Hausse de la mortalité en l’été 2022, la canicule, bien sur mais pas que !

« La canicule a fait bondir la mortalité de 17% pendant l’été 2022 »

Date de publication : 22 novembre 2022

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Le Figaro
Le Parisien
Libération

Pauline Fréour note dans Le Figaro que « l’été passé fut le deuxième plus chaud enregistré en France depuis le début du XXe siècle. Trois vagues de canicules ont successivement frappé l’Hexagone en juin, juillet et août. […] L’heure est désormais au bilan sur le plan sanitaire, car la chaleur est un important facteur de mortalité ».


La journaliste fait savoir que « pendant les trois périodes de canicules de 2022, l’excès de mortalité toutes causes confondues à l’échelle nationale est estimé à 2816 décès, soit une surmortalité relative de + 17% dans les départements concernés, explique Santé publique France (SPF). Cela comprend les décès induits directement par la chaleur, mais aussi par d’autres facteurs inhabituels, notamment, pour l’été 2022, l’épidémie de Covid (directement responsable de 894 morts) ».


Guillaume Boulanger, responsable de l’unité qualité des milieux de vie et du travail et santé des populations à SPF, souligne qu’« il est impossible de dissocier ces deux éléments car l’un peut impacter l’autre : une personne ayant eu le Covid peut se révéler plus fragile lors d’un épisode de canicule et, inversement, la chaleur pourra avoir affaibli un individu lorsqu’il contractera le Covid ».


Pauline Fréour relève que « les plus de 75 ans sont les plus touchés : avec 2272 décès de plus ce que qui pouvait être attendu sur cette période, ils représentent les trois quarts des victimes ».
Elle précise que « c’est dans le sud de la France que se concentrent les décès en excès. Quatre régions en cumulent près des deux tiers : l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un nombre non négligeable de départements n’ont pas connu de canicule en tant que telle et n’ont donc pas été inclus dans le calcul ».
La journaliste remarque qu’« il serait réducteur de se limiter aux seuls épisodes de canicules, qui répondent à une définition scientifique stricte. […] C’est tout l’été qui a été chaud, dans tout le territoire. En France métropolitaine, la surmortalité estivale est estimée à 10.420 décès, toutes causes confondues, sur la période courant du 1er juin au 15 septembre. […] Sur ces 10.420 morts, 5735 sont directement attribuables au Covid (mais peut-être favorisés par la chaleur) ».


Le Pr Laëtitia Huiart, directrice scientifique de SPF, indique ainsi que « la canicule n’est plus un événement météorologique exceptionnel. Mais ces phénomènes ont un impact majeur sur la santé et soulignent toute l’importance de maintenir une grande attention en amont des périodes de canicule ».


Dans Le Parisien, Nicolas Berrod constate également que « le 2e été le plus chaud jamais enregistré en France n’aura pas été sans conséquence sur la vie de certaines personnes, notamment les plus âgées. Lors des trois vagues de canicule vécues fin juin, mi-juillet puis début août, «2816 décès en excès» ont été recensés dans les départements placés en alerte », selon Santé publique France.


Le journaliste relève que « 8 de ces victimes sur 10 sont des personnes âgées d’au moins 75 ans. […] Mais gare à se croire protégés si l’on est jeune : toutes les tranches d’âge ont souffert des températures très élevées. 2000 enfants et ados âgés de moins de 15 ont été admis aux urgences pour cette raison cet été ».


Nicolas Berrod note qu’« une chose importante doit être gardée en tête, et SPF insiste dessus à plusieurs reprises : les décès en excès «ne peuvent pas être uniquement attribuables à la chaleur». D’autres facteurs, à commencer par la 8e vague de Covid, peuvent avoir joué ».
Le journaliste relève aussi que « sur l’ensemble de l’été (du 1er juin au 15 septembre), près de 10.500 décès en excès ont été recensés en France métropolitaine. […] Au final, ce bilan de près de 3000 décès en excès durant les vagues estivales de canicule est le plus lourd depuis l’année 2003, marquée par un mois d’août torride ».
Sébastien Denys, directeur Santé environnement et travail à Santé publique France, souligne ainsi que « la chaleur a un impact sur tout le monde, y compris sur les enfants, et il faut parvenir à s’y adapter davantage ».


Libération note également que « la canicule et les fortes chaleurs ont engendré une surmortalité. Le bilan est en hausse de 6% par rapport aux 5 dernières années, indique Santé publique France. L’ensemble de la population et du pays est concerné ».
Le journal retient que « les fortes chaleurs constituent un risque important pour la santé de l’ensemble de la population. Et l’épidémie de Covid-19 est venue en aggraver les effets ».
Le quotidien ajoute que « ces fortes chaleurs et la surmortalité qu’elles engendrent sont observées dans toute l’Europe. Qu’il s’agisse de pays peu habitués aux fortes chaleurs, comme le Royaume-Uni qui a enregistré 3000 décès, ou de pays en étant plus coutumiers, comme l’Espagne qui a vu un excès de 4000 morts – selon les données nationales ».


« Ces chiffres résonnent avec le rapport rendu par l’Agence européenne de l’environnement, le 8 novembre : «sans mesures d’adaptation» et avec un réchauffement de «3°C d’ici à 2100», 90.000 Européens pourraient mourir chaque année à cause des canicules », 
observe Libération.

Canicule de l’été 2022 : un excès de 10.420 décès en France  

Par S.B. le 22-11-2022 https://www.egora.fr/actus-pro/sante-publique/77842-canicule-de-l-ete-2022-un-exces-de-10420-deces-en-france#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20221122-%5B_1%5D

D’après Santé publique France (SpF), l’été 2022 a été marqué par un excès de 10.420 morts dans l’hexagone. Ces décès sont en partie liés aux fortes chaleurs, mais aussi au Covid ou à d’autres facteurs. Ce calcul des décès excédentaires repose sur le nombre de morts observés par rapport à celui attendu (comparé aux cinq étés précédents, avec un poids plus important aux dernières années pour se caler notamment avec le vieillissement démographique). 

Cet été, deuxième le plus chaud en France depuis 1900, a également été marqué par une recrudescence du Covid. Sur les seuls trois épisodes de canicule de l’été 2022 (au moins trois jours chacun), 2.816 décès en excès, toutes causes confondues, ont été comptabilisés, rapporte SpF. Il s’agit du bilan « le plus important depuis 2003 », année de la canicule la plus meurtrière (15.000 morts), a noté Santé publique France dans un bulletin « Canicule et santé ».  

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Les 75 ans et plus ont été les plus touchés pendant les trois épisodes caniculaires: un décès en excès sur six les a concernés (2.272 décès en excès, +20,2%).  

Sur l’ensemble de la période de surveillance estivale (du 1er juin au 15 septembre), l’agence sanitaire a estimé le nombre de décès en excès à 10.420 (+6,1%). Un chiffre qui va dans le sens d’une précédente estimation, provisoire, de l’Insee (plus de 11.000 décès supplémentaires du 1er juin au 22 août par rapport à la même période en 2019, donc avant le début de la pandémie de Covid-19). 

Une part de la surmortalité est « vraisemblablement due à une exposition à de fortes chaleurs », sous « les seuils d’alerte canicule ». Il faudra attendre début 2023 pour avoir une estimation de son ampleur. 

Crise des urgences : l’AP-HP fait plancher des mathématiciens pour trouver une solution

Le Covid, en rebond cet été, rentre aussi en ligne de compte. Mais « il y a une interaction complexe entre ces deux phénomènes, indissociables », a résumé lors d’un point presse Guillaume Boulanger, responsable de l’unité « Qualité des milieux de vie et du travail et santé des populations » de SpF. « Le Covid-19 a pu augmenter la vulnérabilité à la chaleur pour certaines personnes », et réciproquement. 

Ainsi, lors de ces périodes, 894 décès liés au Covid-19 ont aussi été comptabilisés, majoritairement pour des Français de 70 ans et plus.   

De début juin à mi-septembre, plus de 17.000 passages aux urgences et 3.500 consultations SOS Médecins ont ainsi été enregistrés en métropole.   

D’autres éléments, comme des accidents de la route ou des noyades, ont pu influencer « mais à la marge » l’excès de mortalité. 

[Avec AFP] 

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Avec trois épisodes de canicule, l’été 2022 est le plus meurtrier depuis 2003

La France a enregistré un excès de mortalité de plus de 2 800 personnes lors des canicules, selon les données de Santé publique France publiées lundi.

Par Delphine Roucaute Publié le 21 novembre 2022 à 22h30, mis à jour hier à 09h36

Temps de Lecture 3 min.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/21/avec-trois-episodes-de-canicule-l-ete-2022-est-le-plus-meurtrier-depuis-2003_6150969_3244.html

A Nantes, le 28 juillet 2022.
A Nantes, le 28 juillet 2022. LOIC VENANCE/AFP

Il s’agit de l’épisode caniculaire le plus meurtrier depuis 2003. Selon les calculs de Santé publique France (SPF) publiés lundi 21 novembre, un excès de mortalité de 2 816 personnes par rapport aux cinq dernières années a été calculé lors des trois épisodes de canicule qui ont marqué l’été 2022 en France, le deuxième été le plus chaud observé en France depuis le début du XXe siècle.

« C’est un nombre de décès très important, d’autant plus qu’il a été enregistré sur une période très courte, en seulement quarante-quatre jours, c’est-à-dire sur les périodes du 14 au 22 juin, du 9 au 27 juillet et du 27 juillet au 14 août », souligne Guillaume Boulanger, responsable de l’unité qualité des milieux de vie et du travail et santé des populations à SPF. Au total, il s’agit d’un excès de mortalité de + 16,7 % par rapport aux cinq années précédentes.

Ce chiffre peut paraître très inférieur aux premières estimations établies début septembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui calculait un excès de mortalité de plus de 11 000 personnes de début juin à la mi-août. C’est parce qu’ici SPF se base sur la définition stricte de la canicule, une période de trois jours au minimum durant lesquels la température, de nuit comme de jour, dépasse les seuils fixés par département. Mais en prenant en compte l’ensemble de la période estivale, du 1er juin au 15 septembre, SPF arrive aux mêmes estimations d’excès de mortalité, toutes causes confondues : jusqu’à 10 420 décès supplémentaires en France métropolitaine, sans que l’on sache précisément la part de morts consécutives à la chaleur. « Une part de cet excès de mortalité estivale est vraisemblablement due à une exposition de la population à des températures n’atteignant pas les seuils canicule », note SPF.

« Méthodologie plus fine »

« Le bilan de 2 816 mortsva donc vraisemblablement augmenter », explique Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail à SPF. Un travail complémentaire « nécessitant une méthodologie plus fine » va être publié, début 2023, pour évaluer l’excès de mortalité lié à la canicule, sur l’ensemble de l’été, cette fois. Dans tous les cas, cela montre qu’« en dessous des seuils de canicule il existe déjà des risques liés à la chaleur », insiste Guillaume Boulanger. Lire notre synthèse : La France a vécu son deuxième été le plus chaud jamais enregistré, selon Météo-France

Les morts se comptent dans leur très grande majorité (80 %) parmi les personnes de plus de 75 ans, avec un effet dégressif en fonction de l’âge. Mais toute la population est concernée par la chaleur. Pendant l’été, 69 départements ont connu au moins une canicule, soit 78 % de la population métropolitaine. Sur 17 000 passages aux urgences, essentiellement pour déshydratation, 10 000 personnes ont ensuite été hospitalisées.

Pendant les épisodes de canicule, on a enregistré un doublement des passages aux urgences et un triplement des consultations de SOS Médecins par rapport au reste de l’été. Sept personnes de 39 à 54 ans sont mortes sur leur lieu de travail, en lien possible avec la chaleur. Des accidents survenus principalement dans le cadre d’une activité professionnelle conduite à l’extérieur, dont trois dans le secteur de la construction.

Lire aussi : Canicule : dans les entreprises, une prise de conscience encore très limitée des enjeux liés à l’augmentation des températures

L’impact n’a cependant pas été le même dans toutes les régions. Quatre d’entre elles cumulent deux tiers des morts de la canicule : l’Auvergne-Rhône-Alpes compte 473 morts, en particulier en Savoie et en Ardèche, mais aussi la Nouvelle-Aquitaine (436 décès), l’Occitanie (509 décès) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (316 décès). La Gironde et les Alpes-Maritimes sont les départements contribuant le plus au bilan national, avec plus de 150 décès en excès chacun. Mais ce sont des départements situés plus au nord et moins habitués à de telles températures qui accusent des bilans plus élevés que lors des années précédentes, avec des excès de mortalité relatifs de + 26 % dans le Grand-Est, + 21 % en Ile-de-France et + 20 % en Bretagne.

Concomitance de phénomènes atypiques

Cet été a également été marqué par la septième vague de Covid-19, dont le pic de décès a été atteint le 22 juillet, avec quelque 100 morts par jour. Les experts de SPF ont décidé d’inclure ces morts (894 lors des épisodes caniculaires) dans le total des décès liés à la canicule, car « le Covid-19 a pu augmenter la vulnérabilité à la chaleur pour certaines personnes, et réciproquement », précise le rapport. Sur les 10 400 morts de l’été, plus de la moitié est en lien avec le Covid-19. Cette concomitance de phénomènes atypiques complique encore plus les calculs, et surtout les comparaisons avec les années précédentes.

Depuis huit ans, les canicules ont engendré, au total, plus de 10 500 morts en France. L’été 2020, notamment, avait été marqué par la mort de 1 924 personnes supplémentaires au moment de la canicule. C’est ensuite l’été 2015 qui compte le plus de pertes, avec 1 739 morts supplémentaires. Près de huit fois moins, donc, que la grande canicule de 2003, qui s’était soldée, du 4 au 18 août, par la mort de 15 300 personnes. « Sur le plan de la méthode, on s’interroge sur la manière dont l’augmentation des fréquences de pic de chaleur constatée depuis huit ans peut avoir un impact sur la population. Les vagues de chaleur aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt ans », relève Sébastien Denys.

Lire aussi 2020 se classe parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées

Début novembre, le directeur de la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé, Hans Kluge, a déclaré que, selon les premières remontées de plusieurs pays d’Europe, au moins 15 000 personnes sont mortes spécifiquement à cause de la chaleur en 2022. Un bilan qui inclut 4 500 morts en Allemagne, près de 4 000 en Espagne, plus de 3 200 au Royaume-Uni et un millier au Portugal, et auquel il faudra désormais ajouter les chiffres français.

Delphine Roucaute

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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