir.Une rubrique santé a aussi été engagée dans le mensuel Votre Agglo. « Il faut éduquer, responsabiliser les patients. Pour cela, les médecins écriront les bonnes pratiques dans le magazine, ajoute le président de Chartres métropole, également maire de Chartres, Jean-Pierre Gorges. Si vous voulez être bien soignés, soignez bien votre médecin. »Plusieurs courtes vidéos devraient être créées dans les prochaines semaines. « Je suis partant et entièrement à leur disposition pour aider au développement médical de la région », a assuré Michel Cymes.