« Mortalité : autant, voire plus, de décès en 2022 qu’en 2020 ou 2021, comment l’expliquer ? »
Nicolas Berrod note en effet dans Le Parisien que « les chiffres ne sont pas tout à fait définitifs, mais ils permettent déjà de dresser le bilan de l’année écoulée. Et celui-ci s’annonce lourd. 654.492 décès ont été recensés du 1er janvier au 24 décembre 2022 en France, d’après les données provisoires communiquées par l’Insee ».
« C’est beaucoup plus qu’en 2019 (+ 8,9%), autant qu’en 2020, et davantage qu’en 2021 (+ 1,2%) sur la même période », souligne le journaliste. Il ajoute qu’« en projetant la courbe sur l’ensemble de l’année, […] on atteindra vraisemblablement des nombres au moins aussi élevés que durant chacune des deux années précédentes ».
Nicolas Berrod rappelle qu’« avant l’épidémie de Covid-19, le nombre annuel de décès avait tendance à augmenter depuis 2006, en raison du vieillissement naturel de la population. De plus en plus de personnes âgées, et donc susceptibles de perdre la vie. Un écart particulièrement fort a été atteint en 2020, marqué par l’arrivée du Covid : + 9% de morts par rapport à 2019.
Avec l’arrivée des vaccins, on aurait pu s’attendre à un bilan 2022 moins lourd ».
Le journaliste précise ainsi : « Le fait de recenser autant de décès en 2022 s’explique tout d’abord par ce vieillissement naturel de la population. En 2021, ce phénomène devait entraîner 23.100 décès supplémentaires par rapport à 2019, et le bilan final a été nettement supérieur au nombre de décès attendus (+ 39.100) ».
Nicolas Berrod souligne que « le Covid n’a pas disparu en 2022, loin de là. Le variant Omicron, devenu prédominant à la toute fin de l’année 2021, est beaucoup moins virulent que les précédents. Mais il a entraîné énormément d’infections, et donc un nombre non négligeable de décès. Près de 40.000 «patients diagnostiqués Covid» ont perdu la vie l’an dernier à l’hôpital ou en Ehpad, sans que le lien de causalité directe avec le SARS-CoV-2 ne soit établi à ce jour ».
Il ajoute que 2022 « a aussi été marqué par plusieurs vagues de chaleurs particulièrement intenses et de nombreux records absolus de température maximale. 10.420 décès en excès ont été recensés sur l’ensemble de la période estivale, dont près de 3000 durant les trois épisodes de canicule ».
Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales à l’Insee, précise toutefois qu’« il est très compliqué de faire la part des choses entre les décès dus au Covid, ceux dus à la canicule, et les autres ».
Nicolas Berrod relève en outre que « le mois de décembre a été marqué par un net rebond du nombre quotidien de décès. […] Cela pourrait correspondre à la concomitance de plusieurs maladies hivernales (Covid, grippe, etc.), alors que le système de santé est débordé et incapable de prendre en charge correctement tous les malades ».
Mortalité : autant, voire plus, de décès en 2022 qu’en 2020 ou 2021, comment l’expliquer ?
Au 24 décembre, près de 655 000 décès toutes causes confondues ont été recensés en 2022 en France. L’année qui s’écoule a été marquée, notamment, par plusieurs vagues de Covid-19 avec le variant Omicron et par un été caniculaire.

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Par Nicolas Berrod
Le 9 janvier 2023 à 19h55 https://www.leparisien.fr/societe/mortalite-autant-voire-plus-de-deces-en-2022-quen-2020-ou-2021-comment-lexpliquer-09-01-2023-NQVDCYFINNHNPAWYTB4HV4ZGCM.php
Les chiffres ne sont pas tout à fait définitifs, mais ils permettent déjà de dresser le bilan de l’année écoulée. Et celui-ci s’annonce lourd. 654 492 décès ont été recensés du 1er janvier au 24 décembre 2022 en France, d’après les données provisoires communiquées par l’Insee vendredi 6 janvier. C’est beaucoup plus qu’en 2019 (+ 8,9 %), autant qu’en 2020, et davantage qu’en 2021 (+ 1,2 %) sur la même période. (Suite Abonnés)