Le moustique tigre sévit désormais dans 67 départements métropolitains; il est vecteur de plusieurs maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore Zika.

Alerte à la dengue autochtone : l’autorité de santé appelle à la mobilisation générale

  • 41 cas autochtones de dengue, répartis en cinq foyers, ont été enregistrés en France métropolitaine.41 cas autochtones de dengue, répartis en cinq foyers, ont été enregistrés en France métropolitaine. Pixabay

Moustique tigre,  Occitanie,  Hautes-Pyrénées

Publié le 22/09/2022 à 07:01 , mis à jour à 08:37

https://www.ladepeche.fr/2022/09/22/alerte-a-la-dengue-autochtone-lautorite-de-sante-appelle-a-la-mobilisation-generale-10558281.php

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l’essentiel

Selon les derniers chiffres de l’Agence nationale de santé publique, 41 cas autochtones de dengue, répartis en cinq foyers, ont été enregistrés en France métropolitaine depuis le début du mois de juillet 2022. Un bilan qui risque d’être revu à la hausse. La Direction générale de la Santé appelle à la vigilance et insiste sur la mobilisation de tous afin de juguler les contaminations. 

Cet été, la France a connu une invasion massive du moustique tigre qui sévit désormais dans 67 départements métropolitains. Une prolifération, due principalement à un climat favorable, qui inquiète les autorités sanitaires.

En plus d’être une source de nuisance avérée, l’Aedes albopictus (le nom scientifique du moustique tigre) est également susceptible d’être vecteur de plusieurs maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore Zika. « Dans ce contexte, une surveillance renforcée est mise en œuvre entre mai et novembre, chaque année, qui constitue la période d’activité des vecteurs », explique la Direction générale de la santé (DGS), contactée par La Dépêche. Des craintes qui se sont rapidement confirmées, particulièrement dans le sud de la France.

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Un chiffre record

Selon les derniers chiffres de l’Agence nationale de santé publique, 41 cas autochtones de dengue, répartis en cinq foyers, ont été enregistrés en France métropolitaine depuis le début du mois de juillet 2022.

Sur les cinq départements touchés par la dengue, trois se situent en Occitanie et deux en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un chiffre sans précédent qui dépasse le total cumulé des dix dernières années. Pour rappel, en France métropolitaine, neuf épisodes circonscrits de transmission autochtone de dengue ou chikungunya sont survenus entre 2010 et 2017.

Et l’inquiétude est double : les contaminations ne concernent que des personnes qui n’ont pas « voyagé en zone de circulation du virus dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes » et la dengue s’est déclarée dans plusieurs départements où elle n’avait jamais été détectée.

Informer les ARS

Un constat qui a poussé la DGS, contactée par La Dépêche, à tirer la sonnette d’alarme : « Face aux foyers de dengue autochtone, lesquels démontrent une circulation du virus sur le territoire, il convient d’informer la population sur le risque et les mesures de prévention à mettre en place ».

Dès l’apparition des premiers symptômes (fièvre et des douleurs articulaires), l’autorité de santé recommande d’informer les Agences régionales de Santé (ARS) via le dispositif de déclaration obligatoire. Des tests sérologiques et virologiques sont ainsi disponibles pour diagnostiquer les cas.

« L’objectif est que les ARS puissent organiser des actions de lutte anti vectorielle, en lien avec les opérateurs de démoustication, autour des cas : élimination des moustiques potentiellement vecteurs de maladies, enquêtes de terrain afin d’identifier d’autre cas etc. », poursuit la DGS. 

A lire aussi : Cas de dengue autochtones près de Toulouse : « Il faut agir vite pour contenir la contamination »

Mobilisation générale

Mais dans un contexte de changements climatiques, environnementaux et de globalisation des échanges, le bilan risque de progresser rapidement. Ce mercredi 21 septembre, un nouveau cas a été détecté à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. « Les autorités, au niveau national et régional, sont pleinement mobilisées pour répondre à ce risque », tente de rassurer la DGS.

Mesures physiques pour éliminer les moustiques en agissant sur leurs lieux de développement (élimination des gîtes larvaires), procédés chimiques de démoustication autour des cas pour limiter le risque de contamination, communication et mobilisation sociale… la DGS est sur le pied de guerre. En revanche, « la limitation du nombre de cas d’infection reste néanmoins l’affaire de tous, en adoptant individuellement les bons gestes de prévention », tient-elle à préciser. 

Actions individuelles

L’autorité de santé insiste donc sur la nécessité d’adopter les bons gestes(limiter les gîtes larvaires favorables, éviter les piqûres en recourant à des moustiquaires ou en se couvrant la peau etc.) afin de juguler les contaminations.

« Les malades doivent impérativement s’isoler des moustiques durant leur phase de virémie, qui dure une dizaine de jours », rappelle-t-elle. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants et amples, d’utiliser un répulsif cutané, de mettre en place des moustiquaires sur les ouvertures (portes et fenêtres) et d’utiliser des diffuseurs électriques à l’intérieur des habitations.

Faouzi Asmoun

Dengue dans les Hautes-Pyrénées : un quatrième cas, cette fois à Rabastens de Bigorre

  • Le moustique tigre et ses conséquences.Le moustique tigre et ses conséquences. AFP – LUIS ROBAYO

Santé,  Hautes-Pyrénées

Publié le 12/09/2022 à 13:47 , mis à jour à 14:32

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l’essentiel

Apres trois premiers cas recensés sur la commune d’Andrest ces dernières semaines, un quatrième cas de dengue est signalé dans le Val d’Adour.

Après la détection de trois cas autochtones de dengue dans le département à Andrest, un quatrième cas a été détecté (en cours de confirmation) sur la commune de Rabastens-de-Bigorre.

Plusieurs opérations de démoustication ont déjà été réalisées sur la commune d’Andrest ces dernières semaines. Une nouvelle intervention est programmée sur Rabastens-de-Bigorre dans la nuit du 12 au 13 septembre. Comme habituellement, les riverains seront prévenus par une information déposée dans leurs boites aux lettres. Ces opérations visent à détruire tous les moustiques et gîtes larvaires implantés à proximité des lieux de vie des personnes concernées, pour éviter que des moustiques tigres ne deviennent porteurs de ce virus et vecteurs de nouvelles contaminations, après avoir piqué l’une des personnes infectées.

Une enquête épidémiologique sera, par ailleurs, réalisée en porte-à-porte le 14 septembre sur le secteur concerné dans la commune de Rabastens-de-Bigorre.

Tous les habitants de ce secteur qui présenteraient des signes cliniques évocateurs d’une infection de dengue, sont appelés à consulter rapidement leur médecin traitant. Les symptômes évocateurs sont, en l’absence d’autre diagnostic établi :
• une fièvre élevée (>38,5°C) d’apparition brutale
• associée à au moins un autre signe clinique tel que des maux de têtes, des douleurs musculaires ou articulaires ou lombaires
• en l’absence de toux, écoulement nasal, maux de gorge, difficultés respiratoires ou plaies infectées
Des informations complémentaires sont disponibles sur le déroulement des interventions et des traitements sur le site internet de l’ARS Occitanie.

Andy Barréjot
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Cas de dengue autochtones près de Toulouse : « Il faut agir vite pour contenir la contamination »

  • Une opération de démoustication a  eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à La Salvetat-Saint-Gilles à l'ouest de Toulouse. Une opération de démoustication a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à La Salvetat-Saint-Gilles à l’ouest de Toulouse. DDM – MICHEL VIALA

Santé,  Toulouse,  La Salvetat-Saint-Gilles

Publié le 05/09/2022 à 14:46 , mis à jour à 18:17 https://www.ladepeche.fr/2022/09/05/cas-de-dengue-autochtone-pres-de-toulouse-il-faut-agir-vite-pour-contenir-la-contamination-10524230.php

l’essentiel

Un foyer de dengue a été identifié à La Salvetat-Saint-Gilles chez des personnes n’ayant pas voyagé. Une démoustication a eu lieu ce week-end. Il s’agit du troisième foyer de dengue autochtone identifié depuis le mois de juillet par l’Agence régionale de santé (ARS Occitanie) qui nous explique ce phénomène et les moyens pour le contenir. 

Pourquoi peut-on attraper la dengue, sans voyager sous les tropiques comme ce fut le cas pour six personnes cet été en Midi-Pyrénées ? Faut-il s’en inquiéter ? Comment se protéger ? Le point avec Isabelle Moussion, coordinatrice régionale de la lutte antivectorielle à l’ARS Occitanie.

Plusieurs cas de dengue parmi des gens qui n’ont pas voyagé à l’étranger ont été recensés cet été en Occitanie, qu’en est-il?

Cette maladie infectieuse habituellement absente de la France et transmise par les piqûres de moustiques tigres, est contractée le plus souvent par des patients ayant séjourné dans des zones tropicales. Nous parlons de cas importés et ne les signalons pas à la population. Cette fois-ci c’est différent. Nous avons recensé, depuis le mois de juillet, trois foyers autochtones, c’est-à-dire des patients infectés sans avoir séjourné à l’étranger. Le premier dans les Pyrénées-Orientales est éteint, le second dans les Hautes-Pyrénées (à Andrest) est toujours actif, le dernier en date, est apparu en Haute-Garonne à la Salvetat Saint-Gilles. Ceci concerne six patients.

« Le moustique qui s’est chargé en virus devient contaminant pour toutes les piqûres à venir »

Comment cela est-il possible ?

On parle d’une chaîne de transmission autochtone lorsqu’un patient n’ayant pas voyagé (dans les 15 jours précédents les symptômes), contracte le virus. Ceci se produit parce qu’un cas importé n’a pas été détecté en amont. La chaîne de transmission autochtone, se fait par un moustique, sain au départ mais qui s’est chargé en virus après avoir piqué une personne rentrée en France. Le moustique devient alors contaminant pour toutes les piqûres à venir, sachant qu’il a une durée de vie moyenne d’un mois, cela peut aller très vite.

Ce phénomène est-il nouveau ?

Le moustique tigre a été repéré pour la première fois en Occitanie en 2011-2012 et des cas autochtones avaient déjà été signalés dans l’Hérault et le Gard. Mais c’est une première pour l’ouest de l’Occitanie. Heureusement jusqu’à présent, nous parvenons à contenir les foyers, mais nous insistons sur la prévention.

Comment se protéger ?

La difficulté c’est que 50 % des malades sont asymptomatiques. Ainsi, de retour de zones endémiques, nous conseillons de se protéger des moustiques avec des répulsifs homologués pendant 7 jours ; de consulter son médecin en cas de symptômes (fièvre supérieure à 38,5°, maux de tête, courbatures, douleurs rétro orbitales). Une analyse biologique permet de lever le doute et en cas de maladie, l’information remonte à l’ARS. Nous diligentons alors l’enquête sanitaire et traitons la zone concernée.

Propos recueillis par Béatrice Girard

NFO LA DEPECHE. Après un cas de dengue, une opération de démoustication menée dans un quartier de Montauban

  • L'opération de traitement contre le moustique Tigre concerne trois rues du quartier Pouty, à Montauban.L'opération de traitement contre le moustique Tigre concerne trois rues du quartier Pouty, à Montauban.L’opération de traitement contre le moustique Tigre concerne trois rues du quartier Pouty, à Montauban. DDM illustration – DDM-MICHEL VIALA

Moustique tigre,  Montauban,  Tarn-et-Garonne

Publié le 21/09/2022 à 16:51 , mis à jour à 20:42 https://www.ladepeche.fr/2022/09/21/info-la-depeche-apres-un-cas-de-dengue-une-operation-de-demoustication-menee-dans-un-quartier-de-montauban-10558491.php

l’essentielL’intervention d’une entreprise spécialisée dans la démoustication a inquiété ce mercredi matin les habitants du quartier Pouty… qui n’avaient pas été informés qu’un cas de dengue avait été diagnostiqué. L’ARS confirme ce cas, concernant une personne de la région Grand Est ayant séjourné à Montauban fin août. Pour éviter l’installation d’une chaîne locale de transmission du virus, les opérations de démoustication vont se poursuivre autour de la gare.

Pas contente, cette habitante du quartier Pouty à Montauban. « J’aurais bien aimé que les autorités sanitaires m’informent, et informent les autres riverains concernés, qu’une maladie tropicale avait été repérée dans notre quartier. En plus, j’ignore de quelle maladie il s’agit et quelles mesures il convient de prendre. » Il était 11 heures environ, ce mercredi, lorsque des employés d’une entreprise spécialisée dans le traitement contre le moustique Tigre se sont présentés à son domicile de la rue Louis-Sabatier, non loin de la gare SNCF de Montauban-Villebourbon.

« J’étais sur mon lieu de travail mais on m’a prévenue de cette visite inopinée. Cette entreprise avait 72 heures pour intervenir. Je l’ai autorisée bien sûr à pénétrer sur ma propriété, mais je trouve que ce n’est pas normal qu’on n’ait pas été informés. »

Madame S. a elle-même contacté la mairie de Montauban en début d’après-midi. « J’ai eu quelqu’un, au service hygiène et santé, qui m’a confirmé que cette opération était liée à un cas de dengue. Apparemment, une personne porteuse de cette maladie aurait séjourné dans notre quartier mais je n’en sais pas plus. On m’a dit que l’opération de traitement contre le moustique Tigre ne concernait que trois rues : la rue Louise-Michel, la rue Louis-Sabatier et l’impasse de Labastiolle. »

Des investigations en cours à Montech et Montbeton

Ce mercredi soir, dans un communiqué, l’Agence régionale de santé a confirmé ce « cas de dengue autochtone (lire l’encadré ci-dessous) d’une personne ayant séjourné à Montauban fin août », précisant que « la personne, originaire de la région Grand Est, est aujourd’hui guérie ».

L’ARS indique que « pour éviter l’installation d’une chaîne locale de transmission du virus de la dengue, il est nécessaire de mettre en place des mesures de démoustication adaptées ». Ces opérations, qui ont donc déjà débuté ce mercredi à Pouty, « seront menées dans les prochains jours à Montauban (quartier de la gare) par l’opérateur de démoustication de l’ARS Occitanie (société Altopictus) et potentiellement sur d’autres lieux qu’aurait fréquentés la personne sur les communes de Montech et de Montbeton » où « des investigations sont en cours ».

Quels symptômes doivent vous alerter ?

Les riverains concernés seront informés des opérations de démoustication et recevront également une note les appelant à se signaler auprès de leur médecin traitant s’ils ont présenté, récemment, les symptômes suivants :
– une fièvre élevée (supérieure à 38°5) d’apparition brutale associée à au moins un autre signe clinique tel que des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires ou lombaires ;
– et en l’absence de toux, écoulement nasal, maux de gorge, difficultés respiratoires ou plaies infectées ;
– en l’absence d’autre diagnostic établi ».

Cas importés et cas autochtones

Généralement bénigne, la dengue est une infection qui sévit habituellement en zone tropicale. Une personne voyageant dans un pays où la dengue, le chikungunya ou le Zika sont présents développe une de ces maladies en se faisant piquer par un moustique porteur d’un de ces virus, puis revient dans son pays de résidence. C’est ce qu’on appelle un cas importé.

De retour en France métropolitaine dans une zone où le moustique tigre est présent, cette personne malade se fait piquer par un moustique tigre sain qui se fait alors infecter par un de ces virus. Après un cycle de multiplication interne, ce moustique peut, après quelques jours, transmettre les virus à une autre personne saine en la piquant. C’est ce qu’on appelle un cas autochtone.

Pierre-Jean Pyrda
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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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