10% des médecins libéraux participent au mouvement de grève non soutenu par les principaux syndicats (MG France et CSMF)

Publié le 03/01/2023

Grève des médecins libéraux : combien de divisions ? 

Paris, le mardi 3 janvier 2023

https://www.jim.fr/medecin/pratique/recherche/e-docs/greve_des_medecins_liberaux_combien_de_divisions__195544/document_actu_pro.phtml

– Hier, le collectif Médecins pour demain annonçait avec « amertume » prolonger son appel à la fermeture des cabinets de médecine libérale, face à l’absence de réponse du gouvernement. Depuis le 26 décembre, ce groupe, né sur Facebook, (où il compterait 16 000 « participants »), soutenu par la Fédération des médecins de France (FMF), l’Union française pour une médecine libre (UFML), le Syndicat des médecins libéraux (SML) et Jeunes médecins (mais pas par les syndicats majoritaires que sont la Confédération des syndicats médicaux français, CSMF et MG France), invite les praticiens à la grève pour dénoncer des conditions d’exercice de plus en plus difficiles et réclamer un « choc d’attractivité » qui doit passer selon lui par un doublement du tarif de la consultation.

Baisse de l’activité de 10 % par rapport à une fin d’année sans grève

Certains porte-paroles de Médecins pour demain ont avancé ces derniers jours des chiffres pléthoriques quant à la participation des praticiens à la grève. « Le mouvement de grève a été extrêmement bien suivi la semaine dernière. Selon les régions, 60 à 80 % des généralistes y ont participé. C’est une mobilisation historique ! (…) Cela montre que les professionnels libéraux sont prêts à se mobiliser pour défendre leur profession, leurs patients et l’accès aux soins » a par exemple affirmé dans les colonnes du Quotidien du médecin l’une des fondatrices du mouvement, le Dr Christelle Audigier (médecin généraliste). Cependant, hier, interrogé par franceinfo, Thomas Fâtome, directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a apporté un sévère démenti : « Quand on regarde l’activité des médecins généralistes dans la dernière semaine de 2022, elle est en baisse de 10 %. On n’est pas sur les mêmes chiffres qu’évoque le collectif. L’immense majorité des généralistes n’ont pas suivi ce mouvement de grève, ce qui est assez compréhensible dans la période d’épidémie que nous connaissons. On a simplement une baisse de 10 % par rapport à une activité normale de fin d’année » a détaillé le directeur de la CNAM.

Tentative de démobilisation

Le large écart entre les chiffres annoncés par le collectif et ceux du directeur de la CNAM s’explique sans doute par la très faible représentativité de ce groupe, tandis que ses « adhérents » sont en réalité plus certainement des « inscrits » à un groupe Facebook. Ainsi, sur Twitter, l’ancien journaliste économique, Jean-François Couvrat (qui a notamment écrit pour la Nouvelle République) ironise : « Donc, selon le collectif « médecins pour demain », qui compterait 16 000 membres, 60 % de ceux-ci ont fait grève. Cela fait 9 600 généralistes, sur les 102 000 que compte ce pays. Soit 9,4%… ». Voilà, un taux (qui demeure encore une approximation) qui semble se rapprocher davantage des données de la CNAM.

Cependant, l’estimation de la participation reste difficile. D’abord, la période des fêtes de fin d’année ne permet guère de distinguer un cabinet fermé pour cause de grève et un cabinet fermé pour cause de vacances. Par ailleurs, moins péremptoire que Christelle Audigier, Bénédicte Marvill, médecin généraliste à Toulouse, relève sur France Bleu : « Nous n’avons pas les chiffres exacts du terrain parce qu’il est compliqué de référencer le nombre de grévistes, parce qu’en tant que libéraux, nous n’avons pas à nous déclarer grévistes. Donc nous aurons les chiffres un petit peu plus précis dès la semaine prochaine. Mais je peux vous assurer que le mouvement est très suivi. On voit d’ailleurs l’impact que ce mouvement a sur les services d’urgences ». Elle assure que la différence entre les données de la CNAM et celles du groupe révèle la volonté du directeur de « minimiser notre mouvement afin d’essayer de nous démobiliser ».

Une grève sans unanimité

Quelle que soit la réalité des chiffres, en tout état de cause, le directeur de la CNAM semble en effet déterminé à la plus grande sévérité vis-à-vis de ce mouvement. Il a ainsi qualifié deux fois d’« extravagantes » les revendications tarifaires des praticiens libéraux. Avec de telles déclarations, Thomas Fatôme s’inscrit non seulement dans le sillage de plusieurs représentants politiques (dont Elisabeth Borne) mais fait également écho aux dissensions que provoque dans le corps médical cet appel à la grève. La semaine dernière, dans les colonnes du Figaro, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) relevait « Il faut d’abord considérer que cette revendication exige le doublement de leur salaire* ce qui est assez conséquent. Si les hospitaliers ou les cheminots demandaient ça, tout le monde serait vent debout. Ensuite, ils mettent leur grève au moment où de nombreux médecins libéraux sont déjà en vacances, et ne tiennent pas compte de la crise absolument catastrophique que nous vivons dans les hôpitaux publics. Cette grève entraîne donc un abandon, en quelque sorte, de la population et de la demande des malades, ce que je trouve assez inquiétant. Je n’ai pas à juger leur grève, mais je pense qu’on a une responsabilité collective à l’égard des malades. De plus, je vois beaucoup de demandes de rémunération dans leurs revendications, mais très peu de propositions structurantes pour le système de santé. Je remarque aussi que de grandes organisations comme MG France, qui sont toujours force de proposition, ne participent pas à la grève. On ne sait donc pas s’ils sont vraiment tous d’accord avec ces revendications ». Loin d’être isolée, la position de Patrick Pelloux est reprise par un certain nombre de professionnels de santé sur Twitter qui déplorent également certains excès du collectif Médecins pour demain sur son groupe Facebook, notamment vis-à-vis des infirmières de pratique avancée.

Invisible

Ces critiques et ce flou concernant l’ampleur du mouvement ne font cependant pas pâlir la détermination des organisateurs. La Fédération des médecins de France et l’UFML multiplient ainsi les communiqués pour une large participation à la manifestation parisienne du 5 janvier. Dans un communiqué lyrique, le président de l’UFML, le Dr Jean-Paul Marty n’hésite pas même à qualifier la médecine générale de « profession invisible aux yeux de la majorité des responsables politiques ».

Pour choisir la médecine libérale, il faut être stupide

Plus encore que la réponse des médecins libéraux à l’appel à la grève, difficile, au-delà des bruissements de Twitter et des réactions médiatiques, de mesurer l’écho de ces messages chez les praticiens non-grévistes. Une certaine crispation a cependant pu s’exprimer chez certains médecins réquisitionnés pour les gardes de la Saint Sylvestre ou du 1er janvier. Chez nos confrères d’Egora, une femme médecin réquisitionnée ce dimanche raconte ainsi : « Je ne suis pas gréviste. Dans un contexte de grève, aller réquisitionner les médecins grévistes, ça a du sens. Mais aller réquisitionner ceux qui ne sont pas grévistes, qui sont déjà volontaires, qui travaillent le samedi pour assurer la permanence des soins dans une zone déficitaire où toute l’année, on fait face à une pénurie… je me sens en colère ! ». Le SML a également dénoncé des réquisitions aveugles qui ont concerné ce week-end des médecins récemment victimes d’agression. Mais quels que soient les ressentiments éventuels des uns et des autres, beaucoup partagent l’idée de la nécessité de renforcer considérablement l’attractivité de la profession. Le correspondant d’Egora qui a décidé de se désinscrire de la liste des praticiens volontaires remarque ainsi : « L’ironie, c’est que je suis maître de stage universitaire et qu’actuellement je travaille avec une externe en 6e année qui va choisir sa spécialité dans quelques mois. Ces six dernières semaines, elle a vu un médecin qui travaille de 8 heures à 20 heures tous les jours, qui était complètement débordé et ne parvenait pas à faire face à tous les appels arrivant au cabinet. Le pompon, c’est cette réquisition. Si elle n’est pas stupide, elle ne choisira pas la médecine générale, mais une autre spécialité où il n’y aura ni garde ni réquisition. Ou peut-être un exercice salarié. Car ce qu’on a lui a donné à voir ces dernières semaines, ça ne fait pas envie du tout ».

Rendez-vous le 5 janvier pour une probable meilleure appréciation de l’ampleur de la mobilisation.

*Rappelons que les praticiens libéraux ne touchent pas de salaires mais des honoraires. 

Aurélie Haroche

« Ils vont tuer la médecine libérale » : des milliers de praticiens défilent à Paris, en attendant Macron…

PAR  LOAN TRANTHIMY – 

PUBLIÉ LE 05/01/2023 https://www.lequotidiendumedecin.fr/liberal/exercice/ils-vont-tuer-la-medecine-liberale-des-milliers-de-praticiens-defilent-paris-en-attendant-macron

Crédit photo : S.Toubon

« Médecins, pas larbins »« C’est la médecine qu’on assassine »« Médecine libérale maltraitée, désert médical assuré », « SOS Fatôme, Médecins en Braun-Out », « Médecins en sous France »… C’est dans une marée de pancartes et sur l’air de Bella Ciao que des milliers de blouses blanches ont battu ce jeudi le pavé parisien, à partir de 13 heures pétantes devant le Panthéon.

Micros, porte-voix et sifflets : le collectif « Médecins pour demain », à l’origine de cette deuxième journée de manifestation parisienne, soutenu par trois syndicats représentatifs (UFML-S, SML et FMF), a harangué la foule, bien encadrée par la police.

Médecine au rabais

Installée dans une maison de santé depuis 2019, la Dr Léa Roumengous, généraliste, est venue de Villeurbanne pour réclamer « une revalorisation globale de notre travail ». À ses côtés la Dr Marie Venet, généraliste à Lille, partage la revendication principale, portée en étendard, à savoir le doublement du tarif de la consultation à 50 euros.

Manif S Toubon
S. Toubon

Mais les trentenaires évoquent bien d’autres motifs de colère comme l’accès direct aux infirmiers en pratique avancée (IPA), proposé par la députée (Renaissance) Stéphanie Rist. La rhumatologue défend la semaine prochaine un texte de loi qui prévoit d’autoriser l’accès direct à plusieurs professions non médicales (IPA, kinés, orthophonistes). « Aujourd’hui, on fait de la médecine au rabais, renchérit la Dr Marie Venet. On fait venir des médecins étrangers, on demande aux infirmiers de faire la moitié de notre travail alors que le problème est l’attractivité de notre profession ». 

Métier abîmé

Un peu plus loin dans la foule, la Dr Priscilla Devulder, généraliste à Vannes, tape dans les mains pour encourager les troupes. « Je fais grève non pas pour les 50 euros comme c’est souvent résumé mais pour défendre un métier qui est abîmé » confie-t-elle au « Quotidien ». Resté un peu à l’écart, le Dr Laurent Laloum, ophtalmologiste parisien de secteur II, a fermé son cabinet depuis deux semaines. « Je suis là en tant que futur patient inquiet car si la consultation n’arrive pas à 50 euros, il n’y aura pas de médecins qualifiés pour me soigner demain », dit-il. 

Malgré une pluie légère et un temps gris, le cortège s’est élancé dans une ambiance festive en direction de l’Avenue de Ségur. Tout au long du parcours, il a fait plusieurs arrêts pour expliquer le ras-le-bol largement partagé. Alors que le système de santé est à bout en ville comme à l’hôpital, le collectif « Médecins pour demain » a dénoncé « l’immobilisme du gouvernement et du ministre de la Santé » face aux appels au secours des médecins de terrain.

Depuis le début du mouvement, ce groupe formé sur Facebook (qui regroupe 16 000 membres) revendique une revalorisation de la consultation de 25 à 50 euros (en recyclant aussi de nombreux forfaits), une façon de provoquer « un choc d’attractivité ». Mais ce jeudi matin, sur France 2, François Braun a écarté l’hypothèse d’un tarif réévalué à 50 euros, même s’il y aura bien une revalorisation, a ajouté le ministre, qui reconnaît les difficultés des médecins. 

MG France épinglé 

Une position aussitôt dénoncée par le collectif qui dénonce la délégation de tâches médicales sans concertation, la mise en place de télécabines, autant de signaux d’une médecine « dégradée ». « Ils vont tuer la médecine de ville comme ils l’ont tué l’hôpital », lance dans le micro le Dr Julien Sibour, membre du collectif. Dans son discours, le généraliste de Vitrolles a dénoncé « l’absence de solidarité et la partialité du syndicat MG France »« Non content de jouer les gentils soldats à la botte du gouvernement, sa présidente a considéré que 50 euros pour une consultation n’avait pas beaucoup de sens. On invite le syndicat à communiquer leur nombre d’adhérents et leur financement pour juger si leur représentativité a encore du sens », crie le Dr Sibour.

Cette mobilisation tombe à la veille des vœux présidentiels aux acteurs de la santé – libéraux et hospitaliers – que présentera Emmanuel Macron ce vendredi, lors d’un déplacement au centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) d’Evry. Selon la Dr Sophie Bauer, présidente du SML, reçue rapidement aujourd’hui avec cinq autres médecins par François Braun, le chef de l’État devrait faire des « annonces ». Un discours que le collectif écoutera « très attentivement », promet la Dr Christelle Audigier, fondatrice de « Médecins pour demain ». Le bras de fer continue. 

Manif Médecins S. Toubon

La grève des médecins libéraux reconduite : « Nous sommes à un seuil de rupture », alerte la Dr Christelle Audigier, du collectif Médecins pour demain

PAR  JULIEN MOSCHETTI – 

PUBLIÉ LE 02/01/2023 https://www.lequotidiendumedecin.fr/liberal/la-greve-des-medecins-liberaux-reconduite-nous-sommes-un-seuil-de-rupture-alerte-la-dr-christelle

Crédit photo : DR

C’est avec « regret et amertume »que le collectif Médecins pour demain appelle à poursuivre la grève des médecins libéraux – du 2 au 8 janvier inclus. La Dr Christelle Audigier, généraliste fondatrice de ce collectif créé en septembre dernier, revient pour « Le Quotidien » sur les motifs de la reconduction de la grève cette semaine et dresse un premier bilan de la fermeture des cabinets libéraux depuis le 26 décembre.

La généraliste lyonnaise se projette aussi sur la manifestation nationale prévue jeudi prochain à Paris. Une délégation du collectif devrait être reçue le jour même par François Braun, qui a fermement condamné cette grève, alors que les urgences sont dans une situation critique. Parmi les propositions phares du groupe figure le doublement du tarif de consultation de base – de 25 à 50 euros.

LE QUOTIDIEN : Quel bilan tirez-vous de la première semaine de grève ? L’Assurance -maladie a estimé la baisse d’activité des généralistes entre 5 et 10 %…

Dr CHRISTELLE AUDIGIER : Le mouvement de grève a été extrêmement bien suivi la semaine dernière. Selon les régions, 60 à 80 % des généralistes y ont participé. C’est une mobilisation historique ! D’autant plus que quatre syndicats nous ont rejoints – l’UFML, le SML, la FMF et Jeunes Médecins – ce qui a permis de faire grossir le mouvement. Cela montre que les professionnels libéraux sont prêts à se mobiliser pour défendre leur profession, leurs patients et l’accès aux soins. Mais aussi que la situation est grave, puisqu’elle dépasse largement la problématique saisonnière.

Sous quelle forme la grève est-elle reconduite cette semaine ?

Nous renouvelons la fermeture des cabinets. Pour certains médecins, cela sera plutôt une baisse d’activité pour continuer à s’occuper de leurs patients chroniques. D’autres assureront uniquement les urgences. Tout dépendra du médecin et des besoins de sa patientèle.

Nous attendons encore une forte mobilisation des confrères cette semaine, notamment lors de la manifestation du jeudi 5 janvier. J’appelle aussi les patients concernés par la détérioration de notre système de santé à nous rejoindre, ainsi que les spécialistes qui nous soutiennent. D’autres actions sont à l’étude. Il ne s’agira pas forcément de fermer des cabinets. Tout dépendra de notre discussion avec François Braun, le 5 janvier.

Que répondez-vous à ceux qui évoquent les graves difficultés de notre système de santé, la saturation des urgences ?

Nous avons conscience de la difficulté de la situation ! Quand François Braun appelle à la « responsabilité » des médecins libéraux, cela crée un sentiment de culpabilité énorme chez ceux qui se mettent en grève. Mais malgré cette culpabilité, nous le faisons car les patients sont en danger, pas seulement au cours de cet hiver, mais aussi pour les années à venir.

L’avenir de la médecine libérale est extrêmement sombre. Nous sommes arrivés à un seuil de rupture. Les médecins ne voient pas comment ils peuvent continuer à soigner dans les conditions actuelles. Nous n’arrivons plus à faire face à l’inflation et à embaucher. En Allemagne, les médecins libéraux sont bien mieux rémunérés. Là-bas, un médecin emploie en moyenne deux temps plein. En France, on est plutôt à 0,2 temps plein par praticien… Cela signifie que le médecin n’a plus la capacité d’employer.

François Braun a jugé cette grève hivernale « particulièrement malvenue ». Que lui répondez-vous ?

C’est le gouvernement et la Cnam qui ont fixé les dates du calendrier des négociations au cœur de l’hiver, de novembre à mars. Ils pouvaient s’attendre à avoir une mobilisation à cette période. Ils savaient aussi que les infectiologues avaient annoncé depuis longtemps une épidémie hivernale sérieuse. On aurait donc pu l’anticiper.

Enfin, si c’est malvenu, qu’il ouvre la porte, et on discutera ! On nous parle de notre responsabilité, alors qu’on attend un dialogue qui ne s’amorce pas. Donc, on est bien obligés de se faire entendre, car les grèves silencieuses ne s’entendent pas.

Pourquoi reconduire la grève alors que les négociations entre la Cnam et les syndicats sont en cours ? Vous ne leur faites pas confiance ?

Elles ne sont pas en cours. J’ai participé le 15 décembre à une séance plénière. La Cnam nous a fait un résumé des réunions bilatérales, en listant les problématiques, les points d’accord et de désaccord. C’était une jolie présentation Powerpoint que l’on aurait pu nous envoyer par mail quelques jours plus tôt ! Après deux mois de négociations, on aurait pu s’attendre à recevoir déjà un ordre du jour précis à l’avance, mais ce ne fut pas le cas. Résultat, il n’y a pas eu de véritable discussion sur chaque problématique : la revalorisation tarifaire, les assistants médicaux, les rendez-vous non honorés, l’activité du forfait médecin traitant, les objectifs de santé publique, etc.

Vous reprochez aussi au gouvernement de ne pas vous avoir accordé d’attention…

Nous ne sommes pas réellement écoutés. Plusieurs problématiques n’ont pas été reprises lors de la plénière comme celle de la retraite ou des rendez-vous non honorés. La question de la revalorisation tarifaire a été à peine effleurée alors que c’est un sujet central avec notre demande de consultation à 50 euros. C’est compliqué d’avancer dans ces conditions… Thomas Fatôme [le directeur général de la Cnam, NDLR] ne nous écoute pas. Lors de notre manifestation, début décembre, plus de 80 % des cabinets ont fermé. C’est quand même énorme !

Plusieurs 49.3 ont aussi été nécessaires pour faire passer le PLFSS [budget de la Sécurité sociale]. Et le 15 décembre, rien n’avait avancé ! Il y a une volonté délibérée d’ignorer les médecins de terrain, soit parce que nos revendications ne leur conviennent pas, soit par mépris, même si j’ose espérer que ce n’est pas le cas. Nous sommes donc contraints de reconduire le mouvement. Nous ne pouvons pas aborder une négociation si nous ne sommes pas écoutés. 

Qu’avez-vous fait pour renouer le dialogue ces dernières semaines ?

Durant la première quinzaine de décembre, j’ai rencontré François Braun qui m’a dit que l’échange restait ouvert. Mais cet échange n’a pas repris. Par contre, le ministre a déclaré que cette mobilisation était particulièrement malvenue, à un moment critique. Même s’il respecte notre droit de grève, François Braun nous met la pression pour que l’on arrête le mouvement. Il ne nous tend pas la main ! Si nous avions été écoutés, on aurait repris le travail dès le lendemain. Ce n’est pas ce qui s’est passé entre Noël et le jour de l’An. En l’absence de retour de François Braun, nous avons demandé à rencontrer Élisabeth Borne, en fin de semaine dernière. Mais le courrier est resté sans réponse.

« Incompréhensible », « extravagant » : Thomas Fatôme recadre 

« L’immense majorité des médecins généralistes n’ont pas suivi ce mouvement de grève », a assuré ce lundi sur FranceInfo le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme, jugeant cette mobilisation « incompréhensible dans la période d’épidémies que nous connaissons ». La négociation conventionnelle avec les syndicats doit reprendre « dès le début de la semaine prochaine » pour s’achever avant fin février. Mais un montant de « 50 euros (la consultation) serait relativement extravagant, ça voudrait dire une augmentation de chaque médecin généraliste de l’ordre de 100 000 euros », a-t-il affirmé, en notant que les principaux syndicats de médecins ne portaient pas cette revendication. 

Source : lequotidiendumedecin.fr

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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