Sur 100 étudiants infirmiers formés, « on en a en réalité 55 qui arrivent sur le terrain »,

Emmanuel Macron veut former encore plus d’infirmiers pour « renforcer les équipes au chevet des patients »

Le chef de l’Etat souhaite, d’ici à l’été, « revoir l’organisation et le fonctionnement » des études en soins infirmiers et poursuivre la hausse du nombre d’étudiants formés. 

Par Soazig Le NevéPublié hier à 12h00, mis à jour hier à 12h00 https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/01/07/emmanuel-macron-veut-former-encore-plus-d-infirmiers-pour-renforcer-les-equipes-au-chevet-des-patients_6156990_3224.html

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L’ouverture de places supplémentaires dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) va se poursuivre, a annoncé Emmanuel Macron lors de ses vœux aux personnels soignants, vendredi 6 janvier, avec l’objectif de « renforcer les équipes au chevet des patients ».

En « bombant le torse », le chef de l’Etat s’est félicité d’avoir déjà permis une hausse de 20 % du nombre d’étudiants en trois ans. Mais l’autosatisfecit s’arrête là : « 30 % des élèves arrêtent en cours de formation et environ 10-15 % échouent à la fin. » Sur 100 étudiants formés, « on en a en réalité 55 qui arrivent sur le terrain », a déploré le président de la République, qui appelle, d’ici à l’été, à « revoir l’organisation et le fonctionnement » des études d’infirmier.

Sur la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur Parcoursup, le succès des IFSI ne s’est pas démenti :c’est le vœu le plus souvent formulé par les candidats depuis quatre ans. Mais, a nuancé à nouveau M. Macron, « Parcoursup n’est pas optimal » car il « ne permet pas aujourd’hui de bien mesurer la motivation » des candidats.

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L’autre levier esquissé par le chef de l’Etat consiste, en aval, à « responsabiliser la sortie des études » pour empêcher que des néodiplômés « partent tout de suite en intérim ou en remplacement ». Il plaide pour une sorte de contrat d’engagement « de X années » dans un poste.

Manque de reconnaissance

Au sein des IFSI, ces déclarations ont étonné formateurs et étudiants. La présidente de l’Association nationale des directeurs d’écoles paramédicales, Florence Girard, n’y voit « rien de nouveau » et s’interroge sur les 30 % d’arrêt d’études avancés par le chef de l’Etat. « Ce n’est pas parce qu’un étudiant entre une année T qu’il sortira de l’institut trois ans plus tard », indique-t-elle, rappelant que, depuis 2007, il est autorisé d’interrompre puis de reprendre son cursus, après une durée maximale de trois ans. « Bon nombre reviennent », affirme-t-elle, soulignant que le public formé vient « de catégories sociales moyennes voire basses, sans avoir toujours des conditions optimales pour suivre des études ».

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Augmenter encore les effectifs en IFSI paraît impossible à Manon Morel, présidente de la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières. « Nos structures ne sont pas extensibles, des étudiants sont parfois assis par terre »,relate-t-elle. Sans compter l’autre limite, qui tient aux offres de stage. « Certains sont actuellement envoyés dans des services où un seul professionnel gère quatre ou cinq stagiaires. »

L’étudiante juge que les conditions de travail des infirmiers « ne font rêver personne, et le salaire encore moins ». Elle regrette le « manque de reconnaissance » exprimé dans le discours de vœux : Emmanuel Macron a notamment incité les médecins, « s’ils sont malins », à déléguer aux infirmiers « les actes qui ont le moins de valeur ».

Soazig Le Nevé

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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