« Cette tension extrême dans les hôpitaux a des conséquences graves »

vidéo »Je sors des gardes avec la honte », confie une médecin urgentiste

Publié le 03/01/2023 12:10

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« Aujourd’hui dans un service d’urgence, on a presque l’impression d’être dans un hôpital en temps de guerre », estime le Dr Abigael Debit, invitée du Talk franceinfo sur Twitch.

« Je sors des gardes avec la honte » : le Dr Abigael Debit, médecin urgentiste, a témoigné de son quotidien dans le Talk franceinfo sur Twitch, lundi 2 janvier. Manque de soignants à l’hôpital engendrant des services d’urgence en tension, grève des médecins libéraux qui réclament une hausse du tarif de consultation : la triple épidémie hivernale s’est abattue sur un système de santé déjà très en difficulté. Cette tension extrême dans les hôpitaux a des conséquences graves. Le syndicat Samu-Urgences de France a recensé, depuis le 1er décembre, 30 « morts inattendues » de personnes en attente de prise en charge hospitalière.

>> REPLAY : Notre système de santé va-t-il craquer ?

Selon le Dr Abigael Debit, « la rémunération n’est vraiment pas forcément le cœur du sujet ». Elle estime que « ce qui est plus difficile, c’est de travailler contre ses valeurs en permanence. Je ne dis pas qu’on s’engage pas tous dans le soin avec une vocation hyper forte, mais quand même, ça reste un métier qu’on ne choisit pas au hasard. Et je trouve que ce qui est le plus difficile, c’est de maltraiter les patients et de ne pas faire ce que vous aimez faire. »

« Je n’ai pas envie d’être maltraitante et tous les jours, je suis maltraitante. »Le Dr Abigael Debit, médecin urgentiste

Le Talk franceinfo

À son arrivée au ministère de la Santé au début du mois de juillet 2022, François Braun évoquait un système de santé « à bout de souffle ». La tension sur le système médicalque la France connaît depuis la fin de l’année 2022 ne fait qu’illustrer les propos du ministre de la Santé. « Ce qui m’effraie beaucoup, poursuit le Dr Abigael Debit, c’est de voir à quel point on est presque paralysés par cette façon un peu ultra-libérale et cynique de tout détruire. Venir aujourd’hui dans un service d’urgence, on a presque l’impression d’être dans un hôpital en temps de guerre. »

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Je sors des gardes avec la honte. » Les mots de l’urgentiste Abigael Debit sont graves. Sur franceinfo, la médecin revient sur l’état catastrophique des services d’urgence dans les hôpitaux français. Entre le manque de soignants, la grève des médecins généralistes et la triple épidémie hivernale, la tension atteint des niveaux inédits, au point de provoquer des burn-out et des dépressions.

👉 A Thionville, l’état d’épuisement des soignants aux urgences est tel que 54 des 59 infirmiers et aide-soignants ont été placés en arrêt maladie, souvent sur décision des médecins des urgences eux-mêmes. « Ça fait six mois que je viens aux urgences la boule au ventre. Six mois que j’ai peur d’ouvrir une porte et de trouver derrière un mort sur un brancard », confie une jeune infirmière arrêtée pour « burn-out ».

👉 « Les équipes sont à bout, épuisées”, confirme Clarisse Mattel, infirmière et secrétaire générale du SYNDICAT MICT CGT. “Ils sont incapables d’assurer une prise en charge de qualité, ce qui est insupportable pour eux. » Un sentiment partagé par Abigael Debit: “Le plus difficile, c’est de maltraiter les patients et de ne pas faire ce que vous aimez faire. (…) On a presque l’impression d’être dans un hôpital en temps de guerre”.

👉 Les patients en paient en effet les frais. A Thionville, plusieurs soignants font état d’un patient de 90 ans resté « plus de 90 heures » en attente de soins. « Ces derniers jours, les patients étaient sur des brancards dans le couloir, quand on a la chance d’avoir des brancards. Une nuit, on n’en avait plus, une dame s’est allongée par terre », témoigne une aide-soignante.

👉 Les conséquences sont lourdes. En témoignent les chiffres alarmants du mois de décembre. Comme le rappelle le président de Samu-Urgences de France marc NOIZET sur LinkedIn, 31 personnes seraient mortes de manière “inattendue” dans les couloirs des services d’urgence. “Ce chiffre illustre la situation critique des services d’urgences, minés par un manque de lits et de personnel”, s’indigne thierry amouroux, porte-parole du SYNDICAT NATIONAL DES PROFESSIONNELS INFIRMIERS DES FONCTIONS PUBLIQUES CFE-CGC.

🎙 Vous êtes soignant au sein d’un établissement hospitalier? Partagez votre expérience en commentaires.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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