Pour Castres-Toulouse que n’a-t-on pas fait comme pour Auch-Toulouse ?

Projet d’autoroute Castres-Toulouse : le préfet du Tarn « souhaite vivement le respect du calendrier »

Lundi 26 septembre 2022 à 9:15 https://t.co/Ik0RvsMyj3

–  Par  Claudia CalmelFrance Bleu Occitanie

Castres

Les diagnostics archéologiques ont été lancés sur le tracé de la future A69. Une manifestation d’opposants au projet est prévue ce lundi matin. François-Xavier Lauch, le préfet du Tarn, était l’invité de France Bleu Occitanie. Il a dit sa volonté de voir le projet aboutir en 2025.

François-Xavier Lauch, le préfet du Tarn
François-Xavier Lauch, le préfet du Tarn © Maxppp – Aurelien Morissard

Le choix de France bleu Occitanie ce matin est d’inviter François-Xavier Lauch, le préfet du Tarn pour faire le point sur la future autoroute entre Castres et Toulouse, l’A69 alors que le conseil national de protection de la nature a émis des réserves sur le projet et qu’une nouvelle action des opposants est prévue sur le tracé ce lundi matin à Soual.

Le conseil national de protection de la nature vient de rendre un avis défavorable sur cette future autoroute. Est-ce que cat avis va ralentir le projet ? 

Instruire un projet d’autoroute est quelque chose d’assez long. Cet avis est une étape importante, mais c’est un avis consultatif, donc il n’est absolument pas bloquant dans cette procédure d’autorisation de l’autoroute. Je me réjouis de voir que le concessionnaire (Atosca, ndlr) prend cet avis très au sérieux. Il fait des remarques importantes sur les questions de biodiversité et de mesures compensatoires et j’ai toute confiance dans la capacité du concessionnaire à retoucher encore son dossier avant l’enquête publique.  À lire aussi Avis défavorable du conseil national de protection de la nature sur l’autoroute Castres-Toulouse

Mais dans le contexte climatique qu’on connaît, des experts scientifiques qui disent tout de même que ce dossier s’inscrit en contradiction avec les engagements nationaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique ? 

Je voudrais rappeler que cette autoroute entre Toulouse et Castres est attendue depuis une trentaine d’années. C’est également un sujet important de cohésion du territoire entre les deux villes les plus importantes du département, Albi et Castres. C’est très important pour le développement économique du sud du département : l’Etat fait tout pour qu’un équilibre soit trouvé entre l’utilité publique de l’autoroute et la préservation de la biodiversité. 

Quelles sont les améliorations que le concessionnaire va-t-il  devoir mener suite à cet avis défavorable ? 

Le concessionnaire a fait beaucoup dans son projet et pas simplement lire l’avis du Conseil national de protection de la nature. Il a fait beaucoup en économisant des hectares utilisés par le bandeau autoroutier, c’est une autoroute sans péage. Il fait beaucoup également en proposant des tarifs pour des voitures électriques. Je suis au contact du concessionnaire tous les jours, il m’indique qu’il ne creuse pas de carrière pour faire cette autoroute. Il m’a indiqué la semaine dernière qu’il allait tenir compte pleinement de cet avis, encore une fois consultatif. Et je lui fais confiance pour améliorer son dossier avant l’enquête publique qui est prévue en novembre. Il faut bien voir que ces dossiers sont des dossiers de long terme et que le concessionnaire prend cet avis très au sérieux pour améliorer son dossier. Il y a deux choses fondamentales à améliorer encore la connaissance de la biodiversité présente sur le territoire et les mesures de compensation. Le concessionnaire fait déjà beaucoup dans son dossier et encore une fois, il va poursuivre cette œuvre. 

« Je suis au contact du concessionnaire tous les jours, je lui fais confiance pour améliorer son dossier avant l’enquête publique. »

Il n’y a pas consensus puisqu’une nouvelle action coup de poing est encore prévue ce matin pour bloquer les fouilles archéologiques liées au projet. Est-ce que vous vous déplorez cette nouvelle action ?

Je suis très à l’écoute des personnes qui font mes remarques sur ce projet et des opposants. Mon rôle est de faire en sorte que le projet se déroule. Il est titulaire d’une déclaration d’utilité publique, donc ses fouilles auront lieu, je le dis fortement. Donc, ce projet avance. On a franchi des étapes absolument considérables en ce printemps et effectivement, on rentre dans une phase opérationnelle avec ces fouilles.

« Mon rôle est de faire en sorte que le projet se déroule. »

Allez-vous demander aux forces de l’ordre de déloger ces opposants à l’autoroute qui vont perturber les fouilles archéologiques ce matin ? 

Pour l’instant, on ne parle pas de blocage : il n’y aura pas de blocage des fouilles archéologiques qui se déroulent à partir d’aujourd’hui. C’est une étape importante puisqu’il faut vérifier qu’il n’y a aucun enjeu archéologique avant la construction.À lire aussi Future autoroute Castres – Toulouse : début des fouilles alors que la contestation se durcit 

La future autoroute va passer par deux tronçons 2×2 voies déjà construits. La déviation de Soual de 3,4 km et la déviation de Puylaurens de 7km. Donc habitants vont être obligés d’emprunter cette A 69. Est-ce que c’est regrettable de ne pas laisser le choix des habitants ?

La route actuelle, qui est une qui est une nationale, continuera à traverser les deux agglomérations. Donc les habitants ne seront pas obligés d’utiliser l’autoroute. 

Mais plus de dix kilomètres d’autoroute vont emprunter ces deux fois deux voies qui sont gratuites actuellement ?

Bien sûr, mais le long de l’autoroute, la route qui passe dans les villages de Soual et de Puylaurens sera préservée : le concessionnaire a d’ailleurs a des obligations pour aménager ses voies. Donc, il y a des variantes qui seront possibles pour les personnes qui sont riveraines de cette future autoroute. Il est faux de dire qu’on ne laisse pas de solution. Et d’ailleurs, je mets en place avec le président du conseil départemental un comité de développement dans quelques semaines qui aura pour objectif de regarder très finement ces sujets-là. Puisque évidemment, l’autoroute ne naît pas seule : des aménagements sont prévus autour.

Est-ce que les travaux de l’A69 vont, comme prévu, démarrer au début de l’année prochaine ?  

C’est ce que je souhaite et je souhaite vivement le respect du calendrier qui a été énoncé par le Premier ministre Jean Castex lors de son déplacement dans le Tarn (ouverture à la mi-2025, ndlr).

Gers : les travaux de la RN 124 entre Gimont et L’Isle-Jourdain prévus pour début 2023

ABONNÉS

Après le contournement de Gimont, ouvert en début d'année, la dernière phase des travaux concerne la section entre Gimont et L'Isle-Jourdain.Après le contournement de Gimont, ouvert en début d’année, la dernière phase des travaux concerne la section entre Gimont et L’Isle-Jourdain. DDM illustration – SEBASTIEN LAPEYRERE

Travaux routiers,  Gers,  Politique

Publié le 29/09/2022 à 06:31

l’essentiel

Les travaux de la mise en 2×2 voies de la route nationale entre Gimont et L’Isle-Jourdain devraient commencer au cours du premier trimestre de l’année prochaine, après la signature du contrat avec les entreprises retenues suite à l’appel d’offres.

Plus de sept mois après la visite de Jean Castex sur ses terres, à l’occasion de l’inauguration du contournement de Gimont, le dossier de la RN 124 suit son cours. Il faut dire que l’ex-Premier ministre s’était efforcé, avec le soutien du député Jean-René Cazeneuve notamment, de sanctuariser en début d’année la finalisation de la 2×2 voies qui doit relier Auch à Toulouse de manière continue à l’horizon 2027.

Le gouvernement avait ainsi confirmé en janvier un investissement de 27,5 millions d’euros pour la mise en 2×2 voies de la section entre Gimont et L’Isle-Jourdain (13 km de route dont 12 km en tracé neuf et 1 km d’élargissement). « Cette enveloppe permettra de financer, conjointement avec les collectivités territoriales, la maîtrise d’œuvre, les sondages géotechniques, les acquisitions foncières et le début des travaux de gros œuvres », indiquait alors Jean-René Cazeneuve.

« On doit enchaîner »

Depuis, les choses ont avancé, comme il est déjà possible de le constater aux abords de la RN 124 sur la portion concernée, où des travaux préparatoires lancés depuis de longs mois sont en cours de finalisation, à l’image des fouilles archéologiques. Plusieurs entreprises ont par ailleurs répondu à l’appel d’offres émis par la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL Occitanie). Ouverte le 13 juillet, la consultation a été clôturée le 12 septembre. La DREAL étudie à présent les offres avec l’aide d’un maître d’œuvre, la signature d’un contrat étant attendue, selon nos informations, pour la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Les travaux devraient commencer dans la foulée, autrement dit dans le courant du premier trimestre 2023. De quoi donner le sourire à Jean-René Cazeneuve, le député s’étant félicité publiquement dans la semaine de ces dernières avancées sur un dossier qu’il suit personnellement depuis sa première mandature. « Il y a beaucoup de gens qui sont ravis par le contournement de Gimont. Je suis persuadé que quand on aura cette dernière portion de la 2×2 voies, ça va considérablement nous aider sur des sujets d’attractivité, de désert médical… C’est fondamental. Ce sont quelques minutes de gagnées mais le résultat final va être spectaculaire », assure-t-il.

Pour rappel, lorsque le dernier tronçon de la 2×2 voies ouvrira, la durée moyenne du trajet entre Auch et Toulouse devrait être ramenée à une quarantaine de minutes. Reste à savoir si le calendrier sera bien tenu jusqu’à la fin des travaux, espérée en 2027. Le député de la 1re circonscription et rapporteur général de la commission des finances entend bien peser de tout son poids pour y parvenir. Il s’est d’ailleurs entretenu récemment à ce sujet avec Clément Beaune, le ministre délégué chargé des transports. « On doit enchaîner », conclut Jean-René Cazeneuve.

Vincent Couet-Lannes
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Commentaire Dr Jean SCHEFFER

Castres-Toulouse risque fort d’être un redit de Langon-Pau autoroute très onéreuse toujours pas rentabilisée par le trafic. Encore un partenariat public-privé qui comme la LGV Tours Bordeaux a été à l’origine d’un surcout manifeste.

Pourquoi avoir voulu à tout prix une autoroute concédée à une entreprise privée peu connue qui semble pour obtenir le marché avoir sous estimé le coût et qui déclare curieusement un prix de péage bien en dessous de ce qui avait été annoncé !

Il suffisait d’attendre peut être un peu plus et de tout faire pour obtenir une 2×2 voies à l’image de Auch-Toulouse* ou de notre axe Albi-Toulouse. Concernant le coût pour l’Etat, il suffit de suivre l’exemple de l’Espagne, en récupérant la rente autoroutière des Bouygues ou Vinci en ne renouvelant pas éternellement les concessions comme l’ont fait Ségolène Royale et Madame Borg.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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