Pendant que les urgences craquent dans nos hôpitaux, certains médecins libéraux skient à Courchevel !

Grève des libéraux : « c’est franchement pas le moment » dénonce Patrick Pelloux

Par M.G. le 27-12-2022 https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_19056_4017266_1_7&ems_l=4060993&i=1&d=Q3NGQnNkRGcyWDlNRWRNa0MydUZSY0lsTWxxM2tsdnRjQTE4MWc4VldBQlVqbmM4M3IlMkZmcmIwa3Fmd05hNThBcWtYclExd3dtTEpjSDZlRm5pRHZyZyUzRCUzRA%3D%3D%7CMjAyMi0xMi0yNy1lbmJyZWY%3D%7CMjAyMg%3D%3D%7CMTI%3D%7CMjc%3D%7CMTM4NjE2MjY3%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_36d4da8e04a79ad518b8b81f24a93f5adecd1ed3566813e842826bccc20c7f19

Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France a exprimé son incompréhension face à la grève des médecins libéraux cette semaine, alors que la situation dans les hôpitaux et notamment dans les urgences est actuellement “épouvantable” et “dramatique”.

Patrick Pelloux était l’invité de Bmftv ce mardi 27 décembre matin. Le président de l’association des médecins urgentistes de France est revenu sur les conditions difficiles dans les hôpitaux en cette fin d’année. “C’est pas qu’on est saturé, on est sursaturé”, confie-t-il. “Cette nuit, il n’y avait plus un lit de réanimation disponible sur Paris et sur la petite couronne, c’est vous dire la situation dramatique qu’on vit”, poursuit l’urgentiste. Il déplore le manque de personnel dans les hôpitaux, le manque de moyen, les écarts salariaux “considérables” entre la médecine de ville, la médecine privée et l’hôpital.

Dans un contexte tel, il dénonce également la grève des médecins généralistes, en cette fin d’année. “C’est franchement pas le moment, alors qu’on est dans une situation épouvantable », reconnaît-il. Patrick Pelloux veut réformer le système de santé. « Ça ne peut plus fonctionner comme ça ! On paye de plus en plus les médecins qui sont de plus en plus éloignés des malades. C’est-à-dire qu’on a valorisé la téléconsultation, qui est une erreur monumentale. Et on n’a pas valorisé les médecins qui vont au domicile”, regrette-t-il. 

Le Dr, Marc Noizet, président de l’association Samu-Urgences de France rejoint l’avis de son confrère, en s’opposant également à cette grève qui « arrive au pire des moments« . « Depuis 15 jours, on observe une augmentation excessivement importante, que je qualifierais presque de vertigineuse, de l’activité dans les centres » du Samu, regrette-t-il au micro de France Bleu Alsace.

Grève des médecins libéraux : ça commence aujourd’hui pour une semaine reconductible

Le Ministre de la santé, François Braun s’est lui aussi « fermement » opposé à cet appel à la grève. « Alors que notre système de santé affronte une situation exceptionnelle, compte tenu notamment de la triple épidémie qui se poursuit partout en France, cela fait peser une pression accrue sur des hôpitaux et services d’urgences qui se trouvent déjà dans une situation critique« , a-t-il souligné. Le Ministre a salué la décision des syndicats, MG France, CSMF et Avenir spé, qui, eux, n’ont pas « appelé à faire cette grève ». François Braun fera un point avec l’ARS, le CHU et les fédérations hospitalières sur la situation, ce mardi 27 décembre « en fin de journée ».

[Avec bfmtv.com et AFP]

Patrick Pelloux sur la grève des médecins libéraux: « C’est franchement pas le moment »

Les médecins libéraux sont de nouveau appelés à fermer leurs cabinets à partir de ce lundi et jusqu’au 2 janvier pour réclamer une hausse du tarif de consultation et une amélioration de leurs conditions d’exercice. Patrick Pelloux, Président de l’Association des médecins urgentistes de France réagit à cette grève.

https://www.bfmtv.com/societe/greves/patrick-pelloux-sur-la-greve-des-medecins-liberaux-c-est-franchement-pas-le-moment_VN-202212260129.html

Patrick Pelloux : hôpital, un état d’urgence permanent ?

Lundi 21 décembre 2020ÉCOUTER (34 MIN)

Qu’a-t-on appris de la première vague ? Les hôpitaux sont-ils prêts aujourd’hui ? On en parle avec le médecin urgentiste Patrick Pelloux et avec le réalisateur Ilan Klipper, qui signe le documentaire « Soigner à tout prix ».

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/patrick-pelloux-hopital-un-etat-d-urgence-permanent-5559069

Avec

  • Ilan Klipper Réalisateur
  • Patrick Pelloux Médecin urgentiste, président de l’association des Médecins urgentistes de France (AMUF), co-auteur d’un rapport sur la formation aux gestes qui sauvent

Patrick Pelloux est médecin urgentiste et président de l’Association des Médecins Urgentistes de France. La canicule de 2003, dans laquelle il s’illustre comme lanceur d’alerte, le propulse sur la scène médiatique. C’est cette année là qu’il devient chroniqueur pour la journal satyrique Charlie Hebdo.  

On a l’impression qu’on a perdu les repères de la société, que nous médecins avons perdu des repères pour soigner les malades; il y a un espèce de bouleversement. Je pense qu’on n’a jamais eu autant besoin de philosophes. (Patrick Pelloux)

Ses chroniques resurgissent aujourd’hui dans l’ouvrage Urgences de vivre (Editions Le Cherche Midi, novembre 2020), préfacé par Zineb el Rhazoui et illustré par les dessins de son ami Charb, disparu lors de l’attentat du 7 janvier aux locaux de Charlie Hebdo. Des anecdotes de médecin urgentiste qui donnent à voir les débats du milieu médical. De l’amour au suicide, en passant par la pauvreté, ces chroniques montrent que, si l’hôpital est « un avion décollant en mode dégradé», comme le dit une tribune du JDD que Patrick Pelloux a cosignée avec Antoine Pelissolo, chef de service au CHU Henri-Mondor à Créteil, c’est en fin de compte la société française toute entière qui disfonctionne.  

N’importe quelle société dans le chaos se tourne vers l’hôpital. (…) L’hôpital est un des socles de la société, c’est votre curseur de l’humanité et de l’humanité de la société. (Patrick Pelloux)

Le tout démontré avec l’humour si caractéristique de Charlie Hebdo. Patrick Peilloux était parmi les premiers présents après l’attaque terroriste du 7 janvier 2015, sauvant alors ceux qu’il pouvait avant l’arrivée des pompiers. Il s’est retiré du journal après les attentats de novembre 2015 et a témoigné en Cour d’Assise en septembre 2020. Aujourd’hui, il en appelle à plus de laïcité dans le milieu hospitalier et craint une montée de l’islamisme radical.

Présent également à distance, le réalisateur Ilan Kippler, dont le film Funambules comptait parmi les neuf titres qui portant le label Acid Cannes 2020. Aujourd’hui, il nous parle de son dernier documentaire : Soigner à tout prix, disponible sur arte du 14/12/2020 au 14/06/2021 (Prochaine diffusion le lundi 14 décembre à 05:00). Tourné sans voix off, il nous permet d’entrer au cœur des services d’urgences et de réanimation de l’hôpital Bichat, alors que surgit la première vague de la Covid-19.

J’avais cette idée que quand on va dans un service de réanimation, on vous soigne. En fait, j’ai eu l’impression qu’on vous y maintient en vie et qu’on donne plus de temps à votre organisme pour qu’il pusse lutter contre la maladie. C’est le malade qui combat pour s’en sortir. (Ilan Klipper)

Nouvelle grève des médecins libéraux sur fond de tension dans les hôpitaux

https://redaction.lemonde.fr/optiext/optiextension.dll?ID=RjiRpAuDodW5lX18t2ElU9gcgJbe185wtsJOnDZEqH65l9ABdCyUfGsXPfydAMNFDtX3chq4Oltudc61eYJnWamow9c1XMU6GlWxtDlU

Hier à 20h50, mis à jour à 01h59.Lecture 3 min.

Le collectif Médecins pour demain a appelé à la fermeture des cabinets du 26 décembre au 2 janvier 2023. Tous les syndicats ne l’ont pas suivi. Le ministre de la santé a condamné le mouvement.

Par Eléa Pommiers

Lors d’un rassemblement organisé par le collectif Médecins pour demain et la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF), à Paris, le 1er décembre 2022.
Lors d’un rassemblement organisé par le collectif Médecins pour demain et la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF), à Paris, le 1er décembre 2022. EMMANUEL DUNAND/AFP

C’est le deuxième mouvement de protestation en moins d’un mois. En dépit de l’appel des autorités à « l’union sacrée »des professionnels de santé, les médecins libéraux sont invités à fermer leur cabinet depuis lundi 26 décembre et jusqu’au 2 janvier 2023, avant une manifestation à Paris, le 5 janvier. Comme lors de la première mobilisation des 1er et 2 décembre, le collectif « asyndical et apolitique » Médecins pour demain est à l’initiative du mouvement.

« La grève n’est pas une habitude de notre profession, affirme Christelle Audigier, médecin généraliste lyonnaise et fondatrice du collectif, issu d’un groupe de discussion Facebook réunissant 15 000 personnes. Si nous en arrivons là, c’est parce que nous n’avons pas d’autre moyen de nous faire entendre. »

Les négociations engagées en novembre entre les représentants des praticiens libéraux et l’Assurance-maladie pour définir un accord pour les cinq prochaines années n’ont, pour le collectif, apporté « aucune réponse concrète » permettant le« choc d’attractivité » qu’il réclame, à l’heure où de moins en moins de jeunes médecins souhaitent s’installer. Parmi les propositions phares du groupe figure le doublement du tarif de consultation de base, de 25 à 50 euros. « Cela nous permettrait d’embaucher du personnel pour libérer du temps médical ou investir dans du matériel », fait valoir Christelle Audigier.

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Les principaux syndicats n’ont pas suivi

A ce stade, l’ampleur du mouvement est inconnue, d’autant plus qu’il intervient durant une période de congés pour les médecins. Le collectif qui en est à l’origine revendique une majorité de cabinets au moins partiellement fermés, mais reconnaît une mobilisation moindre que début décembre. Il estimait alors que « 60 à 80 % » des cabinets avaient tiré le rideau, tandis que l’Assurance-maladie avait mesuré une baisse de l’activité des généralistes d’environ 30 %.

Contrairement à la première fois, le mot d’ordre n’est soutenu que par une partie des syndicats, notamment l’Union française pour une médecine libre, la Fédération des médecins de France, le Syndicat des médecins libéraux et Jeunes médecins. Les principaux syndicats n’ont, eux, pas suivi.

« Leurs propositions ne sont pas les nôtres », résume Agnès Giannotti, présidente de MG France, majoritaire chez les généralistes, pour qui « la consultation à 50 euros n’est pas une réponse structurante » pour améliorer les conditions de travail et ne cadre pas avec la diversité des pathologies. Lors de la dernière réunion plénière avec l’Assurance-maladie, le 15 décembre, une refonte des tarifs autour de « trois niveaux » de consultation a été évoquée, et les négociations sur le sujet doivent reprendre en janvier 2023.

« C’est peut-être un peu prématuré d’appeler à une grève dure dès maintenant, d’autant plus à une période où les Français sont malades et ont du mal à trouver des médecins », juge Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), qui appelle à des fermetures seulement le samedi.

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Période critique pour le système de santé

Cette grève s’organise en effet à une période critique pour le système de santé, déjà débordé par un manque chronique de médecins, accentué pendant les congés et par la conjonction des épidémies de Covid-19, de bronchiolite et de grippe. Ce mouvement « arrive au pire des moments », a tranché, sur France Bleu Alsace, Marc Noizet, chef des urgences de Mulhouse et président de l’association SAMU-Urgences de France. Selon cette dernière, durant la semaine du 12 au 18 décembre, les appels au 15 avaient augmenté de 55 % par rapport à 2021 – année déjà exceptionnelle – et les délais de prise en charge des patients aux urgences sont « majorés de 10 % » durant le mois de décembre.

« En vingt-cinq ans de métier, je n’ai jamais connu de situation aussi critique que celle que l’on a subie entre le 23 et le 26 décembre, abonde Jean-François Cibien, vice-président de l’association. Au SAMU 47, dans la nuit de lundi à mardi, nous avons eu jusqu’à trois heures trente d’attente pour répondre aux patients qui appelaient le 15. » Même constat du côté de SOS Médecins, qui effectue en ce moment « environ 15 000 actes par jour » et répond à « 30 000 appels », selon son secrétaire général, Serge Smadja. « Le flux d’appels est ininterrompu, on est absolument débordés », souligne le médecin.

Dans ce contexte, le ministre de la santé, François Braun, a « fermement » condamné, dans un communiqué lundi soir, la fermeture des cabinets et a appelé, comme il le fait depuis plusieurs semaines, à faire « prévaloir [l’]esprit de responsabilité », alors que les services d’urgence sont dans « une situation critique ». En cas de tension trop forte, les agences régionales de santé peuvent réquisitionner des médecins en grève. La ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, Agnès Firmin-Le Bodo, a, elle, promis mardi sur Franceinfo que des propositions sur le système de santé seraient formulées « dans les semaines à venir ».

« Ce n’est pas notre mouvement d’une semaine qui crée la crise, l’hôpital est en tension depuis longtemps, et ça sera pire pour les patients si on ne se bat pas pour des solutions de long terme », réplique Christelle Audigier, comme les syndicats soutenant la grève. Cette ambition-là est largement partagée. Si les solutions ne font pas toutes consensus, les syndicats et des médecins ne participant pas au mouvement se disent néanmoins « solidaires » de la colère exprimée par les libéraux mobilisés, symptôme du profond malaise d’une profession qui dénonce très largement la dégradation de ses conditions de travail et s’inquiète de la déliquescence de tout un système de santé.

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Eléa Pommiers

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L’appel à la grève des médecins libéraux contesté par le SAMU-Urgences de France et le ministre de la santé

Le collectif Médecins pour demain a appelé les médecins libéraux à se mettre en grève entre Noël et le Jour de l’an.

Le Monde avec AFPPublié hier à 16h50, mis à jour hier à 17h36

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/12/27/l-appel-a-la-greve-des-medecins-liberaux-condamne-par-le-ministre-de-la-sante-et-le-samu-urgences-de-france_6155812_3224.html

Temps de Lecture 1 min. 

L’appel à la grève des médecins libéraux survient à un moment délicat. Le collectif Médecins pour demain a appelé les médecins libéraux à se mettre en grève entre Noël et le Jour de l’an, avec le soutien de plusieurs syndicats (UFML, FMF, SML, Jeunes Médecins). La revendication centrale du collectif demeure le doublement du tarif de consultation de base de 25 à 50 euros, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail.

Lire aussi : Les médecins libéraux appelés à fermer leurs cabinets jusqu’au 2 janvier

Le chef des urgences de Mulhouse et de l’association SAMU-Urgences de France, Marc Noizet, a déploré, mardi 27 décembre, l’appel à la grève des médecins libéraux pendant les fêtes, déjà condamné par le ministre de la santé, François Braun. « Cette grève arrive au pire des moments », a-t-il estimé sur France Bleu Alsace.

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Evoquant le « pic épidémique de grippe », auquel s’ajoutent les épidémies de bronchiolite et de Covid-19, Marc Noizet a ajouté :

« Depuis quinze jours, on observe une excessivement importante, que je qualifierais presque de vertigineuse, de l’activité dans les centres [du SAMU]. On est en limite de rupture de ce qu’on est en capacité de faire avec les moyens dont on dispose en cette période de fin d’année. »

Lire aussi : Comment les curgences abordent la période tendue des fêtes de fin d’année

Une manifestation prévue pour le 5 janvier

François Braun a « fermement » condamné cet appel à la grève, dans une déclaration transmise lundi par son ministère à la presse :

« Alors que notre système de santé affronte une situation exceptionnelle, compte tenu notamment de la triple épidémie qui se poursuit partout en France, cela fait peser une pression accrue sur des hôpitaux et services d’urgences qui se trouvent déjà dans une situation critique. »

Il a salué la décision des principaux syndicats (MG France, CSMF, Avenir Spé) qui « n’ont pas appelé à la grève » et encouragé à faire « prévaloir cet esprit de responsabilité ». François Braun fera mardi « en fin de journée » un point avec les agences régionales de santé, les CHU et les fédérations hospitalières sur la situation des hôpitaux.

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Le collectif Médecins pour demain, créé à la fin de l’été, prévoit une manifestation nationale à Paris pour le 5 janvier.Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  François Braun fait face à plusieurs fronts de contestation de la part des personnels de santé

Le Monde avec AFP

Grève, entretien avec Braun, participation aux négos… Les confidences de la présidente de Médecins pour demain

https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_29240_4016911_1_23&ems_l=4060283&i=1&d=TmZsU2Zza2pTNUpkSUxoQlQxTkl0bkclMkJMWTVFb054dXFOeGZyMUFxVnFXWnBHVGNlQU82UlFORyUyQmN6JTJGUUh5T2F6SHVTJTJCUHV1MkMlMkZrNWpZWlRBYiUyQkElM0QlM0Q%3D%7CQStsYSt1bmUrLSttYXJkaSsyNytkJUMzJUE5Y2VtYnJl%7CMjAyMg%3D%3D%7CMTI%3D%7CMjc%3D%7CMTM4NTkyNDU1%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_f65d4e3dbbb01a7b34165b585fd6cd47ae23d89732ad814652734d494c2b414f

Par Sandy Bonin le 23-12-2022 

Après la forte participation à la grève des 1er et 2 décembre derniers, Médecins pour demain a décidé de durcir le ton. Le mouvement, fort de près de 16.000 membres,  appelle à une grève d’une semaine reconductible à compter du lundi 26 décembre. Une manifestation nationale se tiendra à Paris le 5 janvier prochain. La Dre Christelle Audigier, médecin généraliste et fondatrice de cette coordination, revient pour Egora sur l’origine de ce mouvement et ses ambitions.

En quelques mois, Médecins pour demain est passé de 5 à près de 16.000 membres, comment gérez-vous l’explosion de ce mouvement ? L’aviez-vous anticipé ?

Dre Christelle Audigier : Quand j’ai créé le groupe, je ne savais pas à quoi m’attendre, ni quels en seraient les résultats. Il y avait une chance sur deux que ça se transforme en bureau des plaintes et que ce ne soit pas constructif. Fort heureusement, les médecins ont été dans un objectif de trouver des terrains d’entente et des solutions. Et ils se sont rapidement accordés sur les solutions.

Rapidement, l’équipe de 5 a pris de l’ampleur. Les médecins étaient très volontaires pour aider à l’organisation du mouvement. On a plusieurs équipes : communication, presse, gestion nationale… J’ai une personne qui est mon chef de cabinet qui gère un peu tout et qui fait la gestion des équipes. Et nous avons une organisation nationale qui s’est mise en place grâce aux groupes Whats App. Je pense que nous devons être pas loin de 150 à 200 médecins qui travaillent vraiment pour le mouvement et qui ne sont pas que des membres qui suivent. Ça s’est développé très rapidement. Il y a vraiment cette idée de solidarité et de fraternité. Les médecins arrivent bien à communiquer entre eux, donc on fonctionne bien.

Ma vie de médecin n’a pas changé, mais tout le travail que je fais pour Médecins pour demain, je le fais sur ma vie personnelle. Je me réveille et je me couche avec le mouvement, sept jours sur sept. ça a été un peu difficile à comprendre pour mon mari au départ, mais il a bien compris et il me soutient.

Bien que vous soyez un mouvement asyndical et apolitque, vous avez pris du poids politique, puisque vous avez été reçue par le ministre de la Santé François Braun.  Comment s’est déroulé l’entretien ?

L’entretien s’est très bien passé. Les échanges ont été cordiaux. On a bien senti qu’on parlait la même langue. En face, on avait certes un politicien, mais avec une base médicale. Il nous a proposé de rester dans l’échange et de se revoir ultérieurement pour discuter de nos propositions. C’était donc plutôt positif. Mais je ne pourrais pas non plus conclure qu’il en est ressorti quelque chose de concret. On est dans l’ouverture.

Quelle a été sa position sur le C à 50 euros ?

Dans l’immédiat il a dit non, mais pourquoi pas dans l’idée d’un point à l’horizon. La porte n’est pas fermée.

Grève des médecins libéraux : le calendrier des actions

Certains médecins déplorent que le C à 50 euros étouffe d’autres de leurs revendications, comme l’amélioration des conditions de travail par exemple. Ne craignez-vous pas que cette demande principale d’une revalorisation financière ne vous desserve ?

C’est pour cela que nous avons officialisé nos propositions, pour bien faire entendre que le C à 50 euros fait partie de la revalorisation des honoraires, mais qu’il y a d’autres leviers sur lesquels il faut appuyer, car le problème est global, il n’est pas que sur la revalorisation.

Bien entendu, dans notre idée du médecin libéral, une revalorisation des honoraires est indispensable et permet d’ouvrir beaucoup d’autres portes. Cela permet de payer un employé, de le former. A l’heure actuelle ça n’est pas possible. D’autant que lorsqu’on a un employé, il faut des locaux plus grands… Tout cela est un cercle.

Vous avez été présente lors de la dernière séance de négociations conventionnelles multilatérale, qu’en avez-vous pensé ? Les propositions du directeur de l’Assurance maladie vous ont-elles convaincues ?

J’ai été surprise que sur une telle réunion, avec de tels enjeux, aucun des syndicats n’ait eu des documents avant la séance. Qu’ils craignent la diffusion, certes, mais à un moment donné, il faut pouvoir travailler. Dans ces conditions on ne peut pas avancer ou cela va prendre des mois. Il a été convenu après coup que les ordres du jour seraient au moins émis avant les plénières, ce qui me semble être un minimum.

La séance à laquelle j’ai assisté a été une présentation des conclusions des bilatérales qui convenaient à la feuille de route de Thomas Fatôme. Plusieurs sujets ont été oubliés, comme la retraite, le secteur 2 ou encore les rendez-vous non honorés… Donc c’était un peu pauvre. D’autant qu’aucun chiffre n’a été mis sur la table. Ça n’avance pas. C’est juste un joli texte bien rédigé.

Serez-vous également présente aux bilatérales ?

Oui normalement je serai présente.

Vous assistez à ces négociations en tant qu’observatrice invitée aux cotés de l’UFML-s, alors que vous vous dites asyndicale. Vous semblez toutefois plus proche de ce syndicat. Est-ce la réalité ?

C’est une impression qui vient du fait que l’UFML-s a été…

le premier syndicat à nous soutenir officiellement et sans arrière-pensée. Ils ne nous ont pas demandé de les rejoindre. Ils sont venus vers nous et nous ont dit « on vous soutient, de quoi avez-vous besoin ? ». Ils ont vraiment respecté notre autonomie et notre indépendance. Ils n’avaient rien contre le fait qu’on discute avec d’autres syndicats, structures ou collectifs, ce qui est constructif.

Nous avons également la FMF, le SML et Jeunes médecins qui nous soutiennent. Nous sommes donc toujours asyndical et apolitique.

Sur les réseaux sociaux, vous êtes accusé de faire de « l’IPA bashing » en critiquant les infirmières de pratique avancée, comment vous défendez-vous ?

Ce que nous critiquons, ce n’est pas les IPA en elles-mêmes. Elles ont des compétences. Le problème c’est la législation qui les entoure. Dans les textes, on parle d’un accès direct et de la possibilité de faire des actes médicaux, diagnostics et de prescription. Derrière, en pratique, ce qu’il se passe dans certains endroits, puisque nous recevons des témoignages, c’est qu’elles n’assument pas la responsabilité et la suite de leurs prescriptions et de leurs actes.

Le problème c’est également que nous sommes dans un conflit avec l’Etat. Nous voyons une revalorisation plus que notable de cette profession, et la nôtre, il faut presque qu’on se prosterne et qu’on se batte bec et ongles pour l’obtenir.

Enfin il y a aussi le problème de possibilité d’un exercice illégal de la médecine qui pourrait mettre en danger les patients et entraîner beaucoup de surcoûts.

Par contre les IPA en elles-mêmes peuvent être de grandes aides dans les structures pluriprofessionnelles. Nous n’avons rien contre cette profession.

« C’est ma première grève, je suis à bout, j’envisage de déplaquer »

Vous annoncez une grève d’une semaine reconductible à compter du 26 décembre, avez-vous déjà des prévisions de participation ?

Nous avons fait un sondage auquel les médecins ont peu répondu. Je crois que nos confrères sont sous l’eau avec les épidémies. Certains médecins vont se mobiliser, mais pas forcément avec une fermeture complète, c’est donc difficile de chiffrer ces médecins-là. Nous accueillons tous les médecins qui se mobilisent. La clé est de pouvoir sortir de ce marasme.  

L’essentiel des propositions de Médecins pour demain
-Consultation de base à 50 euros remboursée par l’assurance maladie et les complémentaires santé
-Revalorisation des visites à domicile à 80 euros
-Revalorisation des consultations spécialisées longues et complexes (psychiatres, pédiatres, rhumato et autres…)
-Possibilité du cumul des actes à taux plein
-Possibilité de coter une consultation + un acte
-Remplacer les mesures coercitives par des solutions adaptées répondant aux problématiques de Santé Publique
-Augmenter le seuil de téléconsultations au-delà des 20%
-Relancer la médecine foraine avec encadrement strict
-Simplifier l’installation avec l’accompagnement par un interlocuteur dédié et un guichet unique
-Suppression de la ROSP
-Diminuer le temps administratif
-Auto déclaration des arrêts de moins de 3 jours sur Ameli.fr et des jours enfants malade
-Responsabiliser le patient qui n’honore pas son rendez-vous médical

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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