Alarme concernant la pénurie de personnel dans les officines

Publié le 24/10/2022

Ce désert pharmaceutique qui nous guetterait

Paris, le lundi 24 octobre 2022

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Ce dimanche, sur les ondes radiophoniques, le patron de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France), Philippe Besset a tiré la sonnette d’alarme sur les pénuries de personnel en officine. Selon ses calculs il manquerait 15 000 salariés, pharmaciens et préparateurs. « Il manque 10 % des effectifs » résume-t-il auprès de France Info. Pourtant, selon les données démographiques de l’Ordre des pharmaciens le nombre de potards a pourtant progressé de 2,8 % en dix ans.

Pour Philippe Besset ce sont les nouvelles missions dévolues aux officines qui sont en cause telles que « la vaccination et les dépistages »« Ça demande 10 minutes de plus par acte, avec par semaine des centaines de milliers d’actes en plus », explique-t-il. « Le périmètre d’activité augmente, et donc forcément il faut plus de bras pour faire ces tâches nouvelles. Pour faire ces actes nouveaux, nous sommes en recherche de vocations », a-t-il encore détaillé sur Europe 1.

Pour les préparateurs en pharmacie, cette situation ne devrait pas durer plus de un ou deux ans, le temps de la formation. « Les centres de formation de préparateurs en pharmacie sont pleins, donc j’espère que l’an prochain on pourra encore augmenter la cadence et former plus de jeunes » explique Philippe Besset.

Une crise des vocations ?

Pour les pharmaciens, la question semble plus épineuse.

À la rentrée 2022, 1 100 places étaient vacantes sur les bancs de l’université en filière pharmacie (contre 163 l’an passé). Cette situation « laisse envisager un avenir inquiétant pour le métier de pharmacien, souffrant d’ores et déjà d’une pénurie de ressources humaines » pointaient en septembre l’Ordre des pharmaciens et l’ANEPF (Association nationale des étudiants en pharmacie de France).

Pour Philippe Besset, cette difficulté est directement « liée à une très mauvaise application de la réforme PASS/LAS ». Il accuse aussi le gouvernement de s’être « focalisé sur la réforme de la formation des médecins » et d’avoir « complètement oublié les secteurs associés comme sage-femme et pharmacien qui ont d’extrêmes difficultés à expliquer que c’est le même examen initial qui permet de devenir médecin, pharmacien ou sage-femme ».

Pour le syndicaliste, il s’agit « essentiellement d’une question de communication envers les jeunes » : « Les jeunes pensent qu’ils font une première année de médecine et ne savent pas qu’ils font (…) en même temps une première année de pharmacie ou de sage-femme ». Il recommande « d’expliquer [aux étudiants] au moment de Parcoursup, puis pendant la première année, pour qu’ils s’orientent vers ces filières qui sont demandeuses ».

Mais la sortie de faculté n’est guère plus reluisante pour la profession. En juillet dernier, Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre avait ainsi rapporté « Nous constatons une évaporation de 25 % des diplômés à la sortie de la faculté. La question est de savoir pourquoi des diplômés choisissent, après 6 années d’études, d’exercer autre chose qui n’a rien à voir avec la pharmacie ».

Les jeunes ne sont plus ce qu’ils étaient

La crise de la Covid et un changement de mentalité des jeunes générations seraient également à l’œuvre selon Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).

Dans Le Monde, il y a une semaine, il expliquait : « comme dans beaucoup d’autres professions, il y a eu une perte de personnel, due à la crise Covid. Des pharmaciens, fatigués par la charge de travail, se sont remis en question et ont déserté la profession » mais cette désaffection ne serait pas purement conjoncturelle. « Beaucoup mettent en avant la qualité de vie plutôt que les salaires, et refusent de travailler les week-ends ou sur des amplitudes horaires larges » note-t-il.

Ce phénomène se traduirait également par des difficultés de cession des pharmacies rurales. Si « le marché est dynamique », note Hugues Spriet, PDG de Pharma Cession Conseil, « les petites pharmacies, installées notamment en milieu rural ou semi-rural, peinent davantage à attirer les acquéreurs », reconnaît-il dans Le Monde qui rapporte le témoignage d’un pharmacien qui ne trouve pas de repreneur, y compris en donnant son fonds de commerce !

Ces dix dernières années, 1 740 pharmacies ont disparu…

F.H.

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Plus de 15.000 pharmaciens et préparateurs manquent à l’appel dans les officines 

Par M.J. le 25-10-2022 

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Selon l’Union nationale des pharmaciens de France, il manque actuellement 15.000 préparateurs en pharmacie dans le réseau officinal.  

Où sont passés les pharmaciens ? L’Union nationale des pharmaciens de France tire, en ce mois d’octobre, la sonnette d’alarme : il manque actuellement 15.000 préparateurs et pharmaciens dans le réseau officinal. « Les difficultés de recrutement se sont accentuées », prévient son président, Christophe Le Gall.  

Selon lui, « aucune pharmacie n’échappe au phénomène », y compris dans les territoires ultramarins qui bénéficient pourtant de conditions avantageuses. Pour Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, cette perte de personnel est due en partie à la crise Covid. « Des pharmaciens, fatigués par la charge de travail, se sont remis en question et ont déserté la profession »,avance-t-il.  

Tout comme chez les médecins, la jeune génération de pharmaciens marque également un changement de mentalité. « Beaucoup mettent en avant la qualité de vie plutôt que les salaires, et refusent de travailler les week-ends ou sur des amplitudes horaires larges », analyse Pierre-Olivier Variot. 

Plus de 1000 places non pourvues en deuxième année de pharmacie : les syndicats redoutent « un avenir inquiétant »

Enfin, selon Le Monde, des pharmaciens mettent en cause les « mercenaires du Covid », des professionnels qui ont « préféré délaisser le salariat de l’officine pour enchaîner les réalisations de tests Covid-19 en intérim, bien plus lucratives ».  

La plateforme OuiPharma estime de son côté que 5.000 pharmaciens sont en âge de partir à la retraite cette année et prêts à céder leurs officines. En dix ans, 1 740 pharmacies ont disparu du territoire national.  

[avec Le Monde] 

Dans les officines, les pharmaciens manquent de plus en plus à l’appel

Les pharmacies ont de plus en plus de mal à recruter des salariés diplômés mais aussi, hors des grandes villes, à trouver repreneur. 

Par Zeliha ChaffinPublié le 19 octobre 2022 à 15h31 Mis à jour le 21 octobre 2022 à 08h59

Temps de Lecture 3 min. https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/10/19/dans-les-officines-les-pharmaciens-manquent-de-plus-en-plus-a-l-appel_6146500_3234.html

AUREL

« C’était devenu difficile ces dernières années mais, depuis le Covid, c’est catastrophique. » Au comptoir de la pharmacie de Donzère, dans la Drôme, Brigitte Boyer, 68 ans, soupire un instant, avant d’enchaîner, dépitée : « En trente ans d’officine, je n’avais jamais vu ça. Autrefois, on parvenait à recruter en un mois ! Là, ça fait un an et demi que je cherche, sans succès, un pharmacien adjoint. » Résignée, la pharmacienne s’est finalement résolue, cet été, à fermer son commerce les samedis après-midi. Une décision prise à contrecœur, mais « nécessaire », pour « soulager un peu les équipes », épuisées par la charge de travail.

A 400 kilomètres de là, scénario semblable dans la région dijonnaise. « C’est la même galère, constate cet autre pharmacien. Pour la première fois, j’ai vu des confrères baisser le rideau pendant les vacances estivales, faute d’avoir trouvé des remplaçants pour garder la pharmacie ouverte pendant les congés de leurs salariés. »

Lire aussi :   Avec la pénurie de généralistes, 11 % de personnes n’ont pas de médecin traitant en France

Entre les prescriptions médicales, le conseil aux clients et les nouvelles missions de santé comme la réalisation de tests Covid-19 et la vaccination, l’activité des pharmacies a bondi ces dernières années. Mais, après avoir accueilli avec enthousiasme l’élargissement de leurs responsabilités, les officines, confrontées à une pénurie de plus en plus criante de personnel, dépriment.

« Les difficultés de recrutement se sont accentuées. Il manque actuellement 15 000 préparateurs et pharmaciens dans le réseau officinal. Aucune pharmacie n’échappe aujourd’hui à ce phénomène », confirme Christophe Le Gall, président de l’Union nationale des pharmaciens de France. Même les territoires ultramarins sont à la peine. « Malgré une rémunération très attractive, un contrat de trente-cinq heures, et la prise en charge du billet d’avion et du logement sur place, on ne trouve personne », explique un pharmacien hors de la métropole. Sur la Toile, les annonces postées sur les sites de recrutement et les réseaux sociaux témoignent de cette quête effrénée : « Nous recherchons toujours un pharmacien »« nous avons besoin de vous »« pharmacie désespérée »

Changement de mentalité

Où sont passés les pharmaciens ? « Comme dans beaucoup d’autres professions, il y a eu une perte de personnel, due à la crise Covid. Des pharmaciens, fatigués par la charge de travail, se sont remis en question et ont déserté la profession », avance Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, qui souligne également le changement de mentalité des jeunes générations. « Beaucoup mettent en avant la qualité de vie plutôt que les salaires, et refusent de travailler les week-ends ou sur des amplitudes horaires larges », poursuit-il. De nombreux pharmaciens mettent en cause également les « mercenaires du Covid », ces pharmaciens qui ont préféré délaisser le salariat de l’officine pour enchaîner les réalisations de tests Covid-19 en intérim, bien plus lucratives.

Lire aussi :    Phénomène de « grande démission » : L’effet boomerang de la gestion individualisée des performances

Sous pression, les pharmacies s’adaptent comme elles peuvent. Pour soulager leurs équipes, certaines embauchent des rayonnistes ou des employés polyvalents pour s’occuper de la réception des commandes et du rangement des stocks. « Ça les décharge un peu des tâches qui ne nécessitent pas un diplôme de pharmacien ou de préparateur », observe Thibault Winka, responsable produits de Team Officine, un site de recrutement spécialisé.

Malgré tout, le manque de personnel pèse sur le moral des troupes officinales. « Les clients ne comprennent pas toujours que nous ne soyons pas immédiatement disponibles. Certains soupirent dans la file d’attente, d’autres nous traitent de fainéants. J’ai dû mettre une affiche pour expliquer que nous faisions du mieux que nous pouvions au vu du contexte », raconte Hélène Faucher, 37 ans. A la tête de la Pharmacie du Bontemps, à Cergy (Val-d’Oise), cette titulaire cherche depuis un an à recruter un adjoint. En vain. « Je n’ai eu quasiment aucune candidature. C’est parfois décourageant. J’ai deux collègues qui ont décidé de vendre à cause de ça. »

Ces dix dernières années, 1 740 pharmacies ont disparu du territoire national

Encore faut-il pouvoir trouver un acheteur. Si « le marché est dynamique », note Hugues Spriet, PDG de Pharma Cession Conseil, « les petites pharmacies, installées notamment en milieu rural ou semi-rural, peinent davantage à attirer les acquéreurs », reconnaît-il.

A Aignay-le-Duc (Côte-d’Or), Geneviève Mayeux, 68 ans, en fait les frais. Depuis trois ans, sa petite officine de village, pourtant rentable, n’a toujours pas trouvé repreneur. « Il a fallu que je propose de la donner pour avoir enfin des candidatures. Mais, même comme ça, les rares personnes intéressées ont abandonné, car elles trouvaient que c’était trop de travail. Si la pharmacie ferme, c’est tout notre village qui va en souffrir », regrette la future retraitée. Ces dix dernières années, 1 740 pharmacies ont disparu du territoire national.

« 5 000 pharmaciens en âge de partir à la retraite »

Si elles n’ont pas, jusqu’à présent, mis en péril le maillage officinal, « la vigilance est de mise », alerte Aurélien Filoche, cofondateur de OuiPharma, une plate-forme qui référence les annonces de pharmacies à vendre. « Il y a actuellement 5 000 pharmaciens en âge de partir à la retraite, prêts à céder leur officine. C’est considérable », souligne-t-il.

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La situation pourrait encore se dégrader ces prochaines années. Car les facultés de pharmacie, qui forment les futures générations de pharmaciens destinés à prendre la relève, sont elles aussi à la peine. Sur les 3 500 places disponibles dans la filière cette rentrée, 1 100 sont restées vides, s’alarme l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France. « C’est autant de confrères que nous n’aurons pas dans six ans, à la fin de leurs études, alors que nous en avons besoin. Il faut réagir », s’émeut M. Variot.

Zeliha Chaffin

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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