Les médecins ont gagné moins que les salariés du privé en 20 ans (+ 3% corrigé de l’inflation)

Rémunération des médecins : ce que révèlent les chiffres corrigés de l’inflation    

Par Aveline Marques le 15-12-2022

 https://www.egora.fr/actus-pro/remuneration/78232-remuneration-des-medecins-ce-que-revelent-les-chiffres-corriges-de-l?nopaging=1

Alors que la question tarifaire est au centre des négociations conventionnelles avec la Cnam, la Carmf dévoile ce jeudi 15 décembre des chiffres inédits sur l’évolution des revenus des médecins libéraux de 2002 à 2021, corrigés de l’inflation. Ils vraiment que de 3%. C’est trois fois moins que les salariés du privé.

http://www.carmf.fr/page.php?page=chiffrescles/stats/2022/bnc2020.htm

« Pendant longtemps, on a attribué aux médecins une image de nantis, leur interdisant par cet artifice de communication, toute revendication de revenus« , résume le Dr Thierry Lardenois, président de la Carmf. Les chiffres qui sont dévoilés par la caisse de retraite des médecins libéraux dans son bulletin de décembre témoignent d’une autre réalité : en euros constants, c’est-à-dire corrigés de l’inflation, « les revenus des médecins n’ont quasiment pas progressé sur une vingtaine d’années », souligne le généraliste.

Le BNC moyen de l’ensemble des médecins libéraux est en effet passé de 71 652 euros en 2002 à 94 878 euros courants en 2021, ce qui correspond à 73 799 euros constants, soit une augmentation réelle de seulement 3% sur la période.

Le BNC moyen des généralistes, qui était de 60 850 euros en 2002, a atteint 80 844 euros courants en 2021, soit 62 883 euros constants (+3.34%). Les autres spécialistes sont un peu mieux lotis, avec un revenu moyen de 84 697 euros en 2002 et de 114 237 euros courants en 2021, soit 88 857 euros constants (+4.91%)*. « A titre de comparaison, le salaire net annuel moyen des salariés dans le secteur privé à temps complet a augmenté de 8.7% entre 2002 et 2019 en euros constants », souligne Thierry Lardenois.

Source : Carmf

Les revenus nets moyens des médecins libéraux en 2021, spécialité par spécialité

La hausse de l’inflation aurait en fait neutralisé les revalorisations successives du C octroyées sur la période (de 20 euros en 2002 à 21 euros en 2006, 22 euros en 2007, 23 euros en 2011 puis 25 euros en 2017), montre cet autre graphique réalisé en mars dernier par le Dr Jean-Baptiste Fron, *médecin généraliste créateur du site Recosmédicales.fr, à partir des données de l’Insee. La légère hausse du pouvoir d’achat ces vingt dernières années tiendrait donc davantage à « l’augmentation de l’activité le plus souvent conjoncturelle », relève de son côté Thierry Lardenois. « Le C devenu G est bloqué depuis cinq ans et les forfaits censés compenser ce blocage se sont révélés être des mirages en plein désert, estime-t-il. Les actes techniques bloqués depuis quinze ans obligent nos confrères spécialistes à abandonner certains actes pour lesquels la réalisation s’avère déficitaire. »

Alors que les six syndicats représentatifs de médecins libéraux sont en pleines négociations conventionnelles avec la Cnam, le président de la Carmf estime qu’il en va de « la survie de la profession dans toute sa globalité » de « revaloriser les honoraires ». En effet, la pérennité du régime de retraite en dépend, souligne-t-il : « En dépit d’une augmentation en euros constants de 52.32% des cotisations retraite et d’une baisse contenue à 9.41% des prestations entre 2005 et 2021, nous sommes arrivés aux limites avant rupture. Une augmentation des revenus des médecins est maintenant vitale », plaide Thierry Lardenois. Pour le généraliste, c’est le seul moyen d’augmenter les recettes de la Carmf sans pressuriser davantage les actifs. « Quand on épuise son cheval à la tâche, il se couche pour ne plus se relever ! Si en plus des contraintes administratives, de la désaffection professionnelle, des charges toujours plus lourdes et du blocage des honoraires, on demande aux actifs des augmentations inconsidérées de cotisations, nos retraités seront bien sûr les victimes collatérales ».

*Si le taux de l’ensemble des médecins libéraux est plus faible que ceux des généralistes et des autres spécialistes, c’est parce que sur la période, la part des généralistes, moins bien rémunérés, s’est accrue (de 54.7% en 2002 à 57.9% en 2021), tirant la moyenne vers le bas, explique la Carmf.

Les femmes médecins gagnent 36% de moins

72 320 euros. C’est le montant du BNC moyen des libérales en 2021. Soit 36% de moins que leurs confrères masculins, qui ont déclaré en moyenne 112 875 euros à la Carmf. Du fait de cette disparité de revenus, révélatrice d’un équilibre vie professionnelle-vie personnelle différent, « la féminisation de la profession a des conséquences sur la retraite de l’ensemble des médecins », relève la Carmf dans son bulletin. Alors que les femmes ont représenté 52.9% des nouveaux affiliés à la caisse de retraite en 2022, les cotisations encaissées –pour la plupart proportionnelles aux revenus- sont amenées à baisser, modifiant « durablement le financement des retraites ». « Il faudrait donc davantage de cotisants afin d’obtenir le même niveau d’encaissement qu’auparavant. »

*Évolution du tarif des consultations des médecins généralistes

Mis à jour 24 March

Résumé

Publication préliminaire afin de disposer d’une série longue sur les prix des consultations de médecin généraliste de 1980 à 2021, n’ayant pas trouvé d’article complet sur le sujet.

Ce qui manque: la comparaison avec l’évolution du salaire médian des cadres (corrigé sur l’âge serait un plus). En effet les jeunes décalent fortement la médiane alors que les jeunes médecins … n’existent pas. Le temps de travail des cadres serait également intéressant.

Ce que sera délicat: l’augmentation des prélèvements obligatoires, des loyers, des revenus.

Ce qui nécessitera un autre travail: l’évolution de l’activité des praticiens.

Graphique de l’historique des honoraires médicaux conventionnés secteur 1

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire