Selon le Journal International de Médecine (JIM) du 30 décembre 2022 (extrait) :
« Vingt-six, c’est le nombre de patients morts sur des brancards dans des services d’urgence depuis le 1er décembre, selon le syndicat Samu-Urgences de France. Un chiffre « énorme et largement sous-estimé » selon le président du syndicat, le Pr Marc Noizet, qui estime que « le nombre total se situe plus près des 120 à 150 décès survenus depuis le 1er décembre ». Un chiffre qui illustre la situation critique dans laquelle se trouvent les services d’urgences à travers la France, minés par un manque de lits et de personnels et aggravé par la triple épidémie de bronchiolite, de Covid-19 et surtout depuis quelques semaines de grippe qui touche actuellement la France. »
Pourtant, ancien praticien hospitalier, j’ai été le témoin de nombreuses alertes des médecins urgentistes qui ne cessaient pas d’attirer l’attention sur la dégradation de la situation depuis des décennies. Comment peut-on encore éviter la question politique, celle du niveau de décision, quand on aborde un tel sujet ? Or, ce fut le principal argument opposé aux lanceurs d’alerte : médecine et politique ne devaient pas être mélangées, un peu comme la fiction sportive que nous venons de vivre.
En attendant, il nous reste à éviter tout attitude ou geste dangereux (couteau à huitre par exemple), excès alimentaire et boissons alcoolisées…
Pour toute personne âgée, il convient de se vacciner, en particulier contre la grippe, la covid-19, voire le pneumocoque et le zona. Le port d’un masque FFP2 est souhaitable en toute circonstance bien connue.
En effet, les infections sont la plus fréquente cause de décompensation d’une pathologie chronique sous-jacente. Si l’entourage familial et professionnel des personnes âgées est concerné, c’est par sa propre attitude* et par l’encouragement des aînés. Le handicap du message de prévention est son absence d’efficacité apparente. Seules la connaissance des risques et le sens de la solidarité collective peuvent compenser cet angle mort.
* L’entourage proche, professionnel ou non, est le principal vecteur des conaminations.
Source :
Décès inattendus et locaux vétustes : les urgences s’enfoncent dans la crise
Décès inattendus et locaux vétustes : les urgences s’enfoncent dans la crise

Paris, le vendredi 30 décembre 2022
– Selon le syndicat Samu-Urgences de France, des patients meurent tous les jours aux urgences sur des brancards.
Vingt-six, c’est le nombre de patients morts sur des brancards dans des services d’urgence depuis le 1erdécembre, selon le syndicat Samu-Urgences de France. Un chiffre « énorme et largement sous-estimé » selon le président du syndicat, le Pr Marc Noizet, qui estime que le nombre total se situe « plus près des 120 à 150 décès survenus depuis le 1er décembre ». Un chiffre qui illustre la situation critique dans lequel se trouve les services d’urgences à travers la France, minés par un manque de lits et de personnels et aggravé par la triple épidémie de bronchiolite, de Covid-19 et surtout depuis quelques semaines de grippe qui touche actuellement la France.
Depuis le début du mois, le syndicat d’urgentistes demande aux services d’urgence de déclarer sur une plateforme le nombre de « décès inattendus » survenus en leurs sein. « Les réponses que nous avons reçues proviennent d’une quinzaine de départements ce qui représente une vingtaine de services » explique le chef du service de l’hôpital de Mulhouse, d’où le fait que ce nombre de décès est sans doute sous-évalué. « Il y a aussi une sous-déclaration des décès de la part des soignants, chez qui cela génère de la culpabilité » estime-t-il.
« Ces patients, décédés sur des brancards, n’ont pas été pris en charge parce que les services étaient surchargés » poursuit le syndicaliste dans une interview au journal Libération. « Dans 80 % des cas, ils ont été accueillis mais on a jugé que leur état n’était pas suffisamment grave pour qu’ils soient pris en priorité, sauf qu’ils ont dû attendre des heures sur un brancard sans qu’on puisse les surveiller suffisamment ; pour les 20 % restants, ce sont des patients qui auraient du bénéficier de soins particuliers qui n’étaient disponibles ni dans l’hôpital dans les établissements à proximité ».
Les urgences d’Orsay, un service en voie de délabrement
En 2018, le syndicat Samu-Urgences de France, alors dirigé par le futur ministre de la Santé François Braun, avait lancé le « no bed challenge », pour dénombrer le nombre de patients contraints de passer la nuit sur des brancards aux urgences. Mais ce décompte « n’émeut plus personne » explique son successeur à la tête du syndicat, qui explique que le recensement des morts inattendues continuera « tant que le système de soins sera dans cet état de délabrement ». « Ces chiffres nous permettent de ne pas crier dans le désert, quand on alerte sur l’état des urgences ce n’est pas de l’agitation syndicale » conclut-il.
Un état de délabrement illustré par la situation inouïe du service des urgences de l’hôpital d’Orsay. Dans cet hôpital de l’Essonne, le chauffage est en panne depuis un mois et n’a toujours pas été réparé, tandis que l’eau chaude est indisponible. Des chauffages d’appoint sont utilisés et les patients ne peuvent se laver qu’avec de l’eau chauffée à la bouilloire. Au début du mois de décembre, quand la France était touchée par une vague de froid, la température est descendue jusqu’à 12° C dans la salle d’attente des urgences. La porte d’entrée du service est cassée depuis un mois, laissant passer l’air frais.
Pour ne rien arranger, les urgences d’Orsay subissent également les difficultés habituelles rencontrées par tous les services de France, à savoir un manque de personnel et de lits. Vendredi dernier, deux infirmières sur cinq manquaient à l’appel et 17 patients ont dû dormir sur des brancards. Par manque de personnel, les urgences pédiatriques sont fermées depuis le 16 décembre et jusqu’à lundi prochain.
Pour le Dr Wargon, il faut « refonder le système »
Alors que l’hôpital doit fermer ses portes en 2024 pour être remplacé par un nouvel établissement à Saclay, les soignants accusent la direction d’avoir abandonné tout investissement dans cet hôpital vétuste. « On en est quand même à donner aux patients des boîtes remplies d’écrou qu’ils secouent pour faire du bruit et nous appeler car toutes les sonnettes de chambre sont en panne depuis un an » raconte une infirmière.
Interrogé ce vendredi matin sur France info sur la situation, le Dr Mathias Wargon, chef du service des urgences de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, constate également la saturation des services. Ce lundi, son service a ainsi enregistré 250 passages de patients, contre 170 en moyenne. « Je n’avais jamais vu ça » lance l’urgentiste, qui explique que certains patients ont dû attendre 1h30 rien que pour voir l’infirmière de tri.
« La plupart des hôpitaux tiennent encore le coup grâce à une énorme résilience du personnel et notamment des personnels des urgences » explique le praticien, qui estime qu’il va falloir désormais « refonder le système » et « repenser à quoi sert l’hôpital ».
Grégoire Griffard
Interview
«Décès inattendus» aux urgences : «C’est un échec du système»
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Samu-Urgences de France a décompté plus de 20 «décès inattendus» aux urgences en décembre. Pour Marc Noizet, président du syndicat, c’est la preuve cruelle de la saturation des services et du délabrement du système de soins.
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publié le 29 décembre 2022 à 16h30
Le chiffre choc provient du décompte mis en place depuis le 1er décembre par Samu-Urgences de France et il est probablement sous-estimé : 23 patients sont décédés sur un brancard en attendant d’être soignés aux urgences, sur le seul mois de décembre. Le syndicat a décidé de recenser les «décès inattendus» pour renforcer les innombrables alertes envoyées par les soignants sur l’état des urgences en France, explique Marc Noizet, président du syndicat et chef des urgences de Mulhouse.
Les urgences ont-elles déjà traversé une telle saturation ?
Non, la situation est inédite. Le système de santé n’a jamais été aussi fragile. Et on n’a jamais eu trois épidémies en même temps. Le Covid est plutôt en ralentissementmême si nous avons encore des cas mais la grippe nous sature complètement. La semaine dernière, à peu près un tiers des Samu de France nous ont rapporté qu’ils ont reçu 61% d’appels supplémentaires p…(suite abonnés)