Près d’un tiers des ophtalmologistes français refusent les nouveaux patients.

Une étude menée par le site « Le Guide Santé », que France Bleu vous dévoile ce lundi, révèle que près d’un tiers des ophtalmologistes français refusent les nouveaux patients. L’enquête révèle aussi qu’il faut en moyenne deux mois pour obtenir un rendez-vous, avec des fortes disparités régionales.

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/carte-pres-d-un-tiers-des-ophtalmologistes-refusent-les-nouveaux-patients-1625496723

Il est parfois difficile d'obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue.
Il est parfois difficile d’obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue. © AFP – BURGER/PHANIE

Vouloir prendre un rendez-vous chez l’ophtalmo, c’est un parcours du combattant dans certains départements. L’enquête réalisée par Le Guide santéet révélée par France Bleu ce lundi révèle que près d’un tiers des ophtalmologues français refusent de prendre les nouveaux patients. Pour ceux qui les acceptent, il faut en moyenne 62 jours pour obtenir un rendez-vous en 2021. Un chiffre moyen en amélioration, puisqu’il fallait 63 jours en 2020, renseigne l’enquête. De fortes disparités régionales perdurent, avec parfois plus d’un an pour obtenir un rendez-vous.

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De très fortes disparités régionales 

De très fortes différences existent selon les régions, comme le montre cette carte qui dévoile le taux de prise en charge des nouveaux patients. 

La carte des départements.
La carte des départements. – Le Guide santé

Les départements les plus difficiles sont : la Corrèze, la Haute-Loire, la Haute-Saône ou la Vienne : seuls deux ophtalmos sur dix y acceptent les nouveaux patients. À l’inverse, plusieurs départements comme la Seine-et-Marne, le Bas-Rhin ou la Gironde et Paris se démarquent et enregistrent un taux de prise en charge de nouveaux patients élevé, à plus de 80 %. Les Hautes-Alpescaracolent en tête avec un taux de prise en charge de nouveaux patients de 100 %.

« Prenez le train et allez à Paris » 

L’étude du Guide Santé a été menée par des patients mystères. Dans certaines villes où le taux de refus de nouveaux patients est très élevé, certains ont reçu des réponses catégoriques. « Qu’est ce qu’on fait quand on nous répond ‘prenez le train et allez à Paris ? «  questionne le Dr Jean-Pascal Del Bano, co-fondateur du Guide Santé. « On l’a entendu à Lille, à Angers. Je ne veux pas généraliser mais quand on répond ça, ça me choque », déplore-t-il. « Il y a même une ville ou fallait écrire, par courrier, pour se mettre d’accord pour un rendez-vous ! Ça n’est pas une réponse », tranche-t-il. « Dans des villes moyennes, qu’on fasse 50 ou 100 km pour aller chez l’ophtalmo, ça n’est pas admissible ».

20 jours d’attente pour un rendez-vous à Paris, plus d’un an à Aurillac

La carte de France du Guide Santé confirme qu’il est plus facile de se faire soigner dans les grandes métropoles que dans les zones rurales ou les petites villes. Le délai moyen pour obtenir un rendez-vous est de 20 jours à Paris. La capitale compte 482 cabinets d’ophtalmologie, dont 334 acceptent de nouveaux patients. Le délai passe à 377 jours à Aurillac, dans le Cantal, où seulement un cabinet d’ophtalmologie, sur les six que compte la ville, accepte les nouveaux patients.

Voici les villes dans lesquelles les ophtalmologues acceptent le moins de nouveaux patients : 

  • Paris : délai moyen de 20 jours avec 79% de nouveaux patients acceptés 
  • Lyon : délai moyen de 35 jours avec 69% de nouveaux patients acceptés 
  • Marseille : délai moyen de 42 jours avec 77% de nouveaux patients acceptés
  • Reims : délai moyen de 41 jours avec 25% de nouveaux patients acceptés 
  • Epernay : délai moyen de 91 jours avec 25% de nouveaux patients acceptés 
  • Nancy : délai moyen de 135 jours avec 36% de nouveaux patients acceptés
  • Le Puy-en-Velay : aucun nouveau patient accepté 
  • Tulle : aucun nouveau patient accepté

Paradoxalement, les villes qui comptent le moins de cabinets ne sont pas forcément celles qui refusent le plus de patients. « À Angers, qui compte 40 spécialistes, une densité très au-dessus de la moyenne, le délai d’attente moyen est de 133 jours », révèle Jean-Pascal Del Bano. « Ça n’est pas normal. Certains professionnels ont leur stock de patients, et ça leur suffit », déplore-t-il_._

Des créneaux disponibles pour les urgences

Jean-Pascal Del Bano note tout de même que souvent, les spécialistes mettent des créneaux à disposition pour les urgences qui ne nécessitent pas une hospitalisation. « Un certain nombre d’ophtalmos travaillent à 20 ou 30 praticiens, et conservent des créneaux pour les urgences non hospitalières »,indique-t-il. « J’ai pu le vérifier dans pas mal d’agglomérations ».

Des mesures de réduction des délais 

Depuis plusieurs années, malgré tout, les délais de prise en charge se réduisent. « Les mesures mises en place depuis quelques années par les ophtalmologistes, comme l’installation de jeunes praticiens en zone sous-dotée et le travail aidé par les orthoptiste fonctionnent », note Jean-Pascal Del Bano. « Mais il y a encore du chemin à parcourir », rappelle-t-il.

Voir aussi:

densité des ophtalmologistes

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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