Fédération nationale des centres de santé: pour une 4è année de formations complémentaires, encadrées et non isolé dans un cabinet ou dans un désert médical -Pour les Doyens: « La médecine générale mérite d’avoir une phase de consolidation avec des docteurs juniors comme toutes les autres spécialités »

Pour une véritable 4ème année de formation de l’internat en médecine générale, les propositions des CDS

Communiqué de presse 

Mardi 25 octobre 2022

https://www.fncs.org/pour-une-veritable-4eme-annee-de-formation-de-l-internat-en-medecine-generale-les-propositions-des-cds

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale propose de créer une quatrième année de formation pour les internes de médecine générale. Celle-ci serait mise en place dès la rentrée 2023[1]. Le Ministre de la santé souhaite inciter fortement les internes à réaliser cette 4ème année dans les zones « sous-denses » en médecins généralistes.

La médecine générale est la seule spécialité ne comportant que trois années de formation en 3ème cycle (internat). La diversité et la richesse de la médecine générale légitiment la mise en place d’une 4ème année de formation pour tous ses internes. Les centres de santé y prendront toute leur place.

Comment former correctement les futur.e.s médecins généralistes ?

  • La majorité des jeunes médecins généralistes en formation souhaitent exercer en équipe.
  • Depuis plus de 10 ans, l’exercice pluriprofessionnel coordonné en structure de soins primaires est au cœur des politiques publiques.
  • En aucun cas, cette 4ème année d’internat de médecine générale ne pourrait se dérouler en cabinet isolé, d’autant moins dans des « déserts médicaux » ! La supervision garantit la responsabilité du/de la maître.sse de stage universitaire (MSU) auprès des internes, la qualité des prises en charge et la sécurité des patients.
  • Cette 4ème année d’internat ne doit déroger à aucune règle des stages du 3ème cycle des études médicales, tant en encadrement qu’en rémunération.

Cette 4ème année du Diplôme d’Etude Spécialisée de médecine générale nécessite donc :

  • Des terrains de stage diversifiés alliant pratique clinique et promotion de la santé populationnelle dans le cadre d’un travail en équipe
  • Des maquettes de stage mixtes, très appréciées par les étudiant.e.s[2], associant les structures d’exercice collectif, centres de santé, maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de protection maternelle et infantile, centres de santé sexuelle
  • Une rémunération forfaitaire des internes, identique dans toutes les filières universitaires
  • De nouveaux.elles MSU en médecine générale
  • Des formations complémentaires et innovantes pour les internes de médecine générale : formations à l’enseignement, à la recherche, à la coordination de structures pluriprofessionnelles, à la santé populationnelle et aux politiques de santé
  • Une revalorisation de l’accueil des internes au sein des équipes pluriprofessionnelles dans les conventions nationales des centres et maisons de santé
  • Un financement dédié aux centres et maisons de santé pluriprofessionnels universitaires pour la formation des étudiants et pour la recherche en soins primaires.

[1] – Article 23 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2023

[2] – Les déterminants des parcours professionnels des jeunes médecins généralistes français : étude nationale. Mémoire, Julien BOUDIER (soutenu le 5 octobre 2020)

Les organisations signataires demandent à être reçues en urgence par Monsieur le Ministre de la Santé et de la Prévention et par Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche afin de présenter leurs propositions pour une véritable 4ème année de formation en médecine générale.

  • Dr Hélène Colombani, Présidente de la Fédération Nationale des Centres de Santé
  • Dr Frédéric Villebrun, Président de l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé
  • Dr Alain Beaupin, Président de l’Institut Jean-François Rey
  • Dr Eric May, Président de la Fédération Nationale de Formation des Centres de Santé
  • Dr Richard Lopez, Président de la Fabrique des Centres de Santé                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Contacts presse :

Dr Hélène Colombani, Présidente – president@fncs.org – Tél. : 06 68 05 94 20

Dr Frédéric Villebrun, Président – president@usmcs.fr – Tél : 06 85 20 83 67

Favorables à l’allongement de l’internat de médecine générale, les doyens avancent « un vrai besoin pédagogique »

PAR 

LÉA GALANOPOULO – 

PUBLIÉ LE 27/10/2022

https://www.lequotidiendumedecin.fr/internes/ecni-2022-lintegralite-du-classement-consulter-en-ligne

Crédit photo : S.Toubon

« La médecine générale mérite d’avoir une phase de consolidation avec des docteurs juniors comme toutes les autres spécialités », lance le Pr Didier Samuel, président de la Conférence nationale des doyens de médecine. Ce jeudi 27 octobre au matin, les doyens se sont officiellement dits « favorables » à l’allongement de l’internat de médecine générale, prévu dans le budget de la Sécu 2023.

Alors que les internes se mettent de nouveau en grève, dès ce soir, pour protester contre l’ajout d’une quatrième année à l’internat de médecine générale, les doyens vantent eux, une réforme « pédagogique », maturée depuis 2017. « Le diplôme d’études spécialisé (DES) de médecine générale est le plus court de toutes les spécialités, alors que c’est un vaste domaine ! On pense qu’il y a un vrai besoin pédagogique », résume ainsi Didier Samuel.

Stages libres ?

« Nous sommes en train de revoir toute la maquette, pour que cette 4e année ne soit pas juste un chapeau de plus, qu’elle ait une cohérence pédagogique », abonde le Pr Benoît Vebert, vice-président de la conférence des doyens, qui précise que cela devra se faire en accord avec les jeunes.

Pour le doyen de la fac de Rouen, cette année supplémentaire pourra permettre aux internes « de colorer leur exercice ». Aussi, les futurs médecins de famille pourront s’orienter vers des formations spécialisées transversales (FST), comme la « médecine polyvalente hospitalière, qui prépare à un exercice mixte ville-hôpital », illustre le PU-PH. Une spécialisation que les internes pourront réaliser « lors du semestre de stage libre ».

Sauf qu’il y a un hic : le PLFSS prévoit que cette 4e année se fasse exclusivement en ambulatoire, sans mentionner à aucun moment ces stages libres. Sur le sujet, le Pr Vebert affirme avoir discuté avec des conseillers ministériels pour « qu’il y ait une précision dans la loi, un arrêté, pour permettre à quelques internes de médecine générale de faire ces FST ». Un sujet encore en discussion à Ségur.

« Pas trop d’inquiétude »

Quant au manque d’encadrement tant redouté des carabins, là aussi, la conférence des doyens tient à calmer les inquiétudes. « Il a été estimé qu’il fallait 12 000 maîtres de stages universitaires (MSU) pour permettre la 4e année, nous sommes à environ 11 800, donc il en manque très peu », justifie Benoît Vebert. Avec une entrée en vigueur envisagée pour la rentrée 2027, le doyen n’a « pas trop d’inquiétude sur la capacité qu’on aura à encadrer les étudiants, il ne devrait pas y avoir de soucis ».

Les doyens insistent toutefois sur le fait « que les internes ne doivent pas être propulsés dans un endroit où il n’y aurait pas d’encadrant ». Mais, là encore, ils se veulent rassurants. « Beaucoup d’internes font déjà des stages en zones sous-denses sans le savoir, sans que cela ne pose de difficulté, fait valoir Benoît Vebert. Ils sont protégés par les agréments de stages ».

Contre la rémunération à l’acte

Seul point de crispation pour les doyens : l’affectation. « Nous sommes contre une coercition des internes concernant leurs lieux de stages », tient à réaffirmer Didier Samuel. Le président de la conférence des doyens est également sceptique quant à une possible rémunération à l’acte des jeunes pendant cette année supplémentaire. « Évidemment, à niveau de formation égale, les internes sont sous-rémunérés par rapport à d’autres métiers, concède le Pr Samuel. Mais il doit y avoir une équité entre les docteurs juniors de médecine générale et ceux des autres spécialités, qui ne sont pas payés à l’acte ».

Les modalités de rémunération des futurs généralistes seront l’un des objets de la mission interministérielle lancée par François Braun début octobre. Les conclusions sont attendues avant la fin du premier trimestre 2023.

« Il faut qu’il y ait une équité entre les internes » : les doyens opposés à la création d’un statut de Dr Junior ambulatoire rémunéré à l’acte 

https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_30614_3989749_1_67&ems_l=4012684&i=1&d=ZTNkcDNjczVrZCUyRlVvck1kemdMNFM5UDlyWGxScXEyMlBDeHMxTHdnaGJtOHloRDNFMTFpSkh3aEtTJTJGVDI4cmtGVG12RmN6NHFXS1kxbnl3N1VsbWxnJTNEJTNE%7CRW4rYnJlZistK3ZlbmRyZWRpKzI4K29jdG9icmUrMjAyMg%3D%3D%7CMjAyMg%3D%3D%7CMTA%3D%7CMjg%3D%7CMTM2Njk4NTI3%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_30c5d2b90f5d368cb2953df75d791cdf99614113387980bd52436ac65185a9e7

Par Marion Jort le 27-10-2022 

Tandis que l’opposition à la quatrième année de médecine générale est chaque jour de plus en plus forte, le président de la Conférence nationale des doyens a indiqué ce jeudi 27 octobre qu’il n’était pas favorable à la création d’un statut de Dr Junior ambulatoire rémunéré à l’acte, par soucis d’équité avec les autres spécialités.  

Suspendus au 49.3 pour savoir si le projet du Gouvernement de créer une quatrième année d’internat dans le DES* de médecine générale, à réaliser « en priorité dans les zones sous-denses », est passé en force à l’Assemblée, les internes entendent débuter une grève massive en stage ce jeudi 27 octobre et jusqu’à la fin du semestre.  

Alors qu’ils demandent des garanties pour mieux encadrer l’allongement de leur diplôme, notamment la formation de plus de maîtres de stages universitaires et la création d’un statut de « Docteur Junior ambulatoire », le président de la Conférence nationale des doyens des facultés de médecine a fait savoir « qu’[il] n’y était pas favorable ». 

« Le Docteur Junior est mieux rémunéré que l’interne en phase d’approfondissement, a-t-il d’abord rappelé lors d’une conférence de presse, même si ce ne sont pas des rémunérations convenables par rapport à leur niveau d’étude. » Estimant cependant que ce « sujet global » sortait des débats autour de l’allongement de la formation des futurs généralistes, le Pr Didier Samuel a expliqué que la mission spéciale créée sur la quatrième année avait pour objectif de trouver « comment » les rémunérer.  

« Il faut qu’il y ait une équité. Si les internes de Docteur Junior de médecine générale sont payés à l’acte, il y aurait une rupture d’égalité par rapport aux internes des autres spécialités », a justifié le Doyen des doyens. A ses yeux, le sujet mérite donc d’être « réfléchi », envisageant « des incitations financières ou des aides ».

« On risque d’avoir moins de généralistes sur le terrain » : les internes en grève pour lutter contre la quatrième année

Une position qui a provoqué la colère de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG). « Nous sommes certes payés plus qu’en phase d’approfondissement, mais de manière dérisoire par rapport à l’augmentation de responsabilité que cela représente », s’agace son président, Raphaël Presneau.  

Le futur généraliste rappelle que ce que défend l’Isnar-IMG, c’est un statut de Docteur Junior ambulatoire et non un statut de Docteur Junior spécifique à la médecine générale. « Il pourrait tout à fait s’appliquer aux autres spécialités qui réalisent des stages en ambulatoires. Un cardiologue qui fait six mois de stage en ville, doit pouvoir en bénéficier », insiste-t-il. Balayant l’iniquité entre les spécialités, Raphaël Presneau rappelle par ailleurs que le paiement à l’acte lors de la phase de Docteur Junior serait formateur pour les internes. « On nous vend la quatrième année de médecine générale comme une année de professionnalisation. Savoir gérer un cabinet libéral et savoir gérer une tarification à l’acte, ça nous paraît formateur ! », ironise-t-il.  

Pour lui, cet « objectif de revalorisation n’est vraiment pas à opposer aux autres spécialités », a-t-il conclu. 

*Diplôme d’études spécialisées  

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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