Rosa Bonheur, engagée dans la défense des droits des femmes, Peintre de l’homme dans la nature et en harmonie avec les animaux.

Rosa Bonheur grandeur nature au musée d’Orsay

Existe-t-il une exposition à Paris aussi favorable au bien-être et au bonheur que celle consacrée à l’artiste Rosa Bonheur au musée d’Orsay jusqu’au 15 janvier ? À l’occasion du bicentenaire de la naissance de cette artiste engagée dans la défense des droits des femmes, près de 200 œuvres ont été réunies et montrent les différentes facettes de son art. L’homme dans la nature et en harmonie avec les animaux est au programme.

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  • Par Guy Boyer le 21.12.2022mis à jour le 22.12.2022

Une artiste précoce

Rosa Bonheur, Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage, 1849, huile sur toile, Paris, musée d’Orsay ©Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Née à Bordeaux dans une famille de peintres, Rosa Bonheur (1822-1899) connaît très jeune le déclassement social à Paris, qui la conduit à devenir apprentie couturière à la mort de sa mère. Son talent de dessinatrice éclate rapidement et elle expose pour la première fois au Salon de 1841 alors qu’elle n’a que dix-neuf ans. Récompensée d’or sept ans plus tard, elle obtient une commande d’État pour Labourage nivernais, un immense tableau naturaliste, qui entre au musée du Luxembourg, puis au Louvre à la mort de l’artiste.

Une femme engagée

George Achille-Fould (1865-1951), Rosa Bonheur dans son atelier, 1893, huile sur toile © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo L. Gauthier

En 1849, Rosa Bonheur remplace son père à la tête de l’École impériale gratuite de dessin pour demoiselles et veut faire de ses élèves « des Léonard de Vinci en jupons ». Menant une vie émancipée (elle vit avec son amie Nathalie Micas pendant une cinquantaine d’années, puis avec Anna Klumpke), portant les cheveux courts et des pantalons (avec une autorisation officielle de travestissement renouvelable tous les six mois), elle s’engage dans la défense des droits des femmes.

Nature et animaux

Rosa Bonheur (1822-1899), Le Marché aux chevaux, 1855, huile sur toile © The National Gallery, Londres. Photo : F. Deval

Voyageant souvent dans toute la France, des Pyrénées à l’Auvergne, Rosa Bonheur aime les paysages de montagne et les dessine dans des carnets qu’elle utilisera pendant toute sa carrière (son château-atelier de Thomery, propriété de Catherine Brault, en conserve un très grand nombre). Elle obtient une reconnaissance internationale avec son tableau Le Marché aux chevaux, qu’elle expose au Salon de 1853. Acheté un peu plus tard par un collectionneur américain, cet immense format (5 mètres de long !), est enfin donné au Metropolitan Museum de New York en 1887. La représentation des animaux devient sa spécialité et elle n’a même plus besoin de les exposer au Salon pour les vendre.

Chevalier de la Légion d’honneur

Rosa Bonheur, Changement de pâturages, 1863, huile sur toile, Hamburger Kunsthalle ©Guy Boyer

Les années 1860 sont la période la plus faste pour l’artiste qui s’est installée à By, près du village de Thomery, dans une vaste demeure entourée d’un parc de quatre hectares où elle aménage des enclos pour ses animaux. En 1864 et 1865, l’impératrice Eugénie lui rend visite et fait créer, pour l’occasion, la station de train de Thomery sur la ligne venant de Fontainebleau. Elle lui remet les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Elle est la première femme à obtenir cette distinction.

Indiens et Buffalo Bill

Peau-Rouge assis et Peau-Rouge à cheval (1890) et Rosa Bonheur peignant Buffalo Bill (1898) de Rosa Bonheur, présentés dans l’exposition « Rosa Bonheur » au musée d’Orsay, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Dans le parcours de l’exposition du musée d’Orsay, une place a été réservée à l’intérêt que porte Rosa Bonheur aux Indiens d’Amérique du Nord dont elle condamne le massacre. Lors de l’Exposition universelle de 1889, elle rencontre Buffalo Bill, qui présente alors son West Wild Show. Elle fait son portrait ainsi que ceux de chefs en costumes traditionnels. La même année, elle meurt d’une congestion pulmonaire, laissant de nombreux tableaux inachevés dans son atelier.

Une ménagerie à domicile

Étude de lion (vers 1900) de Rosa Bonheur, présenté dans l’exposition « Rosa Bonheur » au musée d’Orsay, Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Quoi de plus pratique pour représenter des animaux sauvages dans leurs attitudes familières que d’avoir une ménagerie à domicile ? Dans son parc de By, Rosa Bonheur a un lion et une lionne, une gazelle, des aigles qu’elle a affublés de prénoms familiers. Elle en dresse des portraits imposants, cherchant à traduire en peinture leur animalité : puissance du taureau, majesté du cerf, supériorité du lion qu’elle nomme dans ce dessin au pastel et fusain « Le lion contemplatif ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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